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Une campagne électorale c'est aussi une campagne de pub : décryptage des slogans et stratégies de communication des candidats.

Municipales : Estrosi déjà maire de Nice (matin)

Posté par Easywriter le 28.11.07 à 12:52 | tags : medias et politique, ump, municipales 2008, marketing politique

Ce qu'il y a de bien avec les patrons de presse old-school c'est qu'ils ne s'embarrassent pas de précautions avec ces tarlouzes de journalistes.
Le groupe Hersant media nous offre un bel exemple de cette gestion décomplexée avec Nice-Matin, comme le raconte ce matin Le Canard Enchaîné.
Alors qu'à chaque rachat d'un titre à la dérive, tout le monde y va de sa charte et pousse des cris d'orfraie sur la déontologie, Hersant (dont le fondateur était le pape de la presse écrite dans les années 1980) nous rappelle que se faire vider les poches par des rédactions pléthoriques et pète-couilles doit avoir aussi quelque intérêt immédiat.
Sinon, autant racheter Libé.

Quoi de mieux que la ville de Nice comme théâtre pour une telle démonstration ? Réponse : rien.
Donc, Christian Estrosi, ci-devant ministre de l'Outre-Mer (où Hersant possède une myriade de journaux) est candidat à Nice face à l'inamovible Jacques Peyrat, 76 ballets au compteur et bien parti pour mourir sur son fauteuil de maire.

Les deux sont UMP mais seul Estrosi est évidemment soutenu par Nicolas Sarkozy et...Nice Matin, qui appartenait jusqu'ici à Lagardère mais que ce dernier a revendu avec tout son "Pôle sud" à Hersant .
Revente soutenue haut et fort par un certain Christian Estrosi.
Du coup Nice-Matin se lance dans une campagne éhontée pour le ministre candidat affirmant à la Une qu'aux Municipales, un seul tour pourrait suffire, Estrosi éclatant Peyrat d'un sans appel 51 % contre 14%.
Ce sondage, qui apprend également au lecteur niçois que 77 % de ses concitoyens pronostiquent la victoire d'Estrosi, a été directement commandé à la Sofres par le groupe Hersant et imposé à Nice Matin qui habituellement bosse avec l'institut Ipsos.
Mais ça Hersant s'en tape et obtient même la publication d'un entretien avec le directeur de la Sofres où celui-ci n'en revient pas d'intentions de vote aussi mauvaises pour un maire en place. Le quotidien, manifestement pas vexé d'une telle intrusion, y va de son analyse :"Nice s'est transformée. Mais Nice ne veut plus de Jacques Peyrat".

Le meilleur comme le raconte le Canard est que techniquement le pôle sud auquel est rattaché Nice Matin appartient toujours à Lagardère tant que Bercy n'a pas donné son feu vert au rachat par Hersant.
Comme quoi on peut concilier les bonnes vieilles méthodes des gestion et un sens très moderne de l'anticipation.

 

 


Qu'a fait la politique pour vous aujourd'hui ?

Posté par Easywriter le 24.10.07 à 17:32 | tags : marketing politique

Après le Vivre ensemble de RTL, ( Ségolène Royal et François Hollande côte à côte quand on y pense...), ou la pub Voici avec Laurent Fabius, c'est au tour d'une mutuelle de santé d'utiliser les politiques pour vendre sa came.

 

D'autres exemples dans un diaporama réalisé par le Figaro

 


Dans la banlieue médiatique...

Posté par Easywriter le 27.03.07 à 13:16 | tags : candidats, campagne electorale, marketing politique

Hier Nicolas Hulot recevait Dominique Voynet sur son bateau Fleur de Lampal. Il y a quelques semaines les Verts s'inquiétaient de la soudaine exposition médiatique des questions environnementales, se doutant qu'après le feu de paille, les engagements ne concerneraient que ceux qui les avaient écoutés - au reste même ces derniers les ont probablement aussi oublié.
L'écosystème médiatique est fragile et tout espèce tentant d'en modifier le rythme de vie ne peut y survivre : Hulot, pourtant pas né de la dernière pluie en a fait les frais comme tous les autres : une fois intrigués par le concept (le pacte écologique), séduits par son packaging (on peut filmer un truc que les gens signent) et le support ( un animateur pas dégueu et moins relou que la Voynet) les medias ont exploité l'événement de toutes les manières possibles avant de recracher le noyau à cent mètres et de passer à autre chose.

Les enfants de Don Quichotte ont eu aussi connu leur apogée. Il y a quelques jours deux SDF sont morts; en pleine mobilisation autour du logement le fait divers aurait pu coûter cher au gouvernement et à son ministre-candidat, mais c'était trop tard : minuit était passée et les super-clodos étaient redevenus des alcoolos-toxicos qui puent et crèvent dans des tentes Quechua en se pissant dessus. On voulait bien faire trois semaines sur le logement mais avec le retour du soleil sur le canal Saint-Martin, le camping commence à ressembler à des vacances.

Dernière tentative d'incursion de la société civile dans la campagne, la parution ces jours-ci du guide du votant, édité par le rapper Rost et l'association Banlieues Actives. C'est à mon avis le meilleur coup – attention je ne parle ici que de l'impact. La thématique est cette fois le vote des quartiers populaires dont on ne sait pas grand-chose.
Rost, qui parcourt le pays depuis des mois pour convaincre les jeunes des quartiers de s'inscrire sur les listes électorales, a compris que faire signer un pacte des banlieues aux prétendants ne servait à rien. Il les a donc rencontré  caméra au poing pour leur poser dix questions. Celles-ci, synthèse parait-il de 27 000 doléances recueillies dans les quartiers, concernent le droit de vote des étrangers, les problèmes d'emploi dans les quartiers populaires et le traitement des primo-délinquants.
Réunies dans le guide, les réponses des candidats sont complétées par une page laissée à leur guise pour exprimer leur philosophie. Buffet, Sarkozy et Laguiller on refusé, Nihous et Schivardi ont été oubliés.
Banlieues actives ne cherche pas à faire entrer la banlieue dans la campagne mais à convaincre les banlieusards de peser sur le débat. "Les politiques ne comprennent que le racket électoral " a dit Rost hier en conférence de presse. Ca change tout : il ne suffit plus cette fois pour les candidats de surfer sur la thématique de la semaine pour gagner la bataille de l'image. Convaincre Rost – qui n'est pas le porte parole des banlieues – de les soutenir ne changerait probablement rien à l'affaire. Il ne s'agit pas de trouver ce que l'opinion publique a envie d'entendre sur la banlieue mais de convaincre ceux qui habitent là-bas qu'on ne les oublie pas ce qui est une autre paire de manches. Les prétendants ne peuvent que constater l'arrivée de dizaines de milliers de nouveaux électeurs dont ils craignent les options politiques jusqu'ici inconnues, jouer le jeu et espérer être plus convaincants que les autres dans le Guide du votant sans être jamais sur jusqu'au bout d'en avoir fini avec cette bataille là...


Greenpeace plonge Sarkozy dans le maïs

Posté par Easywriter le 16.03.07 à 12:22 | tags : marketing politique, écologie, ogm

Des militants de Greenpeace ont déversé huit tonnes de maïs devant le QG de campagne de Nicolas Sarkozy dans le dixième arrondissement de Paris. En livrant du maïs transgénique à Nicolas Sarkozy, nous lui disons: 'Vous refusez de prendre position pour un moratoire sur les OGM en plein champ? C'est donc que vous voulez du maïs transgénique. Eh bien, en voilà!'", déclare le responsable de la campagne OGM de Greenpeace en France, Arnaud Poteker, dans un communiqué cité par l'agence Reuters.

La rue d'Enghien déjà passablement surveillée est désormais bouclée par la police, plus d'un mètre d'épis bloquerait la porte d'entrée.

Lire aussi : OGM : Royal et Sarkozy sont-ils politiquement modifiables ?


Mais où va-t-on ?

Posté par Easywriter le 15.03.07 à 12:36 | tags : marketing politique, présidentielles 2007, campagne electorale

« Il a commencé par citer Jaurès et Blum, et maintenant il droitise son discours. Moi, je sais ce que c'est d'avoir changé de stratégie, c'est ce que j'ai fait en 1995 et cela m'a conduit à l'échec ». C'est Edouard Balladur (propos rapportés par Le Canard Enchaîné) qui s'exprime à propos de la campagne de Nicolas Sarkozy. De la beauté de la classe ouvrière aux engagements pro-Medef, de Jaurès à Rivarol, des clins d'oeil à l'électorat frontiste à ceux de Royal déjà dragués par Bayrou – les enseignants recevront un coup de pouce sur leur rémunération dès septembre vient d'annoncer le ministre de l'education alors que Darcos vient de remettre un rapport à Sarkozy sur cette question. Le candidat UMP rebondit sur tout et n'importe quoi, est sur tous les fronts et floute son positionnement. Désormais il cherche à droite, persuadé de rallier les centristes au second tour avec son cluster social, composé de Simone Veil et Jean-Louis Borloo notamment.

Côté socialistes, ce n'est pas mieux : Strauss-Kahn explique à Bayrou qu'il pourrait être socialiste oubliant que cela implique que les socialos pourraient donc eux devenir centristes sans trop de dommage. Ceux qui hésitaient à voter pour le Béarnais découvrent qu'il est socialo-compatible de l'aveu même d'une figure essentielle du PS. François Hollande se demanderait si l'ami DSK n'envisagerait pas d'un bon oeil la défaite histoire de remettre la main sur la rue de Solferino. Mauroy pense qu'il faut aller récupérer les enseignants tentés par Bayrou, d'autres qu'il faut être plus à gauche pour gonfler le score du premier tour.

François Bayrou ne finira pas la campagne en passant pour le candidat anti-système. Tout simplement parce qu'il ne l'est pas et que ça commence à se voir. Sa position se banalise, son discours ni droite ni gauche mais avec tout le monde s'essouffle, et est en train de passer pour ce qu'il est : un joli coup de marketing politique surfant sur le vote sanction qui ne peut plus profiter autant à Le Pen depuis un certain 21 avril 2002. Bayrou ne peut que compter sur l'effondrement de Royal et un fort sentiment anti-sarkozyste à gauche et au centre pour l'emporter. Voilà pourquoi il tape surtout sur le candidat UMP duquel il est pourtant idéologiquement plus proche. La campagne s'est constituée autour d'une tripolarité assez inédite qui arrange finalement tout le monde.

La cuisine électorale et les casse-têtes comptables font évidemment toujours partie de l'élection mais on en arrive à un niveau de réactivité stupide aux mouvements pressentis ou fantasmés du corps électoral. Outre les analyses de sondage, tout le monde croit bon de se précipiter sur tous les événements – la grand messe Airbus fut une des occurrences les plus ridicules. Ceux qui tentent d'exister par leurs idées et de présenter leur programme, Voynet, Besancenot, entre autres, sont inaudibles. A qui va profiter ce merdier ?

M'enfin comme dirait l'ami Davduf on continue, hein....

Sur Flu : Envie de (toucher le) fond ? Direction les programmes et les declarations complètes des candidats sur le mag.


Pfff... mais quel péril climatique ?...

Posté par Easywriter le 02.03.07 à 17:59 | tags : environnement, marketing politique, les verts, écologie, décryptage

C'était à craindre : le barouf mediatico-politique de Nicolas Hulot est retombé comme un soufflé. Après avoir paraphé comme un seul homme le pacte écologique, les candidats s'en sont retournés à leur tambouille électorale, la problématique logement ayant chassé l'écologie avant de se faire ravir la pole position par la question fiscale et le chiffrage des programmes. Qu'en est-il de l'écologie comme paramètre incontournable de la politique ? Rien bien sur, les candidats l'ont approché de manière sectorielle (un domaine comme un autre) et opportuniste (Ah bon il est tant aimé que ça le Hulot?!).
Nicolas Sarkozy a vite rassuré à Bordeaux ses amis libéraux qui auraient craint une remise en cause du modèle économique et de la gestion de la croissance. "On ne sauvera pas l'humanité en faisant de l'écologie une idéologie totalitaire, qui se donnerait pour objectif de libérer l'homme de la civilisation pour le renvoyer à l'état sauvage"(...)Je refuse que l'on somme l'homme de choisir entre la croissance et le respect de l'environnement", a-t-il poursuivi. "Je veux le progrès économique dans le respect de la planète, et c'est possible ! Je veux l'emploi pour tous par le développement durable."
En quelques phrases, il renvoie les tenants historiques du discours écolo à la nostalgie de la bougie.
Comme Ségolène Royal, dont l'excellence environnementale a la force d'un label publicitaire vide de sens, il y voit donc au mieux matière à créer de nouveaux emplois et certainement pas de revoir nos modes de vie. Au fond, tous pensent que la technologie résoudra les problèmes et c'est assez dire à quel point les mentalités n'ont pas évolué. Au reste, il est tout à fait possible ( le débat est loin d'être tranché) de ne pas prendre au sérieux le péril climatique mais alors on doit assumer de traiter Hulot comme un clown et non un chevalier blanc.

S'il a toujours clamé la nécessité de revoir complètement notre manière de procéder Nicolas Hulot n'a pas identifié assez précisément les mesures à adopter et il pâtit d'un calendrier médiatique qui a vite d'autres rendez-vous à honorer. Il y a quelques semaines Yan Werhling estimait que le Nicolas Hulot refusait de dénoncer les responsables fixer des échéances pour les réformes et de s'appuyer ceux qui pouvaient changer les choses. Son propos était certes militant ( ceux qui peuvent ce sont Les Verts) mais il n'avait peut-être pas tort sur le fond. Lassés de l'écologie, les medias et les gens (sur TF1 l'environnement n'a pas souvent fait partie des questions à vous poser...) ne prêtent guère d'attention au discours de Dominique Voynet plus précis sur le cap à tenir mais incapable de défendre un projet global. Et quand elle s'y risque, ses propos mal relayés vont a contrario du vent dominant : "Même si ce n'est pas à la mode en ce moment, il est temps de dire aux gens non pas de travailler plus, mais de travailler mieux pour travailler tous".

 


Jacques-Chirac.org : mais qui est Jean Dupont ?

Posté par Life on Mars le 16.01.07 à 18:13 | tags : chirac, marketing politique, e-campagne

Le spam du jour :

"Aujourd’hui, aucun des candidats déclarés à la présidence de la République n’a l’expérience, la compétence et la volonté pour devenir « le garant de l’indépendance nationale ». Lorsqu’elle n’est pas absente de leurs discours, la question de la politique étrangère souligne soit leur amateurisme en la matière, soit leur volonté d’alignement de la France vis-à-vis de la puissance économique et militaire des Etats-Unis. Devant cette situation extrêmement préoccupante, une seule personne a montré sa détermination à défendre l’économie française et à refuser les aventures militaires de la « guerre au terrorisme ». C’est pourquoi, nous, citoyennes et citoyens indépendants, appelons Jacques Chirac à se présenter à la présidence de la République française".

L'adresse de la pétition : Jacques-Chirac.org.
Devant tant d'audace politique, et puisque le site en question ne laissait que peu d'indices sur son (sa, ses) auteur(s), il nous fallait enquêter...
Première piste, le "WhoIs" (outil qui permet de savoir qui a déposé un nom de domaine). Direction donc le WhoIs de Gandi, pour découvrir que le nom de domaine Jacques-Chirac.org a été déposé par un certain Jean Dupont, habitant rue de Chine à Paris dans le 7ème arrondissement. Après avoir passé plusieurs journées fastidieuses à appeler tous les Jean Dupont de l'annuaire, je me suis rendu compte (eureka) qu'il n'y avait pas de rue de Chine dans le 7ème arrondissement... Mystifié !
Mais alors, qui se cache derrière Jean Dupont ? Un vendeur de Viagra chinois en manque d'adresses emails ? Un sous-marin officiel ? Une torpille officieuse ? Un jeune sauvageon ? Un vieux borgne ? Vous le saurez (peut-être) dans un prochain post...

MAJ (18/01/07) : le site est OFF... Fin de l'enquête.


Ségolène vit une Second Life

Posté par Easywriter le 16.01.07 à 11:41 | tags : ps, dailymotion, royal, marketing politique


Après le Front national, c'est au tour de Ségolène Royal de tenter l'aventure politique sur Second Life. Plutôt qu'une communication centralisée à la Nicolas Sarkozy - convivialité et interactivité inexistante sur son site - l'équipe de Royal continue d'essaimer, privilégiant la force du réseau. Le 748 éme comité Désirs d'Avenir de Second Life propose les mêmes débats que dans la vraie vie et a été construit selon les normes de haute qualité environnementales. Ben oui le marketing politique aussi est passé dans le monde virtuel.


Le livre noir du sarkozysme (selon le PS)

Posté par Easywriter le 10.01.07 à 13:16 | tags : ps, marketing politique, sarkozy
Le parti socialiste met en ligne aujourd'hui un ouvrage de cent pages sur Nicolas Sarkozy, piloté par Eric Besson, secrétaire national à l'emploi au PS et alimenté également par des fonctionnaires de Bercy ayant travaillé avec le candidat de l'UMP.
Plutôt documenté, L'inquiétante rupture tranquille de Mr Sarkozy explique que le candidat UMP n'est pas le pragmatique qu'il prétend être mais bien un idéologue convaincu , notamment de la nécessité d'un retour des religions dans la régulation sociale. Le ministre de l'Intérieur ayant par exemple indiqué que la construction de lieux de culte état tout aussi importante que celle des salles de sport pour garantir la paix sociale dans les banlieues. C'est cette partie du procès à charge parfois de très mauvaise foi qui est la plus intéressante, insistant sur des convictions finalement peu questionnées du candidat UMP.
Prêt à démanteler la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat pour prôner un communautarisme décomplexé, Nicolas Sarkozy aurait le même mépris pour tous les fondements républicains, comme un modèle social hérité de luttes syndicales et ouvrières qu'il ne ferait que fustiger -  un code du travail étouffant , un assistanat préjudiciable. Il convient d'ajouter le trop grand nombre de fonctionnaires et une fiscalité asphyxiante ,et vous avez, selon le PS, l'essentiel d'une philosophie qui liquide le pacte républicain, en ne pariant plus sur la solidarité :  sa baisse des impôts sur la sucession ne favorise -t-elle pas que les rentiers,  ne permettant aucune croissance ou création d'emplois ?
 Communautariste, dérégulationniste, partisan de la réduction du nombre de fonctionnaire, Nicolas Sarkozy est donc un "néo-conservateur américain à passeport français" (même si les allusions au pouvoir thatchérien parsèment également le texte). Le slogan retenu, tout devient possible (illus.), reprend d'ailleurs une allusion de Sarkozy aux Etats-Unis qu'il adore parce que tout y semble possible...
 Par ailleurs le parti de Ségolène Royal diffusera des millions de tracts en prévision du Congrès d'investiture de Nicolas Sarkozy dimanche.

François Bayrou est-il crédible ?

Posté par Easywriter le 09.01.07 à 12:06 | tags : bayrou, udf, marketing politique, medias et politique
« TF1 n’est pas le patron, pas plus que les autre grands groupes »
hier en conférence de presse

J'ai toujours du mal à croire à la sincérité de François Bayrou dans sa croisade contre la concentration des medias et la connivence que certains grands groupes (au hasard TF1) pratiquent à l'égard de certains politiques ( au hasard pas avec lui). Invité de Marc-Olivier Fogiel sur RTL ce matin, Patrick Poivre d'Arvor a assuré que François Bayrou l'avait félicité en personne pour la couverture médiatique de la Présidentielle en 2002. Le présentateur du JT a expliqué qu'il était venu saluer le candidat alors qu'il se rendait à Saint-Jacques de Compostelle et que ce dernier l'avait invité à dîner et même à dormir dans sa demeure. Manière de rappeler que niveau connivence et mauvaise foi, le candidat centriste pouvait se taire. Et que le fait d ene pas décoller dans les sondages le rendait un peu amer voilà tout.
Pourtant François Bayrou vient de franchir une étape supplémentaire : Présentant son site hier, il a rappelé que les fréquences obtenues par les chaînes étaient des concessions dont on pouvait s'étonner qu'elles ne cessent d'être reconduites sans qu'on songe à les mettre en concurrence.
« Depuis des années, la puissance de ces acteurs audiovisuels est telle que la puissance publique ne défend plus un certain nombre de principes et ne discute plus des conventions », a indiqué le candidat UDF. Qui vise très clairement TF1, qui devrait bientôt voir sa concession renouvelée pour cinq ou dix ans. Que propose le candidat pour revoir le paysage audiovisuel français ? Comment peut- lutter contre l'hégémonie de certains acteurs ? Ca parait plus difficile encore qu'un changement de Constitution mais suivons la prestation du candidat à l'Assemblée Nationale le 23 janvier prochain où seront abordées ces questions.


Corinne Lepage est Catherine Medicis, et alors ?

En avouant être Catherine Medicis sur Nuesblog, dans les colonnes du Figaro lui-même grillé par Le Monde qui n'aurait pas respecté l'embargo, Corinne Lepage vit son quart d'heure warholien. Ces fameuses quinze minutes de célébrité que le père du pop art promettait à tous, elle ne les retrouvera peut-être jamais. Les deux ouvrages au ton pamphlétaires signés par ladite Catherine Medicis on ne les connaît pas; à peine se souvenait on avoir lu Versac en relever l'outrance de la prose tout comme la généralité inopérante du fond.
Profitant du goût de l'anecdote insolite des journalistes, Corinne avait donc hier des choses à nous dire. Mais si on peut saluer l'originalité de sa démarche, on a du mal à saisir celle de ses propos. Corinne/Catherine veut  "sortir du déni de réalité" qui concerne "la corruption" (bon...), "les inégalités" (euh genre le logement ?) et "le communautarisme" ( pardon ?). Qui ne craint /fustige pas le repli identitaire qui menace le pacte républicain tagada tzoin tzoin ?
Elle veut aussi parler à cette classe moyenne "qui bosse et paie ses impôts" (celle qui ne brûle pas de voitures ?) et rêve d'une République nouvelle (appelons la Sixième République, veux tu bien Corinne ?). Un peu de Nicolas Sarkozy, un peu de Ségolène Royal ( l'acolyte de Corinne, André Bercoff, reprend l'idée segoleniste qui veut s'inspirer des expériences étrangères réussies) et même un peu de François Bayrou : Corinne Lepage livre une charge contre TF1, accusée, figurez-vous, de former des consommateurs et non des citoyens, et plus largement contre les medias nationaux (genre Le Monde et Le Figaro ?). Je vous ai parlé du refus d'une France devenue "maison de retraite" (Bercoff) ou "parc d'attractions"(Bercoff toujours)
Bref, celle qui fut accusée un temps d'être un satellite écolo pour Sarkozy ne brille pas ici pas l'originalité de ses propositions ni de son constat.  Elle n'en a pas profité pour développer son New deal écologique qui comporte quelques applications concrètes : la réorientation des aides agricoles vers les exploitations et technologies vertes, un prêt à taux zéro pour les projets visant une plus grande efficacité énergétique, la taxation des revenus pétroliers ou la formation aux métiers de pointe de l’environnement.  Alors à quoi bon tout ce foin ?
Sur le web : L'entretien de Corinne Lepage sur Nuesblog
Le site de Catherine Medicis et celui (plus intéressant) de Cap 21.

Tout le monde n'a pas la chance d'avoir des parents socialistes

Posté par Easywriter le 20.12.06 à 13:05 | tags : ps, marketing politique

Et c'est bien dommage, parce que pour Noël j'avais plein d'idées débiles. (Eux aussi, plein!)

Le FN vit une Second Life



Pas seulement par son entreprise de normalisation déjà en phase finale mais parce que le Front vient de pénétrer le monde virtuel de Second Life. Ce jeu, ou plutôt cet univers virtuel, qui vous permet de saisir l'occasion d'être un autre - et réunit dans le monde près d'un million de joueurs - accueille de plus en plus d'associations, de lobbys et désormais de partis politiques. Il paraît qu'un internaute (sûrement un mondain) a créé un bureau pour Ségolène Royal mais le PS n'aurait rien à voir là-dedans. Le Front national est donc le premier parti européen à s'installer dans Second Life. Le but ?
Promouvoir la candidature de Jean-Marie Le Pen auprès des Français et des étrangers.
Encore un peu d'efforts - saturation de la circulation, explosion de la publicité, menaces environnementales, conflits religieux...- et Second Life sera presque aussi bandant que la vraie vie. Personne pour créer Third Life ?
(illus : l'agence Reuters a ouvert un bureau dans Second Life. Bientôt une agence d'interim...)
Via ( et merci Jypègue!)

Le Pen affiche la couleur

Posté par Easywriter le 12.12.06 à 10:35 | tags : campagne electorale, le pen, marketing politique


Je ne vous avais pas déjà parlé d'une grande dictature démocratique ?

Ségolène c'est bien

Posté par Easywriter le 09.12.06 à 13:03 | tags : campagne electorale, royal, marketing politique
Brainstorming de choc chez les communicants du staff de Ségolène Royal. Nicolas Sarkozy ayant déjà racheté les droits de l'adjectif tranquille désormais accolé à rupture, ne restait du slogan mitterrandien que la force. Et donc ?
Tattata.... POUR QUE CA CHANGE FORT est donc le slogan retenu pour la première partie de la campagne électorale. Affiches tirées à 300 000 exemplaires et montrées à la face du monde dès la semaine prochaine. Mais ce n'est pas le slogan définitif. Pour notre part, on leur conseille fortement d'en changer.

Sur les forums :
Slogans de campagne : qui dit mieux ? (concours)

Faisons de la politique à l'horizontale

Posté par DDA le 24.10.06 à 15:02 | tags : ump, royal, le pen, présidentielles 2007, marketing politique, décryptage, sarkozy
Un des traits principaux de cette campagne présidentielle est le rôle accru de l'opinion dans le positionnement des candidats. Les deux favoris Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy utilisent quasiment en temps réel les mouvements de l'opinion. Libération nous apprend ce matin que le président de l'UMP fait étudier en direct les réactions d'un panel de sondés à chacune de ses interventions télévisées. Sur les sujets épineux comme l'adhésion de la Turquie à L'Union Européenne, Royal s'en remet à l'attentisme des Français et Sarkozy commanda des études qualitatives avant d'opter pour le refus. On vous parlait dernièrement d'une étude sur la corruption politique telle qu'envisagée par les Français qui aurait convaincu la candidate socialiste de proposer la création de jurys populaires pour contrôler l'action des élus. Même Jean-Marie Le Pen n'ose plus d'attaques anti-avortement parce que ce n'est plus dans l'air du temps et a monté des commissions d'action présidentielle qui serviront à peaufiner le programme de celui qui se voit déjà au second tour et a besoin de mieux connaître les attentes des électeurs UMP
En marketing, ça pourrait s'appeler le consumer to politics, le C to P, soit la définition d'une ligne politique non selon des idéaux ou les impératifs politiques identifiés mais par les mouvements d'humeur des consommateurs de politique.
On peut choisir aussi le terme de politique à l'horizontale  : l'opinion- influence -l'action- à nouveau- contrôlé -par -l'opinion-qui-sollicite-de-nouvelles-actions, la figure pyramidale du processus décisionnel serait remplacée par celle du réseau- nettement plus moderne. Le réseau des réseaux justement pourrait être -sera - un outil de mesure de la performance des hommes politiques et pourquoi pas à terme un instrument relevant les secousses de l'opinion avec la précision d'un sismographe.  Quoi qu'il arrive le courage politique consistera toujours à savoir prendre des décisions impopulaires.
PS : Sexus politicus, l'autre façon de faire de la politique horizontale. Sur Flu, le mag.

Opération Rainbow-Warrior : hasards de calendrier

Posté par Van le 13.10.06 à 13:20 | tags : royal, marketing politique

Une explosion vieille de vingt ans continue de rejetter des débris dans l'air. TF1 a décidé de diffuser le 23 octobre Opération Rainbow-Warrior, un téléfilm qui - comme son nom l'indique - porte sur le scandale du navire de Greenpeace coulé par des agents de la DGSE, opération barbouze qui avait coûté la vie à un photographe portugais.
Quel joli hasard de calendrier ! La chaîne de Bouygues a subitement décidé de sortir de ses cartons ce téléfilm qui, selon le Canard enchaîné, traînait depuis quelques temps dans les tuyaux. Mais bien sûr, tout rapport avec le pétard mouillé qui a tenté d'exploser il y a deux semaines est totalement fortuit. Bon, que les journalistes aient été conviés à une projection de l'oeuvre le 2 octobre, soit le lendemain du week end où les "révélations" sur la participation du frère de Ségolène Royal à l'attentat, est évidemment une coïncidence. Mais le hasard est bien fait, tout de même.

Chirac se remet-il en selle ?

Posté par Easywriter le 12.10.06 à 11:36 | tags : présidentielles 2007, marketing politique, chirac

Balancée telle quelle, l'affirmation paraît délirante mais son dernier discours sur la refondation du pacte social a un goût de 1995. A l'époque, Chirac avait réussi à se refaire une santé dans les sondages grâce à un gros concept : la fracture sociale. L'expression désigne alors la déshérence du système social français dans lequel se creusent les inégalités(hausse du chômage, problème de la redistribution des richesses) sur fond de mondialisation économique. Le candidat Chirac vante déjà la refondation du système -auquel sont attachés les Français -  au nom de la justice sociale et de la sécurité économique pour tous. Il milite pour un changement au nom de la préservation. Cela peut paraître paradoxal mais c'est comme ça qu'on marque des points et Chirac le sait ; lui qui expliquait récemment que les discours de rupture effrayaient les électeurs.
Sa dernière intervention sur la rénovation du dialogue social et la nécessité de faire appel aux partenaires sociaux  avant de lancer des projets de loi  ou de faire des bilans annuels syndicats/Etats ne dit pas autre chose: il faut changer pour conserver notre pacte social qui est un élément de notre identité. Au milieu de la surenchère sarkozyste sur la nécessité d'abandonner la vision gaullo-mitterandienne du système social (et des relations internationales), au milieu des premières embrouilles à droite sur sa succession, Chirac pourrait bien être dans quelques mois la candidature de l'apaisement.
"Chirac n’a jamais été aussi content que lors du 21 avril 2002. Croyez-moi, dès janvier il sera en campagne.(...) Le bilan, il s’en fout, il pense qu’on ne gagne pas une élection sur un bilan mais sur un projet. Avec un peu de tiers-mondisme baba-cool, de rayonnement international et quelques trucs consensuels comme les vieux ou le traitement du cancer. J’ai même une idée pour lui dans mon livre. Une nouvelle convivence, une manière d’être ensemble. ." Voilà ce que nous disait il ya quelques mois le philosophe Yves Michaud. (Lire l'entretien complet)
 Alors ? Pour finir cette notule retro-futuriste, rappelons que Jean Glavany croit au retour de Jospin sur la scène vers février.

Révolution de palais

Posté par DDA le 11.10.06 à 10:16 | tags : marketing politique, candidats

On dit parfois qu'une élection se gagne au centre c'est peut-être vrai sauf...pour les candidatsdu centre (ou estampillés centristes malgré eux )qui ont le plus grand mal à se faire entendre. Et qui du coup doivent en faire des caisses.
Ainsi de François Bayrou et de Laurent Fabius qui ont en commun une réputation de socio-libéraux mous et des intentions de vote à un chiffre.
Ils partagent également une gauchisation radicale de leur position (verbale): «Je veux porter l'espoir de tous ceux qui ont au coeur la même révolte que moi ", a expliqué Laurent Fabius  à ses supporters le week-end dernier, affirmant dans la foulée être un internationaliste. François Bayrou, qui brocarde volontiers l'attitude des grands groupes de presse TF1 en tête, a élargit son champ de tir à l'ensemble des puissants aux attitudes méprisantes ou à cette  Assemblée Nationale qui ressemble aux réunions du Rotary (et il le sait puisqu'il y siège depuis 20 ans...) et ne représente plus le peuple. Un autre centriste de l'extrême avait fait trembler la République il y a peu en indiquant qu'il soutiendrait  une gauche authentiquement révolutionnaire. (Jack Lang, après l'annonce de son retrait).
"Les mots font même tant d’impression qu’on en oublie leur sens réel, le caractère de la chose qu’ils représentent, qu’on n’ose même plus supposer qu’ils puissent avoir une signification. (...)Les mots, les mots vides de sens, sont les geôliers des peuples modernes ; les principes, qui sont tous des phrases ridicules et mensongères, des enfilades de mots creux, sont les tortionnaires des nations. Il est vraiment honteux que, à notre époque, on en soit là". Voltaire


Fabius entre en campagne...de pub

Posté par DDA le 20.09.06 à 17:45 | tags : fabius, présidentielles 2007, marketing politique, citation
"Je préfère dire voici mon projet que mon projet c'est Voici".

Bonne idée, signée Laurent Fabius que d'envoyer un énième kick à Ségolène Royal avec cette belle formule.
Surtout que le même Fabius s'était distingué il y a quelques mois en faisant part à la presse de son goût pour la Star Academy et les carottes râpées. Son nouveau combat antipipolisation convainc  évidemment tout le monde et en tout premier lieu... le magazine Voici qui démarre une campagne de pub reprenant la phrase ci-dessus en y ajoutant : "Quand Fabius nous fait de la pub, c'est Royal". Match nul ?



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