Le blog politique de Fluctuat.net

Lutter contre la dépravation sociale est-il possible ?

Posté par Myosotis le 14.08.08 à 15:01 | tags : social, élucubration

Tout le monde s'en fout ou presque mais le Yémen, sur le modèle de l'Arabie Saoudite, vient de se doter très récemment d'un Comité de Promotion de la Vertu et de la Prévention du Vice.
Très en vogue dans certains pays musulmans, ces comités exemplaires sont organisés d'une façon tout à fait sérieuse autour d'un comité central et d'organisations décentralisées, dotées ou non d'une police des moeurs, chargée de faire de la prévention (dans le meilleur des cas) ou de la répression envers les personnes, hommes et femmes, qui se conduisent mal.

Dans l'exemple yéménite, le versant Police semble manquer pour le moment mais l'événement n'est pas passé inaperçu car il a coïncidé, sur le plan de la politique intérieure, avec un rapprochement partisan entre plusieurs forces conservatrices, le parti du président actuel et son opposition islamiste.

Ces deux partis, traditionnellement pas d'accord sur grand chose, se sont accordés "pour que le navire Yémen ne coule pas", rapportait récemment Le Monde, pour prendre en compte les nouveaux dangers "sociaux", parmi lesquels la dépravation sexuelle, la picole, la prolifération de chaînes et d'émission de télé dégueulasses, ainsi que le "commerce du sexe" et la drogue, en prenant soin d'éviter la mention du qat (la came à chiquer qui fait figure de tabac national).

L'annonce de ces mesures et la cristallisation de ce discours défensif a fait réagir quelques membres des partis et associations libéraux mais n'a pas reçu un accueil négatif de la part de la population qui s'attendait sûrement à ce que cela arrive.


Par delà l'exemple yéménite se pose encore et toujours la grande question des moralistes : est-il politiquement imaginable de réfréner la propension humaine à "décader" ? Peut-on imaginer un pouvoir assez fort et influent, une religion assez pure et convaincante, pour que ses "sujets" restent de braves gens, ne s'abandonnent pas à la luxure (sodomite) et aux plaisirs des drogues quelles qu'elles soient ? Si l'on considère, avec Sade, Bataille et d'autres, que l'homme est un "animal vicieux", on voit bien toute la monstruosité qu'il peut y avoir à contrecarrer ses penchants naturels pour le sexe, l'alcool et le Mal en général.

Toute entreprise dans ce domaine (attention, on ne dit pas qu'un soupçon de moralisme appliquée à la politique d'un Etat soit une mauvaise chose) apparaît donc pour ce qu'elle est : une tentative de modifier la nature de l'homme et donc de transformer l'homme lui-même.
En cela, heureusement ou malheureusement pour les ayatollahs, les catholiques intégristes, les cambodgiens, talibans ou les partisans de Robespierre, toute tentative de nettoyage des perversions naturelles des hommes ne peut s'accompagner que d'un mouvement vers la barbarie mais aussi ne se solder que sur un échec piteux. L'Arabie Saoudite elle-même, qui fait figure moderne aujourd'hui d'éclaireur dans ces domaines, ne peut dissimuler la débâcle morale qui affecte ses citoyens (friqués) les plus urbanisés.

On a beau flatter, à l'inverse, les instincts policiers d'une communauté, cette orientation en appelle TOUJOURS et presque par voie de conséquence à un mouvement contraire d'émancipation et d'insurrection morale qui amplifie l'ampleur des ravages contre lesquels on lutte. Ainsi, on peut considérer, d'une façon quelque peu provocante, que toute tentative de mener une politique moraliste, qu'elle soit radicale ou plus subtile, est techniquement contre-productive.

Si l'on ajoute à cela qu'historiquement, ces politiques sont très difficiles à tenir dans la durée on se demande pourquoi nombre d'états gardent ce fantasme désuet d'une éradication des perversions entre adultes consentants, mettent des barrières à l'autodestruction, à la libre circulation des drogues plutôt que de se contenter (comme le font la plupart des pays occidentaux) de consacrer une infime part de leur énergie à des politiques gentillettes (et tout aussi in-efficaces) de prévention.

Quant au discours religieux susceptible de réformer l'âme humaine à grande échelle et de tenir la boutique sur des siècles et des siècles, parce que justement il a affaire avec des forces plus puissantes que lui (la nature, l'inclinaison génétique, la douleur d'être au monde qu'il faut apaiser à tout prix et à chaque instant), il n'est pas encore né.


Obama et Superman sont-ils de la même étoffe ?

Posté par Myosotis le 01.08.08 à 12:10 | tags : élucubration

Barack Obama fait l'objet d'une campagne de soutien sans précédent (si ce n'est peut-être celle de JFK évidemment) chez les démocrates. Alors qu'il vient de parader brillamment à Berlin et qu'il s'apprête à boucler un tour d'Europe glorieux et marqué par des discours offensifs, pleins de promesses et globalement brillants, le candidat démocrate a pu, comme ses prédecesseurs, bénéficier d'un soutien vigoureux de la communauté artistique. On ne compte plus les chanteurs, acteurs et autres intellectuels qui soutiennent sa candidature. Par delà la tradition qui valait un ralliement numériquement aussi significatif à un candidat plus pâlot comme John Kerry, le soutien à Obama s'accompagne d'un environnement quasi religieux et mystique (espérance démocratique) que même Bill Clintonn'avait réussi à soulever au sommet de sa popularité.

L'affiche présentée par Alex Ross, le plus grand dessinateur de comics du continent américain en activité, est, à ce titre, une parfaite illustration de ce qui est en train de se passer avec Obama. En représentant le candidat dans une pose super-héroïque, copiée sur un dessin fameux de Superman, le peintre et dessinateur, auteur de BD aussi décisives que Justice, Kingdom Come ou Marvels, contribue à faire d'Obama un homme providentiel paré de vertus hors du commun. La qualité photoréaliste du dessin de Ross fait de son affiche plus qu'une simple illustration de campagne, une image de propagande politique à haute valeur ajoutée. Si le recours à l'imagerie superhéroïque avait déjà été utilisée avant, elle avait toujours été ou plus discrète (on se souvient du dessin de Bush vampire par le même auteur il y a 4 ans) ou plus proche de la caricature que de l'allégorie artistique. Le portrait évoque les tableaux de David pour Napoléon et les grands moments de l'iconographie politique. Il prend évidemment une force supplémentaire dans une Amérique qui n'en finit pas, ces derniers mois, à travers son cinéma de célébrer les super-héros (Wanted, Hulk, The Dark Knight,...)

Sans préjuger de l'impact de ce dessin sur la campagne en cours, on voit bien que c'est au prix de ces associations d'idées et de ces coups marketing qui titillent l'inconscient national qu'Obama compte réunir sur son nom la politique de raison (pratique et programmatique) et la politique d'adoration, les deux éléments constitutifs d'un vote gagnant. L'avenir dira si cette mystique sexy et supradivine peut conquérir aussi les territoires de peu de foi.


L'ambassadeur porte-poisse renvoyé à Paris : les mystères de la diplomatie

Posté par Myosotis le 16.07.08 à 10:38 | tags : international, élucubration

Nos amis du Tiers-Monde sont décidément de bien curieuses et insondables personnes. Gildas Le Lidec, l'ambassadeur de France fraîchement désigné (depuis 5 mois) à Madagascar en a fait les frais pas plus tard qu'hier, après que le président malgache Ravalomana a demandé et obtenu de Paris sa révocation (baptisée "rappel" dans le jargon diplomatique). Gildas Le Lidec qui n'avait rencontré le président que de manière très fugace depuis son arrivée sur l'Ile aurait été accusé par le Président Malgache, pourtant considéré comme un homme moderne (bien qu'un tantinet superstitieux) d'attirer le mauvais oeil, la scoumoune, la poisse, la lose. Gildas Le Lidec, qui n'est pas Bob Denard, présente en effet la particularité d'être dans tous les bons coups depuis quelques années : il était ambassadeur de France à Kinshasa lors du mystérieux assassinat de Laurent-Désiré Kabila et à Abidjan, lorsqu'un coup d'état éclata visant à renverser Laurent Gbagbo.

Il se raconte que Gildas Le Lidec est un poissard de première : qu'il perd régulièrement plusieurs euros à la loterie nationale et mise parfois sur le mauvais cheval. Une recherche étendue sur le net a permis de repérer quelques unes de ses nombreuses tares. Gildas fréquente depuis plusieurs années, en qualité de président d'honneur de l'association, un mystérieux groupe baptisé les Bretons du Japon, sorte de société secrète qui noue des liens ésotériques entre Tokyo et la Celtarmorique. Gildas célèbre des messes à base de gui et collectionnerait les petits bateaux dans des bouteilles de verre.

En Côte d'Ivoire, il avait ouvertement pris parti pour un camp et saboté sa propre carrière. "Selon des sources autorisées, Gildas Le Lidec a été pris de remords sur certains actes qu'il a posés et qui ont contribué davantage à enfoncer le processus de paix. Le diplomate français en poste à Abidjan, depuis fin 2002, a déclaré à ses confidents, avoir hypothéqué sa carrière, en raison de ses accointances avec le régime des refondateurs et ses appuis au président Laurent Gbagbo."

Son attitude lui avait valu la plus grande suspicion, un rappel quasidisciplinaire et d'être marqué au fer rouge sur le continent. Son arrivée à Madagascar avait été pré-vendue en ce sens. Le poste à Madagascar faisait office, pour lui, de fin de carrière après un passage au Japon, mouvementé (des menaces de copinage avec des tokyoites maçons avaient circulé sur un curieux site de vigilance et d'action républicaine ) au Cambodge et dans quelques autres pays. Le Lidec, derrière son allure d'homme tranquille, avait acquis (par pure coïncidence) une réputation assez sulfureuse. ().

A l'unisson et parce qu'on n'aime pas les ambassadeurs qui s'appellent Gildas, on s'écriera juste : BIEN FAIT POUR LUI, FALLAIT PAS COMMENCER.


Tu te souviens quand t'étais écolo ?

Posté par Easywriter le 07.07.08 à 11:12 | tags : écologie, humour
 Alors que démarre la présidence française de l'Union européenne, Greenpeace rappelle à la classe politique un engagement qui...date

Merci Yanko !

Ingrid Bétancourt est libre

Posté par Easywriter le 03.07.08 à 08:36 | tags : international

Ingrid Betancourt est libre depuis le 02 juillet à 21H. "Les otages ont été libérés lors d'une opération de l'armée au cours de laquelle il a été possible d'infiltrer le premier cercle des Farc, celui qui a surveillé pendant les dernières années un important groupe d'otages", a déclaré le ministre de la défense colombien Juan Manuel Santos.

Le ministre a indiqué qu'Ingrid Bétancourt était en bonne santé tout comme les trois otages américains et les onze policiers qui ont été libérés au cours de la même opération. Celle-ci a eu lieu dans le sud du pays dans la jungle de Guaviare. L'opération a duré quelques minutes et n'a occasionné quasiment aucun coup de feu, mais elle aurait nécessité quatre mois de préparation et l'infiltration des instances dirirgeantes des FARC. Le colonel Gomez interviewé par Le Figaro Magazine explique : « Nous disposions de renseignements techniques et aussi d'informations obtenues par des ‘infiltrés'. Environ 200 soldats étaient impliqués dans cette phase, et certains ont pu s'approcher très près de la zone où se trouvaient les otages sans être repérés. Début mai, des soldats ont même vu deux des otages américains, et deux des Colombiens qui se lavaient dans la rivière, mais on n'a pas voulu tenter une libération pour ne pas mettre en danger la vie des autres."


«C'est une immense joie, une joie indescriptible. je n'arrive pas à y croire»
, a déclaré mercredi Lorenzo Delloye, le fils d'Ingrid Bétancourt. La libération d'Ingrid Bétancourt intervient à un moment où la couverture médiatique autour de sa captivité était retombée.

Politiquement, elle est l'occasion pour le président Alvaro Uribe de damer le pion à Hugo Chavez qui il ya quelques semaines avait multiplié les annonces non suivies d'effet mais qui laissaient à penser que la libération de la sénatrice franco-colombienne était imminente et qu'elle serait à lui attribuer.

Ingrid Betancourt est arrivée à Tolemaida, une base militaire du centre de la Colombie, à bord d'un appareil de l'armée de l'air colombienne hier soir. Elle devrait arriver à Bogota à la mi-journée. Le ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner serait déjà en partance pour la Colombie.

Illustration : Ingrid Bétancourt le 30 novembre 2007. Droits réservés SIPA

Dans la vidéo ci-dessous, Ingrid Bétancourt apparaît très émue et remercie la France de son soutien. Saluant l'action du président Nicolas Sarkozy, elle rend également hommage à Jacques Chirac et Dominique de Villepin.

 



Congrès du PS : la gauche comprime le Mollet

Posté par Easywriter le 30.06.08 à 18:07 | tags : ps, décryptage, opposition

En marge des différentes contributions présentées lors du Congrès national du PS, les procès en archaïsme faits à certains membres du parti ne manquent pas. Mais les critiques viennent surtout de l'intérieur, la droite se contentant sans forcer de stigmatiser à l'occasion une pétaudière socialiste incapable de faire son deuil du marxisme.

En interne la référence à un passé plus récent mais considéré comme tout aussi atroce tient la corde : la Section française de l'internationale ouvrière (SFIO)- comprenez la forme qu'avait le PS au 20 ème siècle avant l'ère mitterrandienne.

C'est Jean Glavany, qui synthétise le mieux cette critique : "Quand on met bout à bout le délitement du pouvoir central, notre incapacité à avoir une stratégie unique d'alliances pour les municipales, la tentation du centre, la floraison de contributions des grands barons locaux qui font pression sur leurs élus, et la multiplication des candidats sur le thème "surtout pas une personnalité d'envergure", on est en plein dedans! ( dans la SFIO NDLR).

L'ancien ministre jospiniste, et donc désormais "delanoïste", stigmatise surtout ce qu'on a coutume d'appeler le "molletisme", du nom de Guy Mollet dernier président de conseil de gauche de la quatrième République, et, pour ce qui nous intéresse ici, dernier secrétaire général de la Section française de l'internationale ouvrière.

Le molletisme décrié se signifie grosso modo par deux attitudes, le refus du leadership de parti et la multiplication acrobatique d'alliances contradictoires.
Au gré des calculs électoraux, les barons locaux socialistes s'alliaient à la fin des années 1960 tantôt avec les communistes tantôt avec le MRP (mouvement républicain populaire plutôt démocrate chrétien).
Les considérations tacticiennes - ou le pragmatisme politique selon votre goût pour les penchants manoeuvriers - ont fini par vider la SFIO de toute vitalité politique et de soutien populaire (et effectivement tout de suite ça rappelle quelqu'un).

Ce molletisme qui minerait le PS de 2008 est également stigmatisé par Jack Lang :
"Martine Aubry et ceux qui signeront sa contribution en ont assez de ce molletisme rampant qui en permanence fait prévaloir les petites tactiques, les petits compromis sur les convictions".
On notera au passage l'habileté de la formule de molletisme rampant qui évoque bien l'idée de larves nuisibles avançant au sol et menaçant le pas sur et altier de ceux qui regardent l'horizon.
A ce stade il convient d'ajouter ici le deuxième reproche fait au molletisme : l'impossibilité de faire émerger un leader évident.
A la fin de la SFIO, Guy Mollet soutiendra Gaston Deferre puis Alain Savary dans l'unique espoir de contrer l'irrésistible ascension de François Mitterrand, celle-ci devant aboutir tout de même en 1971 à Epinay.

Mitterrandisme triomphant

Si tout le monde veut bien jeter Guy Mollet dans les toilettes de l'histoire, François Mitterrand, lui, reste décidémment la figure tutélaire indépassable.
Ce grand leader qui sut activer à la fin des années 1960 l'union de la gauche depuis son petit satellite de la CIR (convention des institutions républicaines) et attendre son heure tout en empêchant l'éclosion d'un concurrent trop sérieux.

Ceux qui soutiennent aujourd'hui Martine Aubry, ont bien retenu la leçon et préfèrent installer au secrétariat une femme dont ils ne jugent pas crédible le profil présidentiel le temps de préparer le leadership de 2012. Bertrand Delanoë l'a bien compris et se garde d'invectiver la maire de Lille, réservant ses piques à ceux qu'ils jugent trop individualistes (ben voyons). Les reconstructeurs voient eux aussi en Martine Aubry l'occasion d'ajourner la bataille en attendant le retour de Dominique Strauss-Kahn.

Tous pensent surtout contrecarrer l'offensive de Ségolène Royal qui en se posant en première opposante de Nicolas Sarkozy fait comme si elle dirigeait déjà le parti et joue étonnamment la partition la moins mitterandienne. Combattre et proposer, comme le dit sa virulente motion. On finira ici par rappeler qu'une autre définition du molletisme, fut ce penchant à la surenchère verbale et pseudo-révolutionnaire qui n'eut d'égale que la banalité des actions entreprises une fois au pouvoir.



Moucharder le gaucho

Posté par Myosotis le 19.06.08 à 18:01 | tags : gauche antilibérale, élucubration, opposition

Qu'elle ait servi à retrouver la trace du coiffeur responsable de la coupe de cheveux de Bernard Thibault ou à contrôler ce dernier dans la perspective de négociations, la boîte noire retrouvée à son domicile quelques semaines après l'affaire Besancenot alimente la paranoïa gauchiste. Et prouve qu'intrigue et coups fourrés sont toujours au cœur de l'action politique.

Quelques semaines à peine après la révélation des filatures auxquelles se serait livrée une officine non identifiée sur la personne d’Olivier Besancenot, le porte-parole de la LCR, la pratique a non seulement de quoi inquiéter mais étonne par le manque relatif de réactions qu’elle a entraînées dans l’ensemble de la classe politique.

Lire la chronique Surveillez votre gauche dans son intégralité sur le mag politique


Xavier Darcos, la fraude et les sujets du bac

Posté par Easywriter le 16.06.08 à 18:07 | tags : éducation

La Dordogne Libre publie un almanach rappelant chaque jour les événements qui eurent lieu 25 ans plus tôt.
(et tout de suite un sujet de philosophie morale : quels événements devons-nous commémorer ?). Une célébration du passé somme toute banale mais qui réserve à l'occasion quelques pépites :

 

A l'époque, une rumeur affirmant que les élèves de Xavier Darcos au lycée Laure Gatet avaient bénéficié d'une fuite, parcourt la bonne ville de Périgueux.
Les élèves avaient en effet planché quelques jours auparavant sur un sujet assez similaire. (A ce stade de la lecture méditez là-dessus : l'apparence est-elle mensonge ?).
Au terme de l'enquête Xavier Darcos est finalement disculpé, le tribunal de Grande Instance de Bordeaux jugeant la fraude impossible au regard du protocole de sélection des sujets. (A- t-on rendu justice quand on a eu recours à son intime conviction ? )
Il s'avère au final que Darcos avait été très inspiré en préparant ses ouailles. Ce qui nous amène à cette dernière spéculation métaphysique : l'intuition est-elle la voie de la connaissance certaine ? Vous avez quatre heures.

 


Présidence française : l'Europe a peur...

Posté par Myosotis le 16.06.08 à 12:40 | tags : international, sarkozy, europe, institutions

L'Europe serait-elle déjà en train de désespérer de la Présidence française ?
A quelques semaines de la prise en main par la France de la présidence de l'Union européenne, présidence placée, comme l'indique le site dédié, sous le signe de "l'Europe Protection" (ne me demandez pas ce que cela veut dire), la presse européenne se fait peu à peu l'écho d'inquiétudes des professionnels de l'Europe devant l'arrivée qui ne manquera pas d'être tonitruante de Nicolas Sarkozy dans le jeu bruxellois.

Tout autant que la personnalité volcanique et globalement peu eurocompatible avec les moeurs diplomatiques et policées en vigueur, ce sont les thèmes de "campagne" du Président français et ses annonces répétées qui inquiètent sérieusement les lobbyistes, les députés et les hauts fonctionnaires.
Jean-Pierre Jouyet a beau déminer le terrain et faire en sorte que tout soit canalisé de la meilleure des façons, l'Europe a peur.
Derrière les principaux thèmes mis en avant par la France, on retrouve quelques morceaux de choix : l'immigration, d'abord, rebaptisée "gestion globale et concertée des migrations", dossier sur lequel l'association de Sarkozy et de Berlusconi fait craindre le pire à l'Espagne, tout comme la mise en avant de la fameuse Union pour la Méditerranée, et bien sûr la Politique Agricole Commune, sur laquelle le président français sera très attendu. En marge des thèmes officiels, l'Europe craint les initiatives de Nicolas Sarkozy sur d'autres dossiers sur lesquels ces dernières sorties ont été diversement appréciées : les carburants et le développement durable, ou encore la politique monétaire.

D'après les commentateurs, la France est perçue comme un pays qui, étrangement pour un fondateur, "n'a dans son exécutif, jamais complètement compris, ni intégré les différentes couches institutionnelles de l'Union."
Les diplomates aguerris craignent ainsi que Nicolas Sarkozy ne respecte pas les corps constitués et soit tenté, pour attirer l'attention sur lui, de parler de choses qui ne se discutent pas au Conseil.
Il n'y a guère qu'un point qui rassure tout le monde : l'inscription comme priorité de mieux faire connaître l'Europe et de la rendre plus populaire. .La saison culturelle européenne française, lancée au Grand Palais, le 4 juin, et chapeautée entre autres par Olivier Poivre d'Arvoret Renaud Donnedieu de Vabres, devrait alterner manifestations élitistes et grands raoûts populaires comme les apprécient le président.

Le dernier point d'inquiétude, chez les experts, est évidemment le plus important, puisqu'il s'agit de savoir quelle énergie compte mettre Nicolas Sarkozy dans le processus de désignation du futur président du Conseil et au profit de quel candidat.
Si on l'imagine mal soutenir Valéry Giscard d'Estaing qui, de manière pathétique, semble avoir fait de récents appels du coude à ses (faux) amis, l'Europe craint que Sarkozy, par pure amitié virile, ne soutienne la candidature de Tony Blair à la présidence.
Outre le symbôle (l'Angleterre n'est pas connue pour son europhilie), les diplomates et fonctionnaires privilégient (ils ont les qualités de leurs défauts) une candidature plus experte et moins m'as-tu-vu, celle de Barroso ou de Juncker, par exemple. Là encore, le duo Sarkozy-Berlusconi est craint pour son caractère imprévisible et sa recherche permanente du coup d'éclat. A suivre dès le 1er juillet.

 

 

 


Denis Robert se tait

Posté par Easywriter le 12.06.08 à 11:13 | tags : medias et politique
"Ce texte est ma dernière intervention publique à propos de Clearstream".
Ainsi débute le texte que Denis Robert publie sur son blog. Alors qu'il vient d'être condamné par le tribunal de Bordeaux à verser 12 500 € pour diffamation et qu'une dizaine de procédures courent encore en France, en Belgique ou au Luxembourg, le journaliste d'investigation préfère jeter l'éponge.
Ci-dessous la vidéo de son intervention :


On vous conseille aussi de lire "Je suis un criminel" paru dans le numéro 2 de XXI ( on y revient) . Denis Robert y retrace son parcours d'investigateur; de la jubilation des premières "affaires" -à la pieuvre Clearstream.
Au début tout baigne : ce sont les années 1980 où les enquêtes de quelques journalistes (notamment Robert pour Libération) aboutissaient régulièrement à des procédures judiciaires - le financement du RPR, Urba... - l'appel de Genève pour la création d'un espace judiciaire européen.... Les victoires semblent s'enchaîner aussi bien que les ventes en kiosque : en 1994, Pendant les affaires, les affaires continuent est un best-seller, Denis Robert devient le chevalier blanc du journalisme français.
Aux soirées endiablées succèdent pourtant des matins amers, et c'est ceux-là que décrit Robert dans cet autre texte.
Quand les affaires sont trop complexes pour que les medias s'y intéressent, que les enjeux deviennent trop importants, les adversaires trop dangereux. Denis Robert commet des errreurs devient sûrement un peu paranoïaque à l'époqus Clearstream - la paranoïa pouvant être considérée ici comme le stade supérieur de la lucidité.
Bien vite, les mots n'ont plus de prise, les enquêtes plus d'effets, au-delà du cirque médiatique de la semaine rien ne se passe et rien ne change. La partie peut durer mais l'issue est connue. La partie dure sept ans.
"Bientôt sept ans que j'ai la gueule de bois", constate Denis Robert. Aujourd'hui il décroche.

Faut-il vendre sa RTT ?

Posté par Myosotis le 09.06.08 à 18:45 | tags : social, 35 heures
Portée par la récente loi sur le pouvoir d'achat, la vente des RTT commence à faire son chemin dans les entreprises du tertiaire et du secondaire privilégiées ou qui ne sont pas menacées dans leur santé globale.
Contrairement au contexte spécifique de sites sinistrés, comme Bosch, où l'abandon complet de la réduction du temps de travail est mise en balance, sans retour sur salaire, avec la survie de l'entreprise, une bonne partie des entreprises en bonne santé ont commencé à proposer à leurs salariés le rachat des jours RTT dont ils ne savaient plus que faire.

Selon les entreprises et l'intérêt financier qu'il peut y avoir à monnayer du temps de travail supplémentaire, les approches varient. Dans l'administration (sécurité sociale, conseils généraux), les premiers dispositifs respectent assez scrupuleusement les préconisations du gouvernement faute de moyens supplémentaires (aucune dotation dédiée à cet effet, le rachat des RTT est financé par des excédents divers ou des suppressions de postes, entendre qu'on partage le petit bout de gâteau sacrifié en interne).

Sont généralement proposés des rachats limités (entre 3 et 5 jours) à tous ou simplement aux salariés qui ont le niveau de salaire le plus bas. Le rachat des RTT contrebalance ainsi, dans l'administration, le gel des salaires (la valeur du point, comme on l'appelle, ou des indices et grilles de rémunération).
Lorsque le rachat est ainsi exclusivement réservé aux employés, l'effet redistributif et "de justice" est maximisé, même si la doctrine véhicule l'idée un rien dérangeante selon laquelle il faut avoir de l'argent pour goûter son temps libre. Les pauvres n'en ayant pas ou peu, les RTT leur passent au dessus de la tête.

Dans les autres structures, le dispositif prend pied timidement mais risque de servir de hangar (on attend une remontée en flèche des Comptes épargne temps, malaimés des français) aux jours non pris. Les cadres notamment, qui ne sont pas particulièrement appâtés par le gain, se disent séduits par un moyen technique qui leur permettra de ne pas avoir l'impression de perdre les jours qu'ils abandonnaient jusqu'alors à leur employeur (même si ces derniers proposaient parfois déjà un système de rachat).

La plus-value pour le loisir est donc nulle dans ce cas mais l'esprit du droit du travail respecté. Beaucoup auraient sans doute préféré jouir d'un peu de repos mais le choix ne leur a pas été donné. Les possibilités de rachat sont proportionnelles au retour sur investissement récupéré par l'entreprise lorsqu'elle capte le surtravail de son employé. Plus de profit ou de chiffre d'affaire et la RTT sonnera comme une forme détournée de participation.

Plus intéressant encore est, lorsque la vente se produit, la découverte par les salariés - qui avaient perdu depuis des décennies l'habitude du travail payé à la journée (Dieu merci) - de la valeur de leur travail quotidien.
Une petite étude menée sur le sujet a montré que la plupart des gens étaient étonnés de l'importance (relative) de la somme qu'ils récupéraient pour un seul jour. En moyenne, et en net, on peut considérer qu'un jour de RTT permet de récupérer entre 80 et 150 euros, selon son revenu évidemment, ce qui est perçu, pour un geste simple, comme une somme assez intéressante par 65% des personnes interrogées.

Pour un tiers d'entre elles néanmoins, cela ne vaut carrément pas le coup. L'intelligence du dispositif est de proposer un démantèlement... collectif qui, par la magie de ce choix simple, s'incarne en un questionnement individuel.
Pour combien est-ce que je suis prêt à abandonner une journée de loisirs ? Les entreprises elles-mêmes sont débordées dans leurs prévisions par la multiplicité des mécanismes qui régissent les choix de revente et qui, d'une façon ou d'une autre, trahissent leur représentation du travail. Pour la première fois depuis longtemps (et bien que cela soit fait au détriment de la situation ante), le salarié a l'impression, lorsqu'on lui donne le choix, d'avoir un arbitrage décisif entre ses mains : temps contre sous, famille contre thune. Les marxistes y voit un faux pari faustien; les libéraux (pas ceux de Bertrand Delanoë) une vraie responsabilisation du salarié et une expression de liberté. A 100 euros la journée, j'y vais ou j'y vais pas ? Si oui, pour quoi faire ? Si non, est-ce que je ne vais pas regretter cette journée passée à ne rien faire ou à jardiner ? La théorie RTT n'a jamais été aussi proche du terrain, aussi proche de nos vies.


Un ticket Obama / Clinton est-il souhaitable ?

Posté par Easywriter le 05.06.08 à 12:19 | tags : élections américaines 2008

"La sénatrice Clinton organisera à Washington une réunion au cours de laquelle elle remerciera ses partisans et apportera son soutien au sénateur Barack Obama ainsi qu'à l'unité du parti".

C'est par un communiqué laconique et fataliste que le staff de Hillary Clinton a mis un terme à l'acte I des élections américaines.
Il y a peu de chances en revanche que la sénatrice de New-York ne devienne la co-listière de Barack Obama. (Photo Obama : Alex Brandon Ap /Sipa press)

Pas seulement parce que l'ancienne First Lady est vexée comme un poux mais parce qu'il n'est pas certain que le ticket Obama/ Clinton soit une si bonne idée.
Pendant toute la campagne, Hillary n'aura pas su se départir de l'image d'une femme d'appareil, totalement tributaire des réseaux de son mari et des lobbys qui lui sont liés.
En face, Obama jouait sur l'un des principaux mythes fondateurs de l'Amérique :le "self made man" qui réussit contre le système. La fascination qu'il exerce chez une partie des Républicains n'est sans doute pas à chercher ailleurs.
Les allusions plus ou moins heureuses à Robert Kennedy - candidat démocrate assassiné en 1968 au soir même de a victoire aux primaires - par le clan Clinton n'auront probablement fait que renforcer la puissance mythique de la candidature Obama et inscrit son parcours individuel dans l'histoire politique des Etats-Unis.

A l'intérieur du parti démocrate, cette stratégie de l'homme prophète qui ouvre une nouvelle ère a fonctionné à plein.
Si on a longtemps pensé qu'une bonne partie des grands électeurs soutiendraient Hillary parce qu'ils devaient l'essentiel de leur carrière à Bill, on a un peu vite oublié une nouvelle génération d'élus démocrates trop heureuse de voir dans le sénateur de l'Illinois l'occasion d'en finir avec la dynastie en place.
Plusieurs états comme le Montana ou le Missouri gouvernés par des démocrates rongeant leur frein pour accéder à un niveau national ont apporté leur soutien à Obama.

Jouer aujourd'hui une carte stratégique plus modérée en tentant d'unifier tout le monde pourrait avoir quelques effets pervers. Les Républicains tout en activant en coulisse des réflexes racistes chez leurs administrés ne manqueront pas d'expliquer qu'Obama est devenu un pantin clintonien inexpérimenté.

Le ticket Obama/Clinton pourrait également faire légèrement retomber le souffle de la campagne du sénateur et celle-ci ne supporterait peut-être pas une baisse de régime. Quand on réussit aussi magistralement une série d'improbables hold-up, on évite de lever le pied une fois sorti de la première banque.
(photo Hillary Clinton © FABIANO/SIPA)

 

 


Pour l'essence d'Etat : le paradoxe du libéralisme à la française

Posté par Myosotis le 03.06.08 à 10:40 | tags : sarkozy, élucubration

 

La France est décidément un pays pétri de contradictions. La moindre d'entre elles n'est pas celle qui concerne notre rapport à l'Etat, supposément libéral par l'élection et néanmoins pensé par la majorité catégorielle comme un chevalier blanc dès qu'un problème, dans quelque sphère qu'il se produise, se présente.
L'Etat est libéral mais l'Etat est responsable de ce que nous savons.
L'Etat est libéral mais doit faire en sorte que le service public soit assuré partout. L'Etat est libéral mais doit garantir que les trains arrivent à l'heure... sur le RER D. La présence présidente de Nicolas Sarkozy accentue évidemment ce phénomène qui n'est nulle part mieux illustré que lorsqu'il s'agit de parler prix du pétrole, fioul et essence dans le moteur. A défaut d'aller chercher la croissance avec les dents, le Président a promis de pisser dans le réservoir s'il le fallait afin que les catégories polluantes soient épargnées et puissent continuer ainsi leurs métiers d'un autre temps comme si de rien n'était.

Interrogé sur RTL, Nicolas Sarkozy a soufflé le chaud et le froid, en déclarant notamment :" Ayons le courage de dire aux Français : ça ne va pas s'arranger!", puis évoquant la possible mise en place d'un mécanisme de compensation visant à plafonner la hausse des prix de l'essence : "Je ne vais pas prendre l'impôt des Français pour subventionner le pétrole. En termes de pouvoir d'achat, on aura pris d'une main ce qu'on aura donné de l'autre.", avant de conclure par la présentation d'une série de mesures qui allait dans l'exact autre sens.

Le Président a discuté de la prime à la cuve de fuel domestique (mesure sociale) mais surtout d'une réaffectation possible d'une partie de la TVA vers les métiers qui en ont le plus besoin. Les ambulanciers et les pêcheurs se sont évidemment mis sur les rangs. On peut supposer que tous les métiers consommateurs d'essence : les livreurs de pizza, taxis, l'adjudant Chanal et d'autres vont venir réclamer leur dû, une forme d'ESSENCE D'ETAT, distribuée, pourquoi pas, par des pompes publiques et qui pratiqueraient un tarif spécial fixé par la collectivité. Tout ceci (ce qui relativise la position du président de la République) est conditionné au ralliement à ces coupe-feu de la majorité européenne.

Autant dire que ce n'est pas gagner, sauf à ce que la présidence française se double d'une prise d'otage permanente des organisations européennes. Autour d'un bien devenu rare mais dont l'économie représentait jusqu'à présent un paradigme capitaliste (on exploite les plus pauvres/riches, on plante notre derrick et on achemine le tout en Europe pour consommer l'énergie des autres), l'Etat français propose une nouvelle fois de revenir au marché administré.

Sarkozy qui parle n'est donc pas Sarkozy qui promet, pas plus que Sarkozy qui tient. Il y a une tel grand écart entre la conception véhiculée par l'idéologie dont il procède et le discours qu'il tient face caméra qu'on voit mal comment le Président et l'Etat qu'il représente pourrait s'en tirer sans se... déchirer les bourses.
L'électorat français lui-même souffre d'une schizophrénie galopante qui le pousse à aimer ce qu'il déteste et à détester ce qu'il élit.
Qu'il s'agisse de l'interventionnisme de l'Etat, de la question de la dépense publique ou encore de la valeur travail, le village gaulois se caractérise non pas par une pensée originale mais bien par une absence de logique.


Pour en finir définitivement avec mai 68

Posté par Myosotis le 02.06.08 à 19:00 | tags : mai 68, elucubration

 

Fin de notre série dédiée à mai 68 avec cette histoire de la chienlit sans laquelle l'hommage n'eut été complet.

Vous en avez soupé des images en noir et blanc de Dany... Le Rouge en train de discuter en fumant des clopes avec des super nanas dans des amphis hippies ? Vous pensez qu'on en fait trop et que ce n'est pas parce que ces jeunes cons nous ont permis d'avoir une semaine de congés en plus, de niquer comme des lapins (enfin, les plus chanceux d'entre nous) ou de révéler la vraie nature de l'ordre policier qu'une société mille fois plus évoluée que celle de l'époque (la nôtre) doit se prosterner à leurs pieds. Alors voilà, comme nous tous, vous êtes persuadés qu'il faut enfin en finir avec mai 68 et sa chienlit.

C'est là qu'une question surgit, insondable : mais qu'est-ce que ça veut dire la "chienlit" déjà ? Dans vos souvenirs d'historien, le mot a ressurgi dans la bouche de De Gaulle qui déclarait alors : "la réforme, OUI, la chienlit non !". Et puis quoi d'autre ? Un coup de fil au cadavre de Maître Capello (il est mort, non ?) et le tour est joué, vous voilà incollable sur la chienlit. Car, comme disait Jacques Chirac(ou un philosophe oriental), "pour vaincre son ennemi, il faut d'abord le bien connaître."

Introduit dans la langue française par Rabelais dans sa saga Gargantua et Pantagruel, le terme de "chienlit" utilisé par De Gaulle pour qualifier le caractère festif et bigarré des manifestants étudiants fait référence historiquement à une tenue traditionnelle que les corporations ressortaient annuellement pour le Carnaval de Paris. Le costume était en gros une tenue de nuit qu'on avait barbouillé au cul de moutarde ou de tout autre produit susceptible de faire penser à ce que vous savez. Ainsi la chienlit signifiait littéralement le "chie-en-lit" sans aucun rapport avec nos amis les canidés. Etonnant, non ? Par extension, le mot est redevenu courant pour désigner toute forme de désordre, de pagaille et de retournement des valeurs. Le mot a été mélangé avec chien-dent pour prendre des accents botaniques et désigner quelques mauvaises herbes. N'a subsisté dans cet emprunt fameux au Général de Gaulle que la dimension révolutionnaire du terme. Le propre du carnaval, en effet, est de proposer un retournement de la société sur elle-même, ce qui, d'une certaine façon, n'était pas si éloigné du projet des soixante-huitards.

Grâce à nous vous pourrez conclure votre charge désespérée contre mai 68 par un blague du meilleur goût. Quel est le point commun entre un nourrisson et un soixante-huitard ? - Ils font tous les deux cacas au lit.  Rires assurés dans les cercles UMP  et aristocratiques....  


Nous sommes tous des sociaux-traitres français

Posté par Myosotis le 27.05.08 à 18:34 | tags : élucubration

On croyait le terme un peu passé de mode depuis la fin des années 1960 et, un peu plus tôt, la mort de Lénine mais non, l'accusation de Social-traître refait une entrée remarquée dans le paysage de la gauche française.

 

La terminologie forgée par les premiers communistes pour désigner les révolutionnaires accusés de sympathie sociale-démocrate et donc de trahir les intérêts de leur classe avait connu ses plus belles heures sous Staline et plus particulièrement au début des années 1930 où elle servait de motivation n°1 aux procès en sorcellerie.

Alors que Bertrand Delanoëet Ségolène Royal affûtent les couteaux médiatiques en vue du congrès à venir, la déclaration du maire de Paris qui s'est autoproclamé "socio-libéral" en référence au libéralisme politique (on ne revient pas sur l'histoire du mouvement - merci) et non au libéralisme économique a fait renaître la rhétorique de l'injure partisane et du pointage de doigt des traîtres. D'une façon ou d'une autre, tous nos lecteurs sont potentiellement des traîtres à la classe ouvrière. La preuve : ils ont un ordinateur individuel, assorti, souvent, d'un abonnement à un provider capitaliste et enrichi au détour de mouvements spéculatifs.

De gauche ou de droite, la question se pose vraiment : quel social-traître êtes-vous ? (pour le savoir, clique)

 


Casse toi pauv'con, tube de l'été ?

Posté par Easywriter le 20.05.08 à 11:11 | tags : président de la république, humour
La bande son d'une époque :





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