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Quel arbre cache la forêt de l'information ?

La politisation des municipales, piège pour Sarkozy ?

Posté par Easywriter le 11.01.08 à 12:35 | tags : décryptage, municipales 2008, elections

Politiser or not politiser les élections municipales ? Lors de sa conférence de presse, Nicolas Sarkozy a indiqué que la question ne se posait pas. Selon l'argument simple qu'en cas d'échec ce dernier lui serait imputé.
Donc autant se retrousser les manches et tenter de gagner. C'est le constat de Sarkozy : si l'UMP joue aussi la carte politique, elle fédèrera les siens, sinon seule l'opposition mobilisera.
Ce n'est pas idiot mais éminemment risqué.

Car si les électeurs sont parfois tentés d'adresser un camouflet au pouvoir exécutif via un scrutin qui n'a rien à voir, le féliciter via ce même scrutin n'est pas automatique. "Plus, au contraire, "le" jugement est favorable et plus les élections sont localisées, "dégouvernementalisées", et les évolutions constatées varient d'une ville à l'autre en fonction des considérations communales de personnes et d'enjeux.", explique le politologue Jean-Luc Parodi.

Ainsi la popularité de l'Exécutif aurait très peu d'effet d'entraînement positif et serait au mieux un agent neutre. Il est vrai qu'en 1995 les élections municipales n'ont pas été un raz-de-marée de la droite malgré l'état de grâce du président Jacques Chirac élu un mois plus tôt. Six ans plus tard, la gauche plurielle ne fera pas non plus un carton monumental, si ce n'est à Lyon et Paris.

 

Donc mieux vaut ne pas trop politiser et se battre localement puisque c'est là que cela se jouera.
C'est ce qu'indique Jean-Pierre Raffarin ce matin : "la mobilisation de l'opposition est toujours plus forte (...) est donc important de veiller à ce que la politique locale ne soit pas systématiquement un enjeu national sinon on mobilise surtout le camp adverse". (via Reuters) Lui qui connut la déroute des régionales de 2004 se dit que la côte de popularité de Sarkozy sera plus mauvaise d'ici mars prochain.

Ce matin, ce vieux briscard de Laurent Fabius ne s'y est d'ailleurs pas trompé, appelant la masse des mécontents à attribuer "un carton jaune" à l'Exécutif. Au coude à coude avec la droite dans les sondages, Il n'y a que l'opposition qui trouve avantage dans tous les cas à nationaliser le débat.


Royal / Bayrou : Ma plus belle histoire c'est moi

Posté par Easywriter le 03.12.07 à 13:41 | tags : opposition, décryptage

 

Les deux outsiders de la présidentielle font donc un retour ces jours-ci. Ségolène Royal avec un ouvrage « Ma plus belle histoire, c'est vous » et François Bayrou à l'occasion d'un congrès s'achevant sur un plébiscite de république bananière : 97 % des adhérents présents on voté pour lui.
Plus que jamais, les deux anciens candidats me semblent être des égocentriques notoires qui n'ont pas plus que Nicolas Sarkozy su mettre en place autre chose qu'un culte du chef.
Les perdants d'un système de personnalisation qu'ils ont joué autant que le président.

 

Le Congrès du Mouvement démocrate a plus que jamais plébiscité un homme et tout autant renseigné sur la faiblesse du programme.
Toute nouvelle aventure politique suppose certes un temps de maturation avant de parvenir à la cohérence. Mais un an jour pour jour après sa candidature, François Bayrou et les siens n'ont toujours pas de cadre programmatique clair pas plus qu'une stratégie électorale lisible.
On continue de se gausser du formidable engouement de la présidentielle qui ne restera que comme l'addition conjoncturelle de mécontents et d'indécis si on ne donne pas de contenu à la suite.

Après un titre digne d'une autobiographie de vedette en fin de parcours, Ségolène Royal évoque elle aussi dès l'intro de son livre ce formidable engouement populaire autour de sa candidature. D'après les bonnes feuilles et commentaires lus ici ou là, le texte ne semble pas sortir du registre émotionnel. Elle y parle d'un rendez-vous à venir, 2012, comme Bayrou affirme désormais etre entré en résistance, avant de revenir sur le devant de la scène politique comme un libérateur.

 

Les deux continuent de se voir comme des électrons libres ouvrant une nouvelle ère alors qu'ils incarnent une forme bien classique de la Cinquième République – que Bayrou se prenne pour De Gaulle ce week-end à Villepinte est pour le coup très éclairant.

Le Béarnais a cru transcender les clivages politiques sur son propre nom et non par un programme et campe toujours sur ce choix, moyennant quoi il est mal placé pour critiquer l'uberprésidence Sarkozy.

Royal continue de magnifier sa défaite en maudissant les socialistes et nous apprend qu'elle aurait proposé le poste de Premier ministre au centriste. Dans le dos de son parti donc. Lui aurait accepté juste pour rire sachant qu'elle ne gagnerait jamais et trouva surtout matière à occuper encore un peu l'espace le temps d'un débat d'entre deux tours. Les deux prêts à tout pour exister encore un peu et poursuivre une fiction dont ils ont décidemment bien du mal à se défaire.







Sarkozy, Delanoë et l'art de se taire

Posté par Easywriter le 23.11.07 à 12:46 | tags : grèves, président de la république, décryptage, stratégie

 

"Quiconque ne sait pas se taire est indigne de gouverner" disait Fénelon dans les aventures de Télémaque.
Certains s'étonnent que le maire de Paris ne soit pas plus disert sur les grèves. Bertrand Delanoë est, comme Nicolas Sarkozy, conscient qu'il n'y a que des coups à prendre dans une telle crise dont il vaut mieux attendre l'issue. Les deux hommes, qui ont l'air de s'apprécier, partagent un ego démesuré, un habile sens de la communication et la foi totale en leur destinée. Et c'est pourquoi ils utilisent aujourd'hui la même stratégie.

Le président attend de pouvoir rebondir dans un contexte politique dégagé : il convient donc d'attendre non seulement que le conflit soit terminé mais que la dramaturgie médiatique ait besoin d'un nouvel événement. Pourquoi se risquer au frontal alors qu'on en est même pas encore à sacrifier une Tour ni même un cavalier.

Le maire de Paris ne tient pas à voir son image associée à celle d'une ville paralysée, qui saurait l'en blâmer ?
En plus, se risquer dans le débat finirait fatalement par voir arriver sur le tapis la douloureuse question du métro parisien, parent pauvre de la politique de développement des transports de la Ville de Paris. Qu'irait-il faire dans cette galère ?


La grève signera t-elle la fin de la gauche modérée ?

Posté par Easywriter le 21.11.07 à 13:56 | tags : opposition, grèves, décryptage

A l'état actuel du parti socialiste qui tente maladroitement de tirer les marrons du feu d'une contestation qu'il n'approuve pas complètement (sur le fond les socialistes sont pour la réforme des régimes spéciaux), au peu de succès des tentatives de modernisation du syndicalisme français (la direction de la CGT n'est pas forcément suivie par sa base dans son envie de réforme), s'ajoute l'intérêt politique de la majorité de poursuivre ce pourissement.

Ces effets conjugués sont en train d'assurer la tranquille ascension d'Olivier Besancenot, héros des mécontents du secteur public. Tout se passe comme si à l'avenir le débat politique allait se résumer à un affrontement entre gauche radicale et droite au pouvoir.

Evidemment cette option est tout à fait souhaitable pour Nicolas Sarkozy.
Imaginez un peu ce que donnerait un nouveau parti de Besancenot (oui parce que Ligue communiste révolutionnaire c'est dur niveau com) à 10 ou 12 % des voix.

Il se passerait à la gauche du champ politique ce qu'il s'est passé à droite dans les années 1980 : François Mitterrand avait bien compris à l'époque tout l'intérêt de voir une partie de l'électorat de droite choisir le Front National neutralisant ainsi toute vélléité de prise de pouvoir par les conservateurs.

Attention je ne fais aucune comparaison de nature entre la LCR et le Front National, simplement une analogie de tactique politique adoptée par un parti dominant. La déconfiture de la gauche gestionnaire auprès de l'opinion fut largement ralentie par cette division encouragée des voix.
Le RPR de l'époque tenta maladroitement de récupérer sa frange la plus dure, jetant le discrédit sur l'ensemble de son discours politique.

On peut penser que les acrobaties difficilement lisibles du parti socialiste aujourd'hui tentent justement d'éviter une radicalisation opportuniste qui l'enfermerait dans des postures d'arrière garde, perdant chez les électeurs modérés ce qu'il gagnerait sur son aile gauche.

Avec pour résultat une stagnation globale de ses voix.
La volonté de Sarkozy de neutraliser les structures syndicales pour poursuivre ses réformes ne doit pas faire oublier son souci d'occuper l'espace politique jusqu'au centre gauche initié par sa "politique d'ouverture".

Mon titre est bien entendu volontairement polémique mais il n'empêche que l'incapacité de la gauche modérée à proposer un pacte social cohérent qui lie entre elles les classes populaires et moyennes au-delà de l'éternel scission public/privé est peut-être en train de produire son dernier fruit : un nouveau découpage électoral de la gauche déjà minoritaire qui lui assure pour pas mal de temps encore une belle carrière dans l'opposition.


Grèves : et quoi ensuite ?

Posté par Easywriter le 13.11.07 à 17:40 | tags : décryptage, social, grèves

Bien sûr que Nicolas Sarkozy et le gouvernement tentent d'anesthésier la contestation syndicale, j'irais plus loin : qui saurait les en blâmer ? Q'un gouvernement de droite essaie de réduire autant que possible le pouvoir de nuisance de ses ennemis historiques n'a rien d'étonnant. Ils ne peuvent pas compter de leur part sur une entente a priori, seules les Exécutifs de gauche peuvent l'espérer.

Qui peut croire sérieusement que l'enjeu n'est que la réforme de régimes spéciaux dont les plus optimistes pensent qu'il nous fera économiser 200 millions d'euros en année pleine ?
Qui peut affirmer qu'il ne s'agit pas d'un bras de fer ? Qui n'a pas digressé ou entendu digresser sur les cheminots privilégiés et/ou les fonctionnaires fainéants en général à propos de la situation actuelle ?
Qu'on les juge bonnes ou mauvaises, les réformes programmées par l'Exécutif concernant les retraites ou la fusion des contrats de travail nécessitent une première victoire décisive. Celle-ci est bien partie.

Tous les mobilisés cherchent un second souffle : les bénéficiaires des régimes spéciaux parce que lutter contre cette réforme est peine perdue et totalement contre-productif aux yeux de l'opinion. Les étudiants aussi : l'époque étant ce qu'elle est, la relative bienveillance avec laquelle on regardait habituellement leur fronde gentiment libertaire laisse place à une certaine lassitude. Moins de la moitié des français les soutiennent d'après un sondage paru hier dans le Monde.

Du coup, tous doivent laisser entendre qu'au-delà de leurs revendications, la liquidation sociale à la mode Sarkozy est en branle.
Sauf que pour l'heure ça ne prend pas : chacun est persuadé savent que la réforme ne changera rien à don problème, aussi bien d'ailleurs qu'il sait que les syndicats ne défendent, en l'instant, que des intérêts catégoriels dont la préservation ne lui garantit rien non plus.

Bien sûr que le président a acculé les syndicats dans une impasse grâce à une approche sectorielle.
La méthode a été préparée habilement en 2003 par François Fillon qui réforma le régime des fonctionnaires pour le caler sur les 40 annuités de cotisation du privé en laissant les régimes spéciaux intacts, première division des intérêts catégoriels pour mieux faire passer la deuxième pilule plus tard.
En 2003, l'enjeu était de sauver le régime de retraites, la réussite était moins dans le coup de force que dans la réforme. Cette fois c'est l'inverse : les syndicats n'ont plus qu'une toute petite partie de travailleurs à défendre et donc des soutiens très faibles. Les faire plier constitue un gain inversement proportionnel à la réalité des économies concernées.

Bien sûr que le gouvernement refuse les possibilités de négociation intermédiaires, appels du pied qui se multiplient de la part de syndicats plus modérés qui ne croient pas au rejet pur et simple du projet de réforme. Si vous voulez avoir une image précise de l'acrobatie des contestataires, essayez de suivre la rhétorique complexe de l'élu socialiste tentant d 'expliquer qu'il- soutient- un- peu -des -grèves- contre- une réforme-des-régimes-spéciaux-qu'il soutient- un- peu- aussi- mais- enfin- tout -ça-c'est-surtout- un-problème -de-méthode-tout-ça...

Epuisés par un combat perdu et impopulaire, les forces contestaires du moment auront bien du mal à s'en remettre, si elles perdent toutes ensemble dans les jours prochains dans le cadre d'un mouvement unitaire. Il sera temps alors de passer aux choses sérieuses.

 

 


Et si on divisait par six le nombre de communes ?

Posté par Easywriter le 08.11.07 à 17:14 | tags : municipales 2008, décryptage

Après avoir dynamité le principe de précaution, accusé de brider les forces créatrices, et fait l'éloge inattendu de la grande distribution, la Commission Attali devrait désormais préconiser un audacieux réaménagement du territoire.

Rappelons que ette commission a pour but d'aller chercher les points de croissance qu'il manque à l'économie française. Cette fois elle s'attaque à la réduction des prélèvements obligatoires qu'elle espère réduire de 0,5 point.
Comment ? En divisant par 5 ou 6 le nombre de communes françaises et en faisant disparaître les départements.

La disparition d'un échelon dans l'appareil administratif français et singulièrement l'échelon départemental n'est pas une idée nouvelle.
Les différentes lois d'aménagement du territoire, la LOADT de 1999, la décentralisation Raffarin de 2002 ont toutes visé à défendre le trio de la modernité urbaine agglomération/région/Europe contre le duo conservateur et rural commune/département. Personne n'a pourtant osé se séparer des Conseils généraux, d'abord parce que les partis y recasent pas mal de personnalités politiques incapables d'affronter une élection nationale (edit du 08/11). Ensuite parce que la bronca des conseillers généraux bénéficierait du soutien du Sénat et des maires des petites et moyennes communes.

Ces communes que n'oublie pas la Commission dirigée par Jacques Attali qui prévoit d'en supprimer les trois quarts.
Au final subsisteraient "6 à 7000 supercommunes" dont les maires seraient élus au suffrage universel. Autour des "métropoles", les actuelles communes plus petites deviendraient l'équivalent de mairies d'arrondissement.
Avec la refonte de la carte judiciaire impulsée par Rachida Dati et qui fait grincer les dents des élus locaux même au sein de l'UMP, un tel réaménagement devrait lui aussi être bien accueilli par les élus locaux. Bien qu'il soit source importante d'économie (grâce à la revente de l'immobilier et la réduction du nombre de fonctionnaires) Nicolas Sarkozy devrait pour l'instant ranger le rapport dans le même tiroir qu'un autre document moins polémique mais tout aussi négligé : le rapport d'Hubert Védrine sur la mondialisation


Municipales : le PS va t-il pratiquer la discrimination positive ?

Posté par Easywriter le 05.11.07 à 11:02 | tags : municipales 2008, elections, ps, décryptage, opposition

La question de l'immigration et de l'intégration des enfants issus de l'immigration est toujours aussi problématique au parti socialiste. Le PS craint toujours qu'en évoquant les minorités ou la diversité il se laisse prendre au piège du communautaire, moyennant quoi il faut bien reconnaître qu'il n'a pas accouché depuis un bail d'un discours positif sur ce point.

Que le principal parti de la gauche modérée ne contienne dans ses rangs qu'une proportion grotesque d'élus issus des minorités est désolant.
Faut-il rappeler que George- Pau Langevin, députée du vingtième arrondissement est la seule à l'Assemblée Nationale et qu'elle est guadeloupéenne. Une femme non métropolitaine en vaut bien dix surement.

D'ailleurs à ce propos, un intéressant documentaire sur la parité diffusé par Public Sénat dimanche, montrait à quel point Laurence Rossignol, présidente de la commission femmes aux élections du parti, avait le plus grand mal à faire exister la parité autrement qu'en une fumeuse escroquerie : une moitié de femmes dans chaque scrutin certes, mais envoyées dans des combats électoraux perdus d'avance.
Le reportage montrait également une sincère évolution du parti depuis quelques mois.

A sa décharge, sur le plan de la parité comme sur celui de la visibilité des minorités, le parti socialiste essaie de placer des élus et non des nommés comme le fait la majorité avec les postes gouvernementaux de Rama Yade ou Rachida Dati, élues de nulle part et totalement "fabriquées" par Nicolas Sarkozy, quel que soit leur talent.

Pour les municipales, le parti socialiste pourrait donc imaginer une forme de discrimination positive.
Bruno Le Roux, chargé des élections, a annoncé l'objectif de 300 conseillers municipaux. Fayçal Douhane, membre du conseil national expliquait vendredi au Figaro qu'une autre option plus ambitieuse serait de proscrire toute ligne "monocolore" dans les villes de plus de 10 000 habitants.

Certains tiquent de cette méthode de quotas qui nie aux personnes issues de l'immigration leur légitimité strictement politique et jetterait fatalement une suspicion sur leur qualité.
Pour autant, sans une dose certes artificielle de diversité, les pratiques électorales dans les boutiques socialistes ne risquent pas de changer.

Pendant longtemps la parité a été pensée "négativement" par rapport aux hommes et les places qu' ils pourraient éventuellement libérer aux gonzesses.

La candidature de Ségolène Royal, quoi qu'on en pense, prouve que des critères strictes ont permis d'évoluer et qu'on pouvait penser positivement la question paritaire, en faisant la promotion de femmes talentueuses et non par défaut.
Peut-être qu'il en ira de même pour la question de la diversité si le parti a le courage d'imposer des quotas, la discrimination positive devenant alors une véritable "affirmative action", comme on l'appelle aux Etats-Unis.


Ségolène Royal et le militant à vingt balles

Posté par Easywriter le 22.10.07 à 11:23 | tags : ps, opposition, décryptage

Intéressant entretien de Ségolène Royal dans Libé du jour. Elle y fait beaucoup référence au modèle italien et l'élection de Walter Veltroni à la tête du tout nouveau parti démocrate.
Bien sur, le rapprochement entre communistes et centristes que formalise le PD peut servir de laboratoire au socialisme français.

Mais c'est surtout le fait que Veltroni ait été élu par 3 millions de sympathisants qui intéresse Royal.
Sans réseau bien établi, Ségolène Royal aura besoin de toujours plus de nouveaux militants pour percer à l'intérieur du parti.
Les fameux adhérents à 20 € ont vraisemblablement été pour beaucoup dans sa victoire aux primaires socialistes il y a un an.
Ignorant tout des différents courants à l'intérieur du parti et d'une parti de sa culture politique historique, il n'est pas étonnant qu'ils aient penché lors des primaires pour une candidate aussi peu conventionnelle qu'eux sur ces deux points.

C'est cette logique d'ouverture à ceux qui sont finalement plus des sympathisants que de nombreux socialistes déplorent aujourd'hui.
Sur le plateau de Ripostes il y a quelques semaines (et dans L'Impasse), Lionel Jospin estimait qu'on avait renoncé à faire de la politique et posait à haute voix cette question : où sont-ils aujourd'hui les adhérents à 20 € ?
En ouvrant grand les vannes aussi bien côté programme - avec la fameuse démocratie participative et un pacte présidentiel qui contenait pas moins de 100 propositions fourre-tout - que côté inscriptions, les socialistes ont déstabilisé les quelques fondements déjà vacillants qui leur restaient.
Sans pour autant gagner quoi que ce soit en retour, si ce n'est un succès populaire finalement aussi restreint qu'éphémère.

Croire que faire voter plusieurs millions de personnes pour établir un leader est la solution miracle est à mon sens illusoire.
Le cliché de l'opinion à un instant T, sans réel enjeu électoral, ne peut être interprété comme un geste politique déterminant : la perspective de voir une femme se présenter à l'élection présidentielle aurait poussé quatre millions de personnes à plébisciter Royal avant de voter Nicolas Sarkozy ou François Bayrou au soir du premier tour.
On défend rarement ici les structures partisanes mais ce sont pourtant d'elles qu'émergent les personnalités politiques, pas des clubs de supporters versatiles.

Dans Libération toujours, on apprend d'ailleurs qu'une bonne partie des néo-militants évanouis se sont fait la malle et n'ont pas repris leur carte.
Une fois la fête terminée, qui a envie de se coltiner les réunions de sections, les Congrès et le travail ingrat de la reconstruction ?

Certains d'entre eux auraient filé au Modem voir si l'herbe est plus verte et elle l'est assurément, même si on peut craindre qu'en dehors d'une élection présidentielle, la base militante forte de quelque 45 000 sympathisants bayrouistes soit en sommeil elle aussi.
On ne gagne pas d'élection sans parti et on ne fait pas de parti sans militants engagés, dévoués, ce qui veut dire capables de s'emmerder beaucoup, d'être souvent déçus et pourtant continuer.
Militer c'est chiant. Un investissement un peu plus lourd que 20 € balancés dans la caisse.


Ouverture : Le Modem se branchera t-il à droite ?

Posté par Easywriter le 11.10.07 à 13:22 | tags : gouvernement, opposition, modem, décryptage

Les prochaines municipales seront-elles l'occasion de voir le paysage politique retrouver sa forme classique ? Autrement dit l'aventure indé du Modem est-elle terminée ?

François Bayrou comptait sur mars 2008 pour imposer son mouvement sur l'ensemble du territoire en vue de la présidentielle 2012. Agir local et penser global en somme.
Mais actuellement le Béarnais a de loin la position la plus inconfortable. Il ne voulait ni s'enfermer dans l'opposition, ni être un collaborateur du régime; moyennant quoi il n'est effectivement nulle part. Privé de tribune, de soutien, de perspective. Que faire ?

Impossible pour lui ou même pour un de ses rares bédouins d'accepter un poste d'ouverture au gouvernement, cela ferait plus mauvais effet encore qu'un nouveau débauchage socialiste et Bayrou passerait pour un guignol.
Pourtant, un rapprochement avec la majorité est en train de s'opérer. Corinne Lepage aurait accepté une mission confiée par Jean-Louis Borloo.
La présidente de Cap 21 y voit une tâche technique en phase avec ses compétences et sans subordination ni même nécessité de solidarité politique - ce qui est parfaitement vrai au passage.
Mais il n'en demeure pas moin qu'on peut y voir un signe. Les tentatives de séduction opérées à l'égard de Michel Mercier sont plus claires encore. Le président du Conseil général du Rhône, et trésorier du Modem pourrait se voir attribuer un maroquin ministériel et faire liste commune à Lyon avec l'UMP.

A l'inverse les socialistes prennent de plus en plus de distance avec le Modem et la rencontre entre François Hollande et François Bayrou n'y change rien.
Lionel Jospin a expliqué ces dernières semaines que le Modem était plus faible que ne l'avait jamais été le centre dans l'histoire politique moderne et que politiquement il n'avait rien à voir avec le parti socialiste.
Bertrand Delanoë a été plus atrocement direct avec l'antenne parisienne du parti centriste : "Le parti le moins clair de tout Paris, c'est le Modem. Je ne suis preneur d'aucune magouille. [...] Le Modem à Paris c'est qui? Les anciens du système Chirac, les anciens Verts ou des centristes bon teint ?", se lache le maire de Paris qui n'a pas grand-chose à craindre il est vrai.

Du coup Marielle de Sarnez directement concernée par la diatribe commence à discuter chiffons avec Françoise de Panafieu que l'ouverture arrangerait beaucoup. Si Sarnez deale avec la majorité, le Mouvement démocrate version indépendante est bel et bien mort.

 


Travailler plus sans mode d'emploi

Posté par Easywriter le 01.10.07 à 11:03 | tags : décryptage

Après avoir été l'exemple même du pragmatisme intelligible par le plus grand nombre, le slogan "travailler plus pour gagner plus" apparait ces derniers jours pour ce qu'il est peut-être : une pure position idéologique. Ce matin sur France Inter, on a pu entendre la patronne de la CGPME (syndicat des petites et moyennes entreprises donc) résumer sans rire qu'en gros la réforme était complexe et inapplicable mais qu'elle était bonne sur le plan moral. En clair : la défiscalisation des heures supplémentaires introduit dans les esprits qu'il va falloir bosser plus à l'avenir et c'est là une efficacité bien suffisante.

Au reste, les entreprises n'ont pas de raison de s'enthousiasmer outre mesure pour un dispositif complexe qui allège de 0,5 centimes d'euros à 1,5 € l'heure supplémentaire. "C'est surtout intéressant pour le salarié ; c'est une mesure de pouvoir d'achat, pas de compétitivité" rappelle aux Echos le Centre des jeunes dirigeants.
Or le problème qui se pose au pays est la compétitivité de son appareil productif. Si l'on en juge aux éditos de la presse économique aujourd'hui, seules les entreprises à activités cycliques - celles dont le chiffre d'affaires est concentré sur un laps de temps assez court - en tireront profit et les secteurs où la main d'oeuvre manque : restauration, bâtiment.
Côté syndicats de salariés, on estime que la réforme constitue surtout une aubaine pour défiscaliser des primes déjà existantes en les transformant en heures supplémentaires et qu'on perd simplement en financement des cotisations, qu'au passage, l'Etat doit casquer (5 milliards en année pleine).

Qu'en est-il du pouvoir d'achat ? On estime qu'un smicard effectuant 39 heures au lieu de 35 gagnerait au total 800 € de plus par an.
Encore faut-il qu'heures supplémentaires il y est : dans les TPE de moins de 20 salariés, l'heure supplémentaire doit être majorée de 25 % au lieu de 10 % actuellement, une disposition socialement juste mais qui n'incitera pas les artisans à augmenter le temps de travail de leurs salariés.
Certains ouvriers - dans la métallurgie ou l'alimentaire - ne pourront profiter du dispositif en raison des accords de branche qui privilégient les repos compensateurs. Après l'usine à gaz des 35 heures, voici l'usine à gaz des 39, bien que l'une ne remplace pas l'autre : Libé nous apprend ce matin qu'une entreprise peut profiter à la fois des nouvelles réductions et continuer à toucher les aides pour la réduction du temps de travail.

 


Le centre de la vie politique s'est-il déplacé ?

Posté par Easywriter le 27.09.07 à 16:09 | tags : gouvernement, opposition, modem, décryptage, nouveau centre

Ce matin sur Canal Plus, Maurice Leroy expliquait que nombre d'élus locaux rejoignaient son parti, le Nouveau Centre, créé à la suite des dissensions entre François Bayrou et ses parlementaires. Le Nouveau Centre (NC) est d'ailleurs le négatif parfait du Modem. Il a des élus (dont 21 députés) mais pas de base là où le Modem souffre de ne pas pouvoir transformer son succès public en sièges de responsables.
On peut se risquer à interpréter le ralliement de maires et de conseillers municipaux (si ralliement il y a) comme l'aubaine pour ces élus locaux de rejoindre le camp victorieux de la Sarkozie et profiter localement du label présidentiel sans trop se mouiller avec l'UMP.

Mais toujours sans réel écho dans la population, le Nouveau Centre se doit aussi de trouver une position politique originale. La question budgétaire tombe donc à point nommé.
Toute la campagne de l'UDF unie avant le premier tour de la présidentielle portait sur l'équilibre des finances publiques et la réduction de la dette. Les quelque 41 milliards qui plombent le budget 2008 ne donnent pas le signe d'une volonté de maitriser le déficit et sont l'occasion pour les centristes de jouer une partition connue. "Ce budget n'est pas raisonnable", estime dans le Figaro François Sauvadet.
"Il n'est pas votable" va juqu'à dire Maurice Leroy avant de prendre peur devant sa propre audace, " mais il ne s'agit pas de voter contre". On a eu peur.
Blague à part le Nouveau Centre peut difficilement trop la ramener avec trois ministres dans le gouvernement comme tente de leur rappeler Hervé Morin.
Au mieux laisse t-on planer l'abstention possible de quelques téméraires. Le NC a également imaginé deux amendements qui réduiraient de 4 milliards le déficit programmé. Le premier concerne la réduction du nombre dede niches fiscales, le second porte sur les allègements de charges sociales envers les grandes entreprises. Celles-ci ayant peu d'effet sur l'emploi les centristes prévoient d'en supprimer 2 milliards. Et de mettre toute la majorité d'accord.

"Ce serait un signe fort " résume Leroy. Envers le gouvernement bien sur mais aussi envers les électeurs en vue des prochaines municipales. Le Nouveau Centre serait l'allié constructif et fidèle d'un exécutif moderne et ouvert. On en pleurerait. Le Modem aussi qui n'a pas trouvé encore de second souffle. Et qui n'arbitrera pas autant qu'il l'espère le scrutin de mars 2008. Il est à craindre que la fuite des électeurs connue entre les Présidentielles et les législatives se poursuivent.

Sur le plan stratégique, François Bayrou est en train de vivre son état de grâce avec la réforme institutionnelle : ses quelques députés suffiraient à l'opposition à réunir les deux cinquièmes de parlementaires nécessaires pour bloquer la réforme. A négocier avec François Hollande il risque de plus en plus de passer pour un classique opposant. Sans revers essuyé par le gouvernement cette position ne lui garantit rien de bon pour l'avenir.

 


Sondage : estimez-vous que certains sondages sont débiles ?

Posté par Easywriter le 26.09.07 à 12:16 | tags : chiffres, décryptage

73 % des Français estiment le pays en situation de faillite, nous annonce le Figaro.fr après avoir demandé leur avis à près de 15 000 internautes. Qu'est-on censé faire de genre d'information ?
Bien sur l'appréciation subjective d'une situation est parfois plus importante que la réalité objective de celle-ci.
Quand on demande aux Français s'ils ont le sentiment que leur situation économique se dégrade, que leur pouvoir d'achat baisse, on ne cherche pas à savoir s'ils ont une image objective de la réalité mais juste à déterminer la représentation qu'ils en ont puisque celle-ci influe sur leur comportement de consommation. Leur demander s'ils pensent que leurs enfants vivront mieux qu'eux ( et donc s'ils comptent épargner davantage), ou s'ils pensent que leur situation va s'améliorer dans les prochains mois (en clair, comptez- vous investir ?) est tout aussi compréhensible. Car tout le monde le sait, la croissance c'est dans la tête.

 

En revanche, demander aux Français s'ils pensent que la France est en faillite est absolumment idiot : en matière de finance publique, ce qui importe est de savoir si oui ou non l'Etat est au bord de la banqueroute ( ce qu'il n'est pas parce que nombre d'investisseurs continueront à lui prêter de l'argent) et si accessoirement il existe des possibilités de recettes supplémentaires. Sonder l'opinion sur une question de pure expertise n'a aucun sens si ce n'est laisser penser que le gouvernement a le plébiscite de l'opinion... ouais du coup ça prend tout son sens effectivement... Aussi je m'interroge. Sondage Flu: Estimez-vous que cette notule est banale et inutile ?


Augustin Legrand va t-il squatter le gouvernement ?

Posté par Easywriter le 25.09.07 à 11:33 | tags : gouvernement, décryptage

Contester la politique d'un exécutif en place sera bientôt le meilleur moyen de faire carrière au sein de cet exécutif. Augustin Legrand pourrait ainsi intégrer le gouvernement et travailler directement sous la direction de Christine Boutin, ministre du logement. "J'ai eu une proposition avant-hier de Mme Boutin pour entrer justement dans le gouvernement, pour devenir chef de mission au cabinet", a t-il indiqué au micro de France Inter. L'enfant de Don Quichotte n'a pas décliné l'offre, estimant qu'il serait idiot de refuser si on lui garantit des moyens. Affirmant révéler l'offre par souci de transparence, Legrand croit probablement se préserver d'une fuite qui l'aurait plus incommodé encore. Il n'est pas sur qu'il ait eu raison.

Les Enfants de Don Quichotte avaient prévu de réinstaller leur campement sur les bords de Seine et sur des lieux touristiques dès octobre pour protester contre l'inertie de l'Etat, estimant qu'il manque 15 000 d'hébergement pour les sans-logis. L'opération est prévue pour début octobre, un mois qui devrait être chargé socialement pour le gouvernement les syndicats de la fonction publique ayant décidé une mobilisation anti-reforme des régimes spéciaux pour le 18.
L'invitation faite à Augustin Legrand pourrait être une manière de désamorcer un autre front social potentiel, d'ôter un peu de légitimité à son médiatique leader et idéalement de rendra caduque la mobilisation. Legrand n'est d'ailleurs pas dupe de cette possibilité. Pour éviter que la question des moyens pose problème, on lui propose une mission d'évaluation qu'il sera toujours temps d'oublier au retour des beaux jours.

S'il refuse, il sera toujours temps alors de lui expliquer qu'après tout on lui avait proposé d'avoir une démarche constructive en lui confiant une mission et qu'il a refusé, préférant s'enfermer dans la critique improductive. S'il accepte il se retrouvera dans la position de Martin Hirsch lui aussi au départ plutôt enthousiaste mais qui a déjà reconnu la semaine dernière que le bouclier sanitaire serait repoussé de deux ans. Du Haut-commissaire aux solidarités actives, Legrand a dit ce matin sur France Inter : " il veut faire de la politique ce monsieur, il est pas pragmatique"


Test ADN : les ministres de gauche à distance respectueuse

Posté par Easywriter le 20.09.07 à 11:50 | tags : immigration, gouvernement, décryptage

Jusqu'à présent tout allait à peu près bien. Le discours sur l'efficacité et le pragmatisme économique permettait aux ministres de gauche de participer au gouvernement Fillon sans trop de gêne. Après tout, n'était-ce pas le parti socialiste qui pêchait par incapacité à comprendre le réel, les Français n'avaient-ils pas clairement exprimé leur souci de voir la pratique l'emporter sur l'idéologie ( de tous temps un gros argument de la droite) ?
Sauf qu'argument commode, le réalisme économique n'est pas encore l'alpha et l'omega de la politique. Certains dossiers, comme l'instauration du test ADN (même de manière expérimentale et basée sur le volontariat) dans la gestion des flux migratoires, transpirent plus nettement l'idéologie de droite.

Du coup il convient de prendre ses distances et faire preuve d'un solide sens de la nuance. Dimanche soir, Bernard Kouchner donnait le tempo : " Ca ne me plait pas mais ça ne me choque pas". Il aurait carrément pu expliquer qu'il s'en tapait ce qui eut le mérite de la franchise. Fadela Amara lui a emboîté le pas mais avec ses mots à elle comme toujours. "Il faut qu'on soit beaucoup plus cool que ça", a t-elle préconisé lundi. Yo !

A notre connaissance personne n'a demandé son avis à Jean-Marie Bockel pas vraiment considéré comme un homme de gauche finalement.
Moins en tout cas que Martin Hirsch, qui a jugé utile de prendre lui aussi quelque distance mais a attendu que l'amendement soit voté à l'assemblée pour exprimer ses réserves. Il compte donc "sur le Sénat pour ne pas s'engager dans cette voie". Plus à droite que l'assemblée, la Chambre ne devrait pas retoquer un texte qui repassera de toute façon devant les députés. Seul le Conseil constitutionnel, que le parti socialiste entend saisir pourrait éventuellement rejeter le texte.


Jospin / Royal : Nier la défaite, une tendance lourde

Posté par Easywriter le 17.09.07 à 12:50 | tags : ps, opposition, décryptage

Au même titre que le thriller historique pour profiter du succès de Da Vinci Code ou la multiplication des titres "Fantasy" inspirée de Harry Potter, une nouvelle tendance éditoriale est en train de naître : l'anti-Ségolénisme. Après La défaite en chantant de Claude Allègre, ou "Au revoir Royal" de Marie-Noelle Lienemann, c'est au tour de l'ancien Premier ministre d'expliquer pourquoi Ségolène Royal était programmée pour la défaite.

Dans L'Impasse, dont Libé publie aujourd'hui quelques extraits, il écrit notamment que les raisons de l'échec tiennent "à la personnalité de son ancienne ministre, à son style de campagne, à ses choix politiques".
Concédons à Lionel Jospin quelque connaissance en matière de défaite, lui qui perdit par deux fois l'élection présidentielle.
Si on suit l'article de Libération, c'est d'ailleurs également parce qu'elle n'a pas assez vanté les réussites du gouvernement de gauche plurielle de 1997 à 2002 dirigé par...Lionel Jospin que la candidate socialiste s'est rétamée. Un argument qui prête à sourire quand on sait le succès que remporta dans l'opinion le bilan de cette législature. Mais une autre tendance, pas éditoriale mais politique celle-là est la négation de la défaite quand on est un leader socialiste. Car pas plus que celle qu'il critique aujourd'hui, Jospin n'a été capable d'analyser ni même finalement d'accepter son échec.
Petit rappel des faits :
Certes, quand ils virent le visage de Jean-Marie Le Pen apparaître sur l'écran de leur télé le 21 avril 2002,
nombre d'électeurs de gauche ont pu amèrement regretter d'avoir glissé dans l'urne un bulletin pour Noël Mamère ou Olivier Besancenot. Si l'éventualité de son absence au second tour avait été mieux anticipée, le leader socialiste aurait sans nul doute mieux capitalisé.

Voilà pourquoi la plupart des socialistes continuent donc à attribuer leur défaite à une malheureuse dispersion des voix que tout le monde regretterait depuis.
L'argument ne suffit pourtant pas à expliquer la désertion des classes populaires et l'impossibilité pour les socialistes d'incarner un progressisme crédible : quoi qu'on en pense, les 35 heures n'ont jamais été autant plébiscitées dans l'opinion que le "travailler plus, gagner plus" inventé par la suite par Nicolas Sarkozy, jamais la volonté de justice sociale (réelle ou bidon) du gouvernement d'alors n'a convaincu les masses c'est un fait.

Il semblerait donc, que, pas plus que Ségolène Royal dont la capacité de dénégation laisse pantois, Lionel Jospin n'ait réussi à comprendre les raisons de son propre échec - car échec il y eut quand bien même dans son livre il rappelle être le seul avec François Mitterrand à avoir mené les socialistes à une victoire nationale (en ce qui le concerne les législatives de 1997 donc).

A l'époque, Jospin assuma pourtant seul la défaite et quitta la vie politique. A posteriori, le geste est plus à attribuer à une posture christique de mégalomane qu'à un réel sens des responsabilités. D'ailleurs, le sacrifice du leader après une défaite est l'ordinaire dans différentes démocraties occidentales, demandez à John Major. Et les allers-retours de Jospin dans le débat public depuis son départ ont montré qu'il attendait surtout que ce soit les autres (les électeurs de gauche) qui reconnaissent leur erreur et le rappellent aux manettes. Jospin a nié le problème de leardership - il n'emballait personne - et son faux- départ a occulté un débat de fond sur l'avenir du parti socialiste. Faire le procès de Ségolène Royal, même si celle-ci a commis plusieurs erreurs, relève revient à s'enfoncer dans la même impasse. Hier comme aujourd'hui, les partis ont malheureusement les leaders qu'ils méritent.


Municipales : la gauche plurielle c'est surtout une culture..

Posté par Easywriter le 14.09.07 à 13:15 | tags : opposition, décryptage

« Dans une ville, nous avons toutes les cultures de gauche - il est préférable de parler de culture plutôt que de parti . Il y a une culture communiste, radicale, écologiste.».
On entend presque le mot folklore dans cette citation de François Hollande à propos des municipales. F
ort de sa domination, le parti socialiste entend bien piquer quelques mairies à ses amis en mars prochain.
Et méprise avec de moins en moins de complexe ses alliés, cette fois il s'agit notamment de revenir sur les accord nationaux pour les municipales qui avec les communistes datent de 1977 tout de même.. Seulement voilà,
au sein de la gauche plurielle, les partenaires nains du parti socialiste ont été définitivement cannibalisés à mesure que l'électorat de gauche modérée s'amenuisait. Les communistes sont exsangues, les Verts n'ont ni électorat ni parti.

Satellisés soit comme caution sociale ( le parti communiste), soit comme vernis eco-libertaire ( Les Verts) voire plus récemment utilisés pour apparaitre crédible en sécurité/autorité ( le MRC de Jean-Pierre Chevènement), les alliés du PS ont au final plus perdu leur âme dans le jeu d'alliance que gagné en crédibilité gestionnaire.

Même si ce n'est pas la seule raison, les Verts sont politiquement morts parce qu'ils n'ont pas su développer de discours réellement autonome qui aurait permis d'en finir avec le cliché "vert= socialiste de moins de 40 ans".

Noyés dans le compromis à la sauce-sociale démocrate, les communistes ont de leur côté perdu leur crédit auprès des bases syndicales et des classes populaires; et si la fin du communisme appartient à un mouvement de l'histoire, il n'en demeure pas moins qu'en France le PCF connaît des revers que d'autres partis ouvriéristes en Europe, notamment en Italie et en Allemagne, ont su éviter.

Il n'est qu'à se remémorer la dernière campagne présidentielle et la suspicion qui entourait la nomination de Marie-George Buffet à la tête du mouvement antilibéral pour constater à quel point les communistes sont presque des socios-traitres pour l'extrême gauche. Olivier Besancenot et la LCR s'apprêtent d'ailleurs à créer une mouvance radicale qui devrait capitaliser plus surement la défiance envers l'économie de marché.
Echouant à structurer le courant gauche plurielle, les alliés du PS furent condamnés à parfumer de relents gauchos la soupe social-démocrate d'un parti finalement très orthodoxe. Il ne faut pas s'étonner alors que sans sourciller François Hollande célèbre plus un état d'esprit, une ambiance qu'une force politique. D'ailleurs, ce week-end n'irat-il pas comme d'autres manger des merguez à la Fête de l'Huma ?

 


Fadela Amara, je kiffe...

Posté par Easywriter le 11.09.07 à 18:23 | tags : banlieues, décryptage, gouvernement, élucubration

Fadela Amara parle le djeun's. Bon, forcément comme elle a 43 ballets ça se voit un peu. « Je vous le dis très cash, maintenant il faut agir. Il est hors de question qu'on continue à se la raconter sur la question des banlieues...», lance t-elle la semaine dernière en conseil des ministres".

Première information donc : pour "arrêter de se la raconter", il convient de troquer le langage politique habituel - implicitement associé à la langue de bois - contre un langage un rien "caillerateu" (mais de 1996).

Moyennant quoi vous pouvez faire des constats très ordinaires, émettre des propositions génériques et floues, seule la forme de votre discours et accessoirement votre patronyme importent. Fadela a parait-il hésité à adopter un flow plus West-Coast pour son propos liminaire présentant son projet pour la ville et plus singulièrement la banlieue.

Et quel projet ! Il s'agit rien de moins que de désenclaver la banlieue - preuve qu'on se la raconte plus dans les hautes sphères de l'exécutif - et d'utiliser pour se faire tous les moyens. Qu'on nous autorise à notre tour quelque débordement langagier : Sa race ! Voilà un plan qui déboite !

Mais ce n'est pas tout. Outre l'enclavement qui sera résolu grâce aux transports ( trop fort je te jure) et la mixité urbaine ( 20 % de logement sociaux c'est un début non Fadela ?) l'éducation, la transmission des valeurs sont aussi en passe de sortir de la crise. Comment ? En consacrant "une journée à l'éducation au respect, comme nous avons une journée pour la fête de la musique", indique Fadela. Respect, ouais. Fadela je te proposerai bien carrément une fête de la musique respectueuse, un truc mortel tu vois. Bref...

Malheureusement, les audaces rhétoriques en terrain langagier mal connu réservent à l'occasion quelques perles. Ainsi Fadela résume son ambition par une formule : "tolérance zéro pour la glandouille", expression qui nous renseigne mieux sur la philosophie de ce beau programme. Elle a beau ensuite expliquer qu'il ne faut pas laisser les jeunes dans le désoeuvrement, n'importe quel collégien du 93 est capable de saisir la nuance entre le désoeuvrement et la glandouille, le dernier terme étant quand même plutôt synonyme de sympathique relâche, de farniente décomplexé (et en philo sarkozyenne plutôt répréhensible).

Exemple : Qu'est-ce tu branles aujourd'hui Easy ?
- Rien, j'ai envie de bouquiner, glandouiller peinard chez moi".

C'est quand même pas la même chose que :

"Tu fais quoi Easy ?
-Pff, ma vie ressemble à une publicité pour de la bière,personne m'aime, je suis fatigué, apathique, désoeuvré tu vois? Allo ?"

La glandouille c'est moins la situation de précarité de gens parqués en banlieue de la ville et de la vie que leur propre propension à la nonchalance, au loisir, qui les poussent à trainasser les pieds dans les coursives et accessoirement à faire des conneries, puisqu'on le sait bien, la glandouille est mère de tous les délits.

Bref, on stigmatise mais de manière euphémisée ( la glandouille ce n'est pas directement les glandeurs, et encore moins les racailles) et on joue la rupture à venir sur un mode incantatoire " cela nous engage tous, comment peut on accepter... les grands défis de demain tagada tzoin tzoin", tout cela est très Sarko-friendly et l'uber-président a parait-il beaucoup apprécié.
Ensuite, comme elle est pragmatique, Fadela écoutera tout le monde, le boucher, ta mère, les bloggeurs (véridique), et fera plein de trucs qu'on peine à clairement définir pour l'instant pour ne rien dire des moyens qui y seront alloués.

" Certains s'inquiètent du financement de la politique de la ville.Je pense que ce n'est pas seulement le budget de mon Ministère qui doit être mis à contribution mais que tous les acteurs concernés doivent s'impliquer financièrement". Tout le monde s'y mettrait tu vois, ce serait vraiment chantmé comme truc. Non ?

 

 


La fonction publique à coups de bélier

Posté par Easywriter le 17.08.07 à 15:54 | tags : gouvernement, décryptage

Vous êtes chef de l'Exécutif, vous voulez réformer, disons, la fonction publique. Comme vous êtes de droite toute déclaration de votre part peut mettre le feu aux centrales syndicales et à un électorat qui bien qu'évoluant est loin de vous être acquis. Pour secouer les mentalités, commencez par tester une petite bombe, genre, " le service minimum dans les transports pourrait être étendu à l'Education nationale" ( François Fillon, Premier Ministre). Tollé. Laissez reposer.
C'est votre premier coup de boutoir. Vous pouvez reculer, le changement moins radical que vous avez en tête passera comme une réformette apaisante.

Ensuite, envoyez le ministre concerné, à ce poste vous avez pris garde de ne pas placer un de vos poulains favoris. Chargez le du nouveau coup de bélier. "Il n'est pas normal que 24 % des salariés soient des fonctionnaires" ( André Santini, Secrétariat d'Etat à la Fonction publique). Laissez reposer à nouveau.
Vous pouvez reculer, expliquer votre vraie idée : réduire les coûts de fonctionnement, favoriser les passerelles entre les différents corps (territoriaux, fonction publique d'Etat, fonction publique hospitalière), mieux former,mieux recruter, et allez va, pourquoi pas, mieux payer. Mais si vous aviez commencé par cela tout le monde y aurait décelé des intentions atroces cachées derrière votre rhétorique de faux-derche.

Le coup de bélier a bien des avantages : outre l'euphémisation de vos choix politiques il permet de fixer la problématique sur des points névralgiques qui certes alimentent un brin de polémique mais valent toujours mieux qu'une vraie question de fond.
Dans le cas présent, imaginez qu'on se pique de discuter de l'efficacité des services rendus au public, de la mise en place d'évaluation des performances, de ce qui relève réellement du service public ou non. Fermez les yeux et imaginez la rentrée sociale que vous vous préparez. Ne sous-estimez pas les conséquences d'une approche rationnelle classique. Accessoirement, une fois sacrifié sur l'autel de la paix retrouvée, votre Secrétaire d'Etat et vous devrez surement réintégrer votre corps de fonctionnaires.
Merci de votre attention.

 


Municipales à Paris : Panafieu est-elle victime du syndrome Royal ?

Posté par Easywriter le 14.08.07 à 12:49 | tags : elections municipales, elections, candidats, ump, décryptage

Les escarmouches à l'encontre de Françoise de Panafieu, candidate UMP à la mairie de Paris, vont aller crescendo dans les semaines à venir. Et ces attaques viennent exclusivement de son camp. Aujourd'hui dans Le Parisien, c'est Bernard Debré qui demande à ce qu'elle retire sa candidature à son profit (personne ne rit).
Il y a quelques semaines on évoquait l'éventualité d'une candidature Jean-Louis Borloo, le numéro 2 du gouvernement excluant mollement "pour l'instant" une telle option. Dans les deux cas, l'idée est de fédérer les électorats de droite et du centre qui détiennent la clef du scrutin.

Comme en toute chose, le monde entier est suspendu à l'arbitrage de Nicolas Sarkozy en la matière. Seul l'Elysée peut orchestrer le retrait de Panafieu, en l'indemnisant pourquoi pas par un maroquin ministériel.
Mais pouquoi vouloir congédier une candidate aussi bien installée ?Car depuis qu'elle a gagné les primaires en février 2006, la députée de la 16ème circonscription est en gros jugée totalement inapte à battre Bertrand Delanoë. Ce que les chiffres démentent pourtant assez vigoureusement : François de Panafieu a largement remporté les primaires, obtenant 40 % des suffrages à elle seule, soit un score équivalent au cumul de ses challengers Claude Goasguen (23,43%) et Pierre Lellouche (18,95 %). Les législatives ont montré que sa popularité ne s'arrêtait pas aux limites de son camp puisqu'elle a été réélue sans problème avec 64 % des voix dès le premier tour.

Ses adversaires pensent que quel que soit son succès actuel, elle sera au mieux la mieux placée pour perdre et n'a pas le potentiel pour remporter la mairie. C'est ce qu'on pourrait appeler le syndrome Ségolène Royal et qui n'a pas fini de handicaper les femmes en politique. Oui vous pouvez être populaire, plus que nous tous (les hommes), mais ces adhésions relèvent de l'impulsif et sont donc précaires. Le royaume de l'émotionnel a des frontières qui le séparent du premier tour où vous prendrez une toise qu'avec recul n'importe qui était capable de prévoir.
Forts de cette belle théorie, des types aussi populaires qu'un virus hivernal se croient autorisés aux attaques les plus basses et promis aux sommets qu'ils n'atteindraient même pas en rêve. Aux Etats-Unis, les Républicains se demandent en ce moment si une candidature démocrate de Hillary Clinton n'est pas au fond la meilleur nouvelle qui soit. Tous les hommes qui ne sont pas obnubilés par la conservation du pouvoir (et dont nous sommes) sont tristes.


Livres politiques : vite édités, vite vendus, vite oubliés

Posté par Easywriter le 10.08.07 à 11:36 | tags : livres politiques, décryptage

On reviendra bientôt sur l'inflation de livres attendue durant la rentrée littéraire mais on peut déjà revenir sur une autre période faste pour les éditeurs français cette année : la campagne présidentielle. Selon son éditeur XO, le Témoignage de Nicolas Sarkozy se serait arraché à plus de 300 000 exemplaires.
Un des autres grands succès fut l'essai consacré à Ségolène Royal par Ariane Chemin et Raphaelle Bacqué, la Femme fatale, 220 000 livres vendus.
Citons également la bande dessinée La face karchée de Sarkozy de Riss et Philippe Cohen et Pour un pacte écologique de Nicolas Hulot. Bien sur, ces succès sont la partie émergée d'une production pléthorique dont 90 % est passée au pilon.

L'autre aspect notable est que la plupart des ouvrages ont une durée de vie de plus en plus courte, étant plus liés à une temporalité événementielle et journalistique qu'à celle, plus distanciée ordinairement, de l'analyse livresque. Qui songerait à acheter aujourd"hui le Qui connait Madame Royal ? d' est même en tête avec déjà 317 000 exemplaires vendus.
Mais la durée de vie d'un livre étant de plus en plus courte - ce qui vaut bien sur aussi pour le rayon littérature- on peut parier sur une plus grande quantité d'ouvrages encore lors des prochains rendez-vous électoraux : puisque le succès de cette campagne a surpris il est à craindre que les éditeurs préfèrent ouvrir grand les filets en arrosant le marché plutôt que de chercher une approche plus fine.

(Merci L'institut GFK et merci Le Monde)


Ségolène Royal ne sera pas présidente...des Régions

Posté par Easywriter le 08.08.07 à 12:36 | tags : décryptage, ps
Comment Ségolène Royal peut-elle rebondir dans le débat public ? Sans courant clair à l'intérieur du parti, sans mandat national depuis qu'elle a renoncé à la députation dans les Deux-Sèvres, et avec une côte de popularité en baisse (à peine 40 % des gens souhaiteraient lui voir jouer un rôle important dans les affaires publiques selon le baromètre TNS-Sofrès), la tâche est ardue.

L'ancienne candidate socialiste jouit probablement encore d'un potentiel affectif dans la population mais sa crédibilité politique tient à la force de sa voix dans l'opposition. Malheureusement, l'un des derniers micros qui auraient pu lui être utiles vient de lui échapper : elle ne présidera pas l'association des Régions de France, pourtant forte de 20 socialistes sur les 22 membres.
La décision a de quoi surprendre. Outre la forte représentation socialiste, le fait que Royal ait voulu accroître le rôle des régions pendant la campagne présidentielle, notamment en terme de formation professionnelle et d'initiative économique, aurait pu la placer en position de favorite.

En réalité les élus régionaux considèrent qu'au-delà des affichages de principe, la décentralisation manquait de concret, une interprétation qui leur appartient. Un autre argument est encore plus curieux. Le Monde explique ainsi que malgré plusieurs soutiens, Royal ne pouvait compter sur la majorité (aucun vote n'a eu lieu, un accord a été trouvé en amont) parce que la plupart estimait que l'ARF n'était pas un lieu pour le débat national et que l'ancienne candidate devrait se consacrer à ce dernier.
Pourtant, les restrictions du budget de l'Etat s'accompagneront probablement de transferts de compétences vers les Régions; celles-ci étant acquises à la gauche il sera tentant pour le pouvoir en place de transférer avec moins de zèle les fonds nécessaires.
Or dans cette bataille potentielle entre l'Etat central et les collectivités, une porte-parole de renommée nationale ne serait pas du luxe pour les Chefs d'exécutifs locaux.
Quand Alain Rousset, président de l'ARF et de la région Aquitaine, tentera de sensibiliser l'opinion sur cette question en appelant les journalistes il en trouvera, mais probablement moins que si Ségolène Royal y allait de sa "saine" colère. Colère qui lui donnerait en retour un peu de souffle pour exister dans le débat idéologique national.

 


L'affaire lybienne peut-elle déstabiliser Sarkozy ?

Posté par Easywriter le 03.08.07 à 16:45 | tags : décryptage, international

Les tractations autour de la libération de l'équipe médicale bulgare n'en finissent plus d'occuper le terrain médiatique.
Il faut dire que l'Exécutif patine sérieusement dans la communication. Après que le président a dit qu'il n'y avait aucun accord d'armement ou de compensation financière, on apprend par le fils Kadhafi que 452 millions d'euros sont versés par l'Union européenne, et que le Qatar sert de banquier pour quelques mois si l'on en croit Le canard enchaîné.

Le Quai d'Orsay dément le lendemain. l'Elysée via son porte-parole David Martinon explique ensuite qu'il y a surement eu des négociations commerciales entre des industriels français et Tripoli mais qu'il ne lui appartient pas de les commenter. Il précise juste que rien n'a été signé lors de la visite de Nicolas Sarkozy.
Deuxième étape ce matin : pour ne pas focaliser l'attention autour du chef de l'Etat, on envoie au feu Hervé Morin, ministre de la Défense, expliquer qu'il y a des projets de vente d'armes depuis longtemps et qu'une commission interministérielle en avait d'ailleurs accepté le principe en février dernier ( = sous l'ANCIEN gouvernement).

Côté com, l'affaire est compliquée : soit on protège le président en insistant sur l'histoire d'un long processus de négociation mais alors le cirque du couple Sarkozy de ces derniers jours apparaît de plus en plus comme une vaste fumisterie. Soit on continue de centraliser toute l'affaire sur Sarkozy mais alors il faut endosser toute l'affaire à coups de valises de billets, d'armes lourdes, de contrats nucléaires et tout ce qui fait la cuisine dégueulasse de la diplomatie.

Le pire étant que l'Elysée risque de cumuler les deux: plus l'affaire sera détaillée et plus on s'apercevra que la volonté de l'hyperprésident ne pèse pas ailleurs que dans les images de journaux télévisés et qu'il y a bien eu de lourdes négociations depuis longtemps, ces dernières étaient d'ailleurs très bien dans l'ombre diplomatique habituelle jusqu'à ce qu'un président mégalomane accélère à son profit un processus peu reluisant et dont les enchères sont encore montées dans la précipitation des derniers jours. Il n'y a plus que des coups à prendre dans cette galère lybienne. Surtout que tout a commencé par une prise d'otage en somme...

Le parti socialiste l'a bien compris et ne désespère pas de capitaliser beaucoup sur ce gros raté, et de prolonger jusqu'à la rentrée la polémique. Le groupe socialiste et radical de l'Assemblée, peu convaincu (pour le coup on les comprend) par les explications deBernard Kouchner a demandé la création d'une commission parlementaire et l'audition de tous les acteurs du dossier : Claude Guéant, Cécilia Sarkozy, Hervé Morin et... Bernard Kouchner de nouveau.
Sous l'ancienne législature, le ministre de la Défense était...Michèle Alliot-Marie, membre également de ce gouvernement. Ca commence à faire du monde.

Toute fois l'Elysée a deux atouts majeurs : pendant les quinze prochains jours, les Français se demanderont simplement quel temps il peut bien faire en Lybie en regardant les infos (s'ils les regardent et surtout si les journalistes n'en ont pas marre). En laissant filtrer intelligemment quelques photos ou bribes d'infos sur leur vacances dans le New-Hampshire, les Sarkozy devraient s'en sortir. Deuxième atout : à moins de l'éventualité d'une intervention armée ou d'un risque terroriste, les citoyens se foutent totalement de l'actualité internationale.


La direction du PS doit-elle démissionner ?

Posté par Easywriter le 12.07.07 à 11:59 | tags : décryptage, ps, opposition

C'est Jack Lang, furax contre François Hollande et Jean-Marc Ayrault, qui suggérait cela ce matin sur RTL : une démission collégiale de la direction nationale du parti socialiste. Bien sur, l'argument sert surtout à descendre les deux hiérarques mais l'idée n'est pas idiote. Depuis la présidentielle et malgré le sursaut aux législatives, le parti socialiste n'est pas capable d'articuler quoi que ce soit d'audible, si ce n'est l'étalage des divisions internes.
Les héros sont fatigués et ne retrouveront pas de second souffle de sitôt : même si le parti a surtout des problèmes de fond, sur la question de ses valeurs et la manière de les faire vivre aujourd'hui, sur sa méthode pour être au fait des changements qui agitent la société et nécessitent la redéfinition de certaines analyses et pratiques politiques et sur son propre fonctionnement interne.
Mais l'éternel retour du même et la promesse de toutes les défaites qu'il nous reste à vivre qu'incarnent Hollande ou Ayrault est un problème en soi. Attendre un échec du gouvernement pour gagner quelques mairies aux prochaines municipales est une prière mais certainement pas une stratégie. Attendre l'automne 2008 pour réformer c'est se condamner à repousser l'autocritique constructive et laisser les réglements de compte se faire par media interposés.

Même s'il ne s'agissait que de communication et il ne s'agit pas que de cela, la plupart des responsables devraient lâcher la barre du navire. Regardons à droite : deux ans après le référendum européen et trois ans après des élections régionales de sinistre mémoire, Jean-Pierre Raffarin, premier ministre à peine plus populaire qu'un huissier de justice n'est pas revenu au premier plan - il n'y a que lui qui croit le contraire. Même s'ils étaient actifs et sincères - et ce n'est pas le cas - dans l'analyse de l'échec, les dirigeants actuels du parti sont grillés et leur médiatisation tournera toujours (comme dans cette notule) autour de l'idée d'une lente agonie. Croire qu'on peut distinguer la question du leadership et celle de la transformation politique est un leurre.

Reste une épineuse question : qui a la trempe aujourd'hui pour incarner la rénovation avec force et conviction ? Dominique Strauss-Kahn va avoir un poste à dimension internationale qui sera probablement l'aboutissement de sa carrière. Après avoir été Hillary Clinton pendant six mois, Ségolène Royal va peut-être devenir Édith Cresson pour les dix prochaines années.
Laurent Fabius ne sera jamais président de la République tout le monde le sait. Reste Bertrand Delanoë qui fait une fixette sur Epinay et l'union de la gauche mais n'incarne pas non plus un renouveau renversant.
Les quadragénaires ambitieux qui doivent fomenter des putsch virtuels quotidiennement dans leurs rêves, Manuel Valls, Arnaud Montebourg..., brillent moins par leur renouvellement du discours que par leur envie d'en être. Aïe...On croit abattre un arbre en mauvaise santé et on découvre la forêt de ses semblables juste derrière. Et vous ? Vous avez des noms ?


Devedjian va-t-il en finir avec la videosurveillance ?

Posté par Easywriter le 03.07.07 à 12:43 | tags : décryptage
"Enfin, la façon dont mes propos ont été diffusés et visionnés par des millions d’internautes pose quand même un vrai problème : si plus rien n’est privé, si tout doit être totalement transparent, le totalitarisme n’est pas loin et la liberté individuelle vraiment menacée."
Patrick Devedjian sur son blog.
Devedjian ne manque pas d'un certain aplomb. Il n'a pas tenu ses propos sur Anne-Marie Comparini dans un Pub irlandais mais devant les caméras d'une télévision lyonnaise et le seul totalitarisme qu'il a à subir est celui de l'audience du web par rapport à celle d'une petite chaine cablée.
Dans certains medias, on fait volontiers le parallèle avec l'affaire Duhamel : souvenez vous, sur dailymotion, l'éditorialiste expliquait dans un amphi qu'il voterait pour François Bayrou : en quoi cette information avait-elle un caractère privé alors que Duhamel la faisait en public, devant la directrice de campagne de Bayrou Marielle de Sarnez ?

Bien sûr, l'obsession de la transparence absolue et le soupçon jeté sur tout ceux qui ne souhaiteraient pas partager leur moindre mouvement avec la terre entière est un problème réel.
La videosurveillance en milieu urbain est un des exemples les plus patents de cet excès : personne ne fait le choix d'être filmé au moment où il l'est et dans la plupart des cas ne le sait même pas, car contrairement aux caméras de notre sympathique chaîne lyonnaise, les installations de videosurveillance ne sont pas toujours visibles.
Il est donc très clairement question d'une atteinte aux libertés individuelles. L'un des départements qui a le plus développé cette pratique contestée est celui des Hauts de Seine, dirigé longtemps parCharles Pasqua (qui fit installer des caméras dans les 87 collèges et lycées du 92), puis Nicolas Sarkozy et aujourd'hui...Patrick Devedjian. Ce qui est une excellente nouvelle pour tous ceux qui craignent un futur "Big brother" car ne doutons pas que président du conseil général fera de la lutte contre ce totalitarisme prochain, un fer de lance de sa politique départementale.

Les Verts refusent de se mettre à nu

Posté par Easywriter le 25.06.07 à 11:22 | tags : les verts, décryptage

Débat houleux chez Les Verts ce week-end : malgré un résultat honorable aux législatives - mais avec l'aide du PS qui ne présentait aucun candidat face à un Vert sortant - le parti écologiste traverse une crise d'identité grave. Certes, les Verts ont doublé leur score de la Présidentielle et ont même gagné un député. Mais leur positionnement politique reste flou, un peu d'alter sauce Bové, un peu de gauche plurielle (notamment via Noël Mamère), et en même temps une tentative d'ouverture au centre- le Mouvement démocrate ayant d'ailleurs récupéré des figures importantes comme Jean-Luc Benhamias.

Yves Cochet qui proposait d'en finir avec la structure existante pour refonder l'écologie politique. "Nous n'avons pratiquement pas progressé depuis 33 ans, l'écologie politique n'a pas fait progresser l'état de la planète, nous avons échoué" , a-t-il amèrement constaté.
Politiquement, le député de Paris aurait pu ajouter que la droite avait même réussi un hold-up symbolique assez simple finalement sur la problématique environnementale.
: outre le Pacte écologique de Nicolas Hulot, c'est elle qui aura créé un grand ministère de l'environnement rassemblant les questions de transports et d'équipement. Ce que la gauche n'a jamais réussi alors qu'elle avait dans son camp la forme politique la plus aboutie.

Dissoudre le parti et s'ouvrir aurait peut-être permis de ne pas lier la crise des Verts à une pathologie encore plus lourde : l'avenir de la gauche. Mais ce week-end, Martine Billard, Noël Mamère ou encore François De Rugy, ont tous estimé que leur parti devait au contraire participer à la refondation de la gauche et rassembler autour de lui les antisarkozystes. Un choix politique qui peut se comprendre mais qui ne devrait guère permettre aux Verts de fédérer. Qui va rejoindre un parti totalement assimilé à la gauche plurielle, dont le fonctionnement même n'autorise aucune avancée et dont on retient (malgré lui) plus les embrouilles internes que les propositions ? Pour tenter de trouver un nouveau souffle et d'ouvrir un peu les fenêtres d'une mouvance clautro, Cochet estime qu'il faut venir nus, sans la structure derrière". Lors du Conseil national interrégional, son texte a été repoussé par 50 voix contre, 8 pour, et 14 abstentions.