La France attend un nouveau De Gaulle. Un référendum l’a fait partir en 1969, mais la nation espère toujours un homme autant capable de la sortir du lent et douloureux déclin dans lequel elle s’est installée.
Car De Gaulle n’a pas seulement régné douze ans sur la France : il l’a relevée et a su définir une nouvelle politique nationale et internationale qui influe encore sur ses successeurs, à gauche comme à droite. Malgré ses détracteurs, le général a instauré un régime présidentiel. Mais son héritage est lourd à supporter.
Tout commence par un simple appel. Le seul à l’époque « à dire non » demande l’aide de la Résistance depuis Londres. L'occupation est alors l’occasion de défendre partout dans le monde l’idée d’une France libre du joug nazi. De Gaulle se forme ainsi à l’art difficile de la diplomatie, et apprend à se méfier des Américains.
La guerre finie, le pouvoir tombe entre ses mains sans que personne n’ait l’idée de contester cet état de fait. Il a déjà son parti, le RPF, et en tête un projet constitutionnel que ses ministres refusent.
Vexé, De Gaulle se retire. Il cherche maintenant le soutien populaire et attend patiemment qu’on vienne le chercher. Et c’est le cas en 1958. Ca valait le coup d’attendre : disposant d’une grande marge de manœuvre, il propose sa constitution, acceptée par les Français.
Quatre ans sont néanmoins nécessaires pour pacifier et donner son indépendance à l’Algérie. Son mandat est marqué par la naissance de la politique internationale française actuelle : contestation de la politique internationale américaine, promotion du multilatéralisme, soutien des pays arabes et renforcement de la communauté européenne. A l’intérieur, la croissance économique est réellement amorcée, et le pays profite tranquillement de ses trente glorieuses.
Mais voilà : la France « s’ennuie », et finit toujours par le faire savoir. Tandis que la gauche se renforce autour de
François Mitterrand et que les révoltes de 1968 éclatent, De Gaulle semble de plus en plus anachronique face à l’évolution rapide de la société française et de son économie.
1969 est l’année du tout pour le tout. Les Français rejettent la proposition de loi sur la régionalisation, et De Gaulle doit, comme il l’a promis auparavant, se retirer définitivement de la vie politique. Tel Napoléon Bonaparte, le président abandonné vit son dernier exil et meurt l’année suivante. Pendant qu'à Notre-Dame de Paris a lieu une cérémonie officielle avec les autorités de l'Etat et les personnalités étrangères, il est enterré au cimetière de Colombey en présence de sa famille, des Compagnons de la Libération et des habitants de son village.
En somme, De Gaulle est l’homme politique simple mais intelligent, bourru mais fin stratège, imposant et auréolé de la grandeur d’un homme d’Etat. L’ancien général devenu dictateur selon certains. Mais qui a su donner à la grandeur politique un peu de grandeur d’âme.
Point fort: Une certaine idée de la France
Point faible : Un caractère dur, parfois cruel
+ excusez-moi. Il y a unee erreur. Il est mentioné né le 22 Avril 1890, alors qu'il est né le 22..