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Epine dans le pied de toutes les politiques de la ville, la question des banlieues est régulièrement au centre des débats.
Sarkozy dévoile le plan banlieueNicolas Sarkozy a présenté ce matin à l'Elysée les modalités du plan « espoirs banlieues », tant attendu par tous les acteurs sociaux. Et apparemment l'attente Le président a décliné les axes principaux, qui peuvent se lire à travers quatre volets majeurs :
Car Sarko y est allé de son petit couplet sur l'oisiveté des jeunes de banlieues (au fait elle foutait quoi Fadela Amara ?), qui par facilité, deviennent partisans du moindre effort (une phrase de prof qu'on retrouve fréquemment sur les bulletins scolaires), et basculent dans la délinquance. On peut aussi penser qu'ils ne sont qu'à l'image de notre société, avec des besoins de consommateurs lambda, et que tous les moyens sont bons pour les satisfaire... Banlieues : mais c'est quoi ce plan ?Posté par Easywriter le 23.01.08 à 12:37 | tags : banlieues, président de la république, gouvernement
Depuis quelques jours le discours de l'administration Sarkozy sur les banlieues est pour le moins contradictoire. Le président est écartelé entre deux attitudes : tenter de redorer son blason dans les banlieues où sa réputation n'est pas très bonne et se recentrer sur ses fondamentaux électoraux en temps de crise dans l'opinion. Dans le doute, il joue sur les deux tableaux.
En réalité dans le même temps, le discours monomaniaque sur la sécurité est plus que jamais en vogue. Les surveillances par hélicoptère se multiplient, les drones (avions sans pilote dédiés à la surveillance militaire) sont appelés à la rescousse et Michèle Alliot-Marie tout en résinstaurant des îlotiers promeut également une nouvelle compagnie de sécurisation "plus réactive" et forte dans le 93 de 140 hommes. Quand Sarkozy va à Sartrouville il place son excursion sous le signe quasi exclusif de la sécurité et cherche surtout à parler aux policiers. A défaut d'être l'aise sur le pouvoir d'achat, la sécurité reste le thème très porteur chez les vieux et/ou les classes moyennes périrurbaines.
On objectera que les deux approches ne sont pas incompatibles qu'il y a en outre une voie entre la stigmatisation des pauvres et le discours naïf de compassion.
Municipales : la banlieue au centre des débats ?
Ségolène Royal vient de balancer une nouvelle pierre dans le jardin élyséen. Si la plupart des ministres d'ouverture se signifient essentiellement par leur insignifiance, Fadela Amara est celle qui gêne finalement le plus les élus UMP, plusieurs fois déjà des membres de la majorité comme Nadine Morano ont demandé à ce qu'elle soit recadrée par Matignon et l'Elysée.
Du coup, l'ancienne candidate socialiste fait d'une pierre deux coups: sur le fond, elle montre du doigt la faiblesse de la politique sarkozyenne envers les classes populaires et les zones sensibles et tacle la politique d'ouverture avec laquelle l'Exécutif tentera d'asphyxier les socialistes pour les municipales. Car l'important dans la citation est évidemment le "en appui sur les maires", le mécontentement issu de la politique de l'Etat étant l'émotion la mieux partagée par les édiles de banlieue, de droite comme de gauche. Et un sujet assez épineux pour Nicolas Sarkozy dont le moins que l'on puisse dire est qu'il n'y fait pas l'unanimité. Pas de quoi lui attribuer non plus la palme d'or de la stratégie politique mais c'est toujours un peu plus intéressant que le "votez contre Sarkozy" qui pousse les socialos à ne se définir que par défaut. Non ? Fadela Amara, je kiffe... Fadela Amara parle le djeun's. Bon, forcément comme elle a 43 ballets ça se voit un peu. « Je vous le dis très cash, maintenant il faut agir. Il est hors de question qu'on continue à se la raconter sur la question des banlieues...», lance t-elle la semaine dernière en conseil des ministres".
Moyennant quoi vous pouvez faire des constats très ordinaires, émettre des propositions génériques et floues, seule la forme de votre discours et accessoirement votre patronyme importent. Fadela a parait-il hésité à adopter un flow plus West-Coast pour son propos liminaire présentant son projet pour la ville et plus singulièrement la banlieue. Et quel projet ! Il s'agit rien de moins que de désenclaver la banlieue - preuve qu'on se la raconte plus dans les hautes sphères de l'exécutif - et d'utiliser pour se faire tous les moyens. Qu'on nous autorise à notre tour quelque débordement langagier : Sa race ! Voilà un plan qui déboite ! Mais ce n'est pas tout. Outre l'enclavement qui sera résolu grâce aux transports ( trop fort je te jure) et la mixité urbaine ( 20 % de logement sociaux c'est un début non Fadela ?) l'éducation, la transmission des valeurs sont aussi en passe de sortir de la crise. Comment ? En consacrant "une journée à l'éducation au respect, comme nous avons une journée pour la fête de la musique", indique Fadela. Respect, ouais. Fadela je te proposerai bien carrément une fête de la musique respectueuse, un truc mortel tu vois. Bref... Malheureusement, les audaces rhétoriques en terrain langagier mal connu réservent à l'occasion quelques perles. Ainsi Fadela résume son ambition par une formule : "tolérance zéro pour la glandouille", expression qui nous renseigne mieux sur la philosophie de ce beau programme. Elle a beau ensuite expliquer qu'il ne faut pas laisser les jeunes dans le désoeuvrement, n'importe quel collégien du 93 est capable de saisir la nuance entre le désoeuvrement et la glandouille, le dernier terme étant quand même plutôt synonyme de sympathique relâche, de farniente décomplexé (et en philo sarkozyenne plutôt répréhensible). Exemple : Qu'est-ce tu branles aujourd'hui Easy ? C'est quand même pas la même chose que : "Tu fais quoi Easy ? La glandouille c'est moins la situation de précarité de gens parqués en banlieue de la ville et de la vie que leur propre propension à la nonchalance, au loisir, qui les poussent à trainasser les pieds dans les coursives et accessoirement à faire des conneries, puisqu'on le sait bien, la glandouille est mère de tous les délits. Bref, on stigmatise mais de manière euphémisée ( la glandouille ce n'est pas directement les glandeurs, et encore moins les racailles) et on joue la rupture à venir sur un mode incantatoire " cela nous engage tous, comment peut on accepter... les grands défis de demain tagada tzoin tzoin", tout cela est très Sarko-friendly et l'uber-président a parait-il beaucoup apprécié. " Certains s'inquiètent du financement de la politique de la ville.Je pense que ce n'est pas seulement le budget de mon Ministère qui doit être mis à contribution mais que tous les acteurs concernés doivent s'impliquer financièrement". Tout le monde s'y mettrait tu vois, ce serait vraiment chantmé comme truc. Non ?
Royal loupe les banlieues et le vote ouvrierPosté par Easywriter le 24.04.07 à 12:57 | tags : présidentielles 2007, chiffres, décryptage, banlieues
Certes le score du parti socialiste est honorable, avec plus de 25 % des voix, Ségolène Royal atteint en effet le score de François Mitterrand au premier tour en 1981. Certes le parti socialiste engrange près de 2,5 millions de voix supplémentaires par rapport à 2002. Mais outre que ce succès s'explique en partie par le vote utile - et baisse d'autant le réservoir "naturel" de voix - il ne signifie pas une réconciliation des socialistes avec les classes populaires.
D'abord Jean-Marie Le Pen reste en tête du vote ouvrier (24%) et Royal y dépasse à peine Nicolas Sarkozy ( 20%) et François Bayrou (17%). Là aussi la sanction est moins sévère pour les socialistes que lors de la dernière élection présidentielle mais n'oublions pas que le pays sort de cinq ans de gestion de droite. Or dans un tel contexte, les ouvriers ont tendance à voter à gauche : ce fut le cas de 60 % d'entre eux aux législatives de 1997 et même de 70 % aux régionales de 2004. Ensuite, contrairement à ce qu'ils espéraient les socialistes n'ont pas fait forcément le plein dans les quartiers populaires : si on excepte la Seine-Saint-Denis où elle arrive en tête, Ségolène Royal est battue dans tous les départements franciliens qui subirent la crise des banlieues fin 2005 Essonne (31,51% pour Sarkozy), Val-de-Marne (31,82%). Nulle part dans les grandes concentrations urbaines, Lyon, Marseille, Lille, Royal n'a réussi à devancer Sarkozy qui y a souvent balayé Le Pen. C'est dans l'ouest du pays et notamment les départements fiefs du PS que la candidate arrive en tête. Last but not least : le bastion du Nord-Pas- de Calais, composé de nombreux ouvriers a basculé à droite lui aussi. S'il veut être de manière assumée un parti de centre gauche plutôt tourné vers les classes moyennes et moyennes supérieures, le parti socialiste n'a pas à s'inquiéter de ce qui semble la sociologie bien installée de son électorat. |
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