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La campagne présidentielle 2007 s'installe en librairie.

Le retour de Cécilia Sarkozy (en librairie)

Posté par Easywriter le 10.01.08 à 16:36 | tags : pipolitique, livres politiques

Avec Nicolas Sarkozy on ne s'ennuie jamais. Avec sa femme non plus.
Si le livre d'Anna Bitton intitulé Cecilia parvient un jour dans les rayons (Cécilia Sarkozy a demandé un référé pour interdire sa publication), on devrait avoir droit à des confidences du type : "c'est un pingre, c'est un sauteur" ou "Il a un côté ridicule. Il n'est pas digne. Nicolas, il ne fait pas Président de la République, il a un réel problème de comportement."
La journaliste du Point a recueilli ces propos au fil de sa longue fréquentation de l'ancienne épouse du président.
Peut-être en apprendra-t-on plus sur la personnalité hystérique de Sarkozy.

Bien que celle de Cécilia ne semble pas mal non plus. Askolovitch publie dans le Nouvel Obs des extraits hallucinants concernant l'épisode des infirmières bulgares.
Du niveau d'un polar de la collection SAS, Cecilia à Tripoli. "Je suis arrivée, je les ai prises, je suis partie, j'ai fait le plus grand casse du siècle: Kadhafi n'avait aucune intention de libérer ces filles! C'est moi qui ai mené les négociations. Très vite j'ai eu la mainmise sur kadhafi, j'ai senti que j'avais un pouvoir sur lui."

Faut pas la faire chier Cécilia, même si bien sûr elle flippe et se demande si toute la délégation française ne va pas se faire égorger.
Alors quitte à finir dans un bain de sang autant mourir dignement et cette sacrée nana a de la ressource : "Cécilia dévoile son plan à ses hommes et leur lance sur le ton du défi: "C'est le moment de prouver que vous en avez." Il ne faudra pas le leur dire deux fois. Les bodyguards font sauter les verrous des cellules de Djoudeida avec leurs armes de poing! Dans l'Airbus, la James Bond Girl de Neuilly suit le déroulement de l'intervention grâce à son téléphone sécurisé."

Et dire qu'on jugeait inutile de la faire auditionner par une commission parlementaire sur son rôle pendant l'opération.
C'est l'histoire d'amour d'un hystéro et d'une mytho et ça finit mal...

Ajoutons un dernier ouvrage - surement le seul qu'on lira - Cecilia, La face cachée de l'ex Première Dame, une enquête de Denis Demonpion (Le Point) et Laurent Léger (Bakchich).

Ruptures d'Yves Derai et Mickael Darmon.
Cecilia portrait, d'Anna Bitton.

 Edit du 10/01: Cécilia Sarkozy n'a pas obtenu l'interdiction de mide en vente du livre d'Anna Bitton


Primes et déprimes au parti socialiste

Posté par Easywriter le 19.10.07 à 15:50 | tags : ps, livres politiques, opposition

Les socialistes lavent désormais leur linge sale en librairie. Après les livres de Marie-Noelle Lienemann (Au revoir Royal),ou Claude Allègre (La défaite en chantant) c'est au tour de "l'autre camp" de riposter.

Patrick Mennucci, un des lieutenants de la garde rapproché de Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle tire sur la direction du parti.
En fidèle bras droit de Ségolène, pour laquelle il a toujours eu les paroles les plus élogieuses (le livre s'appelle d'ailleurs Ma candidate c'est dire), Menucci s'en prend à la direction du parti. L'appareil peuplé de strauss-kahniens et fabiusiens est accusé d'avoir savonné la planche de la candidate.

Pendant toute la campagne, les proches de Ségolène étaient rassemblés au 282 boulevard Saint-Germain, un local pas si éloigné de la rue de Solferino où siège le PS.
Mais la cohabitation de deux lieux décisionnaires a favorisé la paranoïa entre ségoléniens et socialistes old-school et rendu plus complexe si c'était possible l'organisation de cette campagne présidentielle.
Pour preuve de la mauvaise volonté de François Hollande et de ses cadres, Menucci indique dans son ouvrage que les permanents du siège ont touché 500 € de prime à l'issue des élections, une prime de défaite en somme qui les récompenseraient de la mauvaise volonté  mise dans la campagne de Ségolène Royal.

Le site de l'hebdomadaire publie aujourd'hui la réponse de permanents du staff socialiste qui expliquent que la prime concerne le succès des législatives.
Ils s'étonnent également d'être la cible d'un de leur dirigeant avant de poser une question à Menucci : " tu sembles considérer le geste qui nous a été consenti comme indu , n'as-tu pas toi-même perçu - indûment donc - le solde de tout compte de ton CDD à l'issue de la campagne, malgré la défaite ? Puisque tu as mis en avant le montant de notre prime, quel fut celui de la tienne ?" La classe non ?


Yasmina Reza, Nicolas Sarkozy et les prisons

Posté par Jordan le 29.08.07 à 14:52 | tags : livres politiques, président de la république

A lire sur le mag :

> La chronique (au vitriol ?) du livre de Yasmina Reza L'aube le soir ou la nuit dont, faut-il le préciser, Nicolas Sarkozy est le héros.

> Le dossier Prisons : état des lieux, reportage à la Santé, travail des détenus et prisons de demain…


Dans le livre de Yasmina Reza, Sarkozy parle de Royal

Posté par Easywriter le 23.08.07 à 09:12 | tags : livres politiques, président de la république
- "Est-ce qu'elle m'aide ? C'est pas sûr, c'est pas sûr que le fait d'être nulle soit forcément un handicap en France"
- "L'autre commence à débloquer à plein pot"
Celui qui parle c'est Nicolas Sarkozy et l'autre c'est Ségolène Royal mais il y en a aussi pour Michèle Alliot-Marie, Jacques Chirac ou Alain Juppé dans L'Aube le soir ou la nuit de Yasmina Reza (ici sur le mag).
On ne vous balance pas trop d'extraits parce que c'est une exclu du Nouvel Obs et qu'on les aime bien.
Allez juste un autre : "Je vous dis une chose. Si on n'avait pas l'identité nationale, on serait derrière Ségolène. On est sur le premier tour, mes amis. Si je suis à 30%, c'est qu'on a les électeurs de Le Pen. Si les électeurs de Le Pen me quittent, on plonge."
Je vous en prie c'est tout naturel

Livres politiques : vite édités, vite vendus, vite oubliés

Posté par Easywriter le 10.08.07 à 11:36 | tags : livres politiques, décryptage

On reviendra bientôt sur l'inflation de livres attendue durant la rentrée littéraire mais on peut déjà revenir sur une autre période faste pour les éditeurs français cette année : la campagne présidentielle. Selon son éditeur XO, le Témoignage de Nicolas Sarkozy se serait arraché à plus de 300 000 exemplaires.
Un des autres grands succès fut l'essai consacré à Ségolène Royal par Ariane Chemin et Raphaelle Bacqué, la Femme fatale, 220 000 livres vendus.
Citons également la bande dessinée La face karchée de Sarkozy de Riss et Philippe Cohen et Pour un pacte écologique de Nicolas Hulot. Bien sur, ces succès sont la partie émergée d'une production pléthorique dont 90 % est passée au pilon.

L'autre aspect notable est que la plupart des ouvrages ont une durée de vie de plus en plus courte, étant plus liés à une temporalité événementielle et journalistique qu'à celle, plus distanciée ordinairement, de l'analyse livresque. Qui songerait à acheter aujourd"hui le Qui connait Madame Royal ? d' est même en tête avec déjà 317 000 exemplaires vendus.
Mais la durée de vie d'un livre étant de plus en plus courte - ce qui vaut bien sur aussi pour le rayon littérature- on peut parier sur une plus grande quantité d'ouvrages encore lors des prochains rendez-vous électoraux : puisque le succès de cette campagne a surpris il est à craindre que les éditeurs préfèrent ouvrir grand les filets en arrosant le marché plutôt que de chercher une approche plus fine.

(Merci L'institut GFK et merci Le Monde)


Azouz Begag décrit la descente aux enfers

Posté par Easywriter le 06.04.07 à 15:40 | tags : présidentielles 2007, ump, campagne electorale, livres politiques
'"Tu es un connard ! Un déloyal, un salaud ! Je vais te casser la gueule ! Tu te fous de mon nom… Azouz Sarkozy ! Je vais te montrer, moi, Azouz Sarkozy… Tu te fous de mon physique aussi, je vais te casser ta gueule, salaud ! Connard ! Tu te fous de mon nom… Azouz Sarkozy ! Je vais te montrer, moi, Azouz Sarkozy… Tu te fous de mon physique aussi, je vais te casser ta gueule, salaud ! Connard !'"".
(Citation extraite d'une dépêche du Nouvel Obs d'après AP et Reuters)

Voici comment aurait réagi Nicolas Sarkozy après qu'il a entendu Azouz Begag s'indigner de la " la sémantique guerrière" utilisée par le ministre de l'intérieur lors des émeutes de 2005. Les propos sont rapportés dans "Un mouton noir dans la baignoire" que publie mercredi, l'ex (il vient d'être "démissionné") ministre de l'égalité et de la promotion des chances.
Tous les membres du gouvernement, à l'exception d' Azouz Begag et de François Goulard qui soutiennent donc François Bayrou, ont fini par rallier, avec plus ou moins de conviction Nicolas Sarkozy. Ces dernières semaines, faisant contre mauvaise fortune bon coeur, même le premier ministre a eu quelques mots de soutien envers le candidat.( Certes mesurés, Villepin ayant - tout comme Simone Veil à peu près en même temps - fait part de son désaccord avec les positions de plus en plus dures de Sarkozy sur l'immigration).
"On n'a pas besoin de draguer l'extrême droite" s'était emporté récemment le ministre de la promotion et de l'égalité des chances sur le plateau d'En aparté, s'indignant des propos sur l'égorgement des moutons dans les appartements et de la proposition de créer un ministère de l'immigration et l'identité nationale. Il craignait une dangereuse surenchère à droite, dans la foulée des émeutes qui étaient pour lui le début de la descente aux enfers.
Il n'est pas sur pourtant que la parution de cet ouvrage - dont Marianne publie demain les bonnes feuilles - gêne réellement le candidat UMP qui a très fortement ancré sa campagne à droite ces dernières semaines, convaincu qu'il doit ratisser à droite avant de draguer la frange centriste/droite modérée dans la perspective du second tour.


Alain Finkielkraut raconte...

Posté par Easywriter le 30.03.07 à 13:29 | tags : livres politiques, décryptage

"Les juifs de France n'ont d'avenir que si la France reste une nation ; il n'y a pas d'avenir possible pour les juifs dans une société multiculturelle, parce que le pouvoir des groupes antijuifs risque d'être plus important".
Au nom de la lutte contre une pensée unique, qui serait composée d'un soixant'huitardisme d'arrière garde, d'un antiracisme dogmatique et d'un antisémitisme larvé, il est aujourd'hui possible de dire à peu près tout et n'importe quoi. Ces propos d'Alain Finkielkraut, rapportés par le quotidien israëlien Haaretz expliquent donc que la prise en compte des diverses cultures qui composent la France au fil des métissages et de l'immigration est en soi une menace pour les juifs. Comprenez bien aussi qu'une société multiculturelle se résume à une lutte de pouvoirs entre les parties qui la composent.
Dans la foulée, Finkielkraut se lance dans ce qu'il fait le mieux : la contestation d'un antiracisme bourgeois qui paralyserait tout discours sur les immigrés ou l'Islam.
Aujourd'hui nous dit-il en substance, toujours selon Haaretz, il serait impossible de critiquer les immigrés. Et on voit bien en effet dans quelle espèce d'estime ces derniers sont tenus dans le débat public quand on ne parle que d'irrégularités administratives, de polygamie voire à l'occasion de rites barbares organisés dans les appartements de banlieue. Quand, pour la dernière fois a t-on parlé d'immigration sans parler d'insécurité ? Il y a quelques mois, Finkielkraut, malgré les explications des renseignements généraux qui ne purent que constater le malaise social à l'origine des émeutes de 2005, affirmait que nier la dimension ethnico-religieuse de ces émeutes était sacrifier à cette bien-pensance de plomb.
Le philosophe adopte la même posture que Nicolas Sarkozy : alors que la liaison immigration/ insécurité /et identité nationale est si courante qu'elle devrait entrer comme expression toute faite dans le Petit Robert, ils continuent tous deux à critiquer un humanisme béat et démissionnaire qui serait la source de tous nos maux : ainsi un ministre de l'Intérieur qui a connu la plus grande crise des quartiers populaires il y a moins de 18 mois peut s'en prendre à la pensée "soixantehuitarde" pour expliquer encore aujourd'hui les affrontements qui dégénèrent. Ou critiquer une pensée bourgeoise et germanopratine alors que ses représentants les plus caricaturaux lui ont apporté leur soutien. Et à l'évidence, Nicolas Sarkozy et Alain Finkielkraut ont le plus grand mal à exprimer une pensée nouvelle et pragmatique dans des medias qui leur font la sourde oreille...
Dans un petit livre réjouissant qui s'embarasse moins d'idéologie qu'il ne s'intéresse aux faits, le journaliste Sébastien Fontenelle explique comment Alain Finkielkraut trimballe un mépris insensé pour l'antiracisme - menace politique élevée au rang de ce que fut la déroute du communisme, s'il vous plait - confond quand ça l'arrange antisémitisme et antisionisme; tout en soutenant des antisémites notoires comme Renaud Camus quand ceux-ci sont attaqués par des ennemis pires encore, les "antiracistes" vous l'aurez compris. Finkielkraut tient des propos nauséabonds et se pose en victime dès qu'on les conteste, criant au procès et en réclamant presque un. Allez-y lapidez moi!que le tribunal de la pensée me condamne au terme d'un procès stalinien. Non Alain, le tribunal de la pensée se déclarera probablement incompétent à juger de telles inepties.


Eric Besson dans le texte

Posté par Easywriter le 16.03.07 à 11:47 | tags : présidentielles 2007, ps, campagne electorale, livres politiques
Je le dis sans passion aucune, calmement mais fermement : ce que construit Ségolène Royal dans cette campagne présidentielle est mensonger et dangereux, pour la gauche et pour la France. Elle prétend porter une rénovation démocratique? En réalité, elle construit un pouvoir personnel. Elle attise la méfiance envers les élus et la démocratie représentative. Elle joue de sa victimisation, elle instrumentalise le féminisme, les souffrances des femmes et celles des exclus, pour asseoir son pouvoir. Elle promeut une démocratie participative qui n'est que mascarade.
Elle fait croire aux citoyens qu'ils seront les inventeurs de son programme, les vrais héros de son aventure? Tout le monde sait que c'est faux. Seule sa propre gloire la motive. Elle use et abuse de démagogie. Elle prétend briser des tabous, mais elle ne fait qu'accompagner l'opinion dans ses pulsions majoritaires. Et quand elle rencontre une résistance, elle édulcore, se réfugie dans le flou, ne précise rien. Alors, tout est possible, tout peut arriver. Rien ne peut être débattu, discuté, argumenté, puisque rien n'est clair. A l'arrivée, c'est l'arbitraire, des décisions incompréhensibles, l'opinion flattée, distraite, amusée, et des catastrophes économiques programmées…
Eric Besson, "Qui connaît Ségolène Royal ?", Grasset, sortie le 20 mars. C'est ce n'est pas l'extrait le plus virulent à l'encontre de Ségolène Royal.

La dernière marche pour Jean-Pierre Raffarin

Posté par Easywriter le 01.03.07 à 16:00 | tags : présidentielles 2007, ump, campagne electorale, livres politiques

On aime ici vous donner à l'occasion des nouvelles de Jean-Pierre Raffarin. Cette fois JP commet un livre, La dernière marche, qui a pour but de bien confirmer son allégeance à Nicolas Sarkozy et accessoirement obtenir la tête de l'UMP (ou le Sénat me glisse-t-on dans l'oreillette) après l'élection. Ben oui Jean-Pierre va quand même pas devenir premier ministre de Sarkozy, "on ne se baigne pas deux fois dans le même fleuve", croit-il bon de préciser. Surtout quand on a failli s'y noyer pourrait-il ajouter. Non, aujourd'hui c'est Jean-Pierre Raffarin le rassembleur qui prend la plume. " Je sais allier les contraires, pacifier les conflits et fédérer les enthousiasmes. Je suis un casque bleu de l’union de la majorité, un acteur du cessez-le-feu entre belligérants d’une ridicule guerre fratricide, qui toujours reprend comme un feu mal éteint. Mon idéal de soldat ?La paix retrouvée." On voit bien qu'au fond c'est la dernière marche pour lui comme pour son poulain.

Bien sur, l'amitié des deux hommes ne coule pas de source, il fallut la conquérir de haute lutte : il y eut bien les années rock'n'roll et politique (c'est lui qui le dit) où Jean-Pierre et Nicolas chantaient "la ballade des gens heureux" mais c'est un peu léger face aux divergences de points de vue : en 1974 JP soutient Valéry Giscard d'Estaing, Sarkozy est pour Jacques Chaban-Delmas, en 1981 Nicolas choisit Jacques Chirac, Jean-Pierre ne varie pas. "Ensuite, tu te rapproches de Madelin, en 1989, pour les européennes, où je vais vers Juppé sur les recommandations de Giscard. Puis, pour 1995, tu choisis Balladur et moi, Chirac. Il y aura aussi ces municipales à Paris où tu militais pour Séguin quand je croyais aux chances de Panafieu. En 2002, enfin,alors que tu espères Matignon, c’est moi qui suis choisi."
En poète de la langue qu'il est, Jean-Pierre Raffarin pratique l'oxymore and more et décrit cette exacte symétrie comme "une proximité-opposition".
Joli euphémisme en effet, pour définir le mépris dans lequel le tient Sarkozy, qui fustigera sa politique de boutiquier
au sein du gouvernement [people=alain juppé_restrictif]Juppé[/people_restrictif]. Plus tard encore : "il ne suffit pas d'être un marchand de cravates pour être un bon orateur". Finalement, Jean-Pierre prend Nicolas pour gérer l'Intérieur, "les débuts sont idylliques" note-t-il. Ca ne durera pas. Le gouvernement Raffarin se perd dans les méandres de l'impopularité, Sarkozy quitte le navire en novembre 2004 pour démarrer une bataille autrement décisive et solitaire : celle qui le mènera à la candidature.
Mais Jean-Pierre garde un oeil sur lui, il le voit préférer les Perrier agrémentés de tonnes de pistaches au Cognac -tonic, exceller en footing (autant que Villepin c'est important de le préciser). Et en ami il lui profère quelques conseils, sur le mode sibyllin des maitres à penser exigeants : "On conquiert l’investiture par l’offre, celle de l’image notamment. On gagne l’élection par la demande, ce sont les questions qui choisissent la meilleure réponse." Et dire que la compréhension de cette si ardue métaphore offre le sésame de l'Elysée....

Premier chapitre à lire ici.


L'inconnu de l'Elysée

Posté par Easywriter le 14.02.07 à 12:02 | tags : présidentielles 2007, livres politiques

" Quand je lui faisais remarquer que ce qu'il disait était faux, ça ne lui posait aucun problème", Pierre Péan sur RTL hier soir.
Jacques Chirac peut tranquillement expliquer que sa mémoire lui joue des tours, qu'effectivement il a peut-être rencontré Jean-Marie Le Pen entre les deux tours de la Présidentielle de 1988, ce qu'il a toujours nié malgré les révélations d'Eric Zemmour il y a quelques années. Manifestement le Président n'en a plus rien à foutre et ne se drape pas d'absolu comme le François Mitterrand finissant qui ne voulait pas laisser entamer la moindre miette de sa stature. Au bout d'une carrière politique de quarante ans, le mensonge est moins une arme de précision qu'une dame de compagnie. Jacques Chirac connaît une fin de parcours aussi simple et désespérante que le fut la totalité de son règne. Bientôt on s'attellera à la reconstruction théorique de son parcours pour poursuivre la légende des Chefs de l'Etat français. Avec lui commence à disparaître une certaine droite gaullienne, celle qui finit de se dissoudre au sein de l'UMP. Comme le communisme, "le libéralisme est une perversion de la pensée humaine", dit-il dans l'ouvrage. Rideau.

L'inconnu de l'Elysée
Pierre Péan
Fayard

 


Le roman nul et drôle du prétendant

Posté par Myosotis le 02.02.07 à 15:41 | tags : livres politiques

On se sent misérable à lire Le Roman du Vrai Prétendant, sorte de biographie vraie et lâche de Nicolas Sarkozy, et à se marrer avec. L'auteur, un certain Mazarin, "intime des cercles de pouvoir", y dresse le portrait d'un certain François Vittori, double du maire de Neuilly,ministre de l'Intérieur, président d'un grand parti de droite et bientôt candidat à la présidence de la République. Ne s'intéressant pas trop à la vie politique elle-même, Mazarin zoome plutôt dans ce roman light (120 pages) sur la sexualité du héros : son physique peu avenant ne l'empêche pas de mener une activité priapique, débridée, et de tomber follement amoureux de sa Cécilia/ Marietta, ancienne épouse d'un vieux saltimbanque télévisuel (Jacques Martin) décrit comme "drôle et doué dans son métier, laid et ennuyeux dans vie").
L'enlèvement de Cécilia, le soir même du mariage, vaut le détour, comme la description grotesque (littérairement parlant) des scènes de sexe. Plus loin Sarkozy Vittori couchera avec une Corse (ce qui explique pourquoi il s'y rend si souvent), Mazarin écrivant ceci "Il voulait raisonner mais ses émotions sexuelles le submergeaient. Sa pulsion, il le savait, n'était que physique, son désir primaire. Il repoussait l'idée d'un piège sentimental qui rendrait très difficile sa vie avec Marietta. Seul le sexe compterait dans cette relation qu'il voulait immédiate et qui se concrétisa le soir même." Plus loin, on rit quand Ségolène Royal devient Marjolène Prince et quand Vittori se fait prendre sa moitié par le publicitaire Beigbederien David Aron. Mazarin n'a peur de rien et nous amuse par sa nullité. On se demande juste pourquoi (politiquement correct ?) il développe peu cette rumeur d'un Sarko Iggy Pop choisissant pendant chaque meeting la groupie qu'il s'enverra en coulisses. Villepin "l'Innomable" secrétaire général de l'Elysée (tenu par Alexandre M./Chirac) est aussi bien croqué dans son style ordurier et poétique.
En bref, un livre répugnant et délicieux, authentique et totalement inutile, qui vous renforcera dans la conviction que la course à l'Elysée est un grand concours de névrosés.

Le roman vrai du prétendant
Mazarin
La Martinière


La France invisible

Posté par DDA le 02.11.06 à 17:05 | tags : décryptage, livres politiques, royal, bayrou, sarkozy
" La France invisible, ce sont des populations qui, malgré leur nombre, sont masquées, volontairement ou non, par les chiffres, le droit, le discours politique, les représentations médiatiques, les politiques publiques, les études sociologiques, ou se retrouvent enfermées dans des catégorisations dépassées qui occultent leurs conditions d'existence."
Cette France invisible c'est celle qui échappe aux catégorisations sociales habituelles, issues de l'après-guerre. Dans les sciences sociales on débat beaucoup du mauvais diagnostic qui est fait de la société française parce que reposant sur des classifications tombées en désuétude - la faillite du 21 avril dernier y serait d'aileurs liée.
Sur le plan politique, la controverse s'est essentiellement focalisée depuis le début de la campagne sur l'indice des prix dont la méthodologie ne permettrait pas de prendre en compte réellement la consommation. Ségolène Royal a souvent répété cette idée avec quelques arguments, notamment l'estimation à 10% du budget de la dépense logement qui parait fantaisiste.
François Bayrou reprend d'ailleurs également cet argument. Peu à peu les politiques tentent de s'adresser à cette souffrance sans réel visage statistique, à gauche comme à droite, Nicolas Sarkozy a aussi fait remarquer qu'on ne s'adressait pas à une bonne parie de gens silencieux : il paraît donc intelligent que les sciences sociales imaginent de nouveaux outils de description scientifique du réel qui pourrait nourrir la réflexion politique et la conduite des affaires publiques. Les études sur les accidents du travail ou sur les "intermittents de l'emploi" ont permis de dessiner les contours des nouvelles manifestations de la souffrance sociale autre que celle liée au revenu global. En s'attelant aux différents types possibles d'inégalités (liées à la couleur de peau, au lieu de résidence etc..), La France Invisible apporte de l'eau au moulin méthodologique. Les auteurs commencent d'ailleurs par appliquer cette volonté de nouvelle approche eux-mêmes : le livre est co-écrit, ce qui est rare par des chercheurs et des journalistes.

La France Invisible
Sous la direction de Stephane Beaud, Joseph Confavreux et Jade Lindgaard.
La Découverte

L'irresponsable de Hervé Gattegno

Posté par DDA le 26.10.06 à 13:37 | tags : présidentielles 2007, chirac, ump, livres politiques
Le journaliste d'investigation Hervé Gattegno publie chez Stock un livre revenant sur douze ans de présidence chiraquienne. L'ouvrage peut compléter le travail effectué par Patrick Rotman dans son documentaire.
Gattegno brosse le portrait d'un homme à travers les nombreuses affaires qui émaillent son règne (financement du RPR, frais de bouche, Clearstream...) et ses acrobaties verbales pour faire diversion et durer, durer, durer.
Jacques Chirac ou le symbole parfait d'une déshérence institutionnelle alimentée par la fuite en avant d'un homme qui ressemble à un type seul au volant d'un véhicule en déroute. D'un système à bout de souffle.



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