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l'actualité d'Arnaud Montebourg, du porte-parole de Ségolène Royal
Montebourg est -il un bon choix ?
Ces derniers mois, Arnaud a du mettre beaucoup d'eau consensuelle dans son vin critique et il serait difficile de lui jeter la pierre : quelle personnalité politique n'accepte pas une forme de compromis pour continuer à faire progresser ses idées ? Mais le naturel revenant au galop, il ne put s'empêcher de revenir occasionnellement à la charge : la Suisse essuya l'objet de sa principale diatribe, accusée de prospérer sur le dos du dynamisme économique des grands pays européens. Du Montebourg pur jus : indignation altière, formule emphatique et une certain courage combattif. Un porte-parole fait parfois des gaffes pour celui qu'il représente, mais il doit aussi euphémiser les propos des uns et des autres, balayer les tensions éventuelles devant les journalistes avec lesquels il doit entretenir de bonnes relations. Pour un job comme ça, cherchez plutôt un profil plus lisse à la François Baroin, ou un bourru mesuré à la Julien Dray. Est-ce dans le souci de s'adapter au support dans lequel il s'exprime, qu'Arnaud imagina alors cette bonne vieille blague ( le seul défaut de Royal c'est son compagnon pour ceux qui se seraient évanouis ces deux derniers jours) ? Genre : on rie des tensions au PS, on applaudit et hop une chronique débile, la pub, une autre chronique débile, applaudissements, "Merci Arnaud Montebourg d'avoir été avec nous", Canal Plus quoi...Sur le plateau de Michel Denisot où il commit sa modeste bourde, il s'était déjà rendu il y a quelques mois : après un royal entretien de deux minutes dix, il fut victime d'un sketch débile fait pas un mime lourdaud. Il en fut indigné et assura qu'il boycotterait les télés, trop rompues à la spectacularisation de la parole politique. Le pire avenir pour lui à ce moment-là était bien de se voir condamné à être porte-parole... Arnaud Montebourg n'a qu'un seul défaut......c'est qu'il est toujours catastrophique à la télévision. Résultat : un mois de suspension de ses fonctions par Ségolène Royal.
Ségolène Royal va-t-elle se payer la Suisse ?"Les grands pays européens devront s'unir dans cette perspective afin de construire les conditions d'un changement radical de comportement de ces paradis à nos portes qui, si nous restons les bras ballants, nous préparent l'enfer fiscal."
Grosse charge d'Arnaud Montebourg hier dans les colonnes de Libération et abondamment reprise aujourd'hui dans la presse helvétique. Moins que le départ de quelques fortunées people comme Johnny Hallyday, accusées quand même d'insulter les contribuables, le membre de l'équipe de Ségolène Royal stigmatise notamment le taux d'imposition préférentiel proposé aux sièges sociaux des entreprises par la République de Genève, "6,4 % contre 33 % en France, 30 % en Angleterre, environ 30 % en Allemagne" écrit-il, stimagtisant également les taux à la carte pratiqués par ce paradis fiscal sans contrôle de son Parlement. 1400 entreprises projetteraient de suivre le chemin de Procter and Gamble, Ralph lauren ou Colgate/Palmolive.D'après le journal helvétique Le Temps, le parti socialiste préparerait, si Ségolène l'emporte, une offensive de quelques unes des grande nations européennes (France, Italie, Espagne, Allemagne) qui mettrait la pression sur les paradis fiscaux com me le Luxembourg, le Liechtenstein ou Monaco. La direction de campagne de Ségolène Royal aurait validé cette hypothèse tout comme la virulente tribune de Montebourg dans Libé.Arnaud Montebourg se réfère d'ailleurs au Rocher monégasque pour vanter l'efficacité de l'action publique et appeler au blocus des paradis fiscaux. En 1963, le général de Gaulle craignait de voir de riches pieds-noirs s'installer sur la Principauté et échapper à la fiscalité hexagonale. Au terme d'une bataille politique qui l'opposa à Rainier III une convention qui soumit les nouveaux habitants du Rocher à l'impôt républicain fut signée. En échange, Monaco obtint la création d'un compte partage de la TVA pour ses entreprises réalisant 25 % de leur chiffre d'affaire hors-principauté. Cette clause rapporte chaque année à Monaco quelque 150 millions d'euros. Et fut dénoncée notamment par...Arnaud Montebourg et dans un rapport parlementaire en 2000. Equipe de Ségolène : Pâté de campagne sauce RoyalDu neuf mais aussi avec des vieux. En publiant les noms de son équipe de campagne, Ségolène Royal poursuit son savant dosage entre PS old-school et socialisme nouveau.
La vieille garde mitterrandienne : on retrouve aux premières loges Jean-Louis Bianco promu directeur de campagne comme on pouvait s'y attendre. Son ralliement aussi tardif que convaincant permet à Jack Lang d'obtenir le poste de "conseiller spécial", il avait déjà été mandaté "chasseur de nouvelles têtes (avec un objectif de 300 000 militants à atteindre) lors du Congrès d'investiture de Ségolène. Les fidèles : même s'il fut au cabinet de Laurent Fabius il y a treize ans, François Rebsamen fait partie des "hollandais" les fidèles du secrétaire général du PS et donc également de sa femme. Artisan de la victorieuse campagne pour les régionales et celle (moins victorieuse) du referendum européen, Rebsamen est un type efficace et discret, il est nommé co-directeur de campagne. Autre hollandais de souche, Julien Dray prend en charge la coordination des porte-paroles. Patrick Menucci, lui directement supporter de Royal, est propulsé directeur adjoint en charge de l'organisation. ségoléniste de la première heure également, Christophe Chantepy devient le directeur de cabinet. La nouvelle vague : bizarrement Arnaud Montebourg n'apparaît pas dans la liste officielle des collaborateurs, après l'implosion de son courant NPS et son isolement au Congrès du Mans, le promoteur de la Sixième République a t-il définitivement la loose ? Après avoir claqué la porte des Verts, l'écrivain Aurélie Filipetti, très "intello inrocks" hérite de l'importante question environnementale en tant que chargée de mission. Camille Putois, chargée des études au...Ministère de l'Intérieur jusqu'à la semaine dernière est nommée chef de cabinet. La parité : outre les noms sus-mentionnés, Yvette Roudy,ministre des droits de la femme du premier gouvernement Mitterrand, et figure historique du féminisme dont Ségolène a revendiqué la filiation lors de son investiture animera les collectifs Désirs d'avenir avec l'aide de Safia Otokoré, conseillère régionale de Bourgogne et conseillère municipale à Auxerre. Avec Ouarda Karaï elle représente en outre le quota minorité visible. A noter également la présence de Danielle Bousquet comme directrice-adjointe de la campagne. Un fauteuil pour trois (fin) : Ségolène RoyalPosté par DDA le 17.10.06 à 18:53 | tags : ps, royal, elections, présidentielles 2007, montebourg, stratégie
Son créneau : la candidate des valeurs et repères traditionnels pagaie au centre, à équidistance de tout engagement possible. Elle évite les vieilles querelles d'appareil et les confrontations théoriques qui fâchent. L'Europe c'est bien mais allons-y doucement, idem pour les réformes économiques ou institutionnelles... Comme elle progresse sans rien dire, mieux vaut ne pas trop l'ouvrir ou rester évasive (les Français se prononceront sur la Turquie plus tard).Sa lignée : les stars ménagères. Sans courant du filiation politique forte, elle passe pour une opportuniste au sein de sa mouvance (d'autres comme Arnaud Montebourg y voit un renouvellement des pratiques figées). Mais qu'importe : comme Bill Clinton ou Tony Blair, c'est son parti qui doit raccocher le wagon du plébiscite populaire et probablement se résoudre à l'introniser. Clinton décolla dans l'opinion lors des primaires démocrates grâce à un fort pouvoir de séduction télévisuelle; et au début des années 90 Blair avait plus une tête de renouvellement que les autres. Ce qu'elle doit faire : Rien. Arnaud Montebourg est-il crédible ? Voir le promoteur du renouvellement des institutions devenir porte-voix de Ségolène Royal a de quoi surprendre. Hier à Dimanche Plus, le député de Saône et Loire a eu beau essayer de convaincre que la favorite des sondages parvenait à lier le corpus idéologique socialiste au désir de renouvellement des pratiques politiques souhaité par les Français, cela ressemblait surtout à un grand écart. Certes, Ségolène Royal met volontiers en avant la nécessité d'une démocratie participative, concept que Montebourg avait beaucoup contribué à populariser au sein de son parti. En revanche sur le plan des changements institutionnels le moins que l'on puisse dire c'est que la Présidente de la Région Poitou Charentes n' a pas fait de la sixième République son principal cheval de bataille. Il y a peu, Arnaud Montebourg se plaignait de ne pas voir assez de politique en prime-time sur les grandes chaînes publiques et privées et estimait que le cahier des charges de celles-ci devait être revu. Les débats télévisés auxquels vont se livrer les prétendants à l'investiture du parti socialiste auraient pu en fournir une excellente occasion : France Télévisions était candidate à la diffusion mais la direction du PS et le staff de Ségolène Royal n'ont pas voulu d'une telle médiatisation. Vous me direz qu'un homme politique doit savoir faire des compromis et que stratégiquement la candidature Royal est la meilleure pour en finir avec le règne des éléphants du PS. N'empêche que le voir aujourd'hui défendre des positions aussi éloignées des siennes évoque plus une rhétorique d'avocat qu'une philosophie politique. |
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