Le blog politique de Fluctuat.net

Qui aime bien châtie bien

Hier était une journée de commémoration nationale aux Etats-Unis, en l'honneur de Martin Luther King.

Les deux candidats démocrates se sont retrouvé à cette occasion, histoire de faire oublier la polémique née ces derniers jours, suite à des propos maladroits tenu par Hillary Clinton. Juste avant l'élection dans le New Hampshire, en difficulté dans les sondages, elle tente de minimiser l'impact de l'identification du discours d'Obama avec celui du célèbre pasteur baptiste assassiné, et déclare "sans le président Lyndon Johnson, qui a fait adopter la loi sur les droits civiques, le rêve de Martin Luther King serait resté un rêve.
Il a fallu un président pour qu'il devienne réalité". La communauté noire voit rouge. "Comment peut-t-elle minimiser le rôle du mouvement des droits civiques", se demande Ron Walters, politologue spécialisé sur la question raciale en politique.

Jusque là, les dimensions raciales et de genres ont été tenues à l'écart du débat. Mais aujourd'hui, de nombreux observateurs estiment que la campagne entre les deux démocrates prend une tournure malsaine. Bill Clinton est notamment accusé de diffamation par le clan Obama, ce dernier reprenant à sa convenance les déclarations du jeune sénateur.

Personne ne tient à voir s'affronter, d'un côté l'incarnation du mouvement féministe, et de l'autre celle du mouvement des droits civiques.
De plus, ces deux courants, fondateurs de l'histoire sociale américaine, sont nés et ont grandit ensembles. Il existe une harmonie entre ces deux mouvements, troublée périodiquement par des situations bien précises. Les clashs ne datent pas d'hier.
En 1869, lors d'un meeting à New York, Elizabeth Cady Stanton s'indigne à la tribune que le 15e amendement donne le droit de vote aux noirs mais pas aux femmes. La réponse de l'abolitionniste Frederick Douglass, pourtant allié de cette dernière, fut cinglante:" Quand les femmes, parce qu'elles sont des femmes, seront chassées à travers New York et la Nouvelle-Orléans; quand elles seront chassées de leurs maisons et pendues aux lampadaires; quand elles seront les cibles d'insultes à tous les coins de rues... là il sera urgent qu'elles obtiennent les mêmes droits que nous."

Il y a une chance sur deux pour qu'un démocrate accède à la Maison Blanche. Donc une chance sur quatre(sans manquer de respect à John Edwards) pour qu'on retrouve un noir ou une femme aux commandes de l'Etat. Une belle revanche.

 


Commentaires

De Funnymine, posté le 22.01.08 à 19:05 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Il est bon de souligner que le parallèle Johnson/Luther King et Obama/Clinton sous-entendu par l'ex-first lady est plus que tendancieux tant elle insinue une redondance de l'histoire voulant que le Noir désir son émancipation et que ce soit le Blanc qui décide de le lui accorder... Une idée très ancrée au Etats-Unis.

De Lolla, posté le 23.01.08 à 11:58 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Sympa cette chronique sur les élections US.

Et puis réjouissons-nous : Martin Luther King n'a pas (encore) été récupéré par l'Elysée.



De Helmi, posté le 23.01.08 à 13:34 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Pour les amateurs, Google s'est fendu d'un splendide logo Martin Luther king aujourd'hui...

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