Ces dernières années, les partis d’extrême droite de toute l’Europe ont entrepris une vaste opération de normalisation. Finis (ou presque) les propos ouvertement provocants, les polémiques enflammées, l’heure est venue d’apparaître comme des partis capables de gouverner. On cherche désormais des figures un peu plus tendance comme Pym Fortuyn. Le mieux étant de féminiser les structures.
En Italie, le parti néo-fasciste a mis en avant Alessandra Mussolini, nièce du Duce, et en France, le Front National a choisi Marine Le Pen. Enfin c’est surtout
son père qui l’a choisie, parce que les partisans de Bruno Gollnisch et de la ligne dure apprécient moyennement le hold-up.
Marine a commencé par défendre son père devant les tribunaux où il est souvent convoqué. Avocate, elle a gagné un concours d’éloquence. De fait, Marine a compris qu’il fallait proposer une alternative crédible et pas trop flippante à chaque fois qu’on critiquait une action du gouvernement. Du coup ses adversaires politiques doivent répondre rationnellement comme s’il s’agissait d’un débat classique. D’ailleurs, Marine doit surtout lutter contre le retour des bons vieux gourdins rhétoriques du parti. Quand son père explique que l’occupation allemande n’était pas si terrible, elle fait semblant de ne pas avoir entendu. Ou explique qu'il a fait la guerre contrairement à elle et qu'elle n'a donc rien à ajouter.
Pour faire contrepoint à un héritage politique non reniable mais difficile à gérer, Marine explique à l'occasion que l'avortement n'est pas une si mauvaise chose et propose de développer les transports en commun contre le tout automobile.
Députée européenne et conseillère régionale Ile De France depuis 2004, Marine banalise le Front National dont elle est vice-présidente. La chanteuse Diam’s a écrit une chanson à son propos (avec ce refrain :
j’emmerde le Front National), signe des temps : on est loin de la violence de hits antifascistes comme ceux des
Béruriers Noirs contre son père. Le chanteur Philippe Katherine a lui aussi écrit un titre qui joue sur l’ambiguïté de nos rapports avec Marine. Faudrait voir à ne pas en faire une icône pop quand même…
Atout : Un patronyme culte dans l’extrême droite et un réel avenir dans la droite nationale bien sous tous rapports.
Faiblesse : Les nombreux ennemis à l’intérieur même du parti.
+ Toutes mes excuses pour la répétition, mais mes messages ont parfois du mal à passer.
+ Il sera très difficile de ramener l'ordre dans ce pays sans tomber dans une certaine "dictature"..
+ Il sera très difficile de ramener l'ordre dans ce pays sans tomber dans une certaine "dictature"..