Köhler n’hésite pas à renverser le château de sable. A remettre en cause les règles du jeu, mais toujours à sa manière. Avec toute la discrétion et la diplomatie qu’il a acquis avec l’âge. L’actuel président allemand, élu en 2004, n’a qu’une fonction honorifique mais sait s’en servir pour atteindre ses buts.
Au point de provoquer la colère d’
Angela Merkel, jalouse de sa forte popularité auprès des Allemands. Horst Köhler a remis en cause en 2006 deux lois votées par le gouvernement de la Chancelière, les jugeant inconstitutionnelles.
Le docteur en économie a toujours su tirer avantage de ses fonctions. Ses divers postes au sein du ministère fédéral des finances entre 1982 et 1993, il sait s’en servir. La réforme fiscale de 1985, l’union monétaire avec la RDA… Le sherpa allemand du G7 entre 1990 et 1993 se fait déjà connaître très vite.
Retiré de la vie politique, il préside en 1993 l’association allemande des caisses d’épargne et de virement. Pour mieux devenir le héraut des PME et des petits épargnants. Rappelé par
Helmut Kohl , il devient président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. Où il réoriente les politiques de la BERD en faveur des petites entreprises.
Schröder l’impose comme Président du FMI en 2000. Pour lui, l’économie de marché doit être reconstruite de la base. Le FMI se doit d’être transparent et de tout faire pour prévenir les crises. L’occasion donc de renforcer la coopération avec la Banque mondiale et réforme le FMI.
Avec une telle expérience internationale, Horst Köhler revient triomphant en Allemagne, où trois partis (CDU, CSU et FDP) proposent sa candidature à la présidence. Elu en 2004, il ne se contente pas de diriger sans gouverner. Il bloque le processus législatif qui ne lui plaît pas, critique le gouvernement et appelle à une meilleure collaboration avec le continent africain. Avec un tel président, l’Allemagne risque d’avoir deux Chanceliers à sa tête.