Politique, internet, sexe and rock'n rollPosté par Jean-Marc (militant Verts) le 25.04.07 à 10:46
Une leçon de cette campagne en matière de com’internet, c’est que les sites officiels des partis ont pris un sacré coup de vieux. Rarement le net politique aura été aussi drôle, inventif, créatif…politique !
Tentant de parodier laborieusement les « initiatives citoyennes », comme on dit dans le verbiage politicien, la communication partisane, elle, rame à mord. En exemples de réussites, on pense bien sur à presidentielle.net à politic-show et, plus généraliste, à fluctuat.net. Parfois, des bandes de potes à ne plus compter leur temps et leur argent, à produire du discours politique comme la télévision n’est plus capable d’en faire. Des tentatives avortées de faire s’affronter des candidat-es en débats contradictoires, écrasées sur le mur du politiquement correct. Infranchissable. Qui rabote tout et surtout, les aspérités. Il ne faut plus défendre l’indéfendable mais faire du faussement impertinent et du « plus grand dénominateur commun ». La stratégie et la part de marché ont raison du débat démocratique. L’autre enseignement, c’est l’incapacité des principaux prétendant-es à produire une vision globale. Condamnés à (sur) réagir aux propos de la concurrence voire à l’attaquer sur son propre terrain. C’est là une évolution majeure de la politique de ces dernières années et un risque pour ce second tour : Coca versus Pepsi. Ou l’inverse. Cette pratique là fait des ravages dans tous les partis. Les cadres sont mus de plus en plus par les répercussions de leurs actes dans ce qu’ils pensent être les « gros médias » que les conséquences dans la vie réelle. Du coup, le positionnement est plus important que la position elle même. La vision personnelle, ce qui fait que le politique englobe les attentes de les citoyens mais les dépasse en même temps, se confond aujourd’hui avec les affaires intimes. Cécilia et le facteur, acteurs consentants et mis en scène en prime time. Ils ont fait leurs premières victimes. La politique étrangère et les affaires européennes, rangées dans le tiroir des inconnus aux bataillons de la campagne. L’autre effet collatéral est l’effacement du bon vieux clivage droite/gauche au profit d’effets de styles et de discours sur la méthode. Le « j’ai changé » et les « désirs d’avenir » supplantent progressivement les affrontements sur le pouvoir de l'actionnaire et la feuille de paie. Et pourtant, ils n’ont pas pris une ride. Le paradigme écologique peut renouveler la donne mais c’était difficile dans ces conditions. On aura vu en dernière semaine la tentative de Ségolène de rectifier le tir. Tentative tardive de reprendre la main sur une campagne conduite par des communicants qui ignorent la caissière de supermarché à 980 euros nets par mois. En lieu de quoi, on a eu droit à des considérations plus secondaires pour l’électorat de gauche sur le drapeau, répondant en écho ou par mimétisme aux saillies sur l’identité nationale. On a aussi eu droit au « vote utile », comme si piquer les voies au petit cousin vert était la priorité par rapport à rassembler celles barrées chez Bayrou. Les partis vivent une grave crise. En partie parce qu’ils sont peuplés, comme le disait Rocard, « des ratés de leur profession ». On peut faire de la politique comme on fait du mauvais théâtre. Chaque mercredi de la semaine pour voir autre chose ou se changer les idées. Les vocations s’étiolent au rythme de la réunionite et des batailles internes pour accéder aux postes. Il y a 25 ans, comment aurait-on traité la question de la peine de mort dans un tel contexte ? « Laisses tomber coco, tu vas perdre 5 points Commentaires
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