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L'actualité des partis et membres de l'opposition
Le PS entame sa rénovation
Les socialistes se préparent pour le Congrès National qui doit avoir lieu en novembre 2008. Le parti de la rose présente la nouvelle « déclaration de principes », qui doit jeter les bases de sa rénovation. L'enjeu est de déterminer quelle doit être la place de la formation socialiste, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'hexagone.
La commission présidée par l'historien Alain Bergounioux, secrétaire national aux études du Parti Socialiste, a réuni toutes les sensibilités autour d'une réflexion sur l'avenir du parti. Elle a accouché de 21 articles, qui seront soumis au vote des militants lors de la convention nationale du 14 juin.
En 1990, l'objectif était de « mettre le réformisme au service des espérances révolutionnaires ». Aujourd'hui le parti a abandonné ses idéaux "juvéniles", afin « d'aller vers l'idéal et de comprendre le réel ». C'est un des points majeurs dans la mue du PS, l'acceptation sans équivoque de l'économie de marché. « les socialistes sont partisans d'une économie sociale et écologique de marché » Mais cette position est nuancée : « Les socialistes portent une critique historique du capitalisme, créateur d'inégalités, porteur d'irrationalité, facteur de crises, qui demeure d'actualité à l'âge d'une mondialisation dominée par le capitalisme financier ».
On perçoit toujours la volonté d'assurer la pérennité d'un État social, jugé nécessaire pour l'harmonie entre « l'économie de marché, la démocratie et la cohésion sociale », et qui doit privilégier « l'éducation, la recherche, l'innovation, la culture ».
En revanche, c'est sur l'Europe que les avis divergent toujours. L'article 17, qui fixe les positions du parti vis à vis de la construction européenne, ne fait pas l'unanimité, avec notamment l'abstention de Jean-Luc Mélenchon à ce sujet.
Mélenchon au Tibet« Vous le trouvez sympathique parce que vous avez lu Tintin au Tibet ». (écouter l'interview de Mélenchon sur Europe 1) Jean-Luc Mélenchon s'attaque au consensus autour de la polémique des jeux olympiques. Sur son blog, le député socialiste de l'Essonne s'en prend aux manifestants ainsi qu'au secrétaire de Reporter sans frontières, Robert Ménard. Il s'insurge entre autre contre la vision manichéenne des rapports entre nations, qui amène à voir d'un côté les bons, de l'autre les méchants. C'est un des premiers à vanter les bienfaits de la présence chinoise au Tibet. Une présence de longue date et légitime, contrairement à ce qui se dit un peu partout. « Le Tibet est chinois depuis le quatorzième siècle. Lhassa était sous autorité chinoise puis mandchoue avant que Besançon ou Dôle soient sous l'autorité des rois de France. Parler « d'invasion » en 1959 pour qualifier un évènement à l'intérieur de la révolution chinoise est aberrant ». Selon le socialiste, la présence chinoise au Tibet a également entraîné la fin du système de castes, une plus grande scolarisation des enfants, et une modernisation rallongeant l'espérance de vie. Mélenchon torpille encore Robert Ménard, qu'il qualifie de « Tintin isolé »et évoque alors les liens entre le secrétaire de RSF et les courants néo-conservateurs américains. Pour finir le député PS pointe du doigt Washington, « Lorsqu'un pays, dans la géopolitique mondiale, pose un problème aux Etats-Unis d'Amérique, on provoque toutes sortes d'incidents qui mettent en cause son unité ». Mélenchon adepte du complot? PS : un siège se libère
Municipales : François Fillon relocalise, Ségolène Royal appelle à confirmer la "sanction"
Dans la foulée sur France 2, Ségolène Royal a réitéré l'idée d'un vote sanction pour le gouvernement et enjoint ce dernier à retirer son "paquet fiscal". Après la rescousse de Xavier Bertrand, toujours sur France 2 Royal a insisté pour que la sanction soit confirmée dimanche prochain. Au PS, la campagne dans la campagne Plusieurs candidats potentiels se manifestent. Le maire de Paris en est. Bertrand Delanoë se verrait bien aux commandes de l'appareil, et tente pour cela de briser son image d'élu local. Il s'aventure même à dresser le profil du candidat idéal, « il faudra un vrai premier secrétaire, quelqu'un qui ait l'autorité, la force pour remettre en route le PS et pour s'opposer à la droite ». Il faut aussi compter sur ceux qui rongent leur frein depuis des années en attendant leur tour. Il faudra composer avec les Dray, Moscovici, Valls... qui ont depuis fait comprendre que la reconstruction du parti socialiste ne se fra pas sans eux. Et Ségolène Royal dans tout ca? Elle n'a pas attendu qu'on vienne la chercher. Toujours dans la dynamique de sa candidature à l'élection présidentielle, elle a entamé un tour de France, apportant son soutien aux candidats du parti pour les municipales. Un jour à Caen,un autre à Toulon, puis à Nice ou Périgueux, elle sillonne les routes à la rencontre des candidats, prépare son réseau et renforce sa popualrité chez les militants. Surtout ne pas tomber dans l'oubli, montrer qu'elle est encore là et que l'échec de 2007 n'était que le début d'un long combat. Chaque jour ou presque, elle envoie "un journal de campagne" aux abonnés de Désirs d'avenir. Mercredi 5, elle était à Toulouse, ville bleue dans une région rose. Lors d'un discours tenu pendant ce déplacement, elle annonce sa volonté de rassembler les socialistes autour d'un texte fondateur, qui serait présenté aux militants lors du congrès national. Cette union dit-elle, se fera avec ou sans « les poids lourds » du parti. Convaincue de la pérennité de son projet, Ségolène avance sans se soucier des remous qu'occasionne son volontarisme. Strauss-Kahn : I'll be back
"Je reviendrai un jour en France" a-t-il conclu. (Je aime le France dit la star avant de s'acheter une maison de maître dans le Bordelais). Interrogé au sujet de ceux et surtout celle qui tentent de s'imposer à la tête du parti, DSK a répondu sur le ton d'un Jude Law interviewé à propos de Clovis Cornillac:"Je ne vois même pas de qui vous voulez parler". Traité constitutionnel : dans le doute le PS s'abstient
Municipales : la banlieue au centre des débats ?
Ségolène Royal vient de balancer une nouvelle pierre dans le jardin élyséen. Si la plupart des ministres d'ouverture se signifient essentiellement par leur insignifiance, Fadela Amara est celle qui gêne finalement le plus les élus UMP, plusieurs fois déjà des membres de la majorité comme Nadine Morano ont demandé à ce qu'elle soit recadrée par Matignon et l'Elysée.
Du coup, l'ancienne candidate socialiste fait d'une pierre deux coups: sur le fond, elle montre du doigt la faiblesse de la politique sarkozyenne envers les classes populaires et les zones sensibles et tacle la politique d'ouverture avec laquelle l'Exécutif tentera d'asphyxier les socialistes pour les municipales. Car l'important dans la citation est évidemment le "en appui sur les maires", le mécontentement issu de la politique de l'Etat étant l'émotion la mieux partagée par les édiles de banlieue, de droite comme de gauche. Et un sujet assez épineux pour Nicolas Sarkozy dont le moins que l'on puisse dire est qu'il n'y fait pas l'unanimité. Pas de quoi lui attribuer non plus la palme d'or de la stratégie politique mais c'est toujours un peu plus intéressant que le "votez contre Sarkozy" qui pousse les socialos à ne se définir que par défaut. Non ? Ségolène Royal à la tête du PS, et alors ?
Mais au fond les tirs de barrages de ses amis sont aussi mal venus : Qui dit quoi sur quoi dans ce maudit parti à l'heure actuelle ? A défaut de leader incontesté, qui effectivement n'est peut-être pas la priorité, a-t-on une ligne directrice même en pointillés ? Il n'est en outre pas exclus que le soutien de Ségolène Royal aide beaucoup de candidats aux municipales dans des batailles locales. Plus de six mois après la défaite, Ségolène Royal est toujours sans doute la plus populaire des socialistes. A eux d'en tirer les leçons qui s'imposent.... Lettre à Arnaud MontebourgCher Arnaud,
Tout le monde semblait animé de la passion des sciences économiques et de la réduction de ceci ou de cela et toi tu parlais de la force des institutions, du rôle des élus, de l'égalité devant la justice.
Je me souviens qu'on voyait en toi le renouveau de la gauche, toi qui renouais avec une verve révolutionnaire lettrée - genre Le Coup d'état permanent de Mitterrand et tout. Depuis tu as été porte-parole de Ségolène Royal et tu n'as pas convaincu grand monde à ce poste. Tu as même dit quelques conneries ( le problème de madame c'est monsieur etc), mais bon à ta décharge le job était balèze. Bien sûr tu parlais moins de sixième République aussi, mais en même temps depuis le temps que tu attendais un poste un peu en vue chez les socialos. Ca rend vindicatif de ronger son frein - ce n'est pas le sujet mais moi-même parfois tu sais.... Ca rend aussi un peu amer. "En 2012, la gauche aura été pendant dix longues années dans l’opposition. Aucun de ma génération, en âge de diriger la destinée de notre pays, n’aura été Ministre en raison de l’obstination du Parti socialiste à se méfier de sa jeunesse.". N'empêche, la morale, Arnaud, tu te souviens, c'était super : , tu voulais traduire Chirac en justice, mettre en place la Sixième République et plus généralement renouveler les pratiques d'une classe politique agonisant sous l'effet conjugué de la démission morale et de l'ambition personnelle. Chevalier blanc de la morale immaculée, ça avait de la gueule, une gueule à claques un peu bien sûr mais de la gueule assurément.
En gros, tu deviens un bon vieux cumulard d'sa mère. C'est pas pareil, hein, écrit comme ça.
C'est étonnant comme tu poses le masque tout en gardant la plume. Notre Bresse de Saône et Loire, t'abuses quand même côté rhétorique de chatelain. J'imagine que tu t'attendais à une réponse des ouailles du genre " Foin de morale Arnaud, c'est la chienlit, nous peuple de Bresse et de Navarre te demandons de nous sauver". Il n'en est rien et la foule, qui a bien retenu ta leçon tu dois être fier, te demande juste de t'occuper de ton mandat de député et de respecter tes principes et les siens. Mais tu y vas quand même. "Cette candidature est d’abord un acte de résistance à la montée de l’absolutisme sarkozyste." dis tu. J'ai pas bien compris toutes les acrobaties intellectuelles qu'il faut pratiquer pour lutter contre la concentration des pouvoirs en concentrant soi-même plus de pouvoirs mais je crois que tu t'es assez foutu de ma gueule Arnaud, si tu permets cet écart. Te trompe pas, hein, j'ai jamais eu des principes aussi forts que les tiens. Et puis j'ai l'habitude d'être déçu Arnaud, j'ai voté socialo plus souvent qu'à mon tour ces dernières années alors je suis un peu blindé niveau rateau. Moi même je te jure j'ai fait plein de concession et pour des ambitions moins nobles que les tiennes. D'ailleurs je lis plus trop tes bouquins, je m'en fous, un peu comme tout le monde, ça semble toujours si terriblement désuet le modernisme d'hier. Et puis c'est vrai qu'à près de 50 ballets t'aurais l'air con de continuer à bourriner dans l'underground. 2012 c'est l'espoir sonnant et trébuchant du mainstream, qui sait ? " Pour ma part, j’aurai 49 ans et accumulé quinze années de vie publique, après huit années de vie professionnelle. On me demandera alors des preuves de ce que j’aurai fait et concrètement assumé. Il ne sera pas possible d’avoir exclusivement vécu dans l’exercice tribunicien pur, au sein d’une Assemblée nationale émasculée par le sarkozysme." On te demandera peut-être aussi ce qu'on doit penser de tes principes du moment vu le traitement que tu réservas à ceux d'hier. Il y aura même quelques esprits chagrins pour te rappeler que la dernière fois que tu leur avais demandé leur avis tu n'en a pas fait grand cas.
Contente toi d'une langue de bois, simple et clair comme celle qu'on entend partout. Bises mon bon EW Royal / Bayrou : Ma plus belle histoire c'est moiLes deux outsiders de la présidentielle font donc un retour ces jours-ci. Ségolène Royal avec un ouvrage « Ma plus belle histoire, c'est vous » et François Bayrou à l'occasion d'un congrès s'achevant sur un plébiscite de république bananière : 97 % des adhérents présents on voté pour lui. Plus que jamais, les deux anciens candidats me semblent être des égocentriques notoires qui n'ont pas plus que Nicolas Sarkozy su mettre en place autre chose qu'un culte du chef. Les perdants d'un système de personnalisation qu'ils ont joué autant que le président.
Après un titre digne d'une autobiographie de vedette en fin de parcours, Ségolène Royal évoque elle aussi dès l'intro de son livre ce formidable engouement populaire autour de sa candidature. D'après les bonnes feuilles et commentaires lus ici ou là, le texte ne semble pas sortir du registre émotionnel. Elle y parle d'un rendez-vous à venir, 2012, comme Bayrou affirme désormais etre entré en résistance, avant de revenir sur le devant de la scène politique comme un libérateur.
Les deux continuent de se voir comme des électrons libres ouvrant une nouvelle ère alors qu'ils incarnent une forme bien classique de la Cinquième République – que Bayrou se prenne pour De Gaulle ce week-end à Villepinte est pour le coup très éclairant.Le Béarnais a cru transcender les clivages politiques sur son propre nom et non par un programme et campe toujours sur ce choix, moyennant quoi il est mal placé pour critiquer l'uberprésidence Sarkozy. Royal continue de magnifier sa défaite en maudissant les socialistes et nous apprend qu'elle aurait proposé le poste de Premier ministre au centriste. Dans le dos de son parti donc. Lui aurait accepté juste pour rire sachant qu'elle ne gagnerait jamais et trouva surtout matière à occuper encore un peu l'espace le temps d'un débat d'entre deux tours. Les deux prêts à tout pour exister encore un peu et poursuivre une fiction dont ils ont décidemment bien du mal à se défaire.
La grève signera t-elle la fin de la gauche modérée ?A l'état actuel du parti socialiste qui tente maladroitement de tirer les marrons du feu d'une contestation qu'il n'approuve pas complètement (sur le fond les socialistes sont pour la réforme des régimes spéciaux), au peu de succès des tentatives de modernisation du syndicalisme français (la direction de la CGT n'est pas forcément suivie par sa base dans son envie de réforme), s'ajoute l'intérêt politique de la majorité de poursuivre ce pourissement. Ces effets conjugués sont en train d'assurer la tranquille ascension d'Olivier Besancenot, héros des mécontents du secteur public. Tout se passe comme si à l'avenir le débat politique allait se résumer à un affrontement entre gauche radicale et droite au pouvoir.
Il se passerait à la gauche du champ politique ce qu'il s'est passé à droite dans les années 1980 : François Mitterrand avait bien compris à l'époque tout l'intérêt de voir une partie de l'électorat de droite choisir le Front National neutralisant ainsi toute vélléité de prise de pouvoir par les conservateurs. Attention je ne fais aucune comparaison de nature entre la LCR et le Front National, simplement une analogie de tactique politique adoptée par un parti dominant. La déconfiture de la gauche gestionnaire auprès de l'opinion fut largement ralentie par cette division encouragée des voix. On peut penser que les acrobaties difficilement lisibles du parti socialiste aujourd'hui tentent justement d'éviter une radicalisation opportuniste qui l'enfermerait dans des postures d'arrière garde, perdant chez les électeurs modérés ce qu'il gagnerait sur son aile gauche. Avec pour résultat une stagnation globale de ses voix. Mon titre est bien entendu volontairement polémique mais il n'empêche que l'incapacité de la gauche modérée à proposer un pacte social cohérent qui lie entre elles les classes populaires et moyennes au-delà de l'éternel scission public/privé est peut-être en train de produire son dernier fruit : un nouveau découpage électoral de la gauche déjà minoritaire qui lui assure pour pas mal de temps encore une belle carrière dans l'opposition. Pour Ségolène Royal, le gouvernement cherche l'affrontement
L'ancienne candidate socialiste a fustigé la dégradation du climat social depuis l'élection de Nicolas Sarkozy. " se dit que le mouvement de grève est impopulaire, il se dit que les régimes spéciaux sont impopulaires alors on peut aller à l'affrontement". Elle n'a pas soutenu directement les grèves mais la volonté des syndicats de nouvelles négociations, Vincent Peillon faisait de même à la Matinale de Canal Plus, expliquant que les grévistes n'avaient finalement "pas vraiment le choix".
Traité européen : le parti socialiste esquive la question du referendum
Car le PS aurait pu à moindres frais faire valoir une cohérence dans son discours : nous sommes toujours pour le referendum c'est la condition préalable à toute discussion possible sur ce Traité. Marie-Noëlle Liennemann et Jean-Luc Mélenchon par exemple voyaient l'occasion rêvée de faire montre d'opposition puisque l'accord des 3 cinquièmes des parlementaires (et conséquemment des élus de gauche) réunis en Congrès est nécessaire à toute modification.
Une consultation démocratique n'est pas une cerise qu'on pose sur le gateau d'un consensus acquis par avance mais représente le risque que prennent les élus et dirigeants sur Municipales : le PS va t-il pratiquer la discrimination positive ?Posté par Easywriter le 05.11.07 à 11:02 | tags : municipales 2008, elections, ps, décryptage, opposition
La question de l'immigration et de l'intégration des enfants issus de l'immigration est toujours aussi problématique au parti socialiste. Le PS craint toujours qu'en évoquant les minorités ou la diversité il se laisse prendre au piège du communautaire, moyennant quoi il faut bien reconnaître qu'il n'a pas accouché depuis un bail d'un discours positif sur ce point. Que le principal parti de la gauche modérée ne contienne dans ses rangs qu'une proportion grotesque d'élus issus des minorités est désolant. D'ailleurs à ce propos, un intéressant documentaire sur la parité diffusé par Public Sénat dimanche, montrait à quel point Laurence Rossignol, présidente de la commission femmes aux élections du parti, avait le plus grand mal à faire exister la parité autrement qu'en une fumeuse escroquerie : une moitié de femmes dans chaque scrutin certes, mais envoyées dans des combats électoraux perdus d'avance. A sa décharge, sur le plan de la parité comme sur celui de la visibilité des minorités, le parti socialiste essaie de placer des élus et non des nommés comme le fait la majorité avec les postes gouvernementaux de Rama Yade ou Rachida Dati, élues de nulle part et totalement "fabriquées" par Nicolas Sarkozy, quel que soit leur talent. Pour les municipales, le parti socialiste pourrait donc imaginer une forme de discrimination positive. Certains tiquent de cette méthode de quotas qui nie aux personnes issues de l'immigration leur légitimité strictement politique et jetterait fatalement une suspicion sur leur qualité. Pendant longtemps la parité a été pensée "négativement" par rapport aux hommes et les places qu' ils pourraient éventuellement libérer aux gonzesses. La candidature de Ségolène Royal, quoi qu'on en pense, prouve que des critères strictes ont permis d'évoluer et qu'on pouvait penser positivement la question paritaire, en faisant la promotion de femmes talentueuses et non par défaut. Ségolène Royal et le militant à vingt ballesIntéressant entretien de Ségolène Royal dans Libé du jour. Elle y fait beaucoup référence au modèle italien et l'élection de Walter Veltroni à la tête du tout nouveau parti démocrate.
C'est cette logique d'ouverture à ceux qui sont finalement plus des sympathisants que de nombreux socialistes déplorent aujourd'hui. Dans Libération toujours, on apprend d'ailleurs qu'une bonne partie des néo-militants évanouis se sont fait la malle et n'ont pas repris leur carte. Certains d'entre eux auraient filé au Modem voir si l'herbe est plus verte et elle l'est assurément, même si on peut craindre qu'en dehors d'une élection présidentielle, la base militante forte de quelque 45 000 sympathisants bayrouistes soit en sommeil elle aussi. Primes et déprimes au parti socialisteLes socialistes lavent désormais leur linge sale en librairie. Après les livres de Marie-Noelle Lienemann (Au revoir Royal),ou Claude Allègre (La défaite en chantant) c'est au tour de "l'autre camp" de riposter.
Pendant toute la campagne, les proches de Ségolène étaient rassemblés au 282 boulevard Saint-Germain, un local pas si éloigné de la rue de Solferino où siège le PS. Le site de l'hebdomadaire publie aujourd'hui la réponse de permanents du staff socialiste qui expliquent que la prime concerne le succès des législatives. L'ADN me gêne, les anti ADN aussiBon bon... Le simple fait de revoir sur la scène du Zénith la main jaune du Touche pas à mon pote des années 1980 (resiglée touche pas à mon ADN donc ) a déjà de quoi donner des frissons : c'est ring' et sans goût, ça rappelle les pires manifestations de la gauche morale de bonne compagnie, quand SOS Racisme était une officine associative du PS avant que d'être finalement aspirée par la maison mère. Au reste, si on s'en tient au strict plan esthétique du clivage politique, la réponse est parfaitement symétrique à la débauche de beauferie qui ambiance la droite en fête : Adjani la vertueuse contre Mireille la pincée, Renaud le faux-rebelle contre Enrico le vrai compromis. Choisis ton camp camarade.
Bref, un test aussi inutile qu'inefficace, mais qui permet de gloser et d'insidier. Pendant ce temps les filières de l'immigration clandestine prospèrent, et d'autres dispositions réglementaires autrement crapuleuses voient le jour comme la connaissance a priori de la langue dont les candidats à l'immigration devront faire montre (allez hop, je fais dans la morale outragée moi aussi : mes parents n'auraient pas échappé à la dictature salazariste avec de telles règles au début des années 1960). Ou les délais de recours impossibles déjà évoqués ici. Au Zénith, il parait que c'était le premier rassemblement républicain anti-sarkozyste, c'est Philippe Val qui le dit. Dans sa bouche, ça avait l'air d'être l'essentiel. Finalement je dois être contre le test ADN, mais pas avec eux non plus. A lire aussi : Eric Dupin et Marianne, les deux inspirés sur la question. Ouverture : Le Modem se branchera t-il à droite ?Les prochaines municipales seront-elles l'occasion de voir le paysage politique retrouver sa forme classique ? Autrement dit l'aventure indé du Modem est-elle terminée ? François Bayrou comptait sur mars 2008 pour imposer son mouvement sur l'ensemble du territoire en vue de la présidentielle 2012. Agir local et penser global en somme. A l'inverse les socialistes prennent de plus en plus de distance avec le Modem et la rencontre entre François Hollande et François Bayrou n'y change rien. Du coup Marielle de Sarnez directement concernée par la diatribe commence à discuter chiffons avec Françoise de Panafieu que l'ouverture arrangerait beaucoup. Si Sarnez deale avec la majorité, le Mouvement démocrate version indépendante est bel et bien mort.
Che Guevara, c'est ta mère Il voulait internationaliser la révolution marxiste, en commençant par l'étendre de Cuba à toute l'Amérique latine. Mais l'exportation la plus réussie de Che Guevara est post-mortem, elle concerne des tasses à café des tee-shirt à son effigie. Icône de masse, Che Guevara pourrait pourtant retrouver en France une certaine contemporanéité politique. Olivier Besancenot préfère la figure pop du marxiste cubain aux références ringardes à Léon Trotsky que personne n'a envie d'arborer sur ses baskets.Mais à ceux qui lui rappellent que le Che est surtout une icône publicitaire, le leader pop de la LCR répond à peu près "et alors si ça permet ensuite aux jeunes de se renseigner sur son combat et d'avoir envie de faire la révolution" (et admet l'air de rien que le marketing est un outil de transmission acceptable). Ca pourrait aussi leur donner envie d'être des assassins plus ordinaires comme celui qui est décrit dans La Face cachée du Che mais passons...) En gros, il s'agit de faire effectuer au Che le trajet inverse : partir des mugs et autres taille-crayons à son effigie pour se diriger vers la révolution. Pas con : du coup à Flu on t'aide à commencer ta carrière de révolutionnaire en faisant de toi (ou de ta copine, ou ta mère ou ton prof de ski) une idole . Ca s'appelle Guevarize et c'est par là. Et la révolution, ben euh pour ça démmerde toi... (Illus : si c'est pas ta mère ça peut être Christine Boutin). Alain Badiou, Eric Hazan : l'antisarkozysme radical en librairieLe Sénat s'agite, l'UMP donne de la voix, il n' y a vraiment que la gauche réformiste pour ne pas profiter de la fin de l'état de grâce que vivent Nicolas Sarkozy et son gouvernement. Dans les quinze jours qui viennent, deux ouvrages devraient squatter la presse écrite et - mais c'est moins certain - les plateaux TV. L'autre est celui écrit par Alain Badiou, De quoi Sarkozy est le nom, publié aux éditions Lignes. Le philosophe voit dans la Sarkozysme d'Etat une resucée du pétainisme du début des années 1940. La thèse est qu'au nom d'une peur conservatrice et crépusculaire nous désirions la protection d'un maitre même si celui-ci nous oppresse et nous paupérise.
L'alternative politique est cette fois : doit-on avoir plus peur du balayeur tamoul que du flic qui le pourchasse ? Ou : le réchauffement de la planète est-il ou non plus périlleux que l’arrivée de cuisiniers maliens ? Voilà pourquoi selon Badiou, la participation électorale est la dernière des escroqueries, l'abstention étant un geste bien plus politique surtout si elle se double d'une solidarité nouvelle des persécutés à l'intérieur même de la République et au-delà des frontières. Fronde anti ADN : Villepin rejoint Charlie Hebdo
Telex : A l'initiative de Charlie Hebdo et de SOS racisme, une pétition condamnant l'adoption de test ADN pour les demandeurs de visa a été signée par Axel Kahn, Jeanne Moreau, Isabelle Adjani, François Hollande, Bernard Thibaut, François Bayrou et même...Dominique de Villepin. Après Charles Pasqua qui s'émeut de la filiation puante d'une telle disposition ( " Cela rappelle de mauvais souvenirs, à nous gaullistes. On sait l'usage qu'ont fait les nazis de la génétique"), et l'attitude du Sénat l'opposition de droite est décidément en pleine forme.
ADN, institutions, les sénateurs UMP font-ils secession ?Qui l'eut cru ? Le Sénat qu'on imagine comme l'assemblée générale des porteurs de charentaises grisés au grand cru est devenue le lieu de la contestation tous azimut de la Sarkozie pourtant triomphante. Ainsi de l'instauration des test ADN pour les demandes de visa. Malgré les modifications apportées depuis le rejet du texte le 26 septembre dernier, la commission reste défavorable au texte.
Le bonhomme est n effet très remonté contre l'ouverture pronée par Nicolas Sarkozy et pour cause : son vieux rival Jean-Yves le Drian - président PS de la région Bretagne dirigée auparavant par...Rohan - fut un temps pressenti pour un maroquin ministériel. Sur l'éventualité d'une réforme institutionnelle, le président du groupe UMP n'est guère plus tendre : "notre Loi fondamentale ne saurait servir de laboratoire expérimental pour les faiseurs de système, ni donner prétexte à l'organisation d'un concours Lépine constitutionnel permanent", et de rappeler son attachement au régime majoritaire quand on lui parle de l'introduction d'une dose de proportionnelle. Si ça continue, Sarkozy va devoir mener sa politique d'ouverture au Sénat et singulièrement à droite où les parlementaires sont pour l'heure les plus virulents opposants de l'Exécutif.
PS : Manuel Valls résume la situation
"Ces derniers jours, nous n'avons pas donné une grande lisibilité en allant à la fête de l'Humanité auprès de l'extrême gauche, avec des comités de coordination et de liaison dont on ne sait pas très bien à quoi ils servent, avec une partie de la gauche, Les Verts, qui n'ont pas voulu y participer, Manuel Valls ce matin sur I-Télé (via Reuters). Pendant ce temps, l'Elysée fait fuiter des rumeurs sur l'arrivée de Jack Lang et désormais de ...Julien Dray qui fut porte-parle de Ségolène Royal, dans le cadre d'un hypothétique remaniement ministériel de janvier.
Jack Lang toujours prêt à rendre service ( à tout le monde)![]() "Je ne suis jamais l'ennemi d'une participation à une oeuvre d'intérêt général. S'il y a un sujet qui touche à mes compétences, sur le droit, l'international, la culture, l'éducation, je peux rendre service". In le Parisien, 01 octobre. Il est comme ça Jacko, il se balade en politique avec l'aisance d'un pique assiettes. Il n'exclut plus aujourd'hui d'entrer au gouvernement Fillon, se félicitant de l'ouverture dont fait preuve Nicolas Sarkozy. |
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