Moucharder le gaucho : nouveau sport national ?
Après l'épisode ]Besancenot, filé et espionné pendant des mois, par une hypothétique centrale d'espionnage privée dont le commanditaire est jusqu'à aujourd'hui tenu secret, la découverte d'un tournevis (cruciforme ?) et d'une mystérieuse boîte noire sous la voiture de Bernard Thibault, le leader de la CGT, à son domicile commence à faire sacrément désordre. Si l'enquête démontre, ce qui est probable, que la boîte noire dissimulée chez Thibault visait soit à monter un système d'écoute, soit à mettre en place une puce de géolocalisation sur son véhicule, il faudra bien que des explications soient données par la justice sur ces pratiques et que les questions suivantes trouvent une réponse : y a-t-il en ce moment un système organisé de surveillance des personnalités de gauche ou gauchistes ? ce système est-il l'addition de pratiques individuelles (mon oeil) ou a-t-il des visées malveillantes spécifiques et qui profiteraient à un commanditaire unique ? à qui profite le crime ? Les scénarios les plus tordus se mettent à circuler, alimentant la machine paranoïaque des milieux de gauche, lesquels ont depuis toujours (et parfois à raison) considéré que leur manque d'écho populaire tenait à un système de contrôle des consciences et de neutralisation des éléments actifs par une sorte d'Internationale du Patronat et de la droite politique unie. Est-ce le patronat qui joue à la barbouzerie pour accumuler du matériau utile en vue des prochaines négociations ? Est-ce l'Etat lui-même qui aurait perdu son savoir-faire et aurait besoin, pour faire face au choc démographique dans les services de renseignements, d'employer des compagnies spécialisées visiblement incompétentes et incapables de faire le boulot sans se faire remarquer ? Est-ce une simple affaire personnelle ou encore la préparation de conclaves internes (Besancenot n'est-il pas victime de son succès au sein de sa propre organisation) pour lesquels des adversaires peaufinent leurs arguments ? Que cherchait-on à savoir de Bernard Thibault ? L'adresse de son coiffeur ? De son ORL ? Le nom de ses amis ? L'exemple nous ramène aux belles années des écoutes téléphoniques mais avec une insécurité supplémentaire, celle qui tient au manque de destination et à la dissimulation de la finalité du système, à son côté non professionnel et à sa dimension mafieuse artisanale. On se dit qu'aussi mal faites, ces tentatives de surveillance pourraient cacher bien plus, comme dans un polar de Manchette ou un Poulpe, un hydre fantasmé des puissants associés pour dominer le pays. Arlette Laguillier a changé son numéro de téléphone et résilié sa ligne fixe pour un téléphone portable. On ne l'aura pas aussi facilement.... Commentaires
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