Certains hommes politiques français ont le plus grand mal à faire oublier leur passé de militant d’extrême gauche, mais ce n’est pas le cas d’Alain Madelin. Alain dérouille du gauchiste dès l’âge de 16 ans avec ses copains de la Fédération des Etudiants nationalistes. Il rejoint Occident, sympathique association de bienfaiteurs qui veut supprimer le suffrage universel, célèbre l’ethnie française et fracasse les étudiants gauchistes dans les années 1967/68.
Comme la plupart des jeunes qui ont fait leurs armes dans l’extrême droite (Longuet, Devedjian…), Alain recentre rapidement son parcours en fricotant avec Giscard D’Estaing qu’il aide à se faire élire Président en 1974. Dans les deux décennies suivantes, il est plusieurs fois ministre dans des secteurs secondaires mais liés à l’économie (industrie, postes et télécommunications, développement économique et petites entreprises…).
Aujourd'hui assagi, il incarne une nouvelle droite libérale et atlantiste qui veut dérégulariser l’économie, c'est-à-dire laisser la main invisible du marché assurer seule le bon fonctionnement du système et supprimer les participations de l’Etat dans les secteurs marchands. Elle s’oppose à un courant souverainiste inspiré par De Gaulle.
En 1995 avec
Alain Juppé, Madelin n’a pas eu l’occasion de mettre en avant ses idées en prenant la tête de Bercy (ministère de l’Economie et des Finances, un des plus puissants quel que soit le gouvernement).
Juppé lui demande d’augmenter les impôts, la TVA, autant de décisions qui vont à l'encontre de ses convictions.
En 1997, ses amis François Léotard et Gérard Longuet, complètement grillés politiquement, lui refilent les clefs du Parti Républicain, qu’Alain rebaptise Démocratie libérale. L’UDF rejette cette mouvance qui refuse de condamner les présidents de Régions élus avec les voix du Front National.
En 2002, Alain fait moins que ce gauchiste de
Besancenot aux Présidentielles. La honte ! Du coup il rejoint l’UMP comme tout le monde.
Son atout : S’il faut aller pêcher les voix à la droite de la droite voire plus loin, il sait faire.
Sa faiblesse : Libéral un peu trop décontracté du gland, Alain donne l’impression d’être capable de privatiser les prisons (d’ailleurs il l’est).
+ Il existe des pays qui ont privatisé leurs prisons... Et d\'ailleurs, elles sont dans un meilleur..