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L'actualité des partis et membres de l'opposition

Le PS entame sa rénovation

Posté par Charif le 21.04.08 à 20:26 | tags : opposition, ps

Les socialistes se préparent pour le Congrès National qui doit avoir lieu en novembre 2008. Le parti de la rose présente la nouvelle « déclaration de principes », qui doit jeter les bases de sa rénovation. L'enjeu est de déterminer quelle doit être la place de la formation socialiste, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'hexagone.

 

La commission présidée par l'historien Alain Bergounioux, secrétaire national aux études du Parti Socialiste, a réuni toutes les sensibilités autour d'une réflexion sur l'avenir du parti. Elle a accouché de 21 articles, qui seront soumis au vote des militants lors de la convention nationale du 14 juin.


En 1990, l'objectif était de « mettre le réformisme au service des espérances révolutionnaires ». Aujourd'hui le parti a abandonné ses idéaux "juvéniles", afin « d'aller vers l'idéal et de comprendre le réel ». C'est un des points majeurs dans la mue du PS, l'acceptation sans équivoque de l'économie de marché. « les socialistes sont partisans d'une économie sociale et écologique de marché »

Mais cette position est nuancée : « Les socialistes portent une critique historique du capitalisme, créateur d'inégalités, porteur d'irrationalité, facteur de crises, qui demeure d'actualité à l'âge d'une mondialisation dominée par le capitalisme financier ».

 

 

On perçoit toujours la volonté d'assurer la pérennité d'un État social, jugé nécessaire pour l'harmonie entre « l'économie de marché, la démocratie et la cohésion sociale », et qui doit privilégier « l'éducation, la recherche, l'innovation, la culture ».

 

En revanche, c'est sur l'Europe que les avis divergent toujours. L'article 17, qui fixe les positions du parti vis à vis de la construction européenne, ne fait pas l'unanimité, avec notamment l'abstention de Jean-Luc Mélenchon à ce sujet.

 






Mélenchon au Tibet

Posté par Charif le 09.04.08 à 18:57 | tags : opposition, international

« Vous le trouvez sympathique parce que vous avez lu Tintin au Tibet ». (écouter l'interview de Mélenchon sur Europe 1)

Jean-Luc Mélenchon s'attaque au consensus autour de la polémique des jeux olympiques. Sur son blog, le député socialiste de l'Essonne s'en prend aux manifestants ainsi qu'au secrétaire de Reporter sans frontières, Robert Ménard.

Il s'insurge entre autre contre la vision manichéenne des rapports entre nations, qui amène à voir d'un côté les bons, de l'autre les méchants.

C'est un des premiers à vanter les bienfaits de la présence chinoise au Tibet. Une présence de longue date et légitime, contrairement à ce qui se dit un peu partout. « Le Tibet est chinois depuis le quatorzième siècle. Lhassa était sous autorité chinoise puis mandchoue avant que Besançon ou Dôle soient sous l'autorité des rois de France. Parler « d'invasion » en 1959 pour qualifier un évènement à l'intérieur de la révolution chinoise est aberrant ».

Selon le socialiste, la présence chinoise au Tibet a également entraîné la fin du système de castes, une plus grande scolarisation des enfants, et une modernisation rallongeant l'espérance de vie.

Mélenchon torpille encore Robert Ménard, qu'il qualifie de « Tintin isolé »et évoque alors les liens entre le secrétaire de RSF et les courants néo-conservateurs américains. Pour finir le député PS pointe du doigt Washington, « Lorsqu'un pays, dans la géopolitique mondiale, pose un problème aux Etats-Unis d'Amérique, on provoque toutes sortes d'incidents qui mettent en cause son unité ». Mélenchon adepte du complot?


PS : un siège se libère

Posté par Charif le 25.03.08 à 17:48 | tags : ps, opposition

 

« Le nouveau secrétaire doit être une personnalité dotée d'une culture et d'une expérience politique indiscutable, qui connaisse le PS et respecte ses militants ». Mais lequel? Un présidentiable ou un secrétaire de transition? Le PS se réunit aujourd'hui, et devra choisir lors du congrès de novembre un remplaçant à François Hollande.

Qui sont les principaux prétendants?


Municipales : François Fillon relocalise, Ségolène Royal appelle à confirmer la "sanction"

Posté par Easywriter le 09.03.08 à 20:33 | tags : opposition, gouvernement, municipales 2008

Soulagé par " des chiffres plus équilibrés que prévus", François Fillon a invité les électeurs à privilégier "l'intérêt de commune, de territoire" au second tour.

Dans la foulée sur France 2, Ségolène Royal a réitéré l'idée d'un vote sanction pour le gouvernement et enjoint ce dernier à retirer son "paquet fiscal".

Après la rescousse de Xavier Bertrand, toujours sur France 2 Royal a insisté pour que la sanction soit confirmée dimanche prochain.


Au PS, la campagne dans la campagne

Posté par Charif le 07.03.08 à 13:15 | tags : municipales 2008, opposition

A gauche comme à droite on s'active pour le rendez-vous électoral de dimanche. Au PS, une campagne peut en cacher une autre : celle pour la nomination du nouveau secrétaire national. Le congrès, dont la date n'est pas encore fixée, doit se tenir avant la fin de l'année 2008, et trouver un remplaçant à François Hollande.

Plusieurs candidats potentiels se manifestent. Le maire de Paris en est. Bertrand Delanoë se verrait bien aux commandes de l'appareil, et tente pour cela de briser son image d'élu local. Il s'aventure même à dresser le profil du candidat idéal, « il faudra un vrai premier secrétaire, quelqu'un qui ait l'autorité, la force pour remettre en route le PS et pour s'opposer à la droite ».

Il faut aussi compter sur ceux qui rongent leur frein depuis des années en attendant leur tour. Il faudra composer avec les Dray, Moscovici, Valls... qui ont depuis fait comprendre que la reconstruction du parti socialiste ne se fra pas sans eux.

Et Ségolène Royal dans tout ca?

Elle n'a pas attendu qu'on vienne la chercher. Toujours dans la dynamique de sa candidature à l'élection présidentielle, elle a entamé un tour de France, apportant son soutien aux candidats du parti pour les municipales. Un jour à Caen,un autre à Toulon, puis à Nice ou Périgueux, elle sillonne les routes à la rencontre des candidats, prépare son réseau et renforce sa popualrité chez les militants. Surtout ne pas tomber dans l'oubli, montrer qu'elle est encore là et que l'échec de 2007 n'était que le début d'un long combat. Chaque jour ou presque, elle envoie "un journal de campagne" aux abonnés de Désirs d'avenir.

Mercredi 5, elle était à Toulouse, ville bleue dans une région rose. Lors d'un discours tenu pendant ce déplacement, elle annonce sa volonté de rassembler les socialistes autour d'un texte fondateur, qui serait présenté aux militants lors du congrès national. Cette union dit-elle, se fera avec ou sans « les poids lourds » du parti.

Convaincue de la pérennité de son projet, Ségolène avance sans se soucier des remous qu'occasionne son volontarisme.



Strauss-Kahn : I'll be back

Posté par Easywriter le 21.01.08 à 10:41 | tags : ps, opposition, citation

C'est un peu l'image du week-end : tenue décontractée, pardon "casual wear", l'ami "dièskay" était back from the States pour assister au forum des socialistes réconciliés.
Dominique Strauss-Kahn a vraiment joué la carte guest-star, ne s'exprimant pas à la tribune et étant quasiment invisible tout l'après-midi.
Profitant de la réunion à Paris des ministres des finances dans le cadre du Fond monétaire international, DSK a simplement indiqué qu'il suivait "de très près ce qui se passe" et invité à un vote sanction aux municipales.

"Je reviendrai un jour en France" a-t-il conclu. (Je aime le France dit la star avant de s'acheter une maison de maître dans le Bordelais).

Interrogé au sujet de ceux et surtout celle qui tentent de s'imposer à la tête du parti, DSK a répondu sur le ton d'un Jude Law interviewé à propos de Clovis Cornillac:"Je ne vois même pas de qui vous voulez parler".


Traité constitutionnel : dans le doute le PS s'abstient

Posté par Easywriter le 15.01.08 à 16:19 | tags : europe, opposition

Casse-tête stratégique la position du PS sur l'adoption du Traité constitutionnel sera finalement... l'abstention. "68 députés socialistes se sont prononcés pour l'abstention, 30 pour le non et 8 se sont abstenus". Malgré cette majorité évidente, cette position ne satisfera en réalité complètement personne.
Ni ceux de l'aile gauche qui comme Jean-Luc Mélenchon Arnaud Montebourg ou Henri Emmanuelli épaulé par les communistes voyaient la possibilité au Congrès de Versailles de forcer Nicolas Sarkozy au referendum et accessoirement de tenir un engagement de leur parti pris pendant la présidentielle.
Ni la direction, François Hollande et Jean-Marc Ayrault, qui appelait au boycott pur et simple du Congrès, ni ceux qui comme Jack Lang voulaient sortir du bourbier en votant deux fois oui ( à la modification puis à la ratification).
Les socialistes se dédouanent donc de la responsabilité du choix de la ratification parlementaire en lieu et place de la consultation du peuple. Et soutiendront le Traité quand celui-ci sera soumis au vote des Assemblées. On ne pourra guère les accuser d'obstruction.
Ni les féliciter pour leur capacité d'opposition. Il appartient à ceux qui le souhaitent d'y voir un progrès.

 


Municipales : la banlieue au centre des débats ?

Posté par Easywriter le 14.01.08 à 12:13 | tags : opposition, municipales 2008, banlieues

"J'espère pour elle que l'Etat, le gouvernement va lui donner les moyens de faire un vrai plan pour les banlieues en appui sur les maires".

Ségolène Royal vient de balancer une nouvelle pierre dans le jardin élyséen.
Le jour même où la ministre de la Ville Christine Boutin critique ouvertement dans les medias l'idée d'un plan spécifique pour la banlieue ("Moi, je crois en la réponse beaucoup plus globale d'une nouvelle politique de la ville" a t-elle précisé au quotidien La Croix), Royal appuie là où ça fait mal.
Le plan banlieue c'est le job - le hochet ? - de Fadela Amara au sein du ministère.

Si la plupart des ministres d'ouverture se signifient essentiellement par leur insignifiance, Fadela Amara est celle qui gêne finalement le plus les élus UMP, plusieurs fois déjà des membres de la majorité comme Nadine Morano ont demandé à ce qu'elle soit recadrée par Matignon et l'Elysée.

 

Du coup, l'ancienne candidate socialiste fait d'une pierre deux coups: sur le fond, elle montre du doigt la faiblesse de la politique sarkozyenne envers les classes populaires et les zones sensibles et tacle la politique d'ouverture avec laquelle l'Exécutif tentera d'asphyxier les socialistes pour les municipales.

Car l'important dans la citation est évidemment le "en appui sur les maires", le mécontentement issu de la politique de l'Etat étant l'émotion la mieux partagée par les édiles de banlieue, de droite comme de gauche. Et un sujet assez épineux pour Nicolas Sarkozy dont le moins que l'on puisse dire est qu'il n'y fait pas l'unanimité.

Pas de quoi lui attribuer non plus la palme d'or de la stratégie politique mais c'est toujours un peu plus intéressant que le "votez contre Sarkozy" qui pousse les socialos à ne se définir que par défaut. Non ?


Ségolène Royal à la tête du PS, et alors ?

Posté par Easywriter le 04.01.08 à 16:27 | tags : ps, municipales 2008, opposition

"Cette année, je compte aller jusqu'au bout de ce que j'ai entamé au cours de cette campagne présidentielle pour rénover la gauche".
C'est vrai que la rénovation de la gauche est sacrément bien partie comme chacun sait. La candidature de Ségolène a surtout permis de pousser à leur paroxysme un grand nombre de contradictions et de questions non résolues, donc oui de ce point de vue elle a eu sa part dans la rénovation.

Mais au fond les tirs de barrages de ses amis sont aussi mal venus : Qui dit quoi sur quoi dans ce maudit parti à l'heure actuelle ? A défaut de leader incontesté, qui effectivement n'est peut-être pas la priorité, a-t-on une ligne directrice même en pointillés ?
Les agitations d'Arnaud Montebourg valent-elles mieux ?
Quelqu'un a-t-il réussi à entendre quelque chose de fort dans la bouche de Benoît Hamon ?

Il n'est en outre pas exclus que le soutien de Ségolène Royal aide beaucoup de candidats aux municipales dans des batailles locales.
Personne ne peut douter du fort capital de sympathie qu'elle a dans l'opinion et puisqu'il ne s'agit pas, dans le cadre des municipales, de voter pour elle, l'aspect symbolique de son engagement peut parfaitement fonctionner. Quant au leadership sur le parti qui peut prétendre y être légitime si ce n'est elle ?

Plus de six mois après la défaite, Ségolène Royal est toujours sans doute la plus populaire des socialistes. A eux d'en tirer les leçons qui s'imposent....


Lettre à Arnaud Montebourg

Posté par Easywriter le 18.12.07 à 19:34 | tags : opposition, élucubration

Cher Arnaud,

Ca fait un moment que j'avais envie de t'écrire un mot. Depuis quelques temps tu m'inquiétais, je ne reconnaissais plus le bouillonnant et impeccable député qui m'impressionna à une époque. C'était dans les années 1990 et la politique avait déjà la visage du réalisme gestionnaire qu'elle arbore encore aujourd'hui.

Tout le monde semblait animé de la passion des sciences économiques et de la réduction de ceci ou de cela et toi tu parlais de la force des institutions, du rôle des élus, de l'égalité devant la justice.

 

Je me souviens qu'on voyait en toi le renouveau de la gauche, toi qui renouais avec une verve révolutionnaire lettrée - genre Le Coup d'état permanent de Mitterrand et tout.

Depuis tu as été porte-parole de Ségolène Royal et tu n'as pas convaincu grand monde à ce poste. Tu as même dit quelques conneries ( le problème de madame c'est monsieur etc), mais bon à ta décharge le job était balèze. Bien sûr tu parlais moins de sixième République aussi, mais en même temps depuis le temps que tu attendais un poste un peu en vue chez les socialos.

Ca rend vindicatif de ronger son frein - ce n'est pas le sujet mais moi-même parfois tu sais.... Ca rend aussi un peu amer. "En 2012, la gauche aura été pendant dix longues années dans l’opposition. Aucun de ma génération, en âge de diriger la destinée de notre pays, n’aura été Ministre en raison de l’obstination du Parti socialiste à se méfier de sa jeunesse.".
Tu m'étonnes. Depuis le temps que le parti socialiste n'était plus qu'un gros monstre ne se réveillant que pour dévorer ses enfants, on peut bien se permettre quelques entorses à la morale ; c'est ça que tu nous dis, je comprends.

N'empêche, la morale, Arnaud, tu te souviens, c'était super : , tu voulais traduire Chirac en justice, mettre en place la Sixième République et plus généralement renouveler les pratiques d'une classe politique agonisant sous l'effet conjugué de la démission morale et de l'ambition personnelle. Chevalier blanc de la morale immaculée, ça avait de la gueule, une gueule à claques un peu bien sûr mais de la gueule assurément.
Il m'arrivait de singer tes postures indignées dans des discussions à la fac ou dans les troquets, inutile de te dire que j'étais loin d'avoir ta classe. Je citais La Machine à trahir, tes entretiens dans les Inrocks, tu te souviens. (C'est marrant d'ailleurs à quel point ce magazine aura été de toutes les utopies en carton de ces 20 dernières années mais passons).

Aujourd'hui, Arnaud t'écris des trucs comme ça : "Après plusieurs semaines de vives consultations sur la question de mon engagement aux élections cantonales, le moment de la décision est venu. Nombreux sont à participer au débat, vos réactions ont été équilibrées, les habitants du département exprimant une préférence massive pour l’engagement dans la campagne, les citoyens des autres régions de France défendant le maintien de la pratique du mandat unique. De sorte qu’une majorité s’est dessinée en défaveur de ma candidature aux élections cantonales de mars 2008.
C’est donc une décision impopulaire, comme il est parfois nécessaire d’affronter dans la vie publique, que j’ai décidée de prendre en me présentant devant les 2971 électeurs du canton où j’habite, à Montret, dans notre Bresse de Saône-et-Loire".

En gros, tu deviens un bon vieux cumulard d'sa mère. C'est pas pareil, hein, écrit comme ça.

 

C'est étonnant comme tu poses le masque tout en gardant la plume. Notre Bresse de Saône et Loire, t'abuses quand même côté rhétorique de chatelain. J'imagine que tu t'attendais à une réponse des ouailles du genre " Foin de morale Arnaud, c'est la chienlit, nous peuple de Bresse et de Navarre te demandons de nous sauver".

Il n'en est rien et la foule, qui a bien retenu ta leçon tu dois être fier, te demande juste de t'occuper de ton mandat de député et de respecter tes principes et les siens. Mais tu y vas quand même. "Cette candidature est d’abord un acte de résistance à la montée de l’absolutisme sarkozyste." dis tu.

J'ai pas bien compris toutes les acrobaties intellectuelles qu'il faut pratiquer pour lutter contre la concentration des pouvoirs en concentrant soi-même plus de pouvoirs mais je crois que tu t'es assez foutu de ma gueule Arnaud, si tu permets cet écart.

Te trompe pas, hein, j'ai jamais eu des principes aussi forts que les tiens. Et puis j'ai l'habitude d'être déçu Arnaud, j'ai voté socialo plus souvent qu'à mon tour ces dernières années alors je suis un peu blindé niveau rateau. Moi même je te jure j'ai fait plein de concession et pour des ambitions moins nobles que les tiennes. D'ailleurs je lis plus trop tes bouquins, je m'en fous, un peu comme tout le monde, ça semble toujours si terriblement désuet le modernisme d'hier.

Et puis c'est vrai qu'à près de 50 ballets t'aurais l'air con de continuer à bourriner dans l'underground. 2012 c'est l'espoir sonnant et trébuchant du mainstream, qui sait ?

" Pour ma part, j’aurai 49 ans et accumulé quinze années de vie publique, après huit années de vie professionnelle. On me demandera alors des preuves de ce que j’aurai fait et concrètement assumé. Il ne sera pas possible d’avoir exclusivement vécu dans l’exercice tribunicien pur, au sein d’une Assemblée nationale émasculée par le sarkozysme."

On te demandera peut-être aussi ce qu'on doit penser de tes principes du moment vu le traitement que tu réservas à ceux d'hier. Il y aura même quelques esprits chagrins pour te rappeler que la dernière fois que tu leur avais demandé leur avis tu n'en a pas fait grand cas.

Mais s'il te plait Arnaud sur cette question, ne te lance pas dans des diatribes ampoulées, par respect pour l'esprit chevaleresque d'antan - et puis ça craint maintenant de parler comme ça déjà que tout le monde t'appelle De Montebourg.

Contente toi d'une langue de bois, simple et clair comme celle qu'on entend partout.
Contente toi juste d'être le type que tu es devenu. Un homme politique comme les autres.

Bises mon bon

EW


Royal / Bayrou : Ma plus belle histoire c'est moi

Posté par Easywriter le 03.12.07 à 13:41 | tags : opposition, décryptage

 

Les deux outsiders de la présidentielle font donc un retour ces jours-ci. Ségolène Royal avec un ouvrage « Ma plus belle histoire, c'est vous » et François Bayrou à l'occasion d'un congrès s'achevant sur un plébiscite de république bananière : 97 % des adhérents présents on voté pour lui.
Plus que jamais, les deux anciens candidats me semblent être des égocentriques notoires qui n'ont pas plus que Nicolas Sarkozy su mettre en place autre chose qu'un culte du chef.
Les perdants d'un système de personnalisation qu'ils ont joué autant que le président.

 

Le Congrès du Mouvement démocrate a plus que jamais plébiscité un homme et tout autant renseigné sur la faiblesse du programme.
Toute nouvelle aventure politique suppose certes un temps de maturation avant de parvenir à la cohérence. Mais un an jour pour jour après sa candidature, François Bayrou et les siens n'ont toujours pas de cadre programmatique clair pas plus qu'une stratégie électorale lisible.
On continue de se gausser du formidable engouement de la présidentielle qui ne restera que comme l'addition conjoncturelle de mécontents et d'indécis si on ne donne pas de contenu à la suite.

Après un titre digne d'une autobiographie de vedette en fin de parcours, Ségolène Royal évoque elle aussi dès l'intro de son livre ce formidable engouement populaire autour de sa candidature. D'après les bonnes feuilles et commentaires lus ici ou là, le texte ne semble pas sortir du registre émotionnel. Elle y parle d'un rendez-vous à venir, 2012, comme Bayrou affirme désormais etre entré en résistance, avant de revenir sur le devant de la scène politique comme un libérateur.

 

Les deux continuent de se voir comme des électrons libres ouvrant une nouvelle ère alors qu'ils incarnent une forme bien classique de la Cinquième République – que Bayrou se prenne pour De Gaulle ce week-end à Villepinte est pour le coup très éclairant.

Le Béarnais a cru transcender les clivages politiques sur son propre nom et non par un programme et campe toujours sur ce choix, moyennant quoi il est mal placé pour critiquer l'uberprésidence Sarkozy.

Royal continue de magnifier sa défaite en maudissant les socialistes et nous apprend qu'elle aurait proposé le poste de Premier ministre au centriste. Dans le dos de son parti donc. Lui aurait accepté juste pour rire sachant qu'elle ne gagnerait jamais et trouva surtout matière à occuper encore un peu l'espace le temps d'un débat d'entre deux tours. Les deux prêts à tout pour exister encore un peu et poursuivre une fiction dont ils ont décidemment bien du mal à se défaire.







La grève signera t-elle la fin de la gauche modérée ?

Posté par Easywriter le 21.11.07 à 13:56 | tags : opposition, grèves, décryptage

A l'état actuel du parti socialiste qui tente maladroitement de tirer les marrons du feu d'une contestation qu'il n'approuve pas complètement (sur le fond les socialistes sont pour la réforme des régimes spéciaux), au peu de succès des tentatives de modernisation du syndicalisme français (la direction de la CGT n'est pas forcément suivie par sa base dans son envie de réforme), s'ajoute l'intérêt politique de la majorité de poursuivre ce pourissement.

Ces effets conjugués sont en train d'assurer la tranquille ascension d'Olivier Besancenot, héros des mécontents du secteur public. Tout se passe comme si à l'avenir le débat politique allait se résumer à un affrontement entre gauche radicale et droite au pouvoir.

Evidemment cette option est tout à fait souhaitable pour Nicolas Sarkozy.
Imaginez un peu ce que donnerait un nouveau parti de Besancenot (oui parce que Ligue communiste révolutionnaire c'est dur niveau com) à 10 ou 12 % des voix.

Il se passerait à la gauche du champ politique ce qu'il s'est passé à droite dans les années 1980 : François Mitterrand avait bien compris à l'époque tout l'intérêt de voir une partie de l'électorat de droite choisir le Front National neutralisant ainsi toute vélléité de prise de pouvoir par les conservateurs.

Attention je ne fais aucune comparaison de nature entre la LCR et le Front National, simplement une analogie de tactique politique adoptée par un parti dominant. La déconfiture de la gauche gestionnaire auprès de l'opinion fut largement ralentie par cette division encouragée des voix.
Le RPR de l'époque tenta maladroitement de récupérer sa frange la plus dure, jetant le discrédit sur l'ensemble de son discours politique.

On peut penser que les acrobaties difficilement lisibles du parti socialiste aujourd'hui tentent justement d'éviter une radicalisation opportuniste qui l'enfermerait dans des postures d'arrière garde, perdant chez les électeurs modérés ce qu'il gagnerait sur son aile gauche.

Avec pour résultat une stagnation globale de ses voix.
La volonté de Sarkozy de neutraliser les structures syndicales pour poursuivre ses réformes ne doit pas faire oublier son souci d'occuper l'espace politique jusqu'au centre gauche initié par sa "politique d'ouverture".

Mon titre est bien entendu volontairement polémique mais il n'empêche que l'incapacité de la gauche modérée à proposer un pacte social cohérent qui lie entre elles les classes populaires et moyennes au-delà de l'éternel scission public/privé est peut-être en train de produire son dernier fruit : un nouveau découpage électoral de la gauche déjà minoritaire qui lui assure pour pas mal de temps encore une belle carrière dans l'opposition.


Pour Ségolène Royal, le gouvernement cherche l'affrontement

Posté par Easywriter le 12.11.07 à 10:58 | tags : citation, opposition, grèves

"Bien sûr qu'il faut réformer le système de retraites globalement mais ce qu'il ne faut pas faire, et ce que fait malheureusement ce gouvernement, c'est faire de la provocation ou aller à l'affrontement pour l'affrontement".
Ségolène Royal sur France Inter ce matin.

L'ancienne candidate socialiste a fustigé la dégradation du climat social depuis l'élection de Nicolas Sarkozy. " se dit que le mouvement de grève est impopulaire, il se dit que les régimes spéciaux sont impopulaires alors on peut aller à l'affrontement".

Elle n'a pas soutenu directement les grèves mais la volonté des syndicats de nouvelles négociations, Vincent Peillon faisait de même à la Matinale de Canal Plus, expliquant que les grévistes n'avaient finalement "pas vraiment le choix".
"Il y a arrogance, il y a archaïsme et il y a une volonté de ne pas régler les problèmes au fond", a résumé Ségolène Royal.

 



Traité européen : le parti socialiste esquive la question du referendum

Posté par Easywriter le 07.11.07 à 11:52 | tags : opposition, international, europe, ps

On avait expliqué récemment les différentes attitudes possibles chez les socialistes à propos du Traité constitutionnel européen modifié. Le bureau national a tranché mardi soir mais sans résoudre tous les problèmes, loin s'en faut.
Le "oui" au Traité l'a emporté de 36 voix contre 20 ce qui montre que le clivage apparu au moment du referendum de 2005 est toujours opérant.
Mais le point de tension principal est intact : oui ou non le parti socialiste acceptera t-il que la Constitution soit modifiée pour permettre la ratification parlementaire et donc éviter la tenue d'un referendum ? Sur ce point le secrétaire national François Hollande botte en touche, expliquant que les soicalistes verraient bien de quoi la réforme constitutionnelle (qui implique d'autres changements sur lesquels nous reviendrons) sera faite.

Pourtant la décision aurait pu couler de source : pendant la campagne présidentielle le parti et sa candidate Ségolène Royal étaient pour la tenue d'un nouveau referendum, celui-ci était inscrit au programme. Benoît Hamon a d'ailleurs démissionné hier du bureau national en raison du non respect de cette ligne de conduite. (edit 14H40 :Sur ce point, l'ancienne candidate précise aujourd'hui : J'entends dire certains que j'ai changé d'avis sur le référendum. Ce n'est pas exact. Je tiens compte de la situation pour avancer sur des convictions qui n'ont pas changé sans me réfugier derrière une question de procédure (importante) pour ne rien oser dire.")

Car le PS aurait pu à moindres frais faire valoir une cohérence dans son discours : nous sommes toujours pour le referendum c'est la condition préalable à toute discussion possible sur ce Traité. Marie-Noëlle Liennemann et Jean-Luc Mélenchon par exemple voyaient l'occasion rêvée de faire montre d'opposition puisque l'accord des 3 cinquièmes des parlementaires (et conséquemment des élus de gauche) réunis en Congrès est nécessaire à toute modification.

Certes, un nouveau rejet du Traité serait critique pour la construction européenne.
Mais de deux choses l'une : soit on continue de faire de l'Union un débat d'experts sur le modèle du Traité de Nice, soit on croit en la nécessité d'une légitimité démocratique de toute avancée, comme ce fut le cas en 2005.
C'est aux hommes politiques de tirer les leçons de l'échec et d'en assumer les conséquences.

Une consultation démocratique n'est pas une cerise qu'on pose sur le gateau d'un consensus acquis par avance mais représente le risque que prennent les élus et dirigeants sur le pouvoir de conviction qu'ont leurs idées.
Il est vrai qu'en la matière le PS a reçu ces derniers temps quelques sévères désillusions.
Pas plus que le Chef de l'Exécutif il ne souhaite aujourd'hui affronter ces angoissants électeurs capables de tous les camouflets.


Municipales : le PS va t-il pratiquer la discrimination positive ?

Posté par Easywriter le 05.11.07 à 11:02 | tags : municipales 2008, elections, ps, décryptage, opposition

La question de l'immigration et de l'intégration des enfants issus de l'immigration est toujours aussi problématique au parti socialiste. Le PS craint toujours qu'en évoquant les minorités ou la diversité il se laisse prendre au piège du communautaire, moyennant quoi il faut bien reconnaître qu'il n'a pas accouché depuis un bail d'un discours positif sur ce point.

Que le principal parti de la gauche modérée ne contienne dans ses rangs qu'une proportion grotesque d'élus issus des minorités est désolant.
Faut-il rappeler que George- Pau Langevin, députée du vingtième arrondissement est la seule à l'Assemblée Nationale et qu'elle est guadeloupéenne. Une femme non métropolitaine en vaut bien dix surement.

D'ailleurs à ce propos, un intéressant documentaire sur la parité diffusé par Public Sénat dimanche, montrait à quel point Laurence Rossignol, présidente de la commission femmes aux élections du parti, avait le plus grand mal à faire exister la parité autrement qu'en une fumeuse escroquerie : une moitié de femmes dans chaque scrutin certes, mais envoyées dans des combats électoraux perdus d'avance.
Le reportage montrait également une sincère évolution du parti depuis quelques mois.

A sa décharge, sur le plan de la parité comme sur celui de la visibilité des minorités, le parti socialiste essaie de placer des élus et non des nommés comme le fait la majorité avec les postes gouvernementaux de Rama Yade ou Rachida Dati, élues de nulle part et totalement "fabriquées" par Nicolas Sarkozy, quel que soit leur talent.

Pour les municipales, le parti socialiste pourrait donc imaginer une forme de discrimination positive.
Bruno Le Roux, chargé des élections, a annoncé l'objectif de 300 conseillers municipaux. Fayçal Douhane, membre du conseil national expliquait vendredi au Figaro qu'une autre option plus ambitieuse serait de proscrire toute ligne "monocolore" dans les villes de plus de 10 000 habitants.

Certains tiquent de cette méthode de quotas qui nie aux personnes issues de l'immigration leur légitimité strictement politique et jetterait fatalement une suspicion sur leur qualité.
Pour autant, sans une dose certes artificielle de diversité, les pratiques électorales dans les boutiques socialistes ne risquent pas de changer.

Pendant longtemps la parité a été pensée "négativement" par rapport aux hommes et les places qu' ils pourraient éventuellement libérer aux gonzesses.

La candidature de Ségolène Royal, quoi qu'on en pense, prouve que des critères strictes ont permis d'évoluer et qu'on pouvait penser positivement la question paritaire, en faisant la promotion de femmes talentueuses et non par défaut.
Peut-être qu'il en ira de même pour la question de la diversité si le parti a le courage d'imposer des quotas, la discrimination positive devenant alors une véritable "affirmative action", comme on l'appelle aux Etats-Unis.


Ségolène Royal et le militant à vingt balles

Posté par Easywriter le 22.10.07 à 11:23 | tags : ps, opposition, décryptage

Intéressant entretien de Ségolène Royal dans Libé du jour. Elle y fait beaucoup référence au modèle italien et l'élection de Walter Veltroni à la tête du tout nouveau parti démocrate.
Bien sur, le rapprochement entre communistes et centristes que formalise le PD peut servir de laboratoire au socialisme français.

Mais c'est surtout le fait que Veltroni ait été élu par 3 millions de sympathisants qui intéresse Royal.
Sans réseau bien établi, Ségolène Royal aura besoin de toujours plus de nouveaux militants pour percer à l'intérieur du parti.
Les fameux adhérents à 20 € ont vraisemblablement été pour beaucoup dans sa victoire aux primaires socialistes il y a un an.
Ignorant tout des différents courants à l'intérieur du parti et d'une parti de sa culture politique historique, il n'est pas étonnant qu'ils aient penché lors des primaires pour une candidate aussi peu conventionnelle qu'eux sur ces deux points.

C'est cette logique d'ouverture à ceux qui sont finalement plus des sympathisants que de nombreux socialistes déplorent aujourd'hui.
Sur le plateau de Ripostes il y a quelques semaines (et dans L'Impasse), Lionel Jospin estimait qu'on avait renoncé à faire de la politique et posait à haute voix cette question : où sont-ils aujourd'hui les adhérents à 20 € ?
En ouvrant grand les vannes aussi bien côté programme - avec la fameuse démocratie participative et un pacte présidentiel qui contenait pas moins de 100 propositions fourre-tout - que côté inscriptions, les socialistes ont déstabilisé les quelques fondements déjà vacillants qui leur restaient.
Sans pour autant gagner quoi que ce soit en retour, si ce n'est un succès populaire finalement aussi restreint qu'éphémère.

Croire que faire voter plusieurs millions de personnes pour établir un leader est la solution miracle est à mon sens illusoire.
Le cliché de l'opinion à un instant T, sans réel enjeu électoral, ne peut être interprété comme un geste politique déterminant : la perspective de voir une femme se présenter à l'élection présidentielle aurait poussé quatre millions de personnes à plébisciter Royal avant de voter Nicolas Sarkozy ou François Bayrou au soir du premier tour.
On défend rarement ici les structures partisanes mais ce sont pourtant d'elles qu'émergent les personnalités politiques, pas des clubs de supporters versatiles.

Dans Libération toujours, on apprend d'ailleurs qu'une bonne partie des néo-militants évanouis se sont fait la malle et n'ont pas repris leur carte.
Une fois la fête terminée, qui a envie de se coltiner les réunions de sections, les Congrès et le travail ingrat de la reconstruction ?

Certains d'entre eux auraient filé au Modem voir si l'herbe est plus verte et elle l'est assurément, même si on peut craindre qu'en dehors d'une élection présidentielle, la base militante forte de quelque 45 000 sympathisants bayrouistes soit en sommeil elle aussi.
On ne gagne pas d'élection sans parti et on ne fait pas de parti sans militants engagés, dévoués, ce qui veut dire capables de s'emmerder beaucoup, d'être souvent déçus et pourtant continuer.
Militer c'est chiant. Un investissement un peu plus lourd que 20 € balancés dans la caisse.


Primes et déprimes au parti socialiste

Posté par Easywriter le 19.10.07 à 15:50 | tags : ps, livres politiques, opposition

Les socialistes lavent désormais leur linge sale en librairie. Après les livres de Marie-Noelle Lienemann (Au revoir Royal),ou Claude Allègre (La défaite en chantant) c'est au tour de "l'autre camp" de riposter.

Patrick Mennucci, un des lieutenants de la garde rapproché de Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle tire sur la direction du parti.
En fidèle bras droit de Ségolène, pour laquelle il a toujours eu les paroles les plus élogieuses (le livre s'appelle d'ailleurs Ma candidate c'est dire), Menucci s'en prend à la direction du parti. L'appareil peuplé de strauss-kahniens et fabiusiens est accusé d'avoir savonné la planche de la candidate.

Pendant toute la campagne, les proches de Ségolène étaient rassemblés au 282 boulevard Saint-Germain, un local pas si éloigné de la rue de Solferino où siège le PS.
Mais la cohabitation de deux lieux décisionnaires a favorisé la paranoïa entre ségoléniens et socialistes old-school et rendu plus complexe si c'était possible l'organisation de cette campagne présidentielle.
Pour preuve de la mauvaise volonté de François Hollande et de ses cadres, Menucci indique dans son ouvrage que les permanents du siège ont touché 500 € de prime à l'issue des élections, une prime de défaite en somme qui les récompenseraient de la mauvaise volonté  mise dans la campagne de Ségolène Royal.

Le site de l'hebdomadaire publie aujourd'hui la réponse de permanents du staff socialiste qui expliquent que la prime concerne le succès des législatives.
Ils s'étonnent également d'être la cible d'un de leur dirigeant avant de poser une question à Menucci : " tu sembles considérer le geste qui nous a été consenti comme indu , n'as-tu pas toi-même perçu - indûment donc - le solde de tout compte de ton CDD à l'issue de la campagne, malgré la défaite ? Puisque tu as mis en avant le montant de notre prime, quel fut celui de la tienne ?" La classe non ?


L'ADN me gêne, les anti ADN aussi

Posté par Easywriter le 15.10.07 à 12:25 | tags : opposition, immigration

Bon bon... Le simple fait de revoir sur la scène du Zénith la main jaune du Touche pas à mon pote des années 1980 (resiglée touche pas à mon ADN donc ) a déjà de quoi donner des frissons : c'est ring' et sans goût, ça rappelle les pires manifestations de la gauche morale de bonne compagnie, quand SOS Racisme était une officine associative du PS avant que d'être finalement aspirée par la maison mère.

Au reste, si on s'en tient au strict plan esthétique du clivage politique, la réponse est parfaitement symétrique à la débauche de beauferie qui ambiance la droite en fête : Adjani la vertueuse contre Mireille la pincée, Renaud le faux-rebelle contre Enrico le vrai compromis. Choisis ton camp camarade.
Et c'est bien le problème, sur l'ADN je ne sais pas vraiment quoi penser.

Bien sûr, le recours à la génétique tient plus de l'idéologie que de l'efficacité :
A droite il permet de soutenir la primauté de l'inné, la focalisation sur l'individu, toujours mieux que les pénibles histoires de structures économico-sociales qui structurent les parcours individuels justement. Pour le coup on est vraiment dans un discours néo-conservateur.
A gauche, le positionnement moral bienvenu : Vichy, les nazis, la République est en danger, Sarko/facho alors que nombre de pays européens ont adopté le principe du test.

Bref, un test aussi inutile qu'inefficace, mais qui permet de gloser et d'insidier.

Pendant ce temps les filières de l'immigration clandestine prospèrent, et d'autres dispositions réglementaires autrement crapuleuses voient le jour comme la connaissance a priori de la langue dont les candidats à l'immigration devront faire montre (allez hop, je fais dans la morale outragée moi aussi : mes parents n'auraient pas échappé à la dictature salazariste avec de telles règles au début des années 1960). Ou les délais de recours impossibles déjà évoqués ici.

Au Zénith, il parait que c'était le premier rassemblement républicain anti-sarkozyste, c'est Philippe Val qui le dit. Dans sa bouche, ça avait l'air d'être l'essentiel. Finalement je dois être contre le test ADN, mais pas avec eux non plus.

A lire aussi : Eric Dupin et Marianne, les deux inspirés sur la question.


Ouverture : Le Modem se branchera t-il à droite ?

Posté par Easywriter le 11.10.07 à 13:22 | tags : gouvernement, opposition, modem, décryptage

Les prochaines municipales seront-elles l'occasion de voir le paysage politique retrouver sa forme classique ? Autrement dit l'aventure indé du Modem est-elle terminée ?

François Bayrou comptait sur mars 2008 pour imposer son mouvement sur l'ensemble du territoire en vue de la présidentielle 2012. Agir local et penser global en somme.
Mais actuellement le Béarnais a de loin la position la plus inconfortable. Il ne voulait ni s'enfermer dans l'opposition, ni être un collaborateur du régime; moyennant quoi il n'est effectivement nulle part. Privé de tribune, de soutien, de perspective. Que faire ?

Impossible pour lui ou même pour un de ses rares bédouins d'accepter un poste d'ouverture au gouvernement, cela ferait plus mauvais effet encore qu'un nouveau débauchage socialiste et Bayrou passerait pour un guignol.
Pourtant, un rapprochement avec la majorité est en train de s'opérer. Corinne Lepage aurait accepté une mission confiée par Jean-Louis Borloo.
La présidente de Cap 21 y voit une tâche technique en phase avec ses compétences et sans subordination ni même nécessité de solidarité politique - ce qui est parfaitement vrai au passage.
Mais il n'en demeure pas moin qu'on peut y voir un signe. Les tentatives de séduction opérées à l'égard de Michel Mercier sont plus claires encore. Le président du Conseil général du Rhône, et trésorier du Modem pourrait se voir attribuer un maroquin ministériel et faire liste commune à Lyon avec l'UMP.

A l'inverse les socialistes prennent de plus en plus de distance avec le Modem et la rencontre entre François Hollande et François Bayrou n'y change rien.
Lionel Jospin a expliqué ces dernières semaines que le Modem était plus faible que ne l'avait jamais été le centre dans l'histoire politique moderne et que politiquement il n'avait rien à voir avec le parti socialiste.
Bertrand Delanoë a été plus atrocement direct avec l'antenne parisienne du parti centriste : "Le parti le moins clair de tout Paris, c'est le Modem. Je ne suis preneur d'aucune magouille. [...] Le Modem à Paris c'est qui? Les anciens du système Chirac, les anciens Verts ou des centristes bon teint ?", se lache le maire de Paris qui n'a pas grand-chose à craindre il est vrai.

Du coup Marielle de Sarnez directement concernée par la diatribe commence à discuter chiffons avec Françoise de Panafieu que l'ouverture arrangerait beaucoup. Si Sarnez deale avec la majorité, le Mouvement démocrate version indépendante est bel et bien mort.

 


Che Guevara, c'est ta mère

Posté par Easywriter le 09.10.07 à 14:59 | tags : humour, opposition
Il voulait internationaliser la révolution marxiste, en commençant par l'étendre de Cuba à toute l'Amérique latine. Mais l'exportation la plus réussie de Che Guevara est post-mortem, elle concerne des tasses à café des tee-shirt à son effigie. Icône de masse, Che Guevara pourrait pourtant retrouver en France une certaine contemporanéité politique. Olivier Besancenot préfère la figure pop du marxiste cubain aux références ringardes à Léon Trotsky que personne n'a envie d'arborer sur ses baskets.

Mais à ceux qui lui rappellent que le Che est surtout une icône publicitaire, le leader pop de la LCR répond à peu près "et alors si ça permet ensuite aux jeunes de se renseigner sur son combat et d'avoir envie de faire la révolution" (et admet l'air de rien que le marketing est un outil de transmission acceptable). Ca pourrait aussi leur donner envie d'être des assassins plus ordinaires comme celui qui est décrit dans La Face cachée du Che mais passons...)

En gros, il s'agit de faire effectuer au Che le trajet inverse : partir des mugs et autres taille-crayons à son effigie pour se diriger vers la révolution. Pas con : du coup à Flu on t'aide à commencer ta carrière de révolutionnaire en faisant de toi (ou de ta copine, ou ta mère ou ton prof de ski) une idole . Ca s'appelle Guevarize et c'est par là. Et la révolution, ben euh pour ça démmerde toi...

(Illus : si c'est pas ta mère ça peut être Christine Boutin).

Moi aussi, je me Che Guevarize


Alain Badiou, Eric Hazan : l'antisarkozysme radical en librairie

Posté par Easywriter le 08.10.07 à 11:32 | tags : président de la république, opposition

Le Sénat s'agite, l'UMP donne de la voix, il n' y a vraiment que la gauche réformiste pour ne pas profiter de la fin de l'état de grâce que vivent Nicolas Sarkozy et son gouvernement.
En l'absence d'imagination et d'efficacité contestataire du parti socialiste, la critique radicale et virulente s'installe en librairie.

Dans les quinze jours qui viennent, deux ouvrages devraient squatter la presse écrite et - mais c'est moins certain - les plateaux TV.
Le premier, Changement de propriétaire (édité par La Fabrique) d'Eric Hazan est une véritable déclaration de guerre, apprend-on.
Marianne publie quelques extraits savoureux où l'auteur fait preuve d'acuité - notamment quand il compare Sarkozy à Giscard d'Estaing pour rappeler que la rupture et de la modernité sont des pantalonnades qui ont 30 ans. Hazan fait montre à l'occasion d'un certain élan visionnaire : dès mai dernier, il soulève la question du délit d'initié probable commis par des dirigeants du groupe EADS et l'étonnant silence des medias.
Surtout, l'auteur voit dans l'élection de 2007 la fin du système droite-gauche et définit l'alternative à laquelle se réduit le champ politique désormais : « le ralliement réactionnaire et la lutte ouverte contre l'ordre établi ».

L'autre est celui écrit par Alain Badiou, De quoi Sarkozy est le nom, publié aux éditions Lignes. Le philosophe voit dans la Sarkozysme d'Etat une resucée du pétainisme du début des années 1940.
On va très vite ( et on y revient un peu plus conséquemment bientôt) mais, en gros, la peur et singulièrement la peur de la guerre sur notre territoire, entraine l'acceptation de politiques de plus en plus infames : les guerres menées à l'autre bout du monde vu comme un no man's land brumeux, le durcissement des lois envers les ressortissants étrangers alliés potentiels des ennemis extérieurs, la criminilisation des pauvres.
Le prix à payer pour la sécurité, comme on accepta la persécution des juifs au nom d'une stabilité et de la paix maintenue avec les Allemands.

La thèse est qu'au nom d'une peur conservatrice et crépusculaire nous désirions la protection d'un maitre même si celui-ci nous oppresse et nous paupérise.
De l'autre côté du spectre politique, le parti socialiste joue l'opposition sur le mode de la peur de la peur : celle qu'entraine chez le bourgeois humaniste le flic agité, une peur dont les réformistes espèrent simplement engranger les bénéfices électoraux.

 

L'alternative politique est cette fois : doit-on avoir plus peur du balayeur tamoul que du flic qui le pourchasse ? Ou : le réchauffement de la planète est-il ou non plus périlleux que l’arrivée de cuisiniers maliens ?

Voilà pourquoi selon Badiou, la participation électorale est la dernière des escroqueries, l'abstention étant un geste bien plus politique surtout si elle se double d'une solidarité nouvelle des persécutés à l'intérieur même de la République et au-delà des frontières.


Fronde anti ADN : Villepin rejoint Charlie Hebdo

Posté par Easywriter le 03.10.07 à 15:08 | tags : opposition, immigration

 

Telex : A l'initiative de Charlie Hebdo et de SOS racisme, une pétition condamnant l'adoption de test ADN pour les demandeurs de visa a été signée par Axel Kahn, Jeanne Moreau, Isabelle Adjani, François Hollande, Bernard Thibaut, François Bayrou et même...Dominique de Villepin.

Après Charles Pasqua qui s'émeut de la filiation puante d'une telle disposition ( " Cela rappelle de mauvais souvenirs, à nous gaullistes. On sait l'usage qu'ont fait les nazis de la génétique"), et l'attitude du Sénat l'opposition de droite est décidément en pleine forme.

Lire le texte de la pétition 

 


ADN, institutions, les sénateurs UMP font-ils secession ?

Posté par Easywriter le 02.10.07 à 16:32 | tags : opposition, sénat, immigration, institutions

Qui l'eut cru ? Le Sénat qu'on imagine comme l'assemblée générale des porteurs de charentaises grisés au grand cru est devenue le lieu de la contestation tous azimut de la Sarkozie pourtant triomphante. Ainsi de l'instauration des test ADN pour les demandes de visa. Malgré les modifications apportées depuis le rejet du texte le 26 septembre dernier, la commission reste défavorable au texte.
Que le test soit effectué sur la mère et non le père au motif que le test ne saurait aboutir à la révélation, pour un père, qu'il n'est pas le père biologique de ses enfants», que ledit test soit in fine la charge de l'Etat qu'on attribue ou non un visa au demandeur n'a pas convaincu les sénateurs de la commission de revenir sur leur décision.

Du coup on se dit que le président du groupe UMP dans l'auguste assemblée, Josselin De Rohan doit être dans ses petits souliers. Alors qu'à l'Assemblée Jean-François Copé s'assure que tout le monde file à peu près droit, Rohan risque de passer pour un piètre leader qui ne sait pas tenir ses troupes. Il n'est pas sur que le bouillonnant Rohan n'y trouve son compte.

Le bonhomme est n effet très remonté contre l'ouverture pronée par Nicolas Sarkozy et pour cause : son vieux rival Jean-Yves le Drian - président PS de la région Bretagne dirigée auparavant par...Rohan - fut un temps pressenti pour un maroquin ministériel.
Depuis Rohan y va de ses formules :
"Souvent, les courants d'air proviennent de ce qu'il y a trop d'ouvertures, "l'oecuménisme a ses limites" (In Le Monde),
" il est dangereux d'introduire dans une équipe des ferments de division" ( à Strasbourg, source AFP) etc etc.

Sur l'éventualité d'une réforme institutionnelle, le président du groupe UMP n'est guère plus tendre : "notre Loi fondamentale ne saurait servir de laboratoire expérimental pour les faiseurs de système, ni donner prétexte à l'organisation d'un concours Lépine constitutionnel permanent", et de rappeler son attachement au régime majoritaire quand on lui parle de l'introduction d'une dose de proportionnelle. Si ça continue, Sarkozy va devoir mener sa politique d'ouverture au Sénat et singulièrement à droite où les parlementaires sont pour l'heure les plus virulents opposants de l'Exécutif.



PS : Manuel Valls résume la situation

Posté par Easywriter le 02.10.07 à 11:36 | tags : opposition, ps, citation

 

"Ces derniers jours, nous n'avons pas donné une grande lisibilité en allant à la fête de l'Humanité auprès de l'extrême gauche, avec des comités de coordination et de liaison dont on ne sait pas très bien à quoi ils servent, avec une partie de la gauche, Les Verts, qui n'ont pas voulu y participer,
la LCR qui nous fait sauter un peu à la corde sur ces questions là, là une conférence de presse avec François Bayrou".

Manuel Valls ce matin sur I-Télé (via Reuters).

Pendant ce temps, l'Elysée fait fuiter des rumeurs sur l'arrivée de Jack Lang et désormais de ...Julien Dray qui fut porte-parle de Ségolène Royal, dans le cadre d'un hypothétique remaniement ministériel de janvier.

 

 


Jack Lang toujours prêt à rendre service ( à tout le monde)

Posté par Easywriter le 01.10.07 à 12:14 | tags : opposition, gouvernement, citation
"Je ne suis jamais l'ennemi d'une participation à une oeuvre d'intérêt général.
S'il y a un sujet qui touche à mes compétences, sur le droit, l'international, la culture, l'éducation, je peux rendre service".
In le Parisien, 01 octobre. Il est comme ça Jacko, il se balade en politique avec l'aisance d'un pique assiettes.
Il n'exclut
plus aujourd'hui d'entrer au gouvernement Fillon, se félicitant de l'ouverture dont fait preuve Nicolas Sarkozy.



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