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Quel arbre cache la forêt de l'information ?
La politisation des municipales, piège pour Sarkozy ?Politiser or not politiser les élections municipales ? Lors de sa conférence de presse, Nicolas Sarkozy a indiqué que la question ne se posait pas. Selon l'argument simple qu'en cas d'échec ce dernier lui serait imputé. Car si les électeurs sont parfois tentés d'adresser un camouflet au pouvoir exécutif via un scrutin qui n'a rien à voir, le féliciter via ce même scrutin n'est pas automatique. "Plus, au contraire, "le" jugement est favorable et plus les élections sont localisées, "dégouvernementalisées", et les évolutions constatées varient d'une ville à l'autre en fonction des considérations communales de personnes et d'enjeux.", explique le politologue Jean-Luc Parodi. Ainsi la popularité de l'Exécutif aurait très peu d'effet d'entraînement positif et serait au mieux un agent neutre. Il est vrai qu'en 1995 les élections municipales n'ont pas été un raz-de-marée de la droite malgré l'état de grâce du président Jacques Chirac élu un mois plus tôt. Six ans plus tard, la gauche plurielle ne fera pas non plus un carton monumental, si ce n'est à Lyon et Paris.
Donc mieux vaut ne pas trop politiser et se battre localement puisque c'est là que cela se jouera. Ce matin, ce vieux briscard de Laurent Fabius ne s'y est d'ailleurs pas trompé, appelant la masse des mécontents à attribuer "un carton jaune" à l'Exécutif. Au coude à coude avec la droite dans les sondages, Il n'y a que l'opposition qui trouve avantage dans tous les cas à nationaliser le débat. Royal / Bayrou : Ma plus belle histoire c'est moiLes deux outsiders de la présidentielle font donc un retour ces jours-ci. Ségolène Royal avec un ouvrage « Ma plus belle histoire, c'est vous » et François Bayrou à l'occasion d'un congrès s'achevant sur un plébiscite de république bananière : 97 % des adhérents présents on voté pour lui. Plus que jamais, les deux anciens candidats me semblent être des égocentriques notoires qui n'ont pas plus que Nicolas Sarkozy su mettre en place autre chose qu'un culte du chef. Les perdants d'un système de personnalisation qu'ils ont joué autant que le président.
Après un titre digne d'une autobiographie de vedette en fin de parcours, Ségolène Royal évoque elle aussi dès l'intro de son livre ce formidable engouement populaire autour de sa candidature. D'après les bonnes feuilles et commentaires lus ici ou là, le texte ne semble pas sortir du registre émotionnel. Elle y parle d'un rendez-vous à venir, 2012, comme Bayrou affirme désormais etre entré en résistance, avant de revenir sur le devant de la scène politique comme un libérateur.
Les deux continuent de se voir comme des électrons libres ouvrant une nouvelle ère alors qu'ils incarnent une forme bien classique de la Cinquième République – que Bayrou se prenne pour De Gaulle ce week-end à Villepinte est pour le coup très éclairant.Le Béarnais a cru transcender les clivages politiques sur son propre nom et non par un programme et campe toujours sur ce choix, moyennant quoi il est mal placé pour critiquer l'uberprésidence Sarkozy. Royal continue de magnifier sa défaite en maudissant les socialistes et nous apprend qu'elle aurait proposé le poste de Premier ministre au centriste. Dans le dos de son parti donc. Lui aurait accepté juste pour rire sachant qu'elle ne gagnerait jamais et trouva surtout matière à occuper encore un peu l'espace le temps d'un débat d'entre deux tours. Les deux prêts à tout pour exister encore un peu et poursuivre une fiction dont ils ont décidemment bien du mal à se défaire.
Sarkozy, Delanoë et l'art de se tairePosté par Easywriter le 23.11.07 à 12:46 | tags : grèves, président de la république, décryptage, stratégie
![]() Certains s'étonnent que le maire de Paris ne soit pas plus disert sur les grèves. Bertrand Delanoë est, comme Nicolas Sarkozy, conscient qu'il n'y a que des coups à prendre dans une telle crise dont il vaut mieux attendre l'issue. Les deux hommes, qui ont l'air de s'apprécier, partagent un ego démesuré, un habile sens de la communication et la foi totale en leur destinée. Et c'est pourquoi ils utilisent aujourd'hui la même stratégie. Le président attend de pouvoir rebondir dans un contexte politique dégagé : il convient donc d'attendre non seulement que le conflit soit terminé mais que la dramaturgie médiatique ait besoin d'un nouvel événement. Pourquoi se risquer au frontal alors qu'on en est même pas encore à sacrifier une Tour ni même un cavalier. Le maire de Paris ne tient pas à voir son image associée à celle d'une ville paralysée, qui saurait l'en blâmer ? La grève signera t-elle la fin de la gauche modérée ?A l'état actuel du parti socialiste qui tente maladroitement de tirer les marrons du feu d'une contestation qu'il n'approuve pas complètement (sur le fond les socialistes sont pour la réforme des régimes spéciaux), au peu de succès des tentatives de modernisation du syndicalisme français (la direction de la CGT n'est pas forcément suivie par sa base dans son envie de réforme), s'ajoute l'intérêt politique de la majorité de poursuivre ce pourissement. Ces effets conjugués sont en train d'assurer la tranquille ascension d'Olivier Besancenot, héros des mécontents du secteur public. Tout se passe comme si à l'avenir le débat politique allait se résumer à un affrontement entre gauche radicale et droite au pouvoir.
Il se passerait à la gauche du champ politique ce qu'il s'est passé à droite dans les années 1980 : François Mitterrand avait bien compris à l'époque tout l'intérêt de voir une partie de l'électorat de droite choisir le Front National neutralisant ainsi toute vélléité de prise de pouvoir par les conservateurs. Attention je ne fais aucune comparaison de nature entre la LCR et le Front National, simplement une analogie de tactique politique adoptée par un parti dominant. La déconfiture de la gauche gestionnaire auprès de l'opinion fut largement ralentie par cette division encouragée des voix. On peut penser que les acrobaties difficilement lisibles du parti socialiste aujourd'hui tentent justement d'éviter une radicalisation opportuniste qui l'enfermerait dans des postures d'arrière garde, perdant chez les électeurs modérés ce qu'il gagnerait sur son aile gauche. Avec pour résultat une stagnation globale de ses voix. Mon titre est bien entendu volontairement polémique mais il n'empêche que l'incapacité de la gauche modérée à proposer un pacte social cohérent qui lie entre elles les classes populaires et moyennes au-delà de l'éternel scission public/privé est peut-être en train de produire son dernier fruit : un nouveau découpage électoral de la gauche déjà minoritaire qui lui assure pour pas mal de temps encore une belle carrière dans l'opposition. Grèves : et quoi ensuite ?Bien sûr que Nicolas Sarkozy et le gouvernement tentent d'anesthésier la contestation syndicale, j'irais plus loin : qui saurait les en blâmer ? Q'un gouvernement de droite essaie de réduire autant que possible le pouvoir de nuisance de ses ennemis historiques n'a rien d'étonnant. Ils ne peuvent pas compter de leur part sur une entente a priori, seules les Exécutifs de gauche peuvent l'espérer. Qui peut croire sérieusement que l'enjeu n'est que la réforme de régimes spéciaux dont les plus optimistes pensent qu'il nous fera économiser 200 millions d'euros en année pleine ?
Du coup, tous doivent laisser entendre qu'au-delà de leurs revendications, la liquidation sociale à la mode Sarkozy est en branle. Bien sûr que le président a acculé les syndicats dans une impasse grâce à une approche sectorielle. Bien sûr que le gouvernement refuse les possibilités de négociation intermédiaires, appels du pied qui se multiplient de la part de syndicats plus modérés qui ne croient pas au rejet pur et simple du projet de réforme. Si vous voulez avoir une image précise de l'acrobatie des contestataires, essayez de suivre la rhétorique complexe de l'élu socialiste tentant d 'expliquer qu'il- soutient- un- peu -des -grèves- contre- une réforme-des-régimes-spéciaux-qu'il soutient- un- peu- aussi- mais- enfin- tout -ça-c'est-surtout- un-problème -de-méthode-tout-ça... Epuisés par un combat perdu et impopulaire, les forces contestaires du moment auront bien du mal à s'en remettre, si elles perdent toutes ensemble dans les jours prochains dans le cadre d'un mouvement unitaire. Il sera temps alors de passer aux choses sérieuses.
Et si on divisait par six le nombre de communes ?Après avoir dynamité le principe de précaution, accusé de brider les forces créatrices, et fait l'éloge inattendu de la grande distribution, la Commission Attali devrait désormais préconiser un audacieux réaménagement du territoire.
La disparition d'un échelon dans l'appareil administratif français et singulièrement l'échelon départemental n'est pas une idée nouvelle.
Municipales : le PS va t-il pratiquer la discrimination positive ?Posté par Easywriter le 05.11.07 à 11:02 | tags : municipales 2008, elections, ps, décryptage, opposition
La question de l'immigration et de l'intégration des enfants issus de l'immigration est toujours aussi problématique au parti socialiste. Le PS craint toujours qu'en évoquant les minorités ou la diversité il se laisse prendre au piège du communautaire, moyennant quoi il faut bien reconnaître qu'il n'a pas accouché depuis un bail d'un discours positif sur ce point. Que le principal parti de la gauche modérée ne contienne dans ses rangs qu'une proportion grotesque d'élus issus des minorités est désolant. D'ailleurs à ce propos, un intéressant documentaire sur la parité diffusé par Public Sénat dimanche, montrait à quel point Laurence Rossignol, présidente de la commission femmes aux élections du parti, avait le plus grand mal à faire exister la parité autrement qu'en une fumeuse escroquerie : une moitié de femmes dans chaque scrutin certes, mais envoyées dans des combats électoraux perdus d'avance. A sa décharge, sur le plan de la parité comme sur celui de la visibilité des minorités, le parti socialiste essaie de placer des élus et non des nommés comme le fait la majorité avec les postes gouvernementaux de Rama Yade ou Rachida Dati, élues de nulle part et totalement "fabriquées" par Nicolas Sarkozy, quel que soit leur talent. Pour les municipales, le parti socialiste pourrait donc imaginer une forme de discrimination positive. Certains tiquent de cette méthode de quotas qui nie aux personnes issues de l'immigration leur légitimité strictement politique et jetterait fatalement une suspicion sur leur qualité. Pendant longtemps la parité a été pensée "négativement" par rapport aux hommes et les places qu' ils pourraient éventuellement libérer aux gonzesses. La candidature de Ségolène Royal, quoi qu'on en pense, prouve que des critères strictes ont permis d'évoluer et qu'on pouvait penser positivement la question paritaire, en faisant la promotion de femmes talentueuses et non par défaut. Ségolène Royal et le militant à vingt ballesIntéressant entretien de Ségolène Royal dans Libé du jour. Elle y fait beaucoup référence au modèle italien et l'élection de Walter Veltroni à la tête du tout nouveau parti démocrate.
C'est cette logique d'ouverture à ceux qui sont finalement plus des sympathisants que de nombreux socialistes déplorent aujourd'hui. Dans Libération toujours, on apprend d'ailleurs qu'une bonne partie des néo-militants évanouis se sont fait la malle et n'ont pas repris leur carte. Certains d'entre eux auraient filé au Modem voir si l'herbe est plus verte et elle l'est assurément, même si on peut craindre qu'en dehors d'une élection présidentielle, la base militante forte de quelque 45 000 sympathisants bayrouistes soit en sommeil elle aussi. Ouverture : Le Modem se branchera t-il à droite ?Les prochaines municipales seront-elles l'occasion de voir le paysage politique retrouver sa forme classique ? Autrement dit l'aventure indé du Modem est-elle terminée ? François Bayrou comptait sur mars 2008 pour imposer son mouvement sur l'ensemble du territoire en vue de la présidentielle 2012. Agir local et penser global en somme. A l'inverse les socialistes prennent de plus en plus de distance avec le Modem et la rencontre entre François Hollande et François Bayrou n'y change rien. Du coup Marielle de Sarnez directement concernée par la diatribe commence à discuter chiffons avec Françoise de Panafieu que l'ouverture arrangerait beaucoup. Si Sarnez deale avec la majorité, le Mouvement démocrate version indépendante est bel et bien mort.
Travailler plus sans mode d'emploiPosté par Easywriter le 01.10.07 à 11:03 | tags : décryptage
Après avoir été l'exemple même du pragmatisme intelligible par le plus grand nombre, le slogan "travailler plus pour gagner plus" apparait ces derniers jours pour ce qu'il est peut-être : une pure position idéologique. Ce matin sur France Inter, on a pu entendre la patronne de la CGPME (syndicat des petites et moyennes entreprises donc) résumer sans rire qu'en gros la réforme était complexe et inapplicable mais qu'elle était bonne sur le plan moral. En clair : la défiscalisation des heures supplémentaires introduit dans les esprits qu'il va falloir bosser plus à l'avenir et c'est là une efficacité bien suffisante.
Qu'en est-il du pouvoir d'achat ? On estime qu'un smicard effectuant 39 heures au lieu de 35 gagnerait au total 800 € de plus par an.
Le centre de la vie politique s'est-il déplacé ?Posté par Easywriter le 27.09.07 à 16:09 | tags : gouvernement, opposition, modem, décryptage, nouveau centre
Mais toujours sans réel écho dans la population, le Nouveau Centre se doit aussi de trouver une position politique originale. La question budgétaire tombe donc à point nommé. "Ce serait un signe fort " résume Leroy. Envers le gouvernement bien sur mais aussi envers les électeurs en vue des prochaines municipales. Le Nouveau Centre serait l'allié constructif et fidèle d'un exécutif moderne et ouvert. On en pleurerait. Le Modem aussi qui n'a pas trouvé encore de second souffle. Et qui n'arbitrera pas autant qu'il l'espère le scrutin de mars 2008. Il est à craindre que la fuite des électeurs connue entre les Présidentielles et les législatives se poursuivent.
Sondage : estimez-vous que certains sondages sont débiles ?73 % des Français estiment le pays en situation de faillite, nous annonce le Figaro.fr après avoir demandé leur avis à près de 15 000 internautes. Qu'est-on censé faire de genre d'information ?
En revanche, demander aux Français s'ils pensent que la France est en faillite est absolumment idiot : en matière de finance publique, ce qui importe est de savoir si oui ou non l'Etat est au bord de la banqueroute ( ce qu'il n'est pas parce que nombre d'investisseurs continueront à lui prêter de l'argent) et si accessoirement il existe des possibilités de recettes supplémentaires. Sonder l'opinion sur une question de pure expertise n'a aucun sens si ce n'est laisser penser que le gouvernement a le plébiscite de l'opinion... ouais du coup ça prend tout son sens effectivement... Aussi je m'interroge. Sondage Flu: Estimez-vous que cette notule est banale et inutile ? Augustin Legrand va t-il squatter le gouvernement ?
Les Enfants de Don Quichotte avaient prévu de réinstaller leur campement sur les bords de Seine et sur des lieux touristiques dès octobre pour protester contre l'inertie de l'Etat, estimant qu'il manque 15 000 d'hébergement pour les sans-logis. L'opération est prévue pour début octobre, un mois qui devrait être chargé socialement pour le gouvernement les syndicats de la fonction publique ayant décidé une mobilisation anti-reforme des régimes spéciaux pour le 18. S'il refuse, il sera toujours temps alors de lui expliquer qu'après tout on lui avait proposé d'avoir une démarche constructive en lui confiant une mission et qu'il a refusé, préférant s'enfermer dans la critique improductive. S'il accepte il se retrouvera dans la position de Martin Hirsch lui aussi au départ plutôt enthousiaste mais qui a déjà reconnu la semaine dernière que le bouclier sanitaire serait repoussé de deux ans. Du Haut-commissaire aux solidarités actives, Legrand a dit ce matin sur France Inter : " il veut faire de la politique ce monsieur, il est pas pragmatique". Test ADN : les ministres de gauche à distance respectueuse
A notre connaissance personne n'a demandé son avis à Jean-Marie Bockel pas vraiment considéré comme un homme de gauche finalement. Jospin / Royal : Nier la défaite, une tendance lourdeAu même titre que le thriller historique pour profiter du succès de Da Vinci Code ou la multiplication des titres "Fantasy" inspirée de Harry Potter, une nouvelle tendance éditoriale est en train de naître : l'anti-Ségolénisme. Après La défaite en chantant de Claude Allègre, ou "Au revoir Royal" de Marie-Noelle Lienemann, c'est au tour de l'ancien Premier ministre d'expliquer pourquoi Ségolène Royal était programmée pour la défaite. Dans L'Impasse, dont Libé publie aujourd'hui quelques extraits, il écrit notamment que les raisons de l'échec tiennent "à la personnalité de son ancienne ministre, à son Voilà pourquoi la plupart des socialistes continuent donc à attribuer leur défaite à une malheureuse dispersion des voix que tout le monde regretterait depuis. Il semblerait donc, que, pas plus que Ségolène Royal dont la capacité de dénégation laisse pantois, Lionel Jospin n'ait réussi à comprendre les raisons de son propre échec - car échec il y eut quand bien même dans son livre il rappelle être le seul avec François Mitterrand à avoir mené les socialistes à une victoire nationale (en ce qui le concerne les législatives de 1997 donc). A l'époque, Jospin assuma pourtant seul la défaite et quitta la vie politique. A posteriori, le geste est plus à attribuer à une posture christique de mégalomane qu'à un réel sens des responsabilités. D'ailleurs, le sacrifice du leader après une défaite est l'ordinaire dans différentes démocraties occidentales, demandez à John Major. Et les allers-retours de Jospin dans le débat public depuis son départ ont montré qu'il attendait surtout que ce soit les autres (les électeurs de gauche) qui reconnaissent leur erreur et le rappellent aux manettes. Jospin a nié le problème de leardership - il n'emballait personne - et son faux- départ a occulté un débat de fond sur l'avenir du parti socialiste. Faire le procès de Ségolène Royal, même si celle-ci a commis plusieurs erreurs, relève revient à s'enfoncer dans la même impasse. Hier comme aujourd'hui, les partis ont malheureusement les leaders qu'ils méritent. Municipales : la gauche plurielle c'est surtout une culture..« Dans une ville, nous avons toutes les cultures de gauche - il est préférable de parler de culture plutôt que de parti . Il y a une culture communiste, radicale, écologiste.».
Même si ce n'est pas la seule raison, les Verts sont politiquement morts parce qu'ils n'ont pas su développer de discours réellement autonome qui aurait permis d'en finir avec le cliché "vert= socialiste de moins de 40 ans". Noyés dans le compromis à la sauce-sociale démocrate, les communistes ont de leur côté perdu leur crédit auprès des bases syndicales et des classes populaires; et si la fin du communisme appartient à un mouvement de l'histoire, il n'en demeure pas moins qu'en France le PCF connaît des revers que d'autres partis ouvriéristes en Europe, notamment en Italie et en Allemagne, ont su éviter. Il n'est qu'à se remémorer la dernière campagne présidentielle et la suspicion qui entourait la nomination de Marie-George Buffet à la tête du mouvement antilibéral pour constater à quel point les communistes sont presque des socios-traitres pour l'extrême gauche. Olivier Besancenot et la LCR s'apprêtent d'ailleurs à créer une mouvance radicale qui devrait capitaliser plus surement la défiance envers l'économie de marché.
Fadela Amara, je kiffe... Fadela Amara parle le djeun's. Bon, forcément comme elle a 43 ballets ça se voit un peu. « Je vous le dis très cash, maintenant il faut agir. Il est hors de question qu'on continue à se la raconter sur la question des banlieues...», lance t-elle la semaine dernière en conseil des ministres".
Moyennant quoi vous pouvez faire des constats très ordinaires, émettre des propositions génériques et floues, seule la forme de votre discours et accessoirement votre patronyme importent. Fadela a parait-il hésité à adopter un flow plus West-Coast pour son propos liminaire présentant son projet pour la ville et plus singulièrement la banlieue. Et quel projet ! Il s'agit rien de moins que de désenclaver la banlieue - preuve qu'on se la raconte plus dans les hautes sphères de l'exécutif - et d'utiliser pour se faire tous les moyens. Qu'on nous autorise à notre tour quelque débordement langagier : Sa race ! Voilà un plan qui déboite ! Mais ce n'est pas tout. Outre l'enclavement qui sera résolu grâce aux transports ( trop fort je te jure) et la mixité urbaine ( 20 % de logement sociaux c'est un début non Fadela ?) l'éducation, la transmission des valeurs sont aussi en passe de sortir de la crise. Comment ? En consacrant "une journée à l'éducation au respect, comme nous avons une journée pour la fête de la musique", indique Fadela. Respect, ouais. Fadela je te proposerai bien carrément une fête de la musique respectueuse, un truc mortel tu vois. Bref... Malheureusement, les audaces rhétoriques en terrain langagier mal connu réservent à l'occasion quelques perles. Ainsi Fadela résume son ambition par une formule : "tolérance zéro pour la glandouille", expression qui nous renseigne mieux sur la philosophie de ce beau programme. Elle a beau ensuite expliquer qu'il ne faut pas laisser les jeunes dans le désoeuvrement, n'importe quel collégien du 93 est capable de saisir la nuance entre le désoeuvrement et la glandouille, le dernier terme étant quand même plutôt synonyme de sympathique relâche, de farniente décomplexé (et en philo sarkozyenne plutôt répréhensible). Exemple : Qu'est-ce tu branles aujourd'hui Easy ? C'est quand même pas la même chose que : "Tu fais quoi Easy ? La glandouille c'est moins la situation de précarité de gens parqués en banlieue de la ville et de la vie que leur propre propension à la nonchalance, au loisir, qui les poussent à trainasser les pieds dans les coursives et accessoirement à faire des conneries, puisqu'on le sait bien, la glandouille est mère de tous les délits. Bref, on stigmatise mais de manière euphémisée ( la glandouille ce n'est pas directement les glandeurs, et encore moins les racailles) et on joue la rupture à venir sur un mode incantatoire " cela nous engage tous, comment peut on accepter... les grands défis de demain tagada tzoin tzoin", tout cela est très Sarko-friendly et l'uber-président a parait-il beaucoup apprécié. " Certains s'inquiètent du financement de la politique de la ville.Je pense que ce n'est pas seulement le budget de mon Ministère qui doit être mis à contribution mais que tous les acteurs concernés doivent s'impliquer financièrement". Tout le monde s'y mettrait tu vois, ce serait vraiment chantmé comme truc. Non ?
La fonction publique à coups de bélierVous êtes chef de l'Exécutif, vous voulez réformer, disons, la fonction publique. Comme vous êtes de droite toute déclaration de votre part peut mettre le feu aux centrales syndicales et à un électorat qui bien qu'évoluant est loin de vous être acquis. Pour secouer les mentalités, commencez par tester une petite bombe, genre, " le service minimum dans les transports pourrait être étendu à l'Education nationale" ( François Fillon, Premier Ministre). Tollé. Laissez reposer.
Le coup de bélier a bien des avantages : outre l'euphémisation de vos choix politiques il permet de fixer la problématique sur des points névralgiques qui certes alimentent un brin de polémique mais valent toujours mieux qu'une vraie question de fond.
Municipales à Paris : Panafieu est-elle victime du syndrome Royal ?Posté par Easywriter le 14.08.07 à 12:49 | tags : elections municipales, elections, candidats, ump, décryptage
Les escarmouches à l'encontre de Françoise de Panafieu, candidate UMP à la mairie de Paris, vont aller crescendo dans les semaines à venir. Et ces attaques viennent exclusivement de son camp. Aujourd'hui dans Le Parisien, c'est Bernard Debré qui demande à ce qu'elle retire sa candidature à son profit (personne ne rit).
Ses adversaires pensent que quel que soit son succès actuel, elle sera au mieux la mieux placée pour perdre et n'a pas le potentiel pour remporter la mairie. C'est ce qu'on pourrait appeler le syndrome Ségolène Royal et qui n'a pas fini de handicaper les femmes en politique. Oui vous pouvez être populaire, plus que nous tous (les hommes), mais ces adhésions relèvent de l'impulsif et sont donc précaires. Le royaume de l'émotionnel a des frontières qui le séparent du premier tour où vous prendrez une toise qu'avec recul n'importe qui était capable de prévoir. Livres politiques : vite édités, vite vendus, vite oubliésOn reviendra bientôt sur l'inflation de livres attendue durant la rentrée littéraire mais on peut déjà revenir sur une autre période faste pour les éditeurs français cette année : la campagne présidentielle. Selon son éditeur XO, le Témoignage de Nicolas Sarkozy se serait arraché à plus de 300 000 exemplaires. L'autre aspect notable est que la plupart des ouvrages ont une durée de vie de plus en plus courte, étant plus liés à une temporalité événementielle et journalistique qu'à celle, plus distanciée ordinairement, de l'analyse livresque. Qui songerait à acheter aujourd"hui le Qui connait Madame Royal ? d' est même en tête avec déjà 317 000 exemplaires vendus. (Merci L'institut GFK et merci Le Monde) Ségolène Royal ne sera pas présidente...des Régions![]() L'ancienne candidate socialiste jouit probablement encore d'un potentiel affectif dans la population mais sa crédibilité politique tient à la force de sa voix dans l'opposition. Malheureusement, l'un des derniers micros qui auraient pu lui être utiles vient de lui échapper : elle ne présidera pas l'association des Régions de France, pourtant forte de 20 socialistes sur les 22 membres. En réalité les élus régionaux considèrent qu'au-delà des affichages de principe, la décentralisation manquait de concret, une interprétation qui leur appartient. Un autre argument est encore plus curieux. Le Monde explique ainsi que malgré plusieurs soutiens, Royal ne pouvait compter sur la majorité (aucun vote n'a eu lieu, un accord a été trouvé en amont) parce que la plupart estimait que l'ARF n'était pas un lieu pour le débat national et que l'ancienne candidate devrait se consacrer à ce dernier.
L'affaire lybienne peut-elle déstabiliser Sarkozy ?
Le Quai d'Orsay dément le lendemain. l'Elysée via son porte-parole David Martinon explique ensuite qu'il y a surement eu des négociations commerciales entre des industriels français et Tripoli mais qu'il ne lui appartient pas de les commenter. Il précise juste que rien n'a été signé lors de la visite de Nicolas Sarkozy. Côté com, l'affaire est compliquée : soit on protège le président en insistant sur l'histoire d'un long processus de négociation mais alors le cirque du couple Sarkozy de ces derniers jours apparaît de plus en plus comme une vaste fumisterie. Soit on continue de centraliser toute l'affaire sur Sarkozy mais alors il faut endosser toute l'affaire à coups de valises de billets, d'armes lourdes, de contrats nucléaires et tout ce qui fait la cuisine dégueulasse de la diplomatie. Le pire étant que l'Elysée risque de cumuler les deux: plus l'affaire sera détaillée et plus on s'apercevra que la volonté de l'hyperprésident ne pèse pas ailleurs que dans les images de journaux télévisés et qu'il y a bien eu de lourdes négociations depuis longtemps, ces dernières étaient d'ailleurs très bien dans l'ombre diplomatique habituelle jusqu'à ce qu'un président mégalomane accélère à son profit un processus peu reluisant et dont les enchères sont encore montées dans la précipitation des derniers jours. Il n'y a plus que des coups à prendre dans cette galère lybienne. Surtout que tout a commencé par une prise d'otage en somme... Le parti socialiste l'a bien compris et ne désespère pas de capitaliser beaucoup sur ce gros raté, et de prolonger jusqu'à la rentrée la polémique. Le groupe socialiste et radical de l'Assemblée, peu convaincu (pour le coup on les comprend) par les explications deBernard Kouchner a demandé la création d'une commission parlementaire et l'audition de tous les acteurs du dossier : Claude Guéant, Cécilia Sarkozy, Hervé Morin et... Bernard Kouchner de nouveau. Toute fois l'Elysée a deux atouts majeurs : pendant les quinze prochains jours, les Français se demanderont simplement quel temps il peut bien faire en Lybie en regardant les infos (s'ils les regardent et surtout si les journalistes n'en ont pas marre). En laissant filtrer intelligemment quelques photos ou bribes d'infos sur leur vacances dans le New-Hampshire, les Sarkozy devraient s'en sortir. Deuxième atout : à moins de l'éventualité d'une intervention armée ou d'un risque terroriste, les citoyens se foutent totalement de l'actualité internationale. La direction du PS doit-elle démissionner ?C'est Jack Lang, furax contre François Hollande et Jean-Marc Ayrault, qui suggérait cela ce matin sur RTL : une démission collégiale de la direction nationale du parti socialiste. Bien sur, l'argument sert surtout à descendre les deux hiérarques mais l'idée n'est pas idiote. Depuis la présidentielle et malgré le sursaut aux législatives, le parti socialiste n'est pas capable d'articuler quoi que ce soit d'audible, si ce n'est l'étalage des divisions internes. Même s'il ne s'agissait que de communication et il ne s'agit pas que de cela, la plupart des responsables devraient lâcher la barre du navire. Regardons à droite : deux ans après le référendum européen et trois ans après des élections régionales de sinistre mémoire, Jean-Pierre Raffarin, premier ministre à peine plus populaire qu'un huissier de justice n'est pas revenu au premier plan - il n'y a que lui qui croit le contraire. Même s'ils étaient actifs et sincères - et ce n'est pas le cas - dans l'analyse de l'échec, les dirigeants actuels du parti sont grillés et leur médiatisation tournera toujours (comme dans cette notule) autour de l'idée d'une lente agonie. Croire qu'on peut distinguer la question du leadership et celle de la transformation politique est un leurre. Reste une épineuse question : qui a la trempe aujourd'hui pour incarner la rénovation avec force et conviction ? Dominique Strauss-Kahn va avoir un poste à dimension internationale qui sera probablement l'aboutissement de sa carrière. Après avoir été Hillary Clinton pendant six mois, Ségolène Royal va peut-être devenir Édith Cresson pour les dix prochaines années. Devedjian va-t-il en finir avec la videosurveillance ?Posté par Easywriter le 03.07.07 à 12:43 | tags : décryptage
"Enfin, la façon dont mes propos ont été diffusés et visionnés par des millions d’internautes pose quand même un vrai problème : si plus rien n’est privé, si tout doit être totalement transparent, le totalitarisme n’est pas loin et la liberté individuelle vraiment menacée."Patrick Devedjian sur son blog. Dans certains medias, on fait volontiers le parallèle avec l'affaire Duhamel : souvenez vous, sur dailymotion, l'éditorialiste expliquait dans un amphi qu'il voterait pour François Bayrou : en quoi cette information avait-elle un caractère privé alors que Duhamel la faisait en public, devant la directrice de campagne de Bayrou Marielle de Sarnez ? Devedjian ne manque pas d'un certain aplomb. Il n'a pas tenu ses propos sur Anne-Marie Comparini dans un Pub irlandais mais devant les caméras d'une télévision lyonnaise et le seul totalitarisme qu'il a à subir est celui de l'audience du web par rapport à celle d'une petite chaine cablée. Bien sûr, l'obsession de la transparence absolue et le soupçon jeté sur tout ceux qui ne souhaiteraient pas partager leur moindre mouvement avec la terre entière est un problème réel. La videosurveillance en milieu urbain est un des exemples les plus patents de cet excès : personne ne fait le choix d'être filmé au moment où il l'est et dans la plupart des cas ne le sait même pas, car contrairement aux caméras de notre sympathique chaîne lyonnaise, les installations de videosurveillance ne sont pas toujours visibles. Il est donc très clairement question d'une atteinte aux libertés individuelles. L'un des départements qui a le plus développé cette pratique contestée est celui des Hauts de Seine, dirigé longtemps parCharles Pasqua (qui fit installer des caméras dans les 87 collèges et lycées du 92), puis Nicolas Sarkozy et aujourd'hui...Patrick Devedjian. Ce qui est une excellente nouvelle pour tous ceux qui craignent un futur "Big brother" car ne doutons pas que président du conseil général fera de la lutte contre ce totalitarisme prochain, un fer de lance de sa politique départementale. Les Verts refusent de se mettre à nuDébat houleux chez Les Verts ce week-end : malgré un résultat honorable aux législatives - mais avec l'aide du PS qui ne présentait aucun candidat face à un Vert sortant - le parti écologiste traverse une crise d'identité grave. Certes, les Verts ont doublé leur score de la Présidentielle et ont même gagné un député. Mais leur positionnement politique reste flou, un peu d'alter sauce Bové, un peu de gauche plurielle (notamment via Noël Mamère), et en même temps une tentative d'ouverture au centre- le Mouvement démocrate ayant d'ailleurs récupéré des figures importantes comme Jean-Luc Benhamias.
Dissoudre le parti et s'ouvrir aurait peut-être permis de ne pas lier la crise des Verts à une pathologie encore plus lourde : l'avenir de la gauche. Mais ce week-end, Martine Billard, Noël Mamère ou encore François De Rugy, ont tous estimé que leur parti devait au contraire participer à la refondation de la gauche et rassembler autour de lui les antisarkozystes. Un choix politique qui peut se comprendre mais qui ne devrait guère permettre aux Verts de fédérer. Qui va rejoindre un parti totalement assimilé à la gauche plurielle, dont le fonctionnement même n'autorise aucune avancée et dont on retient (malgré lui) plus les embrouilles internes que les propositions ? Pour tenter de trouver un nouveau souffle et d'ouvrir un peu les fenêtres d'une mouvance clautro, Cochet estime qu'il faut venir nus, sans la structure derrière". Lors du Conseil national interrégional, son texte a été repoussé par 50 voix contre, 8 pour, et 14 abstentions. |