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Grèves à tous les étages. Revendications, occupations des locaux, transports bloqués, bloqueurs et anti-bloqueurs survoltés...la grève vous connaissez ?

Grèves : Sarkozy retrouve la parole....

Posté par Easywriter le 23.11.07 à 16:01 | tags : président de la république, citation, grèves

...Et j'ai loupé pour ma part une belle occasion de la fermer.
J'expliquais en effet dans le post du dessous, toute la logique à l'oeuvre dans le silence sarkozyen.
L'Elysée ayant clairement une dent contre le blog politique de Fluctuat, espace de liberté incommensurable, le Chef de l'Etat est intervenu quelques minutes après publication de mon article, dans le but évident de discréditer ma parole subversive.
Bref, j'avais parié et je m'a trompé. Nicolas Sarkozy aura réagi plus rapidement que prévu.

"Des angoisses, des attentes se sont exprimées au cours des dernières semaines sur le pouvoir d’achat et sur l’emploi (...)Je ne prends pas ces attentes à la légère. Dès mon retour de Chine, j’y répondrai et je dirai aux Français ce que sera l’action du gouvernement dans les prochains mois»

On notera quand même la teneur programmatique d'une annonce balancée sur le mode "bougez pas je reviens", histoire de pousser les medias à spéculer sur ce qu'il dira à son retour de Chine plutôt que d'analyser a posteriori le conflit.
Vous avez vu, j'en retomberais presque sur mes pieds.


Sarkozy, Delanoë et l'art de se taire

Posté par Easywriter le 23.11.07 à 12:46 | tags : grèves, président de la république, décryptage, stratégie

 

"Quiconque ne sait pas se taire est indigne de gouverner" disait Fénelon dans les aventures de Télémaque.
Certains s'étonnent que le maire de Paris ne soit pas plus disert sur les grèves. Bertrand Delanoë est, comme Nicolas Sarkozy, conscient qu'il n'y a que des coups à prendre dans une telle crise dont il vaut mieux attendre l'issue. Les deux hommes, qui ont l'air de s'apprécier, partagent un ego démesuré, un habile sens de la communication et la foi totale en leur destinée. Et c'est pourquoi ils utilisent aujourd'hui la même stratégie.

Le président attend de pouvoir rebondir dans un contexte politique dégagé : il convient donc d'attendre non seulement que le conflit soit terminé mais que la dramaturgie médiatique ait besoin d'un nouvel événement. Pourquoi se risquer au frontal alors qu'on en est même pas encore à sacrifier une Tour ni même un cavalier.

Le maire de Paris ne tient pas à voir son image associée à celle d'une ville paralysée, qui saurait l'en blâmer ?
En plus, se risquer dans le débat finirait fatalement par voir arriver sur le tapis la douloureuse question du métro parisien, parent pauvre de la politique de développement des transports de la Ville de Paris. Qu'irait-il faire dans cette galère ?


Grèves : Fillon veut toujours que ça cesse

Posté par Easywriter le 21.11.07 à 17:06 | tags : premier ministre, social, grèves
"Les auteurs de ces actes de sabotage ont sans doute cru pouvoir interrompre les négociations et la reprise du travail qui est en cours à la SNCF. Ils se sont lourdement trompés. Cette stratégie irresponsable rend au contraire encore plus nécessaire les négociations et l'arrêt de la grève qui est engagé(...)
"Pour les Français qui n'en peuvent plus de cette galère, il est plus que temps que ces grèves cessent, que le travail reprenne sur le réseau de la SNCF come sur celui de la RATP au moment même où les négociations sont engagées". (AFP)
François Fillon n'en peut plus d'essayer d'exister à l'occasion du conflit social et donne de la voix.
Dans le Canard de ce matin, on apprenait que depuis le début il était pour un passage en force par décret plutôt que de tergiverser.
Si les négociations entamées par Xavier Bertrand se plantent, il pourra dire qu'il avait raison et discréditer son ambitieux ministre du travail. Dans le cas inverse, ce dernier pourra commencer à se raser en pensant à Matignon.

La grève signera t-elle la fin de la gauche modérée ?

Posté par Easywriter le 21.11.07 à 13:56 | tags : opposition, grèves, décryptage

A l'état actuel du parti socialiste qui tente maladroitement de tirer les marrons du feu d'une contestation qu'il n'approuve pas complètement (sur le fond les socialistes sont pour la réforme des régimes spéciaux), au peu de succès des tentatives de modernisation du syndicalisme français (la direction de la CGT n'est pas forcément suivie par sa base dans son envie de réforme), s'ajoute l'intérêt politique de la majorité de poursuivre ce pourissement.

Ces effets conjugués sont en train d'assurer la tranquille ascension d'Olivier Besancenot, héros des mécontents du secteur public. Tout se passe comme si à l'avenir le débat politique allait se résumer à un affrontement entre gauche radicale et droite au pouvoir.

Evidemment cette option est tout à fait souhaitable pour Nicolas Sarkozy.
Imaginez un peu ce que donnerait un nouveau parti de Besancenot (oui parce que Ligue communiste révolutionnaire c'est dur niveau com) à 10 ou 12 % des voix.

Il se passerait à la gauche du champ politique ce qu'il s'est passé à droite dans les années 1980 : François Mitterrand avait bien compris à l'époque tout l'intérêt de voir une partie de l'électorat de droite choisir le Front National neutralisant ainsi toute vélléité de prise de pouvoir par les conservateurs.

Attention je ne fais aucune comparaison de nature entre la LCR et le Front National, simplement une analogie de tactique politique adoptée par un parti dominant. La déconfiture de la gauche gestionnaire auprès de l'opinion fut largement ralentie par cette division encouragée des voix.
Le RPR de l'époque tenta maladroitement de récupérer sa frange la plus dure, jetant le discrédit sur l'ensemble de son discours politique.

On peut penser que les acrobaties difficilement lisibles du parti socialiste aujourd'hui tentent justement d'éviter une radicalisation opportuniste qui l'enfermerait dans des postures d'arrière garde, perdant chez les électeurs modérés ce qu'il gagnerait sur son aile gauche.

Avec pour résultat une stagnation globale de ses voix.
La volonté de Sarkozy de neutraliser les structures syndicales pour poursuivre ses réformes ne doit pas faire oublier son souci d'occuper l'espace politique jusqu'au centre gauche initié par sa "politique d'ouverture".

Mon titre est bien entendu volontairement polémique mais il n'empêche que l'incapacité de la gauche modérée à proposer un pacte social cohérent qui lie entre elles les classes populaires et moyennes au-delà de l'éternel scission public/privé est peut-être en train de produire son dernier fruit : un nouveau découpage électoral de la gauche déjà minoritaire qui lui assure pour pas mal de temps encore une belle carrière dans l'opposition.


Steven Seagal : il faut savoir terminer une grève

Posté par Easywriter le 21.11.07 à 11:20 | tags : humour, grèves
A mobilisation massive, réponse musclée. Mozinor invente le négociateur de demain.



Extension du domaine de la grève ?

Posté par Easywriter le 20.11.07 à 15:19 | tags : grèves, social

Dans le post précédent, on vous parlait un peu de l'effet boule de neige que finit par créer un mouvement social dans la durée, la preuve par le tract :

Hôpitaux : Appel à la grève de syndicats de médecins (AMUF, urgentistes) ainsi que de la CGT et FO. Les deux principaux syndicats de médecins des hôpitaux, CPH et INPH, ont apporté leur «plein soutien» au mouvement.

Banque de France : Trois syndicats (CGT, FO et Solidaires) appellent à la grève contre «l'insuffisance des effectifs».

Impôts : le Syndicat national unifié des impôts (SNUI-FDSU), premier du secteur, a appelé les agents à "s'inscrire dans la journée de grève" pour dénoncer "la logique du 'moins d'Etat, moins de service public'".

Poste et France Telecom : Cinq fédérations (CGT, CFDT, Sud, FO et CFTC) appellent à la grève, notamment pour l'emploi, le pouvoir d'achat et contre les restructurations.

Météo-France : 5 organisations (SPASMET/Solidaires, SNM/CGT, SNITM/FO, CFDT/Météo, SPAC/CFDT) ont déposé un préavis national de grève contre les diminutions d'effectifs.

Bien sûr ces mouvements s'ajoutent à ceux de l'Education et des transports (SNCF, RATP). Le collectif Sauvons la recherche appelle aussi à une mobilisation et Nedjma nous apprenait sur Saisons que les professionnels de la culture n'excluaient pas une mobilisation. Mais ce n'est pas tout le privé s'y met aussi :

Commerce : La fédération des employés du commerce FO appelle les salariés à se mettre en grève.

Yoplait : La CGT appelle les salariés à des débrayages dans les sites de production le Mans, Monéteau et Vienne.

Sources : 20 minutes et Le Monde


Le pouvoir de nuisance du pouvoir d'achat

Posté par Easywriter le 20.11.07 à 14:27 | tags : social, grèves

En bon chef d'entreprise, Nicolas Sarkozy laisse ses cadres intermédiaires se prendre de plein fouet la grogne montante des salariés du public.
On n'a jamais autant entendu François Fillon que ces dernières 24 heures.
En gros le Premier ministre prévient qu'il ne cèdera pas au chantage de la rue (j'en connais un qui part en pleine raffarinade moi...). Fillon offre son corps aux rebelles et centre sur lui les flèches de la contestation. Sarko lui, viendra empocher les dividendes de la paix dans quelques jours.

D'ici la fin de la semaine, il interviendra probablement en annonçant des mesures qui lui garantiront la victoire sur la bataille des principes mais à un coût probablement plus important que les économies nouvelles.
Et encore est-ce le scénario rêvé.
Car en réalité l'uberprésident a intérêt à se bouger les fesses. La CGT n'est pas totalement tombée dans le piège de la radicalisation et du blocage dans un conflit casse-gueule où l'opinion est contre elle. (A ce propos ce qu'on retiendra peut-être de ce conflit c'est l'évolution du syndicat de Bernard Thibaut vers une pratique réformiste et une certaine modernisation, encore balbutiante, des stratégies.)

Si le conflit s'éternise, la question globale du pouvoir d'achat va souder les différents corps sociaux qui manifestent aujourd'hui.
N'en déplaise à certains, cheminots et profs ont surtout en commun d'être mal payés et si les syndicats arrivent vraiment à imposer ce sujet le gouvernement est mal. Surtout que le secteur privé - que des syndicats comme la CGT doivent reconquérir - sera très sensible à la problématique de la "feuille de paie".

C'est un peu le problème des conflits sociaux en général, il démarre sans grande popularité mais finissent, les jours passant, par agréger tous les mécontents.
Regardez, encore quelques jours et même François Hollande passera pour un homme plein d'audace et d'idées nouvelles : il parle d'une nécessaire conférence sur les salaires, de propositions sur le logement qu'il mettra en avant dans le cadre des prochaines municipales.

"On peut perdre les municipales sur le pouvoir d'achat" a déjà annoncé Sarkozy à ses lieutenants. Du coup, on phosphore en haut lieu sur la possibilité pour les entreprises d'instaurer un 13ème mois sans charges et d'étendre encore le champ de la défiscalisation des heures supplémentaires...
Questions : si on continue à ce rythme, qui paiera les charges sociales indispensables au financement de la protection ?
Dans un pays toujours en campagne, où chaque scrutin corrige le précédent, combien de concessions financières fera t-on encore au sommet de l'Etat pour sauver des apparences toujours plus coûteuses ? Pourquoi plus personne ne parle du réalisme économique avec lequel on nous bassine en permanence ?


Mouvement étudiant : mais que fait la police ?

Posté par Easywriter le 15.11.07 à 11:42 | tags : social, éducation, grèves

Comment gère t-on un mouvement social aussi complexe qu'une manif d'étudiants, pourquoi le gouvernement semble radicaliser sa méthode etc ?...toutes questions qu'on se posait à propos des récents blocages universitaires.
On a donc demandé à l'ami David Dufresne, journaliste indépendant et collaborateur ponctuel de Flu de nous éclairer.

 

Son documentaire Quand la France s'embrase et son livre Maintien de l'ordre, enquête analysent la gestion politique de la sécurité à travers les exemples des émeutes de banlieues et de la crise du CPE. A propos de celles-ci voila ce qu'il dit en entretien :

"A l'époque on a laissé deux mois des universités occupées parce qu'il y a une loi de la franchise universitaire qui dit que les lieux de savoir comme les lieux de culte ne sont pas accessibles à la police. Mais du coup il y a un côté sanctuaire et quand des bastions comme l'université de Rennes 2 ou La Sorbonne sont tenus, le mouvement y réfléchit, s'organise et peut prendre à partir de là beaucoup d'ampleur."

Lire l'intégralité de l'entretien avec David Dufresne

 


Le saviez-vous ? Le vote en assemblée générale est un auxiliaire de police

Posté par Easywriter le 14.11.07 à 13:05 | tags : éducation, élucubration, social, grèves

Hier les CRS ont donc délogé manu militari les étudiants grévistes et bloqueurs de Nanterre. L'intervention violente de gendarmes et de policiers est tout sauf étonnante.
Si ordinairement les forces de l'ordre évitent le frontal c'est parce que les mouvements étudiants font preuve d'une grande unité, au moins de façade.

Quand j'étais à la fac (il y a un siècle) les anti-blocages étaient considérés comme d'infames socio-traites manipulés par les syndicats réactionnaires comme l'UNI. La plupart des AG étaient déjà dirigées par des néo-hippies barbus qui partageaient tous un invraisemblable goût vestimentaire et une mythologie contestataire post-soixante-huitarde.
Mais enfin, retourner en cours ou tenter de contrer le blocage était vraiment trop de droite.

Au fil des années, les antiblocages et plus généralement les "contre-manifestants" sont devenus plus nombreux : même la lutte anti-CPE connut ses pro-gouvernement certes minoritaires vu le rejet massif de ce contrat. A Nanterre, les anti-blocages scandaient des "allez les Bleus" pour encourager les CRS, chose impensable il y a dix ans.

Désormais les votes en AG où se décide le choix des blocages sont contestés ouvertement. ll est vrai que ces consultations n'ont jamais été représentatives de quoi que ce soit, la majorité des étudiants ne vote pas plus lors de ces assemblées chiantes comme la pluie qu'ils ne se déplacent aux urnes lors des élections syndicales.

C'est donc tout à fait légitimement que bloqueurs comme antibloqueurs contestent, selon qu'il les arrange ou non, la légitimité d'un vote sur la poursuite ou l'arrêt des blocages d'universités.
Ces votes servent en renvanche aux forces de police pour évaluer à la louche les risques de dérapage et les soutiens potentiels des étudiants mollestés. Les étudiants ne sont pas de vulgaires sans-papiers ou des cailleras de banlieue, ce sont les enfants de la France comme on l'a entendu dans un récent documentaire de David Dufresne.

Par extension, on peut penser que les familles des antiblocages soutiendront leurs progénitures si bien que s'il n'est pas plus démocratique qu'un sondage, le vote en AG a désormais cette vertu : il permet de se faire un état même approximatif de l'opinion et de déterminer l'usage des matraques en fonction des résultats.
L'assemblée générale transformée en auxiliaire de police voilà qui ne manque pas d'une jolie ironie.


Grèves : et quoi ensuite ?

Posté par Easywriter le 13.11.07 à 17:40 | tags : décryptage, social, grèves

Bien sûr que Nicolas Sarkozy et le gouvernement tentent d'anesthésier la contestation syndicale, j'irais plus loin : qui saurait les en blâmer ? Q'un gouvernement de droite essaie de réduire autant que possible le pouvoir de nuisance de ses ennemis historiques n'a rien d'étonnant. Ils ne peuvent pas compter de leur part sur une entente a priori, seules les Exécutifs de gauche peuvent l'espérer.

Qui peut croire sérieusement que l'enjeu n'est que la réforme de régimes spéciaux dont les plus optimistes pensent qu'il nous fera économiser 200 millions d'euros en année pleine ?
Qui peut affirmer qu'il ne s'agit pas d'un bras de fer ? Qui n'a pas digressé ou entendu digresser sur les cheminots privilégiés et/ou les fonctionnaires fainéants en général à propos de la situation actuelle ?
Qu'on les juge bonnes ou mauvaises, les réformes programmées par l'Exécutif concernant les retraites ou la fusion des contrats de travail nécessitent une première victoire décisive. Celle-ci est bien partie.

Tous les mobilisés cherchent un second souffle : les bénéficiaires des régimes spéciaux parce que lutter contre cette réforme est peine perdue et totalement contre-productif aux yeux de l'opinion. Les étudiants aussi : l'époque étant ce qu'elle est, la relative bienveillance avec laquelle on regardait habituellement leur fronde gentiment libertaire laisse place à une certaine lassitude. Moins de la moitié des français les soutiennent d'après un sondage paru hier dans le Monde.

Du coup, tous doivent laisser entendre qu'au-delà de leurs revendications, la liquidation sociale à la mode Sarkozy est en branle.
Sauf que pour l'heure ça ne prend pas : chacun est persuadé savent que la réforme ne changera rien à don problème, aussi bien d'ailleurs qu'il sait que les syndicats ne défendent, en l'instant, que des intérêts catégoriels dont la préservation ne lui garantit rien non plus.

Bien sûr que le président a acculé les syndicats dans une impasse grâce à une approche sectorielle.
La méthode a été préparée habilement en 2003 par François Fillon qui réforma le régime des fonctionnaires pour le caler sur les 40 annuités de cotisation du privé en laissant les régimes spéciaux intacts, première division des intérêts catégoriels pour mieux faire passer la deuxième pilule plus tard.
En 2003, l'enjeu était de sauver le régime de retraites, la réussite était moins dans le coup de force que dans la réforme. Cette fois c'est l'inverse : les syndicats n'ont plus qu'une toute petite partie de travailleurs à défendre et donc des soutiens très faibles. Les faire plier constitue un gain inversement proportionnel à la réalité des économies concernées.

Bien sûr que le gouvernement refuse les possibilités de négociation intermédiaires, appels du pied qui se multiplient de la part de syndicats plus modérés qui ne croient pas au rejet pur et simple du projet de réforme. Si vous voulez avoir une image précise de l'acrobatie des contestataires, essayez de suivre la rhétorique complexe de l'élu socialiste tentant d 'expliquer qu'il- soutient- un- peu -des -grèves- contre- une réforme-des-régimes-spéciaux-qu'il soutient- un- peu- aussi- mais- enfin- tout -ça-c'est-surtout- un-problème -de-méthode-tout-ça...

Epuisés par un combat perdu et impopulaire, les forces contestaires du moment auront bien du mal à s'en remettre, si elles perdent toutes ensemble dans les jours prochains dans le cadre d'un mouvement unitaire. Il sera temps alors de passer aux choses sérieuses.

 

 


Pour Ségolène Royal, le gouvernement cherche l'affrontement

Posté par Easywriter le 12.11.07 à 10:58 | tags : citation, opposition, grèves

"Bien sûr qu'il faut réformer le système de retraites globalement mais ce qu'il ne faut pas faire, et ce que fait malheureusement ce gouvernement, c'est faire de la provocation ou aller à l'affrontement pour l'affrontement".
Ségolène Royal sur France Inter ce matin.

L'ancienne candidate socialiste a fustigé la dégradation du climat social depuis l'élection de Nicolas Sarkozy. " se dit que le mouvement de grève est impopulaire, il se dit que les régimes spéciaux sont impopulaires alors on peut aller à l'affrontement".

Elle n'a pas soutenu directement les grèves mais la volonté des syndicats de nouvelles négociations, Vincent Peillon faisait de même à la Matinale de Canal Plus, expliquant que les grévistes n'avaient finalement "pas vraiment le choix".
"Il y a arrogance, il y a archaïsme et il y a une volonté de ne pas régler les problèmes au fond", a résumé Ségolène Royal.

 



Exclu : Cécilia Sarkozy volera la vedette à Bernard Thibault

 

Les sarkozy se séparent. Lundi ils étaient devant le juge. C'est le Nouvel Obs qui le dit, c'est sérieux le Nouvel Obs, un peu comme l'Est Républicain qui prévoyait l'annonce officielle vendredi dernier.
Comme Fluctuat aussi, qui vous annonce en totale exclu que l'Elysée confirmera le divorce demain 18 octobre.
Ben oui, pour l'instant le feuilleton de la rumeur a permis de neutraliser avec plus ou moins de réussite la fronde anti ADN. Mais demain la plus grande mobilisation sociale attendue depuis les célèbres grèves de 1995, c'est quand même quelque chose, il faudra un peu plus de biscuit.
Nicolas Sarkozy ne craint sans doute pas grand-chose des éventualités révolutionnaires mais s'inquiète de l'image d'un Exécutif tancé de toutes parts. Ramener la fin de l'Etat de grace sur un plan plus intime est tout bénef.

On imagine des couvertures du Point du style : Sarkozy l'homme blessé. Apreté des réformes, solitude du pouvoir, drame de la vie intime, le Président est dans la tourmente. Comme Sarkozy a lui-même largement exposé sa femme dans la sphère publique, les journalistes éprouvent peu de scrupules à s'emparer de l'affaire.

Et puis il faut bien reconnaître que spectacle pour spectacle, le déchirement intime du couple présidentiel reste plus excitant qu'une manifestation d'écharpes moches entre Bastille et Nation. Je vous invite à regarder la coiffure de Bernard Thibault et méditer sérieusement sur le potentiel hollywoodien du syndicalisme français. Bien.

Le combat pipolisation vs lutte sociale, individu contre solidarité collective, Cécilia Sarkozy versus Bernard Thibault connaîtra donc demain son apogée. Un pas de plus vers l'idéologie de la privatisation (= penser de façon collective n'a aucun influence sur le destin de chaque individu) comme dirait Zygmunt Bauman.

Margaret Thatcher disait : " La société n'existe pas, il y a des individus, hommes ou femmes, et il y a des familles". Qui divorcent.

 

 

 


La grande journée de François Fillon

Posté par Easywriter le 17.10.07 à 11:29 | tags : premier ministre, social, gouvernement, grèves

"Carré dans ses bottes". C'est ainsi que François Fillon attendrait la grande journée de grève dans les transports publics demain. (in Le Canrd enchaîné).

L'exécutif ne craint pas grand chose de la mobilisation, sachant que lutter contre la réforme des régimes spéciaux apparaitra aux yeux de l'opinion comme une défense corporatiste de privilégiés. Les centrales syndicales ont donc à la fois tout intérêt à faire une belle démonstration de force demain, autant qu'elles en ont à ne pas faire durer le conflit. Tout le monde compte ses petits soldats dns la perspective d'autres combats plus âpres.

Mais Fillon,lui, est vraiment content.
En 2003, il a réussi à faire passer sa réforme des retraites, celle qu'il considérait comme la seule possible, capable de sauvegarder le système de répartition.
Au terme d'un feuilleton social assez rythmé, l'allongement de la durée de cotisation et l'indexation des pensions sur l'évolution des prix et non plus des salaires ont été adoptés.
Ce fut le quart d'heure warholien de François Fillon.

On parle d'ailleurs de la réforme Fillon, et lui-même estima plus tard qu'on ne retiendrait des deux mandats de Jacques Chirac que "ses réformes".
Outre l'opinion, François Fillon sait qu'il a les parlementaires de son côté. Garant des réformes, chef de la majorité, c'est ce qu'il voudrait être et il le sera au moins 24 heures demain. Big day !

Au reste, surement souhaiterait-il lui-même un peu plus d'adversité, qui sait. A vaincre sans péril etc.. Il n'aura peut-être même pas l'occasion de faire l'éloge du courage politique, moins lyrique que Villepin. Capitaine droit dans ses bottes mais moins pincé qu'Alain Juppé. Vu l'avenir politique de ces deux-là leurs qualités ne sont d'ailleurs pas si enviables.

En tout cas, demain toute la journée, François sera Premier ministre.




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