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Mais où va-t-on ?

Posté par Easywriter le 15.03.07 à 12:36 | tags : marketing politique, présidentielles 2007, campagne electorale

« Il a commencé par citer Jaurès et Blum, et maintenant il droitise son discours. Moi, je sais ce que c'est d'avoir changé de stratégie, c'est ce que j'ai fait en 1995 et cela m'a conduit à l'échec ». C'est Edouard Balladur (propos rapportés par Le Canard Enchaîné) qui s'exprime à propos de la campagne de Nicolas Sarkozy. De la beauté de la classe ouvrière aux engagements pro-Medef, de Jaurès à Rivarol, des clins d'oeil à l'électorat frontiste à ceux de Royal déjà dragués par Bayrou – les enseignants recevront un coup de pouce sur leur rémunération dès septembre vient d'annoncer le ministre de l'education alors que Darcos vient de remettre un rapport à Sarkozy sur cette question. Le candidat UMP rebondit sur tout et n'importe quoi, est sur tous les fronts et floute son positionnement. Désormais il cherche à droite, persuadé de rallier les centristes au second tour avec son cluster social, composé de Simone Veil et Jean-Louis Borloo notamment.

Côté socialistes, ce n'est pas mieux : Strauss-Kahn explique à Bayrou qu'il pourrait être socialiste oubliant que cela implique que les socialos pourraient donc eux devenir centristes sans trop de dommage. Ceux qui hésitaient à voter pour le Béarnais découvrent qu'il est socialo-compatible de l'aveu même d'une figure essentielle du PS. François Hollande se demanderait si l'ami DSK n'envisagerait pas d'un bon oeil la défaite histoire de remettre la main sur la rue de Solferino. Mauroy pense qu'il faut aller récupérer les enseignants tentés par Bayrou, d'autres qu'il faut être plus à gauche pour gonfler le score du premier tour.

François Bayrou ne finira pas la campagne en passant pour le candidat anti-système. Tout simplement parce qu'il ne l'est pas et que ça commence à se voir. Sa position se banalise, son discours ni droite ni gauche mais avec tout le monde s'essouffle, et est en train de passer pour ce qu'il est : un joli coup de marketing politique surfant sur le vote sanction qui ne peut plus profiter autant à Le Pen depuis un certain 21 avril 2002. Bayrou ne peut que compter sur l'effondrement de Royal et un fort sentiment anti-sarkozyste à gauche et au centre pour l'emporter. Voilà pourquoi il tape surtout sur le candidat UMP duquel il est pourtant idéologiquement plus proche. La campagne s'est constituée autour d'une tripolarité assez inédite qui arrange finalement tout le monde.

La cuisine électorale et les casse-têtes comptables font évidemment toujours partie de l'élection mais on en arrive à un niveau de réactivité stupide aux mouvements pressentis ou fantasmés du corps électoral. Outre les analyses de sondage, tout le monde croit bon de se précipiter sur tous les événements – la grand messe Airbus fut une des occurrences les plus ridicules. Ceux qui tentent d'exister par leurs idées et de présenter leur programme, Voynet, Besancenot, entre autres, sont inaudibles. A qui va profiter ce merdier ?

M'enfin comme dirait l'ami Davduf on continue, hein....

Sur Flu : Envie de (toucher le) fond ? Direction les programmes et les declarations complètes des candidats sur le mag.

Commentaires

De Dereck, posté le 15.03.07 à 22:39 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
"Le Président Nini". C'est classe pour l'exportation.

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