13 mai 68 : "Pas de replâtrage, la structure est pourrie"Le 03 mai 1968, une immense manifestation à lieu dans Paris. La CFDT parle d'1 million de personnes, la police 200.000. Ils sont 1 million à descendre dans la rue dans tout le reste la France. C'est aussi le début d'une grève générale qui deux semaines plus tard, paralysera le pays et fera abdiquer le gouvernement. Voici une vidéo faisant le point sur les manifestations syndicales et l'etat de la mobilisation dans le monde ouvrier.
10 mai 68 : "Sous les pavés la rage"« La nuit des barricades ». Paris se lève avec la gueule de bois. C'est l'apogée de la violence étudiante. Au petit matin, le 11 mai, le quartier Latin porte les stigmates des affrontements de la veille. Les dégâts constatés sur la voirie, comme le nombre important de blessés et la dureté de la répression policière, va entraîner une prise de conscience de l'opinion publique. Mais avant tout, cette nuit va réveiller le monde ouvrier qui était jusqu'alors indécis quant à son engagement dans le conflit.
De Prague au boulevard Saint-MichelA force de commémorations/autocélébrations/procès, on en viendrait presque à penser 68 comme un événement franco-français. Le combat mené dans les pays de l'Est, l'engagement de la population, ont d'ailleurs grandement influencé les acteurs du mouvement français. Ainsi du printemps de Prague, qui débute le 5 janvier 68, et dont les différents témoignages parviennent jusqu'à la sphère estudiantine et contribueront largement à la formation de son imaginaire collectif. On retrouve notamment cette influence à travers l'alliance du prolétariat avec les étudiants. Voici donc une vidéo dans laquelle des citoyens tchécoslovaques issues de milieux différents s'expriment sur la situation nouvelle que connaît leur pays.
6 mai 68 : "Je prends mes désirs pour des réalités, car je crois en la réalité de mes désirs"6 mai 1968 : L'opinion n'a pas encore pris la pleine mesure de la révolte à laquelle elle assiste. Pour bon nombre d'observateurs, elle n'est 'ailleurs encore que le fait de quelques « enragés » aux idéaux marginaux, qui prennent en otage la masse. D'autres heureusement essaient de comprendre la portée de ce mouvement sur la société, et surtout les raisons qui poussent la jeunesse, parisienne dans un premier temps, à s'insurger contre l'ordre. La France de De Gaulle est entrée de plein pied dans la société de consommation, mais les valeurs morales qui la régissent évoluent moins vite . D'où une vision paternaliste de l'insurrection qui en outre ne répond pas aux canons ordinaires de la mobilisation. Claude Lefort parlera aiinsi des enragés. " Dans une société saturée de discours et d'organisations, où la parole et l'action sont assignées à résidence, où il faut avoir sa place, décliner son identité, pour avoir le droit d'agir ou de parler, ils créent un nouvel espace". Vidéo qui témoigne de la mobilisation étudiante en province, à Bordeaux en l'occurrence, et qui prouve que le mouvement de révolte n'est pas uniquement le fait d'excités en mal de sensations fortes.
3 mai 68 : "On ne revendiquera rien, on ne demandera rien. On prendra, on occupera"C'est donc le 03 que Mai 68 commence de réellement exister. Cela aurait du être le 06, jour où quelques étudiants, Daniel Cohn Bendit en tête, devaient passer en conseil de discipline. Suite à la fermeture de l'université de Nanterre, les étudiants débarquent à la Sorbonne. La police bloque petit à petit le quartier avant de procéder à l'évacuation des étudiants. Ces derniers comprennent rapidement qu'il vaut mieux sortir dans le calme...pour mieux chercher des renforts.A 17h, on dénombre 3 milles personnes aux alentours de la Sorbonne. Aors que des étudiants se réunissent sur le boulevard Saint-Michel, un premier pavé fracasse un car et blesse un CRS. Mai 68 est né.
1er mai 68 : les français à nouveau dans la ruePremier billet d'une série sur les jours de colère et de liesse ou de "chienlit" qui ont ponctué tout le mois de mai 1968. Depuis 1954, et le début de la guerre d'Algérie, toute manifestation est interdite dans Paris, les autorités craignant des attentats dans la capitale. le traditionnel défilé du 1er mai n'échappe pas à la règle. En 1968, la population investit donc les rues de la capitale pour la première fois depuis 14 ans. A voir les images du défilé mai 68. Demain : Occident, les fafs et la terreur du rouge
Grèves : Fillon veut toujours que ça cesse "Les auteurs de ces actes de sabotage ont sans doute cru pouvoir interrompre les négociations et la reprise du travail qui est en cours à la SNCF. Ils se sont lourdement trompés. Cette stratégie irresponsable rend au contraire encore plus nécessaire les négociations et l'arrêt de la grève qui est engagé(...) "Pour les Français qui n'en peuvent plus de cette galère, il est plus que temps que ces grèves cessent, que le travail reprenne sur le réseau de la SNCF come sur celui de la RATP au moment même où les négociations sont engagées". (AFP) François Fillon n'en peut plus d'essayer d'exister à l'occasion du conflit social et donne de la voix. Dans le Canard de ce matin, on apprenait que depuis le début il était pour un passage en force par décret plutôt que de tergiverser. Si les négociations entamées par Xavier Bertrand se plantent, il pourra dire qu'il avait raison et discréditer son ambitieux ministre du travail. Dans le cas inverse, ce dernier pourra commencer à se raser en pensant à Matignon. Extension du domaine de la grève ?
Hôpitaux : Appel à la grève de syndicats de médecins (AMUF, urgentistes) ainsi que de la CGT et FO. Les deux principaux syndicats de médecins des hôpitaux, CPH et INPH, ont apporté leur «plein soutien» au mouvement. Impôts : le Syndicat national unifié des impôts (SNUI-FDSU), premier du secteur, a appelé les agents à "s'inscrire dans la journée de grève" pour dénoncer "la logique du 'moins d'Etat, moins de service public'". Bien sûr ces mouvements s'ajoutent à ceux de l'Education et des transports (SNCF, RATP). Le collectif Sauvons la recherche appelle aussi à une mobilisation et Nedjma nous apprenait sur Saisons que les professionnels de la culture n'excluaient pas une mobilisation. Mais ce n'est pas tout le privé s'y met aussi : Commerce : La fédération des employés du commerce FO appelle les salariés à se mettre en grève. Sources : 20 minutes et Le Monde Le pouvoir de nuisance du pouvoir d'achatEn bon chef d'entreprise, Nicolas Sarkozy laisse ses cadres intermédiaires se prendre de plein fouet la grogne montante des salariés du public. D'ici la fin de la semaine, il interviendra probablement en annonçant des mesures qui lui garantiront la victoire sur la bataille des principes mais à un coût probablement plus important que les économies nouvelles.
C'est un peu le problème des conflits sociaux en général, il démarre sans grande popularité mais finissent, les jours passant, par agréger tous les mécontents. "On peut perdre les municipales sur le pouvoir d'achat" a déjà annoncé Sarkozy à ses lieutenants. Du coup, on phosphore en haut lieu sur la possibilité pour les entreprises d'instaurer un 13ème mois sans charges et d'étendre encore le champ de la défiscalisation des heures supplémentaires... Mouvement étudiant : mais que fait la police ?
Son documentaire Quand la France s'embrase et son livre Maintien de l'ordre, enquête analysent la gestion politique de la sécurité à travers les exemples des émeutes de banlieues et de la crise du CPE. A propos de celles-ci voila ce qu'il dit en entretien : "A l'époque on a laissé deux mois des universités occupées parce qu'il y a une loi de la franchise universitaire qui dit que les lieux de savoir comme les lieux de culte ne sont pas accessibles à la police. Mais du coup il y a un côté sanctuaire et quand des bastions comme l'université de Rennes 2 ou La Sorbonne sont tenus, le mouvement y réfléchit, s'organise et peut prendre à partir de là beaucoup d'ampleur." Lire l'intégralité de l'entretien avec David Dufresne
Le saviez-vous ? Le vote en assemblée générale est un auxiliaire de policeHier les CRS ont donc délogé manu militari les étudiants grévistes et bloqueurs de Nanterre. L'intervention violente de gendarmes et de policiers est tout sauf étonnante. Quand j'étais à la fac (il y a un siècle) les anti-blocages étaient considérés comme d'infames socio-traites manipulés par les syndicats réactionnaires comme l'UNI. La plupart des AG étaient déjà dirigées par des néo-hippies barbus qui partageaient tous un invraisemblable goût vestimentaire et une mythologie contestataire post-soixante-huitarde.
Désormais les votes en AG où se décide le choix des blocages sont contestés ouvertement. ll est vrai que ces consultations n'ont jamais été représentatives de quoi que ce soit, la majorité des étudiants ne vote pas plus lors de ces assemblées chiantes comme la pluie qu'ils ne se déplacent aux urnes lors des élections syndicales. C'est donc tout à fait légitimement que bloqueurs comme antibloqueurs contestent, selon qu'il les arrange ou non, la légitimité d'un vote sur la poursuite ou l'arrêt des blocages d'universités. Par extension, on peut penser que les familles des antiblocages soutiendront leurs progénitures si bien que s'il n'est pas plus démocratique qu'un sondage, le vote en AG a désormais cette vertu : il permet de se faire un état même approximatif de l'opinion et de déterminer l'usage des matraques en fonction des résultats. Grèves : et quoi ensuite ?Bien sûr que Nicolas Sarkozy et le gouvernement tentent d'anesthésier la contestation syndicale, j'irais plus loin : qui saurait les en blâmer ? Q'un gouvernement de droite essaie de réduire autant que possible le pouvoir de nuisance de ses ennemis historiques n'a rien d'étonnant. Ils ne peuvent pas compter de leur part sur une entente a priori, seules les Exécutifs de gauche peuvent l'espérer. Qui peut croire sérieusement que l'enjeu n'est que la réforme de régimes spéciaux dont les plus optimistes pensent qu'il nous fera économiser 200 millions d'euros en année pleine ?
Du coup, tous doivent laisser entendre qu'au-delà de leurs revendications, la liquidation sociale à la mode Sarkozy est en branle. Bien sûr que le président a acculé les syndicats dans une impasse grâce à une approche sectorielle. Bien sûr que le gouvernement refuse les possibilités de négociation intermédiaires, appels du pied qui se multiplient de la part de syndicats plus modérés qui ne croient pas au rejet pur et simple du projet de réforme. Si vous voulez avoir une image précise de l'acrobatie des contestataires, essayez de suivre la rhétorique complexe de l'élu socialiste tentant d 'expliquer qu'il- soutient- un- peu -des -grèves- contre- une réforme-des-régimes-spéciaux-qu'il soutient- un- peu- aussi- mais- enfin- tout -ça-c'est-surtout- un-problème -de-méthode-tout-ça... Epuisés par un combat perdu et impopulaire, les forces contestaires du moment auront bien du mal à s'en remettre, si elles perdent toutes ensemble dans les jours prochains dans le cadre d'un mouvement unitaire. Il sera temps alors de passer aux choses sérieuses.
Nicolas Sarkozy s'occupe de vous "C'est pas marrant à dire, mais il n'y a pas un pays au monde qui fait différemment, vous pouvez me chanter ce que vous voulez", a-t-il dit. "Vous devriez quand même être plutôt heureux que, pour une fois, il y ait un chef de l'Etat qui s'occupe de vous. Ca me semble quand même plus positif que de dire: c'est la rue qui va parler" Nicolas Sarkozy aux cheminots qu'il est allé rencontrer dans un centre de maintenance de Seine-Saint Denis. Tellement convaincu que l'essentiel est qu'il fasse montre de Il en a profité pour donner quelques conseils d'expert en communication, en indiquant aux grévistes que le siffler n'allait pas améliorer leur image auprès de l'opinion. La grande journée de François Fillon
L'exécutif ne craint pas grand chose de la mobilisation, sachant que lutter contre la réforme des régimes spéciaux apparaitra aux yeux de l'opinion comme une défense corporatiste de privilégiés. Les centrales syndicales ont donc à la fois tout intérêt à faire une belle démonstration de force demain, autant qu'elles en ont à ne pas faire durer le conflit. Tout le monde compte ses petits soldats dns la perspective d'autres combats plus âpres. Mais Fillon,lui, est vraiment content. On parle d'ailleurs de la réforme Fillon, et lui-même estima plus tard qu'on ne retiendrait des deux mandats de Jacques Chirac que "ses réformes". Au reste, surement souhaiterait-il lui-même un peu plus d'adversité, qui sait. A vaincre sans péril etc.. Il n'aura peut-être même pas l'occasion de faire l'éloge du courage politique, moins lyrique que Villepin. Capitaine droit dans ses bottes mais moins pincé qu'Alain Juppé. Vu l'avenir politique de ces deux-là leurs qualités ne sont d'ailleurs pas si enviables. En tout cas, demain toute la journée, François sera Premier ministre. |
Discussions en cours sur le forum politique :
|