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La politique c'et beaucoup de stress. Il faut parfois décompresser.
Lutter contre la dépravation sociale est-il possible ?Tout le monde s'en fout ou presque mais le Yémen, sur le modèle de l'Arabie Saoudite, vient de se doter très récemment d'un Comité de Promotion de la Vertu et de la Prévention du Vice. Dans l'exemple yéménite, le versant Police semble manquer pour le moment mais l'événement n'est pas passé inaperçu car il a coïncidé, sur le plan de la politique intérieure, avec un rapprochement partisan entre plusieurs forces conservatrices, le parti du président actuel et son opposition islamiste. L'annonce de ces mesures et la cristallisation de ce discours défensif a fait réagir quelques membres des partis et associations libéraux mais n'a pas reçu un accueil négatif de la part de la population qui s'attendait sûrement à ce que cela arrive.
Toute entreprise dans ce domaine (attention, on ne dit pas qu'un soupçon de moralisme appliquée à la politique d'un Etat soit une mauvaise chose) apparaît donc pour ce qu'elle est : une tentative de modifier la nature de l'homme et donc de transformer l'homme lui-même.
Si l'on ajoute à cela qu'historiquement, ces politiques sont très difficiles à tenir dans la durée on se demande pourquoi nombre d'états gardent ce fantasme désuet d'une éradication des perversions entre adultes consentants, mettent des barrières à l'autodestruction, à la libre circulation des drogues plutôt que de se contenter (comme le font la plupart des pays occidentaux) de consacrer une infime part de leur énergie à des politiques gentillettes (et tout aussi in-efficaces) de prévention. Quant au discours religieux susceptible de réformer l'âme humaine à grande échelle et de tenir la boutique sur des siècles et des siècles, parce que justement il a affaire avec des forces plus puissantes que lui (la nature, l'inclinaison génétique, la douleur d'être au monde qu'il faut apaiser à tout prix et à chaque instant), il n'est pas encore né. Obama et Superman sont-ils de la même étoffe ?Posté par Myosotis le 01.08.08 à 12:10 | tags : élucubration
L'affiche présentée par Alex Ross, le plus grand dessinateur de comics du continent américain en activité, est, à ce titre, une parfaite illustration de ce qui est en train de se passer avec Obama. En représentant le candidat dans une pose super-héroïque, copiée sur un dessin fameux de Superman, le peintre et dessinateur, auteur de BD aussi décisives que Justice, Kingdom Come ou Marvels, contribue à faire d'Obama un homme providentiel paré de vertus hors du commun. La qualité photoréaliste du dessin de Ross fait de son affiche plus qu'une simple illustration de campagne, une image de propagande politique à haute valeur ajoutée. Si le recours à l'imagerie superhéroïque avait déjà été utilisée avant, elle avait toujours été ou plus discrète (on se souvient du dessin de Bush vampire par le même auteur il y a 4 ans) ou plus proche de la caricature que de l'allégorie artistique. Le portrait évoque les tableaux de David pour Napoléon et les grands moments de l'iconographie politique. Il prend évidemment une force supplémentaire dans une Amérique qui n'en finit pas, ces derniers mois, à travers son cinéma de célébrer les super-héros (Wanted, Hulk, The Dark Knight,...) Sans préjuger de l'impact de ce dessin sur la campagne en cours, on voit bien que c'est au prix de ces associations d'idées et de ces coups marketing qui titillent l'inconscient national qu'Obama compte réunir sur son nom la politique de raison (pratique et programmatique) et la politique d'adoration, les deux éléments constitutifs d'un vote gagnant. L'avenir dira si cette mystique sexy et supradivine peut conquérir aussi les territoires de peu de foi. L'ambassadeur porte-poisse renvoyé à Paris : les mystères de la diplomatieNos amis du Tiers-Monde sont décidément de bien curieuses et insondables personnes. Gildas Le Lidec, l'ambassadeur de France fraîchement désigné (depuis 5 mois) à Madagascar en a fait les frais pas plus tard qu'hier, après que le président malgache Ravalomana a demandé et obtenu de Paris sa révocation (baptisée "rappel" dans le jargon diplomatique). Gildas Le Lidec qui n'avait rencontré le président que de manière très fugace depuis son arrivée sur l'Ile aurait été accusé par le Président Malgache, pourtant considéré comme un homme moderne (bien qu'un tantinet superstitieux) d'attirer le mauvais oeil, la scoumoune, la poisse, la lose. Gildas Le Lidec, qui n'est pas Bob Denard, présente en effet la particularité d'être dans tous les bons coups depuis quelques années : il était ambassadeur de France à Kinshasa lors du mystérieux assassinat de Laurent-Désiré Kabila et à Abidjan, lorsqu'un coup d'état éclata visant à renverser Laurent Gbagbo.
En Côte d'Ivoire, il avait ouvertement pris parti pour un camp et saboté sa propre carrière. "Selon des sources autorisées, Gildas Le Lidec a été pris de remords sur certains actes qu'il a posés et qui ont contribué davantage à enfoncer le processus de paix. Le diplomate français en poste à Abidjan, depuis fin 2002, a déclaré à ses confidents, avoir hypothéqué sa carrière, en raison de ses accointances avec le régime des refondateurs et ses appuis au président Laurent Gbagbo." Son attitude lui avait valu la plus grande suspicion, un rappel quasidisciplinaire et d'être marqué au fer rouge sur le continent. Son arrivée à Madagascar avait été pré-vendue en ce sens. Le poste à Madagascar faisait office, pour lui, de fin de carrière après un passage au Japon, mouvementé (des menaces de copinage avec des tokyoites maçons avaient circulé sur un curieux site de vigilance et d'action républicaine ) au Cambodge et dans quelques autres pays. Le Lidec, derrière son allure d'homme tranquille, avait acquis (par pure coïncidence) une réputation assez sulfureuse. (). A l'unisson et parce qu'on n'aime pas les ambassadeurs qui s'appellent Gildas, on s'écriera juste : BIEN FAIT POUR LUI, FALLAIT PAS COMMENCER. Moucharder le gaucho
Quelques semaines à peine après la révélation des filatures auxquelles se serait livrée une officine non identifiée sur la personne d’Olivier Besancenot, le porte-parole de la LCR, la pratique a non seulement de quoi inquiéter mais étonne par le manque relatif de réactions qu’elle a entraînées dans l’ensemble de la classe politique. Lire la chronique Surveillez votre gauche dans son intégralité sur le mag politique Pour l'essence d'Etat : le paradoxe du libéralisme à la française
![]() L'Etat est libéral mais l'Etat est responsable de ce que nous savons. L'Etat est libéral mais doit faire en sorte que le service public soit assuré partout. L'Etat est libéral mais doit garantir que les trains arrivent à l'heure... sur le RER D. La présence présidente de Nicolas Sarkozy accentue évidemment ce phénomène qui n'est nulle part mieux illustré que lorsqu'il s'agit de parler prix du pétrole, fioul et essence dans le moteur. A défaut d'aller chercher la croissance avec les dents, le Président a promis de pisser dans le réservoir s'il le fallait afin que les catégories polluantes soient épargnées et puissent continuer ainsi leurs métiers d'un autre temps comme si de rien n'était. Interrogé sur RTL, Nicolas Sarkozy a soufflé le chaud et le froid, en déclarant notamment :" Ayons le courage de dire aux Français : ça ne va pas s'arranger!", puis évoquant la possible mise en place d'un mécanisme de compensation visant à plafonner la hausse des prix de l'essence : "Je ne vais pas prendre l'impôt des Français pour subventionner le pétrole. En termes de pouvoir d'achat, on aura pris d'une main ce qu'on aura donné de l'autre.", avant de conclure par la présentation d'une série de mesures qui allait dans l'exact autre sens. Le Président a discuté de la prime à la cuve de fuel domestique (mesure sociale) mais surtout d'une réaffectation possible d'une partie de la TVA vers les métiers qui en ont le plus besoin. Les ambulanciers et les pêcheurs se sont évidemment mis sur les rangs. On peut supposer que tous les métiers consommateurs d'essence : les livreurs de pizza, taxis, l'adjudant Chanal et d'autres vont venir réclamer leur dû, une forme d'ESSENCE D'ETAT, distribuée, pourquoi pas, par des pompes publiques et qui pratiqueraient un tarif spécial fixé par la collectivité. Tout ceci (ce qui relativise la position du président de la République) est conditionné au ralliement à ces coupe-feu de la majorité européenne. Autant dire que ce n'est pas gagner, sauf à ce que la présidence française se double d'une prise d'otage permanente des organisations européennes. Autour d'un bien devenu rare mais dont l'économie représentait jusqu'à présent un paradigme capitaliste (on exploite les plus pauvres/riches, on plante notre derrick et on achemine le tout en Europe pour consommer l'énergie des autres), l'Etat français propose une nouvelle fois de revenir au marché administré. Sarkozy qui parle n'est donc pas Sarkozy qui promet, pas plus que Sarkozy qui tient. Il y a une tel grand écart entre la conception véhiculée par l'idéologie dont il procède et le discours qu'il tient face caméra qu'on voit mal comment le Président et l'Etat qu'il représente pourrait s'en tirer sans se... déchirer les bourses. Pour en finir définitivement avec mai 68 Fin de notre série dédiée à mai 68 avec cette histoire de la chienlit sans laquelle l'hommage n'eut été complet. Vous en avez soupé des images en noir et blanc de Dany... Le Rouge en train de discuter en fumant des clopes avec des super nanas dans des amphis hippies ? Vous pensez qu'on en fait trop et que ce n'est pas parce que ces jeunes cons nous ont permis d'avoir une semaine de congés en plus, de niquer comme des lapins (enfin, les plus chanceux d'entre nous) ou de révéler la vraie nature de l'ordre policier qu'une société mille fois plus évoluée que celle de l'époque (la nôtre) doit se prosterner à leurs pieds. Alors voilà, comme nous tous, vous êtes persuadés qu'il faut enfin en finir avec mai 68 et sa chienlit. C'est là qu'une question surgit, insondable : mais qu'est-ce que ça veut dire la "chienlit" déjà ? Dans vos souvenirs d'historien, le mot a ressurgi dans la bouche de De Gaulle qui déclarait alors : "la réforme, OUI, la chienlit non !". Et puis quoi d'autre ? Un coup de fil au cadavre de Maître Capello (il est mort, non ?) et le tour est joué, vous voilà incollable sur la chienlit. Car, comme disait Jacques Chirac(ou un philosophe oriental), "pour vaincre son ennemi, il faut d'abord le bien connaître." Introduit dans la langue française par Rabelais dans sa saga Gargantua et Pantagruel, le terme de "chienlit" utilisé par De Gaulle pour qualifier le caractère festif et bigarré des manifestants étudiants fait référence historiquement à une tenue traditionnelle que les corporations ressortaient annuellement pour le Carnaval de Paris. Le costume était en gros une tenue de nuit qu'on avait barbouillé au cul de moutarde ou de tout autre produit susceptible de faire penser à ce que vous savez. Ainsi la chienlit signifiait littéralement le "chie-en-lit" sans aucun rapport avec nos amis les canidés. Etonnant, non ? Par extension, le mot est redevenu courant pour désigner toute forme de désordre, de pagaille et de retournement des valeurs. Le mot a été mélangé avec chien-dent pour prendre des accents botaniques et désigner quelques mauvaises herbes. N'a subsisté dans cet emprunt fameux au Général de Gaulle que la dimension révolutionnaire du terme. Le propre du carnaval, en effet, est de proposer un retournement de la société sur elle-même, ce qui, d'une certaine façon, n'était pas si éloigné du projet des soixante-huitards. Grâce à nous vous pourrez conclure votre charge désespérée contre mai 68 par un blague du meilleur goût. Quel est le point commun entre un nourrisson et un soixante-huitard ? - Ils font tous les deux cacas au lit. Rires assurés dans les cercles UMP et aristocratiques.... Nous sommes tous des sociaux-traitres françaisPosté par Myosotis le 27.05.08 à 18:34 | tags : élucubration
La terminologie forgée par les premiers communistes pour désigner les révolutionnaires accusés de sympathie sociale-démocrate et donc de trahir les intérêts de leur classe avait connu ses plus belles heures sous Staline et plus particulièrement au début des années 1930 où elle servait de motivation n°1 aux procès en sorcellerie. Alors que Bertrand Delanoëet Ségolène Royal affûtent les couteaux médiatiques en vue du congrès à venir, la déclaration du maire de Paris qui s'est autoproclamé "socio-libéral" en référence au libéralisme politique (on ne revient pas sur l'histoire du mouvement - merci) et non au libéralisme économique a fait renaître la rhétorique de l'injure partisane et du pointage de doigt des traîtres. D'une façon ou d'une autre, tous nos lecteurs sont potentiellement des traîtres à la classe ouvrière. La preuve : ils ont un ordinateur individuel, assorti, souvent, d'un abonnement à un provider capitaliste et enrichi au détour de mouvements spéculatifs. De gauche ou de droite, la question se pose vraiment : quel social-traître êtes-vous ? (pour le savoir, clique)
Pourquoi doit-on à tout prix libérer Ingrid BetancourtPosté par Myosotis le 26.12.07 à 11:47 | tags : élucubration
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Je vais encore passer pour quelqu'un d'horrible, d'inhumain ou d'idiot mais j'ai beau me forcer : je ne vois pas pourquoi il faudrait libérer à tout prix Ingrid Betancourt et surtout pourquoi la croisade entreprise par notre UberchtiPrésident préféré est relayée avec cette force par les médias français. Parce que toute initiative de Sarkozy, répondra-t-on, fait l'objet d'une couverture médiatique maximale quelle qu'elle soit, coup de reins, réception d'une victime quelconque, du "fakir Kadhafi" comme s'en moquait Claude Chabrol dans Libération récemment... mais ce n'est pas suffisant. Ferait-on tout un foin si Brice Lalonde (prenons le au hasard), candidat écolo-démocrate bobo (puisque c'est ce qu'était Betancourt à l'époque, guère plus, malgré une soi-disant popularité que les Colombiens de souche confirment du bout des lèvres) avait été enlevé par une quelconque armée de libération angolaise? Mais il semble que la place qu'elle occupe aujourd'hui est disproportionnée par rapport à l'enjeu réel que sa libération représente. Il n'est d'ailleurs pas étonnant (et pas anormal), compte tenu des enjeux de politique étrangère, que depuis le début de sa détention, elle n'ait pas figuré, malgré le courage et la surface médiatique de ses parents (souvenez-vous de la chanson de Renaud qui faire faillit mourir les FARC mélomanes), parmi les dossiers prioritaires de l'Etat Français. Si Sarkozy a choisi d'en faire, dès son investiture, une affaire d'Etat et une affaire telle qu'elle occupe aujourd'hui les gros titres, si on connaît tous les visage de sa fille et de son fils, c 'est bien parce que la cause Betancourt comme celle des infirmières sert à abriter d'autres enjeux et à illustrer une nouvelle fois la toute-puissance phallique du nouveau Président. Peut-on imaginer un instant que notre cowboy Rambo national ne puisse pas se glisser dans la jungle, ses grosses corones dans un fuseau camouflage, égorger quelques guerilleros soixante-huitards et pro-35heures et ramener la belle Ingrid (décharnée, malheureusement) dans une sorte de bateau à moteur ultrarapide sur... l'Orénoque, tandis qu'il la limerait comme une bête sur le chemin du retour. Le Président sort les affaires comme des Jack in the Box pour divertir et détourner l'attention mais aussi pour épater le chaland et nous en mettre plein la vue. Il n'est pas à exclure non plus que Sarkozy soit, comme à son habitude, touché par la dimension people de l'affaire : Betancourt est de sang "noble", vient d'une famille prestigieuse et influente sur le plan diplomatique. En croyant qu'il y a une utilité quelconque (renforcer notre place en Amérique du sud, ah,ah, faire ami ami avec le gros Chavez...) à libérer Ingrid Betancourt, on nous intoxique et on nous fait trembler pour rien. Si elle disparaissait, sa famille aurait un gros chagrin. Site de soutien à Ingrid Bétancourt
Lettre à Arnaud MontebourgCher Arnaud,
Tout le monde semblait animé de la passion des sciences économiques et de la réduction de ceci ou de cela et toi tu parlais de la force des institutions, du rôle des élus, de l'égalité devant la justice.
Je me souviens qu'on voyait en toi le renouveau de la gauche, toi qui renouais avec une verve révolutionnaire lettrée - genre Le Coup d'état permanent de Mitterrand et tout. Depuis tu as été porte-parole de Ségolène Royal et tu n'as pas convaincu grand monde à ce poste. Tu as même dit quelques conneries ( le problème de madame c'est monsieur etc), mais bon à ta décharge le job était balèze. Bien sûr tu parlais moins de sixième République aussi, mais en même temps depuis le temps que tu attendais un poste un peu en vue chez les socialos. Ca rend vindicatif de ronger son frein - ce n'est pas le sujet mais moi-même parfois tu sais.... Ca rend aussi un peu amer. "En 2012, la gauche aura été pendant dix longues années dans l’opposition. Aucun de ma génération, en âge de diriger la destinée de notre pays, n’aura été Ministre en raison de l’obstination du Parti socialiste à se méfier de sa jeunesse.". N'empêche, la morale, Arnaud, tu te souviens, c'était super : , tu voulais traduire Chirac en justice, mettre en place la Sixième République et plus généralement renouveler les pratiques d'une classe politique agonisant sous l'effet conjugué de la démission morale et de l'ambition personnelle. Chevalier blanc de la morale immaculée, ça avait de la gueule, une gueule à claques un peu bien sûr mais de la gueule assurément.
En gros, tu deviens un bon vieux cumulard d'sa mère. C'est pas pareil, hein, écrit comme ça.
C'est étonnant comme tu poses le masque tout en gardant la plume. Notre Bresse de Saône et Loire, t'abuses quand même côté rhétorique de chatelain. J'imagine que tu t'attendais à une réponse des ouailles du genre " Foin de morale Arnaud, c'est la chienlit, nous peuple de Bresse et de Navarre te demandons de nous sauver". Il n'en est rien et la foule, qui a bien retenu ta leçon tu dois être fier, te demande juste de t'occuper de ton mandat de député et de respecter tes principes et les siens. Mais tu y vas quand même. "Cette candidature est d’abord un acte de résistance à la montée de l’absolutisme sarkozyste." dis tu. J'ai pas bien compris toutes les acrobaties intellectuelles qu'il faut pratiquer pour lutter contre la concentration des pouvoirs en concentrant soi-même plus de pouvoirs mais je crois que tu t'es assez foutu de ma gueule Arnaud, si tu permets cet écart. Te trompe pas, hein, j'ai jamais eu des principes aussi forts que les tiens. Et puis j'ai l'habitude d'être déçu Arnaud, j'ai voté socialo plus souvent qu'à mon tour ces dernières années alors je suis un peu blindé niveau rateau. Moi même je te jure j'ai fait plein de concession et pour des ambitions moins nobles que les tiennes. D'ailleurs je lis plus trop tes bouquins, je m'en fous, un peu comme tout le monde, ça semble toujours si terriblement désuet le modernisme d'hier. Et puis c'est vrai qu'à près de 50 ballets t'aurais l'air con de continuer à bourriner dans l'underground. 2012 c'est l'espoir sonnant et trébuchant du mainstream, qui sait ? " Pour ma part, j’aurai 49 ans et accumulé quinze années de vie publique, après huit années de vie professionnelle. On me demandera alors des preuves de ce que j’aurai fait et concrètement assumé. Il ne sera pas possible d’avoir exclusivement vécu dans l’exercice tribunicien pur, au sein d’une Assemblée nationale émasculée par le sarkozysme." On te demandera peut-être aussi ce qu'on doit penser de tes principes du moment vu le traitement que tu réservas à ceux d'hier. Il y aura même quelques esprits chagrins pour te rappeler que la dernière fois que tu leur avais demandé leur avis tu n'en a pas fait grand cas.
Contente toi d'une langue de bois, simple et clair comme celle qu'on entend partout. Bises mon bon EW L'insurrection qui vient et les prophéties du désastre
" Dans le métro, on ne trouve plus trace de l'écran de gêne qui entrave habituellement les gestes des passagers. Les inconnus se parlent, ils ne s'abordent plus. Une bande en conciliabule à l'angle d'une rue. Des rassemblements plus vastes sur les boulevards qui discutent gravement. Les assauts se répondent d'une ville à l'autre, d'un jour à l'autre. Une nouvelle caserne a été pillée puis brûlée. Les habitants d'un foyer expulsé ont cessé de tracter avec la mairie : ils l'habitent. Dans un accès de lucidité un manager vient de refroidir, en pleine réunion, une poignée de collègues. Des fichiers contenant l'adresse personnelle de tous les policiers et gendarmes ainsi que des employés de l'administration pénitentiaire viennent de fuiter, entraînant une vague sans précédent de déménagements précipités. Dans l'ancienne épicerie-bar du village, on apporte l'excédent que l'on produit et l'on se procure ce qui nous manque. On s'y réunit aussi pour discuter de la situation générale et du matériel nécessaire pour l'atelier mécanique. La radio tient les insurgés informés du recul des forces gouvernementales. Une roquette vient d'éventrer l'enceinte de la prison de Clairvaux. Impossible de dire si c'est un mois ou des années qui se sont écoulées depuis que les événements ont commencé. Le Premier Ministre a l'air bien seul avec ses appels au calme." in L'insurrection qui vient - le comité invisible (Editions La Fabrique) Les prophéties d'une crise imminente et de grande ampleur se multiplient ces derniers mois, oeuvres d'analystes respectés, de romanciers ou d'essayistes qui sentent que le vent est en train de tourner du mauvais côté. Sans être Nostradamus ou Cassandre, cette avalanche de descriptions qui prévoient un prochain choc des valeurs et des civilisations au coeur de notre joli territoire musée, commencent à faire sérieusement flipper. La mise en place d'une politique qui, à cette manière, en est,... enfin, une : orientée, structurée, offensive, bien que couverte par le sceau oecuménique de l'élection et de la légitimité populaire, est étrangement un facteur d'instabilité et de tension. Il y a de l'électricité dans le corps social. Des couteaux s'affutent. Tout ceci est hautement bizarre, politiquement bizarre à l'image de ce Président qui veut distribuer des coups de boule à la volée, comme ces ministres qui disparaissent, ces grévistes qui flanchent, ces masses silencieuses qui parlent entre leurs dents, Laure Manaudou qui nage moins vite, ces journalistes qui sourient toujours et n'ont l'air de rien. Bizarre et suspect dans un pays riche, tranquille et prospère comme la France, ces émissions de télévision qui décryptent à longueur de journée ce que tout le monde voit et que personne ne montre, ces vélos qui roulent en se faufilant dans la circulation, comme si de rien n'était, ces vedettes ineptes qui font sauter les chaînes hi-fi avec leurs niaiseries et leurs seins blancs. Une approche journalistique sérieuse doit se refuser à interpréter les signes du temps comme elle doit éviter de lire dans les entrailles des poulets et des poissons. Mais il n'est pas toujours possible d'éviter certains travers, pas toujours possible d'éviter l'incompréhensible et la peur. Comment éviter de pardonner à Chirac en quatre leçonsMis en examen donc, pour "détournement de fonds publics" dans le cadre des chargés de mission bidons payés par la Mairie de Paris. Et l'envie de dire : "pffff, laissez- le tranquille, ça va maintenant ces conneries". Sauf que non ça ne va pas. Avec le temps, on avait fini par se dire que Jacques Chirac bénéficiait d'une sorte d'immunité à vie, vacciné efficacement contre toute instruction judiciaire. On s'en était accommodé et les années passant, le président devenait un souverain un peu largué, réagissant bizarrement à contretemps sur à peu près tout, pour dire à peu près n'importe quoi - comme lors de la crise du CPE entre autres. Mais bluffant parfois à l'étranger, touchant comme un patriarche sur le déclin mais qui rappelle le code d'honneur de la famille dans un barbecue un peu tendu.
Garder à 'esprit l'étendue des fautes : des gens incompétents et/ou amis du maire de Paris étaient payés par le contribuable alors qu'ils n'ont jamais travaillé pour la municipalité, ne pas oublier les emplois fictifs du RPR, les bizarreries comptables de ses campagnes présidentielles sur lesquelles la justice devrait bientôt se pencher . Penser à ses défenseurs pour garder intact son mépris : Jean-Pierre Raffarin qui balance sans sourciller que Chirac a contribué "à assainir la vie politique". Penser à Dominique de Villepin parfait faux-derche : "Il me paraît y avoir un très grand décalage entre le chef d'accusation qui est retenu - détournement de fonds publics - et la réalité, où il n'y a manifestement aucun enrichissement personnel".
Le saviez-vous ? Le vote en assemblée générale est un auxiliaire de policeHier les CRS ont donc délogé manu militari les étudiants grévistes et bloqueurs de Nanterre. L'intervention violente de gendarmes et de policiers est tout sauf étonnante. Quand j'étais à la fac (il y a un siècle) les anti-blocages étaient considérés comme d'infames socio-traites manipulés par les syndicats réactionnaires comme l'UNI. La plupart des AG étaient déjà dirigées par des néo-hippies barbus qui partageaient tous un invraisemblable goût vestimentaire et une mythologie contestataire post-soixante-huitarde.
Désormais les votes en AG où se décide le choix des blocages sont contestés ouvertement. ll est vrai que ces consultations n'ont jamais été représentatives de quoi que ce soit, la majorité des étudiants ne vote pas plus lors de ces assemblées chiantes comme la pluie qu'ils ne se déplacent aux urnes lors des élections syndicales. C'est donc tout à fait légitimement que bloqueurs comme antibloqueurs contestent, selon qu'il les arrange ou non, la légitimité d'un vote sur la poursuite ou l'arrêt des blocages d'universités. Par extension, on peut penser que les familles des antiblocages soutiendront leurs progénitures si bien que s'il n'est pas plus démocratique qu'un sondage, le vote en AG a désormais cette vertu : il permet de se faire un état même approximatif de l'opinion et de déterminer l'usage des matraques en fonction des résultats. Exclu : Cécilia Sarkozy volera la vedette à Bernard ThibaultPosté par Easywriter le 17.10.07 à 12:34 | tags : grèves, divorce sarkozy, président de la république, élucubration, pipolitique
![]() Comme Fluctuat aussi, qui vous annonce en totale exclu que l'Elysée confirmera le divorce demain 18 octobre. Ben oui, pour l'instant le feuilleton de la rumeur a permis de neutraliser avec plus ou moins de réussite la fronde anti ADN. Mais demain la plus grande mobilisation sociale attendue depuis les célèbres grèves de 1995, c'est quand même quelque chose, il faudra un peu plus de biscuit. Nicolas Sarkozy ne craint sans doute pas grand-chose des éventualités révolutionnaires mais s'inquiète de l'image d'un Exécutif tancé de toutes parts. Ramener la fin de l'Etat de grace sur un plan plus intime est tout bénef. On imagine des couvertures du Point du style : Sarkozy l'homme blessé. Apreté des réformes, solitude du pouvoir, drame de la vie intime, le Président est dans la tourmente. Comme Sarkozy a lui-même largement exposé sa femme dans la sphère publique, les journalistes éprouvent peu de scrupules à s'emparer de l'affaire. Et puis il faut bien reconnaître que spectacle pour spectacle, le déchirement intime du couple présidentiel reste plus excitant qu'une manifestation d'écharpes moches entre Bastille et Nation. Je vous invite à regarder la coiffure de Bernard Thibault et méditer sérieusement sur le potentiel hollywoodien du syndicalisme français. Bien. Le combat pipolisation vs lutte sociale, individu contre solidarité collective, Cécilia Sarkozy versus Bernard Thibault connaîtra donc demain son apogée. Un pas de plus vers l'idéologie de la privatisation (= penser de façon collective n'a aucun influence sur le destin de chaque individu) comme dirait Zygmunt Bauman. Margaret Thatcher disait : " La société n'existe pas, il y a des individus, hommes ou femmes, et il y a des familles". Qui divorcent.
Nicolas et Cécilia Sarkozy : divorce stop ou encore ?Posté par Easywriter le 12.10.07 à 18:35 | tags : président de la république, élucubration, pipolitique
Alors quoi ? Cecilia et Nicolas, une rupture clandestine ? (Agoravox) Qui a de la news ? "Qui se lance ?" (Fluctuat.net) C'est bien gentil tout ça "Mais qui paie ?" (Bellaciao) toutes ces conneries, l'exil à Genève, les opérations de chirurgie esthétique, les garde du corps, hein ? Arrghh.....Le journalisme de caniveau je vous jure, "La presse doit-elle parler de LA rumeur ?" se demande Morandini tout en parlant de la rumeur. Et Facebook, il a le droit Facebook lui, de livrer "le divorce en exclusivité ?" (La Tribune) Et toi, t'en as de la news ? Du titre, de la rumeur sur Cécilia Sarkozy ? Sur Nicolas ?
Foutez les jeunes en cage (d'escalier)Posté par Easywriter le 12.10.07 à 13:00 | tags : élucubration
C'est une idée géniale comme l'urbanisme moderne sait en avoir. La ville du Havre a inauguré le premier hall d'immeuble sans immeuble. Vous avez bien lui, oui. Mais il convient également de protéger un peu les populations civilisées des dangers de la sauvagerie potentielle des abonnés de la glandouille.
Pour l'heure, les architectes n'ont pas pensé à ajouter des flaques de fausse urine ou des imitations convaincantes de seringues, ce qui explique la faible fréquentation des lieux.
Gageons qu'avec ces améliorations le succès sera au rendez-vous et que l'organisation de visites guidées permettra de financer en partie l'investissement de la République. Photo : 1) via Cecilia et Nicolas Sarkozy se séparent : qui se lance ?Posté par Easywriter le 11.10.07 à 19:01 | tags : élucubration, président de la république, divorce sarkozy, pipolitique
Cécilia Sarkozy quitte son époux. Il parait que les pages sont montées, les rotatives prêtes à tourner pour annoncer la séparation du couple présidentiel.
Cécilia Sarkozy se serait réfugiée à Genève, aurait été vue à Londres. Le JDD était prêt à lacher quelque chose dimanche, apprend-on sur le blog d'Anthony Bellanger, chef des informations au Courrier International. Il cite El Pais qui faisait remarquer à propos d'une énième absence à un rendez-vous officiel " la crédibilité des explications officielles sur les incartades de Cécilia Sarkozy sont à la baisse. Le communiqué n'est pas arrivé. Seul un "no comment" du porte-parole de l'Elysée qui n'a fait qu'entretenir le suspense sur l'avenir du couple". Quitte à spéculer, imaginons une chronologie possible : Une révélation de John Lichfield dans The Independent, non confirmée mais pas niée non plus par les communicants de l'Elysée, histoire de tester les premières réactions. Elle est reprise par l'AFP puis par Le Nouvel Obs et les quotidiens, avec la même faux-culterie et l'air de ne pas y toucher qui m'a fait citer un journal suisse quelques lignes au-dessus. Sur les plateaux se relaieront quelques spécialistes, des correspondants de la presse écrite à l'Elysée qui feront mine de s'intéresser aux implications politiques de la séparation.
En commentaires, proposez votre propre lecture de l'événement.
J'ai épousé une ombrePosté par Easywriter le 05.10.07 à 14:10 | tags : élucubration, président de la république, pipolitique
Volontaire, déterminé, Nicolas Sarkozy serait donc conforme à l'image qu'il veut donner : un type pragmatique debout sur l'accélérateur - il a dit, il fait, inutile de tergiverser. L'opposition la plus performante à ce dynamisme ne vient certes pas du parti socialiste, ni même des sénateurs ou de Dominique de Villepin.
Tout le monde lui mange dans la main ou presque, elle le ridiculise en refusant d'emménager à l'Elysée. Elle ne va pas à Sofia avec lui. elle ne joue pas le jeu. Metro-First lady vs uber-president. Parce qu'il y a Cecilia, Nicolas Sarkozy ressemble à un cadre supérieur qui fuit par le travail l'angoisse que lui procure sa vie privée personnelle merdique. Mais les années passent et les ennuis surgissent aussi surement que l'embonpoint. Nicolas bosse plus pour gagner plus et dépenser plus mais il peut bien se ruiner en Prada et Rollex, les artifices les plus couteux lui donnent l'air d'un artisan inculte qui a gagné au loto. Une vamp au bras et des manières de voyou séducteur et viril, il rêvait d'être le genre de type qu'incarnait Al Pacino. Je suis Tony Montana. Jacques Mailhot, ce franc-tireur... d'élitePosté par Easywriter le 03.10.07 à 11:44 | tags : élucubration
Ca fait vraiment plaisir à tous ceux qui éprouvent quelque fierté d'être Français, de voir que chaque jour qui passe éloigne notre patrie de la sinistrose intellectuelle dans laquelle elle était plongée depuis 1981. L'ami Myosotis, avec sa plume digne des éditorialistes du début du siècle dernier, avait déjà salué le retour de la culture populaire jusqu'aux plus hautes sphères de l'Exécutif. Qu'on nous permette à notre tour d'applaudir un artiste pour lequel les intellectuels de la rive gauche n'ont que mépris (mais n'est-ce pas celui qu'ils nourrissent à l'égard du peuple tout entier ? ): Jacques Mailhot.
Car il faut en avoir quelque part -si on nous pardonne cet emballement primesautier - pour oser des saillies telles que, " Nicolas Sarkozy, ses parents n'ont pas du parvenir à le faire d'un seul coup. Ils ont du préparer un moule mais ils ont oublié d'y mettre de la levure", devant un parterre de parlementaires qui n'en peuvent mais. C'est à l'invitation de Jean-François Copé, chef du groupe UMP de l'assemblée nationale qu'on convia Jacques Mailhot, quitte à bousculer un peu le politiquement correct qui sied ordinairement aux raouts politiques. Au dîner parlementaire, seule Rachida Dati resta, parait-il, plus hermétique à la verve de notre pourfendeur de consensus. Mais son intégration au sein du gouvernement lui permettra sans doute, comme à tant d'autres ressortissants de nos anciennes colonies, de comprendre dans un proche avenir, les subtilités ancestrales de la truculence gauloise . C'est en tout cas un immense espoir. Ministres de cour (d'école)Posté par Easywriter le 12.09.07 à 15:53 | tags : élucubration
"Ce n'est pas parce qu'on est jeune qu'on n'est pas courageux et qu'on n'est pas compétent". Réponse de Rama Yade à François Fillon qui avait estimé dimanche sur Canal Plus que la visite rendue par la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme aux squatters d'Aubervilliers était "une gaffe liée à son inexpérience".
Pouvoir que n'a pas Fillon apparemment. Nicolas Sarkozy : " Quant au remaniement, c'est à moi et à personne d'autre de le décider. Fillon est à Matignon parce que j'ai bien voulu l'y nommer. S'il voulait avoir ma liberté de parole, il n'avait qu'à se présenter à l'Elysée. S'il n'est pas content je le remplace par Guéant et on en parle plus". Fillon aurait du passer le concours de président, le poste de premier ministre reste un job de contractuel vraiment trop ingrat. Fadela Amara, je kiffe... Fadela Amara parle le djeun's. Bon, forcément comme elle a 43 ballets ça se voit un peu. « Je vous le dis très cash, maintenant il faut agir. Il est hors de question qu'on continue à se la raconter sur la question des banlieues...», lance t-elle la semaine dernière en conseil des ministres".
Moyennant quoi vous pouvez faire des constats très ordinaires, émettre des propositions génériques et floues, seule la forme de votre discours et accessoirement votre patronyme importent. Fadela a parait-il hésité à adopter un flow plus West-Coast pour son propos liminaire présentant son projet pour la ville et plus singulièrement la banlieue. Et quel projet ! Il s'agit rien de moins que de désenclaver la banlieue - preuve qu'on se la raconte plus dans les hautes sphères de l'exécutif - et d'utiliser pour se faire tous les moyens. Qu'on nous autorise à notre tour quelque débordement langagier : Sa race ! Voilà un plan qui déboite ! Mais ce n'est pas tout. Outre l'enclavement qui sera résolu grâce aux transports ( trop fort je te jure) et la mixité urbaine ( 20 % de logement sociaux c'est un début non Fadela ?) l'éducation, la transmission des valeurs sont aussi en passe de sortir de la crise. Comment ? En consacrant "une journée à l'éducation au respect, comme nous avons une journée pour la fête de la musique", indique Fadela. Respect, ouais. Fadela je te proposerai bien carrément une fête de la musique respectueuse, un truc mortel tu vois. Bref... Malheureusement, les audaces rhétoriques en terrain langagier mal connu réservent à l'occasion quelques perles. Ainsi Fadela résume son ambition par une formule : "tolérance zéro pour la glandouille", expression qui nous renseigne mieux sur la philosophie de ce beau programme. Elle a beau ensuite expliquer qu'il ne faut pas laisser les jeunes dans le désoeuvrement, n'importe quel collégien du 93 est capable de saisir la nuance entre le désoeuvrement et la glandouille, le dernier terme étant quand même plutôt synonyme de sympathique relâche, de farniente décomplexé (et en philo sarkozyenne plutôt répréhensible). Exemple : Qu'est-ce tu branles aujourd'hui Easy ? C'est quand même pas la même chose que : "Tu fais quoi Easy ? La glandouille c'est moins la situation de précarité de gens parqués en banlieue de la ville et de la vie que leur propre propension à la nonchalance, au loisir, qui les poussent à trainasser les pieds dans les coursives et accessoirement à faire des conneries, puisqu'on le sait bien, la glandouille est mère de tous les délits. Bref, on stigmatise mais de manière euphémisée ( la glandouille ce n'est pas directement les glandeurs, et encore moins les racailles) et on joue la rupture à venir sur un mode incantatoire " cela nous engage tous, comment peut on accepter... les grands défis de demain tagada tzoin tzoin", tout cela est très Sarko-friendly et l'uber-président a parait-il beaucoup apprécié. " Certains s'inquiètent du financement de la politique de la ville.Je pense que ce n'est pas seulement le budget de mon Ministère qui doit être mis à contribution mais que tous les acteurs concernés doivent s'impliquer financièrement". Tout le monde s'y mettrait tu vois, ce serait vraiment chantmé comme truc. Non ?
Heroes : Louis Sarkozy sauvera-t-il le baleineau ?
Dans la famille présidentielle, l'héroïsme est une simple affaire de génétique. Après le Père qui a libéré le grand capital en offrant plus de 10 milliards d'euros d'allégements fiscaux aux nécessiteux, libéré l'Europe de ses craintes et bientôt la détenue professionnelle Ingrid Bettancourt, après la Mère qui a doublé tout le monde pour faire évader des infirmières bulgares (horriblement laides - et donc vraisemblablement coupables) du QG ultrasecret de Kadhafi, Louis, le fils de notre duo de superhéros préférés, aura droit aujourd'hui à son baptême du feu. On vient, en effet, d'apprendre de source sûre qu'à la vue du journal de Françoise Laborde (sur France 2) hier soir, notre Petit Père avait décidé d'envoyer son fils à la recherche du baleineau errant au large de Fréjus et dont le sauvetage venait d'échouer à la suite d'un mouvement de foule débile. Le jet privé a été affrêté au départ de Villacoublay en fin de matinée pour permettre à Louis, armé d'un tuba et d'un fusil sousmarin à infrarouge, d'un sonar nucléaire et d'un slip jaune, de se lancer à la recherche de Désirée. Le baleineau, qui a sans doute perdu sa mère, est très affaibli et était reparti vers le large, échappant aux soins que voulaient lui prodiguer les équipes de Mike Ridell, le responsable local. Ce dernier aurait déclaré : "Louis va ramener ce baleineau. C'est une quasi certitude. Nous croyons en lui comme nous croyons au Commandant Cousteau" Un poisson (non identifié) aurait fait parvenir à la rédaction de Midi Libre une revendication, exigeant contre la libération du baleineau la construction d'une autoroute de la mer, la reprise de la pêche à l'anchois et trois putes rousses. Fluctuat est évidemment à fond avec Louis.
Misère et politique : Bernard Laporte est un jambonSans doute est-ce la première fois en France qu'un futur Ministre annoncé (statut déjà nouveau en soi) apparaît, en toute connaissance de cause, dans une publicité à caractère commercial. Après Guy Marchand, Clémentine Célarié, Lio, Véronique Genest, Victoria Abril et Liane Foly, Bernard Laporte, entraîneur du 15 de France et futur Secrétaire d'Etat aux Sports (et adjoint de Roselyne Bachelot, mon Dieu) vante les mérites de la nouvelle gamme des jambons Madrange, après celle des rasoirs Bic. L'entreprise d'origine corrézienne a, depuis la fin des années 80, généralisé pour ses campagnes promotionnelles le recours aux demi-stars du show biz, recherchant des personnages particulièrement populaires et présentant une gouaille suffisante pour incarner les valeurs charnues du jambon. La connexion avec Laporte (si celui-ci n'était aussi un redoutable homme d'affaires, au talent contesté) était donc tout à fait évidente pour l'entreprise leader en cette période de pré-Coupe du Monde. La publicité qui fait des émules talentueux (sic) sur la vidéo ci-dessus ne doit pas être passée sous silence : elle pourrait même représenter une nouvelle étape dans la grande transformation/rénovation/saccage du pays menée par le président Sarkozy, celle où tout peut être mêlé à tout et fondu dans tout tant que le message est unitaire. La connexion conceptuelle rugby-peuple-jambon (à l'os)- chair de la France-simplicité-sport-santé-jogging est aussi limpide que signifiante. La politique est une succession de messages (et non plus d'actions ou de mesures - lesquelles se situent en dehors de la sphère représentative pour protéger leurs intentions) destinée à produire du symbole et du mensonge. On est en là aujourd'hui mais pas pour longtemps : le pays progresse à pas de géants vers sa destination finale (?). La vie est merdique en Grande-Bretagne (et en France aussi)
On pourrait arbitrer par la voie mesurée du social-démocrate sympa, en rappelant que créer plein d'emplois publics comme il l'a fait après la casse thatchérienne était non seulement socialement responsable mais économiquement efficace, mais qu'en même temps Blair a laissé croitre les inégalités de revenus et ...Bullshit!!! Le mieux est d'être de mauvaise humeur et de mauvaise foi et tirer à boulets rouges sans trop de précaution pour casser le consensus mou ambiant. C'est ce que font les excellents Steve Low et Alan McArthur dans le revigorant "Petite encyclopédie de la vie merdique en Grande-Bretagne", un voyage au pays de la méritocratie rêvée des riches. Un bon vieux pamphlet d'anticapitalisme primaire qui nous change des discours faux-derches sur l'éthique de la responsabilité et de la morale politique. Blair a surtout réussi un coup marketing incroyable avec le concept de Cool Britannia qui transforma l'Angleterre des héritiers réactionnaires en une nation cool et branchée en moins de six mois dans les medias . La bonne santé de la (contre) culture anglaise n'a pas grand-chose à voir avec son Premier ministre mais ce n'est pas grave on l'a vu boire du champagne avec Noel Gallagher (qui est un trou du cul). En France, Nicolas Sarkozy aurait pu faire de même s'il ne répondait pas aux SMS de Faudel ou Mireille Mathieu. Culturellement, le Président ne nous vend pas une rupture très bandante mais apparait comme un type super moderne bien qu'il soit là depuis 20 ans et qu'il n'ait encore rien fait. Is it just me or everything turns to shit ? Il est grand temps de démarrer une petite encyclopédie de la vie merdique française qui nous changera des ritournelles nostalgiques genre Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain ou Vincent Delerm. Tiens, on a déjà donné deux entrées, à vous de poursuivre en commentaire. Petite encyclopédie de la vie merdique en Grande-Bretagne à l'usage du monde entier Miss Dominhulk rue dans les brancards UMPPosté par Myosotis le 21.06.07 à 13:35 | tags : élucubration
DROIT DE REPONSE. Miss Dominique nous a demandé un droit de réponse. Nous le publions ci-dessous in extenso, et sommes désolés qu'elle n'ait pas perçu le second degré de cet article. Nos excuses donc à l'intéressée. Article initial :
La chanteuse Miss Dominique aurait piqué une colère d'anthologie en apprenant que l'Uberchti- Bonhomme Sarkozy ne l'avait finalement pas retenue pour occuper un poste de secrétaire d'Etat dans son nouveau gouvernement Fillon II. La finaliste de la Nouvelle Star, auteur d'un premier album à succès, mais en délicatesse avec son tourneur (sa tournée a été récemment annulée et reportée en accompagnement de son deuxième album), avait été pressentie pour incarner la représentativité du pays réel. Mieux que Rama Yade, Miss Dominhulk présentait un profil presque parfait regroupant un nombre de caractéristiques minoritaires presque incroyable sur sa seule personne : jeune, femme, noire, forte poitrine, alcoolique, obèse.
Sur sollicitation du cabinet de Nicolas Sarkozy, la presse aurait accepté de ne pas faire mention de cette triste affaire. Mais la rumeur commence à enfler sur le net. Combien y-a-t-il de types valables à droite (et à gauche)?
" Quand on fait élire 400 députés, il y en a qui ne devraient pas être là. Les bourrins, ce sont les plus difficiles à gérer". Ben oui, la question qu'on oublie un peu au profit de l'obsession parano sur la concentration des pouvoirs : franchement vous pensez que l'UMP possède 450 ou 500 personnes capables et de d |