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Chaque semaine, le chroniqueur David Dufresne (davduf.net) prend un bol d'air sur le blog des militants, Partis de campagne.
Ensemble, tout devient vieux![]() Ça sent la fin, et les marchandages. Séguéla, la farce tranquille, rallie Sarko (Jean Marc, bingo : « Ah, il y en a un qui m’a définitivement convaincu de t’apporter mon bulletin dimanche. C’est Séguéla. Il va voter sarkozy. C’est quand même un signe, ça. »). Sur la plateau de TF2, hier soir : PPDA et Chabot, tout miel, sans fiel, assuraient leurs arrières marchandes. Cinq ans de gagné, disaient leurs yeux ron-ronds; et pas un mot de trop dans leurs phrases creuses. Chronomètre. Compte à rebours. Tic-tac. Ensemble, tout devient vieux. Et le petit Nicolas qui les regardait, les regardait, comme un désolé écolier. Oral du bac, la France en poche. Sa campagne électorale, c'est Mai 68 : on la lui donne, comme on fila le Bac à tous cette année là. Ça sent la fin de campagne, et merci Fluctuat. C’est la dernière, et l’on ne sait vraiment plus rien. Sur ce qui s’est passé. Sur ce qui va se passer. A droite dure toute, donc ? Courage, mixons. Merci Fluctuat. Le Phalanstère ferme. La France se ferme. Yves, Bruno, Marie-Adelaïde, Jean-Marc, Pierre, Quentin, Adrien vont partir. Le familistère se vide. Vendre sa carte ou rendre son âme ? Le choix d’une vie. On continue. Forcément. Undelivered Militant Mail Returned to SenderC’est la fin, ou presque. La fin de partie. La fin de nos joutes fluctuantes postales. La fin de Partis de campagne. On aimerait juste savoir, avant de voter, d’où ça leur vient, à nos militants, leur politique de la chaise et du blog vides ? Savoir si, des fois, leur silence ne sifflerait pas bien plus que la simple fin de Partis de campagne, mais bien la fin même des partis politiques ?
To post (or not to post)Les sondages mentent. Les sondages trompent. Les sondages truquent, corrigent, redressent.Les sondages sont hors d’âge.Ils chipotent pour des virgules, pipeautent pour des dizièmes alors que l’heure est grave, proche, l’heure est à la démesure.
Ce mercredi, Le Canard Enchaîné titre magistralement : «99,87% des indécis hésitent encore». Et nous, pauvres de nous, comme les posteurs HL ou Mat, on vient ici en béquilles électorales, en internetoxicos (1) de la bonne parole militante, on vient chercher une autre voie, d’autres voix, et puis, plus rien, à nouveau. Les sondages mentent. Ce ne sont pas les électeurs qui sont à l’ouest. L’institut politique.fluctuat.net est en mesure de l’affirmer : ce sont les militants eux mêmes qui sont indécis. Sinon, comment expliquer tous ces silences, ces défections, ce vide? Il est où, Pierrot ? Terrassé par les rumeurs sur son leader Sarko et validées en quelque sorte par Schneidermann lui-même ? Il est où, Adrien le coco, au Musée Grévin du PC DCD et des Grandes Grèves belles et passées ? Et Marie-Adelaïde, encore hilare après le grand tour de circus du Le Pen à Argenteuil et des caméras en rond d’oignons ? Et Quentin, le royaliste, il est où ? Et Bruno ? Les deux comploteraient-ils déjà une sainte alliance anti-Sarko qui ne viendra assurément pas ? Bien sûr, cette semaine, il y a eu dans Partis de campagne la joute postale entre Jean-Marc et Yves, entre les frères amis de manifs, le drapeau rouge et le vert, mais ça sent le réchauffé de salles de meetings, leur truc. Jean-Marc, lucide, en convient d’ailleurs : « On nous annonce, pour les uns, la dislocation en cas de défaite à la présidentielle : serions-nous à la veille de la mise en bière d’une SFIO finissante en rupture avec les catégories moyennes et populaires ? ». Voilà ce que c’est de brouiller les cartes : à force, il n’y a plus de fond de jeu. Voilà ce que c’est la Présidentielle 2007 : des militants qui explosent en plein vol (politique) parce que l’idée même de militance s’est dérobée. Il n’y a pas d’idées, que des indices. Aucun désir réel, fut-il d’avenir ; il n’y a rien que du flou. L’indécision triomphe. Comme si ne pas choisir était le seul choix qui restait. (1) L’internetoxico : virus apparu en Occident, au milieu des années 90. Terriblement dangereuse, cette contagion peut conduire au suicide social. Touche désormais tous les continents et toutes les couches de la population, enfants compris. Se contracte définitivement par l’acquis, contrairement à ce que croit le Professeur Sarko. La course ou le sprint ?(chaque jeudi, le regard que porte David Dufresne sur Partis de campagne, le blog militant de Flu). Episode 7. La semaine dernière, nos militants étaient loin. Ils étaient absents. Silencieux. En un mot : ils étaient mous. Coup de barre à droite pour Sarko, coup de barre à gauche ( ?) pour Ségo, et pendant ce temps là, donc, coup de barre tout court pour eux. Et soudain, ça s’excite à nouveau. Mieux que ça : en filigrane, il est souvent question de vitesse. Entre nous, les gars (et la fille) : il était temps. Ce n'est plus une course à la présidentielle. C'est le sprint final. Groupons nous, et demain, etc. Pourparlers sans parole(chaque jeudi, le regard que porte David Dufresne sur Partis de campagne, le blog militant de Flu). Episode 6. C’est une drôle d’impression, ces posts-ci. Une impression de trou d’air, d’espace-temps distendu. Ou mieux, ou pire : de campagne qui s’éclipserait en catimini, comme si être sur la en-ligne de départ aurait pu être le seul horizon valable… Qui rira, votera le dernier(chaque jeudi, le regard que porte David Dufresne sur Partis de campagne, le blog militant de Flu). Episode 6. Cette semaine, on rit. Fort. Jaune. Cette semaine, Chirac apporte son soutient à Sarko et Pierre, notre militant de l’ombre de l’UMP, celui qui dort dans les sous-sols de la rue d’Enghein, si on a bien pigé, il comprend Chirac. Mercredi, Pierre ajoute : « Le soutien de Jacques Chirac (…) a d'autant plus de poids que c'est un homme d'expérience ». Politique pogo Dans le rock, on appelle ça faire le roadie. Faire la route, et porter les amplis. Une vie de chien fou ; exténuante, délicieuse. En politique, c’est la même. Faire la route et colporter la bonne parole. Faire la route et déporter les déroutes à venir. Dans le genre, Jean-Marc s’est démené. Mardi, il était dans le Dunkerquois, «au coeur du poumon industriel de la région» comme il dit étrangement (quel sens ça a, le «poumon industriel», pour un Vert ?). Et si c’était ça, au fond, être sur la route : être comme sur un «dernier rempart au zapping télévisuel» ? Ah, joie des groupies militantes et allégresse des chants politiques ! De la foule et du pogo politique ! De la houle et du micro ! Voir à ce propos la fin de la vidéo de 1974 proposée par ses soins. Ça se passe à Lyon, au Palais des Sports, des chevelus guitarent des chants de révolte paysanne. C’est noir, c’est blanc, c’est con, c’est beau.L’autre grand routier/jeune routard, c’est Yves, parti à la pé-pêche aux si-signatures comme «la plupart des militant-e-s de la LCR sont sur les routes quasiment tous les jours». Et de nous parler des meetings comme d’une tournée à guichet fermé, «on est obligés de refuser du monde faute de place», avec, en point d’orgue et poing levé, dimanche, du «militantisme musical pour se reposer, avec un concert de soutien». Rock. Politique. A la Ligue, ça a toujours été une tradition, les concerts. Une combine. Rock against fascism, avant. Un cheval de Troie. Un attrape-jeunes. Rap against sarkozysme, maintenant. Même Marie-Adélaïde s’y met, de retour de son Ski Tour 2007. Elle est amusante, la frontiste. Elle fait très présidente de fan-club. Mercredi, elle nous refourgue un vieux tube, «Signatures, la fin d'un calvaire!», dans une version non remasterisée. Elle y croit, elle en vend par parquet de cent (535, exactement). Le refrain fait : « le Front National, n'ayant jamais participé à ce système / tème / tème / tème» alors que c’est évidemment tout l’inverse. Depuis vingt ans, toute l’industrie du disque et de la politique tourne autour de lui. Le Pen, valeur tango et sûre du Vieux Top 50 et de la Vieille Taupe. Quant à Sarko, dimanche, il sera au Zénith «avenue Jean Jaurès», précise le carton…). C’est Pierrot qui nous invite à «un grand meeting pour les jeunes. Des artistes et DJ (on annonce Martin Solveig) chaufferont le Zénith (…) Une bonne occasion de mêler le sérieux de la politique et la ferveur de la grande fête qu'est une campagne électorale.». Voilà où on en est, les amis. DJ Sarko & MC Police aiment les d’jeuns. On se pince. Et si elle se nichait {aussi} là, la Grande Confusion du moment ? La politique comme un mix, un fourre-tout, un gigantesque sampler, du Jaurès / identiténationale / Lafrancetulaimesoutulaquittes / ordrejuste / Jevousaimecommej’aimelafrance / justedel’ordre. La politique qui fuse, qui confuse, qui s’épuise, la politique qui puise à droite à gauche, deux partout – la balle Bayrou au centre. Grande confusion comme l’on dit Rock Fusion. On continue, hein.
Geste commercial(chaque jeudi, le regard que porte David Dufresne sur Partis de campagne, le blog militant de Flu). Episode 4. Cette semaine, ça cause fric. Cette semaine, c’est encore Pierre qui fout le feu aux poudres trolliennes. Pierre, c’est notre sarkozyste. Un post bien provo par semaine pour lui ; une apparition bien télé pour l’autre, et le tour est joué. Cette semaine, Pierre l’@bbé fait la manche : "Tout devient possible... mais rien n'est gratuit" dit-il. Et de nous inciter à filer quelques ronds pour que son spammeur de candidat puisse arroser la France de mails. On rêve. Flopée de réactions.
Surtout qu’il se décomplexe, Pierrot, comme on dit chezladroitedécomplexée. Il y va franco, dorénavant. C’est l’avantage des sûrs d’eux, ça : dire n’importe quoi. Pierre écrit : «Les électeurs se comportent comme des consommateurs, pourquoi les politiques n'ont-ils pas le droit de se comporter pleinement comme des entrepreneurs?». Chez certains Grecs, Pierrot, la démocratie était gratuite (et possible). Mieux que ça même : on y pouvait y être élu à la courte paille, on appellait ça la Stochocratie — garantie sans ruptures, je peux te l’assurer... Mais bon, divaguons: la politique, tout plein d’entreprises ? Un Grand Marché, ouvert le dimanche, jour de vote, où les réglements de compte se feraient après le bilan (premier tour, deuxième tour, et tour de con) ? «Les électeurs se comportent comme des consommateurs», ça voudrait dire quoi, au juste ? C’est important les mots. Ça tue, les mots. Dire par exemple : « je me battrai» pour que Le Pen ait ses signatures, c’est assez mortel. Limite dumping social, liquidation totale. A part ça, y a Bruno. Bruno, c’est le Bayrou/bout en train de la bande. Samedi, il nous signale une drôle d’échoppe qui propose de drôles de t-shrirts «I Love Sarko». Et puis, il va comme son chef de magasin UDF relever les compteurs des bons sondages du jour. Renseignements emails pris (illustration faisant foi), les t-shirts officieux ne sont pas donnés. Comme dirait Pierre, c’est bien possible et gentil la politique, mais rien n’est gratuit (12€ la pièce). Moins cher tout de même que les t-shirts officiels de la boutique-sarkozy.com (à 15€ le bout). Ça doit être ça, la politique marchande. Gare à la concurrence déloyale – Paypal – Royal. Ségo, justement. Sur sa maison de Mougins, Fil, un commentateur, dit : « Enfin une capitaliste volontaire pour payer la solidarité (cheval de bataille des socialos !).... J'en pleure de joie». En écho rétroactif, Jean-Marc (Verts) avait senti le coup venir. Dans « La Droite Cofinoga», il lâcha la plus monétique phrase de la semaine comptable : «La République, c'est un peu un ménage qui reste digne alors que le patrimoine se barre en sucette». Carte bancaire ou carte du parti ; Tricheur contre tricheuse, tout est là. Pas facile d’être commerçant-militant, en ce moment, je présume. On continue, hein. (Daily) Motion politiqueChaque jeudi ( et exceptionnellement cette semaine vendredi), le regard que porte David Dufresne sur Partis de campagne, le blog militant de Flu. Episode 2. Depuis la semaine dernière, c'est une phrase qui revient et qui rode sur cette Partis de campagne. Celle de Jean-Marc : « On dit que les politiciens sont des artistes ratés. Vous n'avez jamais rencontré un artiste? La politique. L'art. Ou si seulement c'était l'urgence de la campagne qui se ferait (enfin) sentir ? Le trac d'avant scène ? La main sur le rideau qu'on va lever ? L'art de la politique... Et nos sept e-militants, comme des fans ou des roadies ; des porte-amplis ou des porte-voix ; en prime-time ou en grand show - c'est selon ; de plus en plus fébriles, excités, peut-être même libres, qui se laissent aller, enfin. En tournée française poudreuse/foireuse ou en happenings happy-hour (Quentin et ses opérations anti-sarko ; Jean-Yves en colleur d'affiches pirates avec Besancenot). Ou Adrien, les posts rares et la gueule d'ange punk (Adrien ? Punk ? Un fils caché ?) C'est Bruno, qui s'interroge sur cette «comédie médiatique» - mais comédie quand même. C'est Yves, l'intermittent du cinéma documentaire, qui dézingue les superproductions hollywoosarkoziennes. C'est Jean-Marc, l'habitué des empoignades internes aux Verts, qui nous refile du Rocky. Ou c'est Quentin et Pierre , qui tractent sur un marché, tels deux hip-hoppers en plein street-marketing vantant les mérites du Nouveau Programme Déjà Dans les Bacs. C'est un peu, tout ça, Partis de campagne en ce moment. De la politique, fille de la Fnac et de la Live-Box. De la fiction et des frictions. De l'art zappé et du direct serré. Du clip et de la (daily) motion politique. Du jemevoyaisenhautdelafficheetdessondages.com et de l'innocence. C'est le tour de chauffe, le tour de chant : c'est touchant. Mais ça ne résoud pas le problème : l'art de la politique en 2007, c'est qui ? c'est quoi ? c'est comment ? c'est Net, ou pas ? Salut les artistes. On continue, hein. Au bout de dix gagnant-gagnant, je gagne quoi ?(chaque jeudi, le regard que porte David Dufresne sur Partis de campagne, le blog militant de Flu). Episode 2. Bien sûr, cette semaine, il y a eu le machin sur TF1. Le machin qui fait zap-zap sondage et chamboule-tout… Tous dans le panneau, tous dans le panel, etc. Jusqu’ici, l’irruption de la télé-royalité a perturbé les troupes. Prenons Quentin. Voilà que depuis lundi le jeune PoliSson se tend au fil des posts et, merdum, ça fait du bien. D’elle, il dit: " Elle rassure là où Sarkozy fait peur". Bien vu. Mais… si c’était l’inverse, mon vieux, qui craignait ? Quand elle fait peur, là où il assure ? Et si la peur, c’était comme pour le foot avec les Allemands, c’est toujours Sarko qui gagne à la fin ? "Gagnant-gagnant", c’était d’ailleurs sa grande trouvaille, à la Ségo (qui a tout à perdre). Voilà pourquoi Pierrot semble tout retourné. "Gagnant-gagnant", c’est un truc de son cUmp, normalement. Alors, tout de suite, les grands mots : " Le socialisme est-il mort ou est-ce une simple agonie ?" demande-t-il. Pierre, on n’en est plus là... Regarde un peu… c’est ton mentor lui-même qui détrousse les cadavres — Blum et Jaurès. Enterrement sans classe. Perdu-perdu. Laisse tomber. ![]() Et Bruno, le soutien du gagneur-gagneur du moment (Bayrou is back, dit-on ; 16% dans les sondages à venir, dévoiles-tu !)… Perturbé, lui aussi. On attend toujours le billet sur ses "tribulations en province", promis mardi (via un commentaire @ 17 H 05 — sans nouvelle depuis). C’est quoi ces choses qui bougent, ces regards qui changent, ces " putain que c’est bon " ? Une idylle avec une ségolèniste peut-être ? Un Cohn-Bendiste ? Ou, carrément gagnant-super-gagnant, avec une panéliste de TF1 ? Dis nous, Bruno… Et Jean-Marc, le les-Verts, qui joue à fond, qui poste à mort, qui y croit toujours, quand bien même les têtes à claques du plateau de F3 Ile de France, ça n’a pas le clinquant d’une vitrine Bouygues. Ça viendra, va. En attendant, c’est perdant-perdant, on dirait : « Mes amis me demandent souvent si la politique ne "va pas me rendre dingue". "On dit que les politiciens sont des artistes ratés. Vous n'avez jamais rencontré un artiste ?" Et puis, et puis, il y a celle qui s’en cogne. Celle qui sait que son candidat engrange, gagnant-gagnant-gagnant-rageant : le vieux crooner raté sans voix et sans façon, pour parler comme Jean-Marc ; celui-là même qui s’était fait applaudir en direct, au même pupitre que la Ségo, une semaine plus tôt, sans que personne n’y trouve à redire, parce qu’ainsi est devenue la France… Avant de partir en classe de (blancs comme…) neige avec les petits fron-frontistes, Marie-Adelaïde a ces mots pour nous annoncer le grand raôut de son parti : "Jean-Marie Le Pen y exposera son programme en détail". En détail - vraiment ? Comme le 11 septembre ? Comme les chambres à gaz ? Tenez bon, amis muppets. Explosons tout ça. On continue, hein. Illustration : un soir de février 2007, en regardant Ségolène Royal sur TF1. Et le collectif derrière l’e-militant...(chaque jeudi, le regard que porte David Dufresne sur Partis de campagne, le blog militant de Flu).
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