« S’il est important de bien conduire un mouvement revendicatif, il faut aussi savoir le terminer. »
S’il n’y a qu’un militant communiste à retenir, c’est Maurice Thorez. Le passionné de politique, de débats, avec une large culture et un talent d’orateur indéniable. Un tel talent qui l’amène à diriger le PCF pendant plus trente ans. Trente ans pendant lesquels l’ancien mineur change sans cesse d’avis selon les ordres de Moscou.
D’essence stalinienne, l’ancienne SFIC dans laquelle Maurice Thorez milite étant jeune prône la violence comme seul moyen de faire la révolution. Tout juste sorti de la première guerre mondiale, Maurice Thorez est l’un de ces jeunes ouvriers, ex-mineur, dont le parti a besoin. Une force vive de la nation qui se retrouve à la tête de la propagande du Pas de Calais en 1923, à 23 ans.
Repéré par les dirigeants du parti, il ne tarde pas à monter et en 1928, on peut dire qu’il côtoie la tête plutôt que la base. Il devient Secrétaire général en 1930, poste qu’il conserve jusqu’à sa mort, en 1964.
Fervent défenseur du Front populaire, élu en 1936, il ne participe pas au gouvernement mais rencontre régulièrement
Léon Blum. La guerre arrive et le parti communiste est interdit. Maurice Thorez part au front mais déserte vite pour s’exiler à Moscou.
Revenu en France en 1945, gracié, Maurice Thorez reprend son poste et participe même au gouvernement provisoire de
De Gaulle. Une expérience de courte durée : la Guerre froide et le Plan Marshall mettent les ministres communistes sur le départ.
Véritable chef de son parti, Maurice Thorez adapte les méthodes staliniennes en France et reçoit un véritable culte de la personnalité. Mais
Staline meurt en 1953. Khrouchtchev lui succède et avec lui arrive la vérité sur les crimes du petit père des peuples. Maurice Thorez reniera toujours ce qu’il a du mal à croire.
Le Secrétaire général approuve néanmoins la répression de la révolution à Budapest en 1956 pour renouer avec Moscou. Frappé d’hémiplégie en 1950, Maurice Thorez tombe de plus en plus malade et doit se retirer dans les années 60. Une page du communisme français se ferme.