Le cas de la CFDT est étrange. Le syndicat arrive à être populaire auprès des Français sans pourtant avoir obtenu autant de concessions de la part des gouvernements que la CGT à une autre époque. La CFDT est plus dans l’idée : « nous ne sommes pas d’accord avec ce que vous proposez, mais prêts à négocier ». La confédération attire donc de nombreux adhérents pour son ouverture d'esprit, pourtant les résultats électoraux placent toujours la CGT devant son rival.
Mais la CFDT, ce n’est pas la CGT. Le premier était à la base la CFTC, Confédération française des travailleurs chrétiens. Un tout autre milieu social que celui des cheminots du syndicat populaire.
La modernisation de la société française amène un parti laïque à devenir majoritaire au sein de l’union, et à transformer en 1964 le syndicat pour devenir le syndicat que l’on connaît. Une organisation peu revendicative et prête à soutenir un parti politique. Le Parti socialiste unifié de
Michel Rocard, en l’occurrence. Pour finalement lui préférer le PS de Mitterrand en 1974.
En 1978, la CFDT décide finalement de s’éloigner des partis. Le syndicat n’est pas l’interlocuteur privilégié de
Mitterrand lorsque celui-ci adopte ses premières mesures sociales. Par contre, la confédération soutient le tournant de la rigueur opéré sous
Laurent Fabius, puis les réformes des gouvernements de droite.
1995 : les grèves de décembre paralysent le pays. Nicole Notat, secrétaire générale de l’époque, encourage et négocie la réforme de la sécurité sociale d’
Alain Juppé. La CFDT se voit remerciée en prenant alors la direction du CNAM et de l’Unedic.
C’est encore au nom du réformisme que le syndicat négocie la loi
Fillon sur les retraites de 2003. Il est l’un des seuls, avec la CFE-CGC, à rompre l’unité des partenaires sociaux.
Conséquence : perte de 10% de ses adhérents en trois ans. Elle crée la Confédération étudiante en 2003 pour faire adhérer les jeunes. Et le syndicat a eu raison : en 2006, il participe au front uni des étudiants et des partenaires sociaux contre l’instauration du CPE.
Il semble donc que la CFDT peut faire la différence entre ce qui est négociable ou pas. Ce qui lui permet d’être le syndicat auquel les Français font le plus confiance. Pourtant, il ne remporte jamais les élections professionnelles. Les salariés savent qu’en terme de droit du travail, la CFDT ne sera sûrement pas la meilleure pour les protéger.
- Date de fondation : 1964
- Fondateur : Eugène Descamps
- Secrétaire général : François Chérèque