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Toujours privés de pétrole, les élus du Nouveau Centre ont en revanche plein d'idées pour en trouver. Dernière en date : s'associer à un parti polynésien pour toucher à travers lui les deniers publics. Le Fetia Api ( c'est le nom du parti en question) profite en effet de la réglementation plus souple des DOM-TOM : un seul candidat suffit alors qu'en métropole un parti doit recueillir 1% dans au moins 50 circonscriptions pour toucher les subsides. Bref, en créant un partenariat Fetia Api/Nouveau Centre, le deuxième pourrait se voir reverser les sous empochés préalablement par le premier. Il suffit que les 23 députés du NC demandent (ils ont jusqu'à la fin du mois pour se décider) à ce que l'Etat verse les quelque 45 000 € par an et par élu à l'association de financement nouvellement créée. Soit la bagatelle de 930 000 euros tout de même. Tout ceci serait parfaitement légal et d'une enviable élégance. Mais l'indépendance revendiquée du Nouveau Centre, dont le porte-parole Nicolas Perruchot a du démissionner après avoir osé critiquer l'augmentation du salaire présidentiel, vaut bien une nouvelle concession au bon goût.


En France 50 % aides accordées aux partis politiques sont subordonnées à quelques critères simples : avoir présenté au moins 50 candidats aux élections législatives et réuni au moins 1 % des suffrages exprimés. (l'autre moitié dépend du nombre d'élus). Ce financement est donc attribué selon le nombre d'électeurs concernés ( et concédons que 1 % est une base généreuse) et l'étendue politique du parti sur le territoire - les législatives sont des élections nationales, présenter moins de 50 candidats sur 565 circonscriptions est tout de même abusif pour qui entend représenter un courant d'opinion. Ce système permet notamment d'éviter de financer des partis artificiels créés dans l'urgence tactique du moment.
A ce stade de la notule il est grand temps de parler du Nouveau Centre, qui rassemble en son sein les ralliés centristes au sarkozysme, ceux-ci étant essentiellement arrivés entre les deux tours de la Présidentielle. Fort de ses 21 députés, le Nouveau Centre entend modifier la loi de financement pour qu'un parti disposant d'au moins 15 députés puisse obtenir des aides et donc financer son groupe parlementaire. Le part de Hervé Morin et Maurice Leroy a obtenu le soutien de l'UMP mais aussi celui des Verts et des communistes. Toutefois, le système des 50 candidats a lui aussi des effets pervers, puisqu'il multiplie les candidatures bidons, comme celles des chauffeurs et belles-soeurs au Nouveau Centre certes, mais de tous les partis ou presque, surtout les petits. François Bayrou qui s'oppose à la modification de la loi a lui aussi présenté quelques candidats Mouvement démocrate assez folklos dans certaines circonscriptions. La discussion au sein de l'Assemblée aujourd'hui promet en tout cas quelques empoignades sympathiques même si le PS a décidé de s'abstenir pour ne pas gêner son aile gauche.


Ce matin sur Canal Plus, Maurice Leroy expliquait que nombre d'élus locaux rejoignaient son parti, le Nouveau Centre, créé à la suite des dissensions entre François Bayrou et ses parlementaires. Le Nouveau Centre (NC) est d'ailleurs le négatif parfait du Modem. Il a des élus (dont 21 députés) mais pas de base là où le Modem souffre de ne pas pouvoir transformer son succès public en sièges de responsables. On peut se risquer à interpréter le ralliement de maires et de conseillers municipaux (si ralliement il y a) comme l'aubaine pour ces élus locaux de rejoindre le camp victorieux de la Sarkozie et profiter localement du label présidentiel sans trop se mouiller avec l'UMP.
Mais toujours sans réel écho dans la population, le Nouveau Centre se doit aussi de trouver une position politique originale. La question budgétaire tombe donc à point nommé. Toute la campagne de l'UDF unie avant le premier tour de la présidentielle portait sur l'équilibre des finances publiques et la réduction de la dette. Les quelque 41 milliards qui plombent le budget 2008 ne donnent pas le signe d'une volonté de maitriser le déficit et sont l'occasion pour les centristes de jouer une partition connue. "Ce budget n'est pas raisonnable", estime dans le Figaro François Sauvadet. "Il n'est pas votable" va juqu'à dire Maurice Leroy avant de prendre peur devant sa propre audace, " mais il ne s'agit pas de voter contre". On a eu peur. Blague à part le Nouveau Centre peut difficilement trop la ramener avec trois ministres dans le gouvernement comme tente de leur rappeler Hervé Morin.  Au mieux laisse t-on planer l'abstention possible de quelques téméraires. Le NC a également imaginé deux amendements qui réduiraient de 4 milliards le déficit programmé. Le premier concerne la réduction du nombre dede niches fiscales, le second porte sur les allègements de charges sociales envers les grandes entreprises. Celles-ci ayant peu d'effet sur l'emploi les centristes prévoient d'en supprimer 2 milliards. Et de mettre toute la majorité d'accord. "Ce serait un signe fort " résume Leroy. Envers le gouvernement bien sur mais aussi envers les électeurs en vue des prochaines municipales. Le Nouveau Centre serait l'allié constructif et fidèle d'un exécutif moderne et ouvert. On en pleurerait. Le Modem aussi qui n'a pas trouvé encore de second souffle. Et qui n'arbitrera pas autant qu'il l'espère le scrutin de mars 2008. Il est à craindre que la fuite des électeurs connue entre les Présidentielles et les législatives se poursuivent. Sur le plan stratégique, François Bayrou est en train de vivre son état de grâce avec la réforme institutionnelle : ses quelques députés suffiraient à l'opposition à réunir les deux cinquièmes de parlementaires nécessaires pour bloquer la réforme. A négocier avec François Hollande il risque de plus en plus de passer pour un classique opposant. Sans revers essuyé par le gouvernement cette position ne lui garantit rien de bon pour l'avenir.


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