Le gouvernement Fabius incarne dans l'imaginaire des électeurs socialistes l'apogée du revirement mitterrandien : après à peine trois ans de réforme "progressistes" sur le plan économique - hausse significative des allocations familiales (+25%), du smic (+10) et sociales – cinquième semaine de congés payés, semaine de 39 h - la gauche gestionnaire met en place une politique de rigueur que
Pierre Mauroy applique dès 1983. Après l'échec d'une réforme de l'enseignement par son ministre de l'éducation nationale Alain Savary, il est contraint à la démission par
François Mitterrand. C'est donc à
Laurent Fabius, 37 ans, plus jeune premier ministre de la République qu'il incombe de poursuivre l'effort de maitrise de la dette et de l'inflation. Les communistes refusent de cautionner plus avant ce virage politique, que le PS a payé au prix fort lors des élections européennes où ils ont enregistré une baisse de 16 % par rapport aux législatives de 1981. Après d'ultimes tentatives de compromis, les communistes refusent de participer au gouvernement.
Laurent Fabius mettra l'accent sur le développement de la recherche industrielle la relance de l'investissement via une politique d'allègement des charges, de libération des prix et la lutte contre l'inflation.
"Le combat contre le chômage sera sans doute long et difficile car la modernisation - il faut avoir l'honnêteté de le dire - peut coûter des emplois avant d'en créer. C'est ce terrible décalage que vivent nos sociétés d'Europe et que nous essaierons de combler." , dira le premier ministre dans son discours de politique générale. L'échec de cette politique et un scandale politique de taille – l'affaire du Raibow Warrior, un bateau appartenant à Greenpeace et dynamité par erreur par la DGSE - feront perdre à la gauche les élections de 1986.
Composition :
composition initiale
- Premier ministre : Laurent Fabius
- Ministre d'État, chargé du Plan et de l'Aménagement du territoire : Gaston Defferre
- Garde des Sceaux, ministre de la Justice : Robert Badinter (démissionnaire le 19 février 1986, en prévision de sa nomination au Conseil consitutionnel)
- Ministre de la Défense : Charles Hernu (démissionnaire le 20 septembre 1985)
- Ministre de l'Économie, des Finances et du Budget : Pierre Bérégovoy
- Ministre des Relations extérieures : Claude Cheysson (démissionnaire le 7 décembre 1984)
- Ministre des Affaires sociales et de la Solidarité nationale : Georgina Dufoix (changement de fonctions le 7 décembre 1984)
- Ministre de l'Éducation nationale : Jean-Pierre Chevènement
- Ministre de l'Agriculture : Michel Rocard (démissionnaire le 4 avril 1985 et remplacé par Henri Nallet)
- Ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation : Pierre Joxe
- Ministre du Redéploiement industriel et du Commerce extérieur : Édith Cresson
- Ministre de l'Urbanisme, du Logement et des Transports : Paul Quilès (changement de fonctions le 20 septembre 1985)
- Ministre du Commerce, de l'Artisanat et du Tourisme : Michel Crépeau
- Ministre de la Recherche et de la Technologie : Hubert Curien
- Ministre des Affaires européennes, porte-parole du Gouvernement : Roland Dumas
- Ministre du Travail, de l'Emploi et de la Formation professionnelle : Michel Delebarre
- Ministre de l'Environnement : Huguette Bouchardeau
- Ministre de la Culture : Jack Lang (changement de fonctions le 7 décembre 1984)
- Ministre délégué à la Jeunesse et aux Sports : Alain Calmat
Remaniement du 21 mai 1985
- Ministre des Droits de la femme : Yvette Roudy
- Ministre chargé de la Nouvelle-Calédonie : Edgard Pisani (démissionnaire le 15 novembre 1985)
Remaniement du 20 septembre 1985
- démission de Charles Hernu, ministre de la Défense
- Ministre de la Défense : Paul Quilès
- Ministre de l'Urbanisme, du Logement et des Transports : Jean Auroux
Remaniement du 15 novembre 1985
- Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Urbanisme, du Logement et des Transports, chargé des Transports : Charles Josselin
- Ministre des Postes et Télécommunications : Louis Mexandeau
Remaniement du 19 février 1986
- démission de Robert Badinter, Garde des Sceaux, ministre de la Justice (en prévision de sa nomination, intervenue le 4 mars 1986, à la présidence du Conseil constitutionnel)
- Garde des Sceaux, ministre de la Justice : Michel Crépeau
- Ministre du Commerce, de l'Artisanat et du Tourisme : Jean-Marie Bockel
Fin du gouvernement et passation des pouvoirs